Vous trouverez
chaque mercredi, sous cette rubrique, une étude
sur le livre des Actes
des Apôtres.
Livre
des Actes des Apôtres
Chapitre 27
Alors qu’il était à Éphèse, Paul s’était
proposé dans son esprit d’aller voir Rome aussi, et il l’avait
dit (chap. 19:21), mais plus important encore, c’était la volonté du
Seigneur pour lui: «Il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome» (chap.
23:11). Nous venons de voir comment Dieu est intervenu derrière la scène
pour que la décision soit prise de faire voile pour l’Italie. Ici de nouveau
Luc emploie le pronom «nous», indiquant qu’il est une fois encore au nombre
des compagnons de Paul pour ce voyage qui allait être si désastreux, mais
qui devait se terminer d’une manière si miraculeuse.
En entendant Agrippa dire que sans cet appel, il aurait pu être relâché,
Paul, s’il s’était arrêté aux causes secondaires, aurait pu regretter
amèrement d’en avoir appelé à César. Si l’on regarde à Dieu, tout est clair;
et Paul et quelques autres prisonniers commencent leur voyage. Mais bien que
ce déplacement ait été selon la pensée de Dieu, cela ne signifie pas pour
autant que tout se soit passé facilement et sans heurts. Au contraire, nous
voyons dès le début que «les vents étaient contraires» (v. 4). Le fait que
les circonstances sont contre nous n’est pas une preuve que nous ne marchons
pas selon la volonté de Dieu; et les circonstances favorables ne veulent pas
non plus dire que nous sommes dans le chemin de Sa volonté. Nous ne pouvons
pas nous appuyer sur les circonstances pour dire avec certitude quelle est
ou quelle n’est pas la volonté de Dieu pour nous.
Les éléments restent contraires et la navigation est laborieuse, «le vent ne
nous permettant pas d’avancer» (v. 7); la mauvaise saison de l’année était
arrivée, et les voyageurs avaient l’habitude de s’arrêter dans les ports
hospitaliers. Ils arrivent en un lieu appelé Beaux-Ports, qui en dépit de
son nom n’était pas un endroit clément; et là les opinions divergent. Le
patron du navire désire atteindre Phénice, tandis que Paul les avertit
qu’ils vont au-devant de revers et de dommage, non seulement pour le navire
et son chargement, mais aussi quant à leurs vies. Le centurion romain,
responsable des prisonniers, doit décider et, après avoir entendu la voix de
la sagesse humaine et de l’expérience nautique d’une part, et celle de
l’intelligence spirituelle d’autre part, il tranche en faveur de l’avis du
patron du navire.
Sans doute, tout le monde serait parvenu à la même conclusion que le
centurion. Et lorsque le vent tourne et se met à souffler doucement du midi,
il semble que Dieu cautionne cette décision. Mais de nouveau, nous voyons
que les circonstances ne sont pas un guide fiable. Car s’ils lèvent l’ancre,
ce n’est que pour être pris dans un vent orageux, le redouté Euroclydon, qui
contrecarre tous leurs plans. Ils ont agi par la vue et non par la foi, et
il en résulte un désastre. Ils prennent toutes les mesures possibles pour
travailler à leur propre salut, mais en vain, de sorte que finalement tout
espoir d’être sauvés leur est ôté. Ce récit peut bien être pris comme une
sorte d’allégorie, représentant les luttes de l’âme pour la délivrance de la
culpabilité ou de la puissance du péché. Tout est inutile jusqu’à ce que
Dieu intervienne, d’abord par Sa parole
communiquée par Paul, puis par Sa puissance
lors du naufrage.
Les navigateurs sont presque morts de faim et tout à fait désespérés quand
l’ange de Dieu apparaît à Paul. Une quinzaine de jours se sont écoulés
depuis le début de la tempête, et jusque-là Paul n’a pas parlé avec
autorité. Mais maintenant, il a reçu un message de Dieu, lui disant qu’il
devait comparaître devant César, et que lui et tous ceux qui naviguaient
avec lui seraient sauvés. Puisque Dieu a parlé, Paul peut s’exprimer avec
autorité et avec l’assurance la plus complète. Après deux semaines de luttes
sur une mer démontée, tous ces hommes devaient être déprimés et dans un état
d’esprit lamentable. Mais qu’est-ce que les sentiments ont affaire ici?
Dieu avait parlé
et par son attitude, Paul proclame: «Je crois Dieu», en dépit de
tous les sentiments du monde.
Dans la situation du moment, toutes les apparences aussi étaient contre le
message de l’ange. Qu’un petit navire, avec 276 personnes à bord, fasse
naufrage et soit détruit, à une époque où les bateaux de sauvetage bienvenus
n’existaient pas, et que néanmoins chacun des 276 passagers soit sauvé,
paraît incroyable au point d’être déclaré impossible. Mais Dieu a parlé, et
Paul fait fi de l’impossibilité; il peut dire «Cela sera». En outre sa foi
est telle que non seulement il parle dans son cœur, mais qu’il rend
témoignage à haute voix devant les 275 autres occupants du navire. Les
paroles exactes qu’il prononce sont les suivantes: «La chose arrivera comme
il m’a été dit». Leur délivrance n’avait pas encore eu lieu, mais pour lui,
elle était aussi sûre que si elle s’était déjà produite.
On a défini la foi d’une manière très simple: c’est «croire ce que Dieu dit,
parce que Dieu le dit», et les paroles de Paul: «Je crois Dieu» le
vérifient. Dans le cas présent, les sentiments,
la raison, l’expérience, les apparences, tout s’opposait à la
déclaration divine, mais la foi accepte ce que Dieu dit, en dépit de toutes
les contradictions. La foi dans notre cœur emploie le même langage. Le
témoignage de Dieu à notre égard a affaire avec un objet infiniment plus
grand qu’un salut seulement temporel; et il nous est communiqué non par la
bouche d’un ange, mais par les saints écrits inspirés qui sont maintenant à
notre disposition dans notre propre langue; à nous de les recevoir de la
manière qui convient. Nous croyons simplement Dieu et scellons par là que
Dieu est vrai.
Les versets 34 à 36 montrent que l’attitude et les actions de Paul sont en
accord avec sa courageuse déclaration de foi. Nous le voyons ainsi mettre en
pratique ce sur quoi Jacques met si fortement l’accent dans son épître,
savoir que la foi, si elle est vivante, doit s’exprimer par des œuvres. Si,
après avoir proclamé sa foi, il était resté déprimé et abattu comme les
autres, personne n’aurait prêté beaucoup d’attention à ses paroles. Au
contraire, après avoir donné un message de réconfort, il est lui-même très
évidemment plein de courage. Il rend grâces à Dieu, il mange et exhorte ses
compagnons à faire de même. Ses œuvres confirment la réalité de sa foi et
les autres en sont impressionnés. Eux aussi prennent courage et mangent. Les
circonstances n’ont pas encore changé, mais eux sont transformés par la
confiance de la foi qui remplit leurs cœurs; elle leur a donné «l’assurance
des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas» (Héb.
11:1). Tout cet épisode illustre d’une manière très belle ce que la foi est
et comment elle agit.
Nous voyons aussi de quelle façon la foi est justifiée. Dieu est fidèle à sa
parole et tous sont sauvés. Sa promesse s’est réalisée littéralement et
exactement et non pas, comme cela arrive si souvent parmi les hommes, d’une
façon approximative et avec une précision plus ou moins grande. Nous pouvons
le prendre au mot, avec une certitude absolue. Cependant cela ne signifie
pas qu’il nous faille être fatalistes et ignorer les mesures de prudence
élémentaires. Ce point est aussi illustré dans notre récit. Paul a annoncé
que tous seraient sauvés, mais il ne permet pas aux matelots de s’enfuir du
navire: leur présence était nécessaire; et plus tard, lorsqu’ils eurent tous
pris suffisamment de nourriture, ils allègent encore davantage le navire en
jetant le froment dans la mer. Ils ne restent pas sans rien faire, les bras
croisés, comme le fatalisme le réclamerait, mais ils prennent les mesures de
prudence qui conviennent, tout en se confiant dans la parole de Dieu. La fin
est miraculeuse. Tous sont sauvés, d’une manière ou d’une autre.
F.B.
Hole
(À suivre)