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Dieu élève Joseph à sa manière à Lui, car il a un plan précis pour son
serviteur, et tout se déroule selon ce plan: Dieu va se servir du songe du
Pharaon que les devins ne pouvaient interpréter. Si l’échanson a oublié
Joseph durant deux ans (v. 1er), il se souvient de lui au moment choisi de
Dieu.
Dieu donne une sagesse à Joseph, beaucoup plus grande que celle des devins,
de même que, plus tard, Il donnera à Salomon une sagesse supérieure à celle
des autres rois et des sages de l'Égypte (1 Rois 4. 29, 30). «Je détruirai
la sagesse des sages…» (1 Cor. 1. 19-27). Entièrement fermée à
l’intelligence humaine naturelle, la Parole ne peut être comprise que par
l’action du Saint Esprit dans le croyant, «car l'Esprit sonde toutes choses»
(1 Cor. 2. 10). La révélation de la
Parole de Dieu à ses serviteurs les prophètes et
sa communication écrite le sont par le
Saint Esprit. Enfin, sa réception pour
notre bénédiction ne peut avoir lieu que par le Saint esprit; l'homme animal
ne reçoit pas ces choses (1 Cor. 2. 10-15).
Instruit de Dieu dans la communion avec Lui, Joseph a pu révéler au Pharaon,
la signification cachée de ses songes. «La prophétie n’est jamais venue par
la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant
poussés par l’Esprit Saint» (2 Pi. 1. 21). L’homme naturel est incapable
d’interpréter les songes venant de Dieu (Dan. 2. 10;5. 8). C’est Dieu qui
révèle les secrets à Daniel (v. 18-22); alors Daniel rend gloire à Dieu (v.
27, 28). Enfin, la gloire de Dieu est reconnue (v. 47). Et Dieu élèvera
Daniel comme il a élevé Joseph. Pour nous: «Vous avez l’onction de la part
du Saint» (1 Jean 2 . 20). La révélation, pour nous, c’est la Parole de
Dieu. Et «Il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le
Véritable» (ch. 5 v. 20). C’est l’Esprit qui nous communique la connaissance
de Christ et «les choses qui doivent arriver» (Jean 16. 13).
Joseph avait dit que «les interprétations sont à Dieu» (ch. 40 v. 8); et, au
Pharaon, il parle de Dieu qu’il met en avant; mais le Pharaon ne semble voir
que Joseph (ch. 41 v. 38, 39). Joseph interprète les songes du Pharaon en
ramenant les choses à Dieu (v. 25-32): Sept années d’abondance suivies de
sept années de famine. De nos jours, la Parole de Dieu, répandue dans le
monde entier et dans des milliers de langues, répond au caractère de
surabondance pour tous. Mais, après l’enlèvement de l’Église, il y aura sur
la terre, une profonde «faim» de la Parole de Dieu, mais elle ne se trouvera
pas (Amos 8. 11, 12): ce sera la famine, car Dieu jugera le monde ayant
rejeté la vérité, tandis qu’elle était encore sur la terre.
«Dieu va faire…». Cela est dit plusieurs fois dans ce chapitre (v. 25; 28;
32): c’est la preuve que la chose est «arrêtée de la part de Dieu, et que
Dieu se hâte de la faire». Dieu exécute ses desseins arrêtés. Dieu se sert
des calamités pour réveiller l’esprit et le cœur des hommes, soit pour
convertir, soit pour avertir d’avance de ce qu’Il va faire. «Dieu parle une
fois et deux fois, et l’on n’y prend pas garde» (Job 33. 14-16). Dieu est
patient et ne veut pas la perte des hommes: c’est pourquoi Il emploie tous
les moyens pour nous parler. Ne méprisons pas les avertissements de dieu.
La famine a été en malédiction à Élimélec, et en bénédiction pour Ruth, la
Moabite (Ruth 1). Cette famine devait conduire les frères de Joseph à
rencontrer celui-ci. Tout d’abord, ils ne le reconnurent pas; mais par la
suite, cette rencontre provoqua leur repentance, et conduisit Jacob en
Égypte où il retrouva son fils bien-aimé qu’il croyait mort… Joseph a mis en
réserve beaucoup de nourriture, et il y en aura pour les nations alentour.
C’est un témoignage clair: avons-nous mis de côté beaucoup de nourriture
spirituelle pour en faire profiter nos semblables? De plus c’est durant la
jeunesse (le temps de l'abondance) que l’on «emmagasine» le mieux, comme la
fourmi qui accumule la nourriture, l’été pour l’hiver (Prov. 6. 6-11);
ensuite la mémoire n’est plus aussi efficace. Sans se mettre en avant,
Joseph donne un conseil de sagesse au Pharaon (v. 33-36). Il préconise de
«rassembler»;
«d’amasser» et de
«garder» (v. 35) un cinquième de toutes
les récoltes, durant les sept années d’abondance. C’est plus que «glaner»:
il s’agit de se pourvoir d’abondance dans la Parole de Dieu, pour plus tard,
en laissant le Saint Esprit nous enseigner. Cela demande un effort
journalier: «Considère ce que je dis; car le
Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses» (2 Tim. 2.
7).
Que ce soit
chez Potiphar ou en prison, l’intelligence et la sagesse dans le service de
Joseph sont appréciées par ses maîtres (ch. 39 v. 3, 4, 21-23). A son tour,
le Pharaon va apprécier ces mêmes qualités, et agir en conséquence, avec
Joseph (v. 37-39). C’est en vivant près du Seigneur, dans sa communion, que
nous pourrons faire notre travail à la satisfaction du monde qui,
éventuellement, nous emploie. Les croyants fidèles savent qu’ils ne servent
pas seulement sous le regard des hommes, mais sous l’autorité du Seigneur (Eph.
6. 5-7).
La sagesse de
Joseph s’exerce pour interpréter les songes, mais aussi pour donner un
conseil judicieux au Pharaon (v. 34-36), et celui-ci reconnaît que le
conseil vient de Dieu (v. 39). L’intelligence
spirituelle et la crainte de Dieu conduisent Joseph à discerner la pensée
divine (Ex. 31. 1-3; Prov. 2. 2-5; Dan. 1. 17). Les voies divines ont
conduit Joseph à traverser de douloureuses difficultés; mais, désormais, le
plan de Dieu va s’accomplir: Joseph a été envoyé devant la famille de son
père, pour la conserver en vie, au temps de la famine. Et Joseph en aura
pleinement conscience, lorsqu’il dira à ses frères: «Ne voyez pas d’un œil
chagrin que vous m’ayez vendu ici, car c’est pour la conservation de la vie
que Dieu m’a envoyé devant vous… Et Dieu m’a envoyé devant vous pour vous
conserver de reste sur la terre, et pour vous conserver la vie par une
grande délivrance. Et maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici,
mais c’est Dieu» (ch. 45 v. 5-8). En donnant ce sage conseil, Joseph ne
pensait pas à lui-même; mais le Pharaon discerne en lui la sagesse divine,
et va très loin en élevant Joseph à la seconde place après lui-même (v.
40-43). Cela nous parle du Seigneur Jésus qui, après les souffrances et
l’abaissement, connaîtra la gloire (Luc 24. 26, 27), et devant qui toutes
les créatures se prosterneront (Phil. 2. 6-11). Joseph élevé, on criait: «Abrec!»
(v. 43). «L’abaissement va devant la gloire»
(Prov. 15. 33). Cependant, en idolâtre qu’il est, le Pharaon place Dieu au
milieu d’autres dieux (v. 38, 39)! Comme Joseph avait été chef sur la maison
du Pharaon, le Seigneur est «chef sur sa maison» sur la terre (Héb. 3. 5,
6). Quant au Pharaon, dans ce paragraphe, il représente l’autorité divine,
souveraine et s’exerçant dans sa plénitude, sur son trône (v. 40). Joseph,
quant à lui, avait toute autorité sur l’administration du pays, avec
l’entière confiance du Pharaon qui lui a confié son anneau, sceau de son
autorité (v. 42). Le Seigneur dira en Matt. 28. 18: «Toute autorité m’a été
donnée dans le ciel et sur la terre». Toutes choses lui sont assujetties,
même si nous ne le voyons pas encore (Héb. 2. 7, 8), et il en sera ainsi
durant tout le millénium. Ensuite, le Seigneur remettra le royaume à Dieu
Lui-même, «afin que Dieu soit tout en tous» (1 Cor 15. 25-28).
Le nom que le
Pharaon donne à Joseph est inspiré de Dieu: «conservateur de la vie; sauveur
du monde»; il nous ramène au vrai Sauveur, notre Seigneur Jésus (Luc 2. 11).
Enfin, le
Pharaon donne une épouse à Joseph: c’est une étrangère au futur peuple de
Dieu. Mais elle est un type de l’Église, épouse de Christ glorifié: Et comme
Asnath, elle est tirée du monde, étrangère aux alliances d’Israël (Eph. 2.
11-13). Contrairement à l’épouse de Joseph, l’épouse étrangère de Moïse (Ex.
2. 21) est une image de l’épouse de Christ dans le rejet actuel. Enfin,
l’âge de Joseph nous est donné: trente ans… l’âge qu’avait le Seigneur
lorsqu’Il commença son ministère. De même que «Joseph parcourut le pays
d’Égypte» (v. 45), et qu’il rassembla les provisions durant les sept années
d’abondance, le Seigneur «allait de lieu en lieu faisant du bien» (Actes 10.
38).
Les
sept années de surabondance évoquent l’époque s’étendant de la croix du
Seigneur jusqu’à l’enlèvement de l’Église. Période bénie durant laquelle la
Parole est répandue richement, dans le monde entier; de sorte que chacun
peut s’en nourrir, et profiter de la surabondance spirituelle actuelle.
Les
sept années de famine nous projettent à la période située après l’enlèvement
de l’Église: la Parole de Dieu sera fermée à l’intelligence humaine: «Et le
ciel se retira comme un livre qui s’enroule» (Apoc. 6. 14). Plus rien,
concernant le ciel, ne sera intelligible aux hommes demeurés sur la terre,
et sur qui s’abattront les terribles jugements divins! Époque ténébreuse
durant laquelle «Dieu envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au
mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité» (2
Thess. 2. 11, 12). Les hommes connaîtront «une famine… d’entendre les
paroles de l’Eternel… ils courront çà et là pour chercher la Parole de
l’Eternel, et ils ne la trouveront pas» (Amos 8. 11, 12). Ce sera l’époque
de «la grande tribulation»; «la détresse de Jacob» (Matt. 24. 21). Dans
notre période de surabondance spirituelle, nourrissons nos âmes fidèlement,
et amassons pour un avenir encore incertain. S’étant éloigné de la maison de
son père où il profitait de l’abondance, le fils prodigue a connu la famine
(Luc 15). De même Élimélec, en Ruth ch. 1er. «Revêtez-vous de
l’armure complète de Dieu… en vue des mauvais jours»; et apprenons «à manier
l’épée de l’Esprit» (Eph. 6. 11-13). La vraie nourriture du croyant, c’est
Christ connu par les Écritures. «Moi je suis le pain de vie…». «Manger sa
chair», c’est s’imprégner de Lui, se nourrir spirituellement de Lui et
trouver en Lui la force spirituelle dont nous avons besoin chaque jour (Jean
6. 32-35; 54-56).
Joseph a amassé, avec soin et sagesse, dans chaque ville, la récolte des
champs alentour (Gen. 41. 48). «La Parole est près de toi, dans ta bouche et
dans ton cœur» (Rom. 10. 8). Il y a eu «un temps pour amasser» (Ecc. 3.
1-5), et Joseph y a été attentif. Amassons, nous aussi, dans ce temps
d’abondance.
Dans
les noms de ses deux fils, Joseph rappelle ce double don de Dieu: «Dieu m’a
fait oublier…»; «Dieu m’a fait fructifier». «Manassé»:oubli de ses tristes
circonstances passées dues à la haine de ses frères. Dieu se sert de tout
pour notre bien (Rom. 8. 28). Et «Éphraïm» (double fertilité), évoquant les
bénédictions divines, non seulement sur Israël, mais aussi sur les nations
qui ont reçu la Parole de Dieu (Es. 49. 6). «Me voici moi et les enfants que
Dieu m’a donnés» (Héb. 2. 13).
«De
toute la terre on venait en Égypte, vers Joseph, pour acheter du blé» (ch.
41. 57). C’était l’ordre du Pharaon: «Allez à Joseph; faites ce qu’il vous
dira» (v. 55). Nous devons aller au Seigneur dans toutes nos circonstances.
«Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés» (Matt. 11.
28): C’est vrai pour le salut de l’âme; mais aussi pour tous nos besoins.
«Faites tout ce qu’il vous dira» (Jean 2. 5). Durant la «grande
tribulation», le Résidu Juif devra aller vers «celui qu’ils ont percé»
(Zach. 12. 8-14), pour être délivré de ses ennemis.
Si
Joseph a été prévoyant pour tous, les Égyptiens, individuellement, ont
profité sans soucis de l’abondance: quand vient la famine, ils sont démunis
du nécessaire, et crient au Pharaon. Accumulons la nourriture spirituelle,
durant la période d’abondance: l’avenir nous est voilé… «Si quelqu’un a
soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive» (Jean 7. 37). Soyons animés de
cette même précieuse pensée qui animait les disciples quant au Seigneur
Jésus: «Auprès de qui nous en irions-nous? Tu as les paroles de la vie
éternelle» (Jean 6. 67, 68).
Avec
la réalisation de ses songes du ch. 37, dans lesquels il avait vu ses
parents et ses frères se prosterner devant lui, une nouvelle période de la
vie de Joseph s’ouvre maintenant (v. 6). Si Joseph reconnaît ses frères,
ceux-ci ne le reconnaissent pas. Ils semblent avoir oublié leurs péchés
contre Joseph: ils ont voulu le mettre à mort; puis, ils l’ont vendu pour
quelques pièces d’argent. Enfin, leur péché contre leur père qu’ils ont
horriblement tourmenté en lui faisant croire que Joseph était mort, semble
oublié aussi. Joseph qui n’a rien oublié, va s’attacher avec amour à la
restauration complète de ses frères. Ce n’est qu’au ch. 50 qu’elle sera
complète et définitive. Nous-mêmes, nous pouvons «oublier» un péché non
confessé; mais le Seigneur, Lui, ne l’oubliera pas, et nous poussera à la
confession en vue de notre restauration. Israël, autrefois, a crucifié son
Messie. Dans l’avenir, la discipline divine le poussera à la repentance et à
une pleine restauration, lorsqu’il recevra son Seigneur.
Vingt
ans s’étaient écoulés depuis que Joseph avait été vendu par ses frères.
Lorsque Joseph les reconnaît, il leur parle durement, alors que son cœur
s’émeut. Mais, cette dureté apparente produira son plein effet dans leur
conscience: ils vont se souvenir de leur propre dureté envers leur frère,
dont ils n’avaient pas écouté les supplications (v. 21, 22). Mais aussi,
leur argent qui leur est rendu, leur remet en mémoire leur propre cupidité
lorsqu’ils ont vendu leur frère… Enfin, ils devront reconnaître leur péché
devant leur père, lorsqu’ils devront lui dire que Joseph vit encore! Jusque
là, la violence et la corruption caractérisaient leur vie (ch. 34 v. 25-29).
Quel contraste avec la vie de Joseph! Dieu, n’ayant rien oublié de leur
péché, voulait les restaurer en leur faisant prendre conscience de leur
misère morale, en utilisant l’action sévère de Joseph envers eux: Tout
d’abord, Dieu permet cette famine sur toute la terre, afin d’amener les
frères de Joseph à aller en Égypte pour acheter du blé (ch. 41 v. 57; ch. 42
v. 1, 2). Et là, Il les conduit à leur insu, devant Joseph lui-même qui,
aussitôt, commence ce travail de restauration. Mais l’épreuve dure, et au
ch. 43, ils doivent retourner en Égypte pour s’y ravitailler de nouveau; et
cette épreuve pénible les atteint tous, car cette fois, Benjamin va avec
eux, comme Joseph l’exigeait. Dieu a toujours des raisons de nous
discipliner (Job 36. 5-10). Et, dans notre chapitre, au v. 28, ces hommes
prennent conscience que Dieu agit envers eux: «Qu’est-ce que Dieu nous a
fait?». C’est toujours Dieu qui nous
discipline pour notre bien. Le Seigneur agissait parfois, avec une
dureté apparente: Lors de la maladie de Lazare, il n’intervient qu’après sa
mort. La femme Cananéenne reçoit une réponse dure, avant d’être exaucée
(Matt. 15. 22-27). Au puits de Sichar, le Seigneur parle sans détour à la
conscience de la femme à la vie dissolue (Jean 4. 10; 5. 44-47; 7. 6-8).
Mais Dieu veut la vérité, et nous devons nous y attacher (2 Jean 1; 3 Jean
1). Joseph, conduit par l’Esprit de Dieu, use de bonté en leur donnant des
vivres, mais affiche de la dureté pour les amener à la repentance. Quel
contraste entre l’inconscience de ses frères, quant à leur état, et la
communion de Joseph avec Dieu, qui lui fait discerner ce qu’il doit faire!
Il les amènera à une pleine restauration, contrairement à Jér. 8. 11, où «la
plaie» du peuple était «pansée légèrement». Ils se disaient «d’honnêtes
gens» (v. 11). En apparence, peut-être; mais Dieu sonde les cœurs. Paul se
disait le premier des pécheurs. La restauration d’un croyant peut être lente
et demande de la patience. Rétablir la communion précipitamment, peut
arrêter sa restauration.
Accusés d’être des espions, ils sont plongés dans la détresse, et se
défendent de cette accusation en se disant membres d’une seule famille. Mais
cette détresse va, peu à peu, les conduire à la confession: le travail de
Dieu commence. «Ce n’est pas volontiers que
Dieu afflige et contriste le cœur des hommes» (Lam. 3. 31-33). Ils
vont, enfin, subir trois jours de prison (v. 17), durant lesquels leurs
consciences vont être labourées (v. 21-24). Se servant de leur propre
assertion, Joseph leur dit: «si vous êtes d’honnêtes gens»… faites-en la
preuve (v. 19).
Joseph va amener ses frères qui ont très mal agi envers lui, à se trouver
devant Dieu. Le résultat de son travail progressif est évident dans les
paroles successives qu’ils prononcent: «Nous sommes d’honnêtes gens…» (v.
11). «Nous sommes coupables…» (v. 21). «Son sang est redemandé» (v. 22).
«Qu’est-ce que Dieu nous a fait?» (v. 28). «Dieu a trouvé l’iniquité de tes
serviteurs» (ch. 44. 16). Joseph n’agit pas ainsi par vengeance, mais pour
ramener ses frères à la communion avec Dieu et avec lui, dans la repentance
et la confession. Seule la discipline pouvait produire ce fruit. Ils sont
mis à l’épreuve, ainsi que leurs paroles (v. 15, 16). C’est le travail
secret et béni dans une âme ayant bonne opinion d’elle-même (v. 21).
Brusquement, l’épreuve fait remonter à la surface de la conscience tout ce
qui était enfoui dans les cœurs, leur péché commun… Ruben, absent lorsque
Joseph a été vendu aux Ismaélites, proteste de son «innocence»; mais il omet
de dire qu’il était présent et consentant pour tremper la tunique de Joseph
dans le sang et l’envoyer à leur père, avec ses mots durs: «Reconnais si
c’est la tunique de ton fils ou non» (ch. 37 v. 32). «Ton fils» disent-ils
et non «notre frère». Quelle cruauté! Ce n’est pas cette fausse innocence de
Ruben qui lui confèrera une quelconque autorité morale: Son père ne
l’écoutera pas (ch. 42 v. 37, 38). C’est Juda qui prendra la prépondérance
sur ses frères et qui emportera le consentement de Jacob (ch. 43 v. 8-11).
Nous sommes exhortés à aimer tous les frères, même si l’un de nous nous a
fait tort: «quiconque hait son frère est un meurtrier» (1 Jean 3. 15).
Ses
frères étaient loin de penser que Joseph comprenait ce qu’ils se disaient
entre eux. Cela nous rappelle que le Seigneur connaît tout de nous,
jusqu’aux pensées les plus secrètes (Ps. 139). Bien qu’il ait beaucoup
souffert de la part de ses frères, Joseph verse sur eux des pleurs d’amour.
Il est un type de Christ qui, Lui aussi, pleure sur les hommes, devant les
ravages du péché (Jean 11. 35), ainsi que sur Jérusalem (Luc 19. 41-44).
Au
ch. 42 v. 24, Joseph lie Siméon devant ses frères; et cela leur rappelle
qu’ils l’avaient lié, lui, autrefois (ch. 37 v. 28). Puis, il leur rend leur
argent, leur rappelant qu’ils l’avaient vendu pour de l’argent.
«Certainement, vous êtes des espions» (ch. 42 v. 16). Joseph sait que cette
accusation est injuste, mais le fruit attendu est produit: ils comprendront
leur culpabilité. Les injustices que nous pouvons subir sont permises par
Dieu qui nous aime et veut, de toutes manières, nous faire du bien: «Les
sacrifices de Dieu sont un esprit brisé» (Ps. 51. 17). Pourtant, le
brisement du cœur ne se produira pas tout de suite. A leur père, ils diront:
«L’homme… nous a parlé durement, et nous a traités comme des espions» (v.
29-31). Dans le caravansérail, ils comprennent l’intervention de Dieu, en
discipline: «qu’est-ce que Dieu nous a fait?» (v. 28). Plus tard, pour son
peuple, Dieu donnera des instructions précises quant au comportement qu’il
devait observer pour un frère pauvre (Lév. 25. 39-41). Joseph semble agir à
l’encontre de cela: il lie l’un de ses frères et, d’un autre côté, il leur
donne des provisions et leur rend leur argent. Mais Dieu poursuit son
travail dans leurs cœurs. Jacob, accablé par les épreuves, dit, amèrement:
«Toutes ces choses sont contre moi» (v. 36). Mais, le Dieu de bonté
s’apprête à lui rendre son fils, Joseph. En contraste, on voit une grande
foi dans le cœur de la femme de 2 Rois 4. 23-26: Son fils est mort, et
pourtant elle dit: «tout va bien», sachant que l’homme de Dieu le
ressuscitera. «Toutes choses travaillent
ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom. 8. 28). Sans la
communion avec Dieu, «le cœur leur manqua» (v. 28). La grâce divine est soit
repoussée et la peur en résulte; soit acceptée et l’on désire, dès lors, se
trouver dans la lumière de Dieu (Ps. 139. 1-24). «Sans conscience de péché»,
approchons-nous librement du Dieu de grâce: telle doit être notre attitude
de croyants. Si nous avons péché, confessons-le tout de suite afin de
rétablir la communion. Jésus, notre «avocat», plaide pour nous devant Dieu
(1 Jean 2. 1, 2). «Le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché» (v.
7). Mais gardons-nous de pécher volontairement «afin que la grâce abonde»
(Rom. 6. 1).
La famine pèse sur le pays de Canaan; l'épreuve se
prolonge car il faut qu'elle porte son fruit. A mesure que les sacs de blé
se vident, l'anxiété doit croître dans cette famille. Tous savent bien que
pour ne pas succomber à la famine, il faudra paraître à nouveau devant «cet
homme». Juda est déterminé (v 8), mais il faut que Jacob se
décide à se séparer de Benjamin. Le temps s'est écoulé, et chaque jour ce
vieillard a dû penser à ce que le seigneur de l'Égypte exigeait: quelle
torture morale! Il n'ose pas rappeler cette injonction, lorsqu'il invite ses
fils à retourner pour acheter «un peu de vivres". Même sans Benjamin, ils
obtiendront peut-être quelques sacs de blé. Non, dit Juda; il a eu à faire à
l'homme du pays, et sait bien qu'il n'est pas question de transiger avec
lui.
Jacob est donc mis à l'épreuve, mais il se débat
intérieurement, il tergiverse avec ses fils (v 6). On comprend son angoisse
à la pensée de perdre peut-être un troisième enfant, l'enfant de sa
vieillesse, dira Juda. Ruben (ch. 42 v.
37)
et Juda cherchent à le convaincre ; leur cœur est enfin
ému devant la souffrance de leur père, mais leur engagement présomptueux ne
saurait convaincre Jacob, qui sait ce que valent les promesses de l'homme.
Il mesure aussi l'insignifiance de ses fils en face de l'homme tout puissant
de l'Égypte.
Cependant la pression de Juda est décisive; il prend la
parole dans une période encore plus angoissante, car il n'y a plus de
réserves. Peut-être se souvient-il, sans l'avouer, de sa culpabilité à
l'égard de Joseph: c'est en effet lui qui avait proposé de le vendre. Il est
prêt maintenant à prendre la responsabilité de ramener Benjamin; il répond
de lui devant son père.
Le ferme discours de Juda a convaincu Jacob ; celui-ci
s'incline (v. 13) ; mais il veut rassembler les meilleurs produits du pays
pour se concilier les grâces de «l'homme». Pourtant, n'avait-il pas fait maintes fois l'expérience
de la pleine suffisance du Dieu Tout-Puissant dans les circonstances les
plus difficiles ? De plus, qu'étaient ces «meilleurs produits du pays" qui
ne pouvaient sauver de la famine! Un peu de ceci, un peu de cela (v 11), et
pour le reste, à la grâce de Dieu! Telle est la religion de l'homme: il
cherche toujours dans ses réserves ce qu'il peut offrir «de meilleur» à
Dieu, pour être agréé.
Dieu n'accepte rien de
cela; il ne demande rien à celui qui ne peut rien donner; c'est lui qui
donne.
En vérité Jacob se trompe, et le seigneur du pays dont les
greniers débordent ne prêtera aucune attention à ce maigre présent. De plus,
Jacob compte sur l'argent reporté et l'argent ajouté pour obtenir les
vivres. Il ne semble pas s'être interrogé outre mesure sur la signification
de ces paquets d'argent placés par une main mystérieuse dans les sacs de ses
fils : «peut-être était-ce une erreur ?» En tout cas, il n'y voit pas la main de Dieu; il n'est
pas dans sa lumière ; il lui laisse la dernière place dans ses plans (v.
14). Cependant, il se soumet à sa volonté quelle qu'elle soit. En remettant
entre ses mains le sort de Benjamin, en acceptant que Dieu fasse ce qu'il
trouvera bon, il montre que la discipline a graduellement opéré en lui; elle
va s'achever et ses trois fils lui seront rendus.
Au verset 15, les fils de Jacob se tiennent devant joseph;
celui-ci, voyant Benjamin avec eux, va continuer son patient travail de
restauration. Il commence par leur ouvrir sa maison, et fait apprêter le
festin.
Il veut parler à leur
cœur autant qu'à leur conscience,
mais ils ne comprennent guère ce langage. Ils ont peur d'entrer dans la
maison de cet homme puissant, qui agit avec eux d'une façon aussi
déconcertante. Ils ne peuvent concevoir qu'ils y seront reçus comme
des invités de marque. Leur conscience n'est pas à l'aise, et leur première
réaction est de se justifier au sujet de l'argent. C'était bien un autre
argent, celui de la vente de Joseph, qui aurait dû les mettre mal à l'aise.
Mais l'intendant les rassure; c'est un homme qui tient bien
ses comptes. Tout est en règle:
«Votre argent m'est parvenu». Et pourtant, ils l'ont encore
dans leurs mains:
Joseph avait payé pour
eux. Cet intendant est remarquable; il est en pleine communion
avec celui au nom duquel il agit, et dont il administre les biens. Il
connaît le Dieu de Joseph, le Dieu de Jacob, et agit dans l'esprit de cette
connaissance. Il évoque pour nous l'activité du Saint Esprit, qui conduit au
Seigneur (v 23, 24).
A l'arrivée de Joseph, ses frères se prosternent devant lui
pour la deuxième et la troisième fois (v. 26, 28).
«Nous
verrons ce que deviendront ses songes», avaient-ils pu dire; ils le voient.
Ils sont là les onze, Siméon est libéré, Benjamin est venu. Ils ont préparé
le présent, ils l'ont apporté. Ce présent semble tenir une grande place dans
leur présentation, de même que l'argent, mais Joseph ne fait cas que de
Benjamin.
Son père est encore vivant ; son jeune frère est devant ses
yeux. Joseph est profondément ému et pleure. Nous le voyons pleurer sept
fois au cours de ces récits,
jamais sur lui-même,
sur ses souffrances ou sa dure captivité,
mais sur ses frères, sur
son père.
Sans doute le premier désir de son cœur aurait été d'embrasser Benjamin,
mais il faut qu'il achève le travail de relèvement de ses frères. Une joie
et une communion heureuse ne peuvent être goûtées auparavant, c'est pourquoi
il mange à part. Joseph fait maintenant asseoir ses frères devant lui (v.
33), et ceux-ci ont de quoi s'étonner entre eux en voyant cet homme
discerner leur rang dans la fratrie ; cela laisse supposer qu'il sait
beaucoup de choses sur eux. De plus, il leur fait faire bonne chère sans
raison apparente, et avec encore moins de raison, le plus jeune reçoit une
portion privilégiée. Tout cela est mystérieux, mais bien digne de Dieu qui
les laboure ainsi de diverses manières pour faire briller les richesses de
sa grâce à la fin.
Les frères de Joseph ont été rassasiés ; ils peuvent partir satisfaits après
la réception dont le seigneur du pays les a gratifiés. Leurs sacs regorgent
de blé; Benjamin pour lequel ils tremblaient revient avec eux; Siméon leur a
été rendu. Ils s'en vont heureux; mais leur soulagement sera de courte
durée, car ils n'ont pas encore visité le fond de leur cœur. Ils devront à
nouveau comparaître devant Joseph, et cette dernière épreuve sera la plus
redoutable.
L'intendant (figure du Saint Esprit) continue son travail persévérant dans
la conscience de ces coupables. Il commence par mettre l'argent de chacun à
l'ouverture de son sac. Joseph n'a jamais accepté une seule pièce de
l'argent de ses frères. Il a été vendu
pour de l'argent, il ne veut pas être acheté par de l'argent, au contraire il paie leur dette de blé ces deux fois; il
est celui qui donne. Cet argent remis par deux fois dans leurs sacs est là
pour toucher leur conscience, non pas pour être redemandé, ni pour qu'ils
soient accusés de vol. Cette fois-ci, lorsque les sacs sont ouverts et
fouillés, il n'est même pas question de cet argent placé à l'ouverture.
C'est de la coupe du seigneur qu'il s'agit, et ces hommes sont accusés de
l'avoir dérobée, accusation plausible puisqu'ils avaient été reçus dans la
maison où elle se trouvait.
L'intendant insiste sur la valeur sacrée de ce vase, non point que Joseph
l'utilisât à la manière des devins de l'Égypte dans des pratiques païennes —
Joseph recevait directement les révélations divines — mais en étant
soupçonnés de s'être emparés de l'objet le plus précieux qui soit dans la
maison du seigneur du pays, les frères de Joseph reçoivent le coup le plus
terrible qui puisse leur être porté. La
rudesse
de l'accueil lors du premier voyage, comme la bonté manifestée lors du
second, n'ont pas suffi à leur faire reconnaître leur iniquité. Ils vont
maintenant être convaincus de péché, et c'est là le travail secret mais
puissant du Saint Esprit (Jean 16.8).
Persuadés d'être innocents, ils prononcent unanimement sur eux, sans s'en
douter, une condamnation terrible. La sentence fatale tombe ce jour-là sur
Benjamin, le seul qui soit innocent.
Cependant Benjamin sera épargné, comme Joseph l'a été à Dothan; Jésus le
seul juste, lui mourra pour les injustes (1Pierre 3.18).
La
découverte de la coupe dans le sac de Benjamin plonge les fils de Jacob dans
une angoisse profonde, mais salutaire. Ils déchirent leurs vêtements, signe
de douleur et de honte profonde. Ils reviennent en hâte devant Joseph sans y
être contraints, puisqu'un seul doit être ramené. Ils pensent
instinctivement qu'ils ne peuvent trouver leur salut qu'en celui qui peut
condamner. Pour la quatrième fois, ils se prosternent devant lui, mais cette
fois en se jetant par terre. La parole prophétique est ainsi parfaitement
confirmée.
Cette
scène va plus loin encore: ces hommes ne sont pas seulement courbés dans la
reconnaissance de la dignité de Joseph, mais dans le sentiment de leur
propre indignité et de la gravité de leur péché. C'est dans cette profonde
humiliation que Dieu veut recevoir tout homme.
«Quelle action avez-vous faite?» dit Joseph. La question les sonde, comme
autrefois les flèches de Dieu dans la conscience d'Ève puis de Caïn. «Ne
savez-vous pas qu'un homme tel que moi sait deviner?» Terrible découverte
pour ces malheureux qui ont ainsi la clef de tous les mystérieux événements
qu'ils ont vécus. Ils se trouvent sous le faisceau de cette terrible lumière
et ne peuvent plus rien cacher.
C'est
devant Jésus qu'il faut venir un jour pour confesser tout ce que nous avons
fait, tout ce que nous sommes, et recevoir son pardon, le salut qu'il offre
gratuitement parce qu'il a payé pour nous. Nous ne pouvons comprendre la
gravité du péché aux yeux de Dieu, qu'en apprenant comment Christ l'a pris
sur lui en grâce infinie, et en a porté tout le jugement devant Dieu.
Juda
prend la parole au nom de ses frères. Ils avaient autrefois caché leur
culpabilité par un mensonge indigne. Maintenant ils ne désirent même pas
faire état de leur innocence au sujet du vol de la coupe. Ils comprennent
que pour Dieu la question n'est pas là; ils cesseront de chercher à se
justifier. Ils avaient péché contre Dieu; ils vont s'humilier sous sa
puissante main (Ps. 51.4; 1 Pierre 5.6). Ils sont ramenés en pensée près de
la citerne de Dothan, et près de leur vieux père déchiré dans sa douleur;
merveilleux travail de l'Esprit de Dieu.
Ce
travail s'opérera aussi dans le résidu de Juda plus tard, lorsqu'il
confessera ses fautes au nom de tout Israël, non pas tant à l'égard de la
loi outragée que plus particulièrement à l'égard du Messie rejeté et mis à
mort; ce sont là les très beaux accents d'Ésaïe 53.
Ainsi
les fautes passées pèsent plus désormais sur la conscience des frères de
Joseph que les accusations présentes, et ils s'en déchargent. Le temps des
«honnêtes gens» est passé. Mais «Dieu a trouvé leur iniquité» en présence de
Joseph; c'est une position salutaire pour eux, car maintenant Joseph va agir
de la part de Dieu, et la grâce aura le dernier mot.
Juda
(v 16) revient à la proposition qu'ils avaient faite à l'intendant (v. 9),
tout en la pondérant pour Benjamin maintenant présumé coupable. Mais Joseph
ne l'entend pas ainsi: seul Benjamin est accusé de vol; seul il restera
serviteur (v 10, 17). Quelle tragique conclusion pour ces dix hommes
coupables! Ils sont tenus pour innocents et invités à repartir en paix,
alors que leur jeune frère innocent est tenu pour coupable et condamné.
Quelle admirable leçon nous donne là notre Dieu sauveur, et quelle divine
manière de nous l'enseigner! Car c'est ainsi qu'il a opéré en notre faveur,
et qu'étant justifiés maintenant nous avons la paix avec lui.
Une question se pose maintenant pour les dix fils de Jacob : vont-ils
abandonner leur frère innocent à l'esclavage, comme Joseph autrefois, et
inventer une nouvelle histoire à son sujet devant Jacob ? Non, et c'est là
que nous voyons le profond travail opéré dans leurs cœurs. Juda, leur
porte-parole, va s'approcher de Joseph pour dévoiler
combien le cœur de pierre qu'ils avaient
montré à Dothan a été brisé, combien ils sont devenus sensibles à l'injuste
captivité de leur jeune frère Benjamin, et au chagrin qui pourrait atteindre
leur père. Ce plaidoyer de Juda est une des pages admirables de
l'Écriture ; elle ne peut être lue sans émotion. L'affection que cet homme
porte maintenant à son jeune frère et à son vieux père dont il parle
constamment, se traduit en termes bouleversants, car c'est d'eux que son
cœur est plein. Nous trouvons là non pas une confession détaillée des fautes
passées, mais une preuve irréfutable du changement complet du cœur de ces
hommes. Il est maintenant loin le temps où ils avaient brisé le cœur de
Jacob, en lui faisant parvenir une tunique ensanglantée !
Juda fait ressortir d'une manière poignante l'amour du père pour son fils,
auquel son âme est étroitement liée. Comme cela doit parler au cœur de
Joseph! Au verset 28, Juda va plus loin dans la confession. Il ne dit pas
seulement: l'un n'est plus ; son frère est mort (v 20), mais il rapporte les
paroles de Jacob : «Certainement il a été déchiré ; et je ne l'ai pas revu
jusqu'à présent». Juda rappelle et confesse le mensonge inique des dix
frères, et Joseph apprend ainsi de la propre bouche de Juda la supercherie
qu'ils ont été capables d'employer pour cacher leur forfait. Le cœur de
Joseph doit se serrer douloureusement à l'instant de cette révélation, en
pensant à la détresse de son père.
Tout a été dit maintenant, et Juda s'apprête à se porter coupable à la place
de Benjamin. L'amour a remplacé la haine, l'égoïsme et la cruauté. Joseph va
pouvoir déployer sa grâce.
Au
ch. 44, on ne voit pas les frères de Joseph confesser leurs péchés envers
lui et leur père. Pourtant, au v. 16, ils ont pris conscience que «Dieu a
trouvé leur iniquité». Puis ils plaident pour Benjamin et Juda évoque de
façon pathétique la peine de leur père s’il perdait son plus jeune fils. On
ne peut que voir le travail profond de Dieu dans leurs cœurs. Devant ce
retour sans ambiguïté de ses frères, «Joseph ne put plus se contenir» (ch.
45 v. 1)… «Et il laissa éclater sa voix en pleurs» (v. 2). Ses entrailles se
sont émues, nous rappelant la parabole du berger se réjouissant de retrouver
sa brebis perdue (Luc 15. 4-6). Le père, retrouvant son fils prodigue
revenant dans la repentance, «courant à lui se jeta à son cou» (v. 20). Au
ch. 43 v. 30, Joseph, ému en reconnaissant ses frères, avait dû se retirer
pour pleurer en cachette. Mais maintenant, la restauration de ses frères est
parvenue à son terme: il se manifeste ouvertement à eux, mais il n’y aura
pas de témoins (v. 1er); et nul n’entendra ce que ses frères ont fait,
autrefois (v. 4-8). Il y a, dans la vie du croyant, des moments de stricte
intimité avec son Seigneur: des confessions qui doivent rester secrètes.
Joseph pleure sept fois dans ces ch.:
ch. 42 v. 24; 43 v. 30; 45 v. 2, 14 et 15; 46 v. 29; 50. v 1 et 17. Dans ce
dernier v., Joseph pleure de tristesse en voyant le manque de confiance de
ses frères qui craignent sa vengeance. Mais l’amour de Joseph a pardonné. De
même, «Dieu est fidèle et juste pour pardonner nos péchés» (1 Jean 1. 9).
Mais la confession et la repentance sont indispensables pour rétablir la
communion avec Lui. Il est impossible que nous perdions notre salut acquis
définitivement à la croix du Seigneur Jésus; mais, sans la communion, nous
pouvons perdre la joie de notre salut.
Ses
frères sont «troublés» devant Joseph lorsqu’il se fait reconnaître, car il
est devenu un grand personnage. Mais il les rassure, comme plus tard, le
Seigneur rassurera les disciples qui croyaient voir un esprit: «Paix vous
soit» (Luc 24. 37). Ici, Joseph, sitôt après s’être fait reconnaître,
s’enquiert de son père: «Je suis
Joseph. Mon père vit-il encore?» (v. 3). Il manifeste son intérêt pour son
père âgé, et leur dit: «Hâtez-vous»… Il veut que son père sache rapidement
qu’il vit encore, et qu’il apprenne à quelle gloire Dieu l’a élevé (v. 13).
Quel honneur portons-nous à nos parents, surtout dans leur âge avancé? Et
puis, dans son amour pour ses frères, il désire qu’il n’y ait plus de
distance: «Approchez-vous de moi». Enfin, Joseph ne leur cache pas leur
responsabilité (v. 4), mais il discerne le plan divin derrière les faits (v.
5-8). Il en est toujours ainsi: derrière les circonstances, il y a toujours
les plans de Dieu en bien, et c’est une consolation pour nous (Lam. de Jér.
3. 38; Rom. 8. 28). Tous les hommes sont responsables de la crucifixion du
Seigneur; mais c’était le plan de Dieu pour la rédemption des hommes qui
s’accomplissait (Actes 2. 22, 23). «Ne fallait-il pas que le Christ souffrît
ces choses?» (Luc 24. 16; 46). Joseph, dans les plans divins, était «le
conservateur de la vie» pour l’Israël futur, descendance de Jacob (v. 5; 7).
Le Seigneur est le «conservateur» de la vie éternelle pour tous ceux qui
croient en Lui.
Joseph veut entretenir sa famille dans le «pays de Goshen», le meilleur de
l’Égypte, près de lui (v. 10). De même, la volonté du Seigneur, pour chacun
de nous, c’est que nous soyons «bien près» de lui (1 Sam. 22. 1, 2, 20-23),
afin de nous protéger et de nous bénir. «Venez à moi, vous tous qui vous
fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos» (Matt. 11.
28).
Si
les frères de Joseph devaient raconter sa gloire à leur père, combien plus,
nous-mêmes, devons-nous raconter la gloire du Seigneur à Son Père et Notre
Père (Marc 5. 19)! Sachons apporter à Dieu «le parfum du nom de Jésus».
Enfin, «ses frères parlèrent avec lui» (v. 15), ce qu’ils n’avaient pas pu
faire librement lorsque leurs cœurs étaient remplis de haine (ch. 37 v. 4).
Que
Dieu nous aide à voir les gloires variées du Seigneur: ses gloires passées,
présentes pour les yeux de la foi, et futures qui nous sont révélées dans la
Parole.
Joseph veut que sa famille soit auprès de lui, et jouisse du meilleur du
pays d’Égypte. Mais Dieu se sert du Pharaon comme d’un «canal» pour la
bénédiction de Jacob et de sa maison. Des dispositions sont prises pour
faciliter le voyage (v. 16-19). Le Seigneur veut nous avoir auprès de Lui
pour nous combler de ses meilleures bénédictions. Ni le Pharaon ni ses
serviteurs n’apprendront jamais ce qu’ont fait les frères de Joseph, ni ce
que celui-ci leur a dit. Cependant, la «rumeur» de la venue des frères de
Joseph en est parvenue jusqu’au grand roi d’Égypte, et il s’en réjouit (v.
16)! Au ch. 43, Jacob avait envoyé au «gouverneur» de l’Égypte, ce qu’il y
avait de meilleur au pays de Canaan: des choses attrayantes, mais qui ne
nourrissaient pas. Joseph, lui, envoie «dix ânes chargés de ce qu’il y avait
de meilleur en Égypte, et dix ânesses chargées de blé, et de pain, et de
vivres pour son père» (v. 23). Et «le pays de Goshen», la partie la plus
riche d’Égypte leur est réservée. Dans le Seigneur Jésus, nous avons «une
meilleure espérance…une meilleure alliance… des biens meilleurs et
permanents» (Héb. 7. 19; 8. 6; 10. 34). «Tout ce qui nous est donné de bon
et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières» (Jac. 1. 16,
17). Nos propres ressources ne peuvent nourrir personne; le Seigneur seul
suffit pour la nourriture spirituelle de tous.
La
repentance des frères de Joseph envers lui, prophétise la repentance encore
future d’Israël, vis à vis du Seigneur qu’il a crucifié autrefois, et ne
s’est jamais repenti. Il devra connaître «la détresse de Jacob» juste avant
l’établissement du règne du Seigneur. Il apparaîtra alors sur la Montagne
des Oliviers au résidu fidèle d’alors, qui reconnaîtra son Messie en voyant
«celui qu’ils ont percé», et se repentira (Zac. 12). Jacob lui, dans ces
versets où il ne crut pas ses fils qui lui disaient que Joseph vivait encore
et qu’il gouvernait l’Égypte, est le type d’Israël qui, ayant vu le Seigneur
mort sur la croix, le croit toujours mort, n’ayant pas cru en Lui. Jacob
avait vu la tunique de son fils couverte de sang… Enfin, sur l’insistance de
ses fils, et voyant les chariots, les yeux de la foi s’ouvrent. De même,
Israël, à l’aube du millénium, reconnaîtra son Messie. Comme les frères de
Joseph avaient reçu des vêtements de rechange pour la route, les croyants
sont en route pour voir la Gloire du Seigneur (Jean 17. 24). A leur
conversion, moralement, ils changent de comportement: c’est le témoignage
extérieur (les vêtements de rechange). «Que vos yeux ne regrettent pas vos
meubles» (v. 20). Sur quoi ou sur qui les yeux de notre cœur sont-ils fixés?
Pensons à nos biens spirituels dont nous pouvons déjà jouir, dans une
mesure, mais bientôt, à la perfection dans le ciel, dans la vie éternelle
(Marc 10. 28-30).
«Prenez votre père et vos familles» (v. 18). Que nos prières montent
constamment vers Dieu, pour toute notre famille, afin que nul ne reste en
arrière. Les frères de Joseph sont exhortés à ne pas se quereller en chemin.
Ils devaient être occupés de Joseph et de son amour, ainsi que de la
promesse de jouir du meilleur de l’Égypte. Quant à nous, soyons occupés du
Seigneur et de sa promesse de nous introduire bientôt dans le ciel avec Lui,
afin d’être en paix entre nous. Et gardons-nous des querelles (Col. 3. 12;
Gal. 5. 15 & 19; Jac. 3. 14). «Celui qui sème
des querelles entre des frères est en abomination à l’Éternel» (Prov.
6. 16-19). L’amour doit régner entre les frères (Philadelphie: amour des
frères).
La
pensée de retrouver Joseph vivant pousse Jacob à se lever et à partir. C’est
l’énergie de la foi. «Joignez à votre foi la
vertu» (2 Pi. 1. 5). L’énergie de la foi (la vertu) doit aussi nous
caractériser pour marcher avec le Seigneur. En pensant à toutes les
promesses spirituelles qui sont les nôtres, disons comme le psalmiste: «… ma
coupe est comble» (Ps. 23. 5). En retrouvant Joseph vivant, Jacob retrouve
«l’héritier» des promesses divines. Comme tout à nouveau, l’avenir s’ouvre
devant ses yeux!
Quant
à nous, réunis autour du Seigneur, nous jouissons déjà de sa promesse: «Là
où deux ou trois son réunis à mon nom, je suis là au milieu d’eux» (Matt.
18. 20).
Avant
de descendre en Égypte, Jacob a eu à cœur de monter à Beèr-Shéba, (le puits
du serment): Dieu y avait fait la promesse à Abraham, de multiplier sa
semence et de le bénir. (ch. 22 v. 15-19). Il renouvelle sa promesse à Jacob
qui offre un sacrifice (v. 1er).
Béer-Shéba est aussi le lieu où Abraham, et ensuite Isaac, avaient fait un
serment avec Abimélec, roi des Philistins (ch. 21 v. 31; ch. 26 v. 23).
C’est là que l’Éternel apparaît à Jacob et l’encourage à descendre en
Égypte. Abraham avait commis la faute de descendre en Égypte, et il s’en
était suivi de lourdes conséquences. Isaac, lui, en avait été empêché par
Dieu lui-même. Mais, pour Jacob, c’est en Égypte, en effet, que Dieu va
multiplier sa descendance. Dieu n’use pas des mêmes voies pour tous. Nous
devons être exercés à discerner la volonté de Dieu pour chacune de nos
circonstances, en conformité avec la Parole de Dieu et sans uniformité.
Prophétiquement, on peut y voir le futur peuple de Dieu qui, exilé dans les
nations après avoir crucifié son Messie, s’y est multiplié au point d’y
devenir «un grand peuple». C’est en Égypte, que Jacob et les siens vont
jouir sans restriction du meilleur du pays, tandis que Joseph gouverne et
administre l’Égypte. On peut y voir une autre prophétie, nous amenant au
règne de Christ et à son administration parfaite, où Israël jouira du
meilleur des bénédictions terrestres caractérisant le millénium, pour toutes
les nations, certes, mais surtout pour le peuple de Dieu.
Rien
de ce qui appartient à Jacob ne reste en arrière (v. 5-7). Prions beaucoup
le Seigneur pour ceux de nos familles encore étrangers à la grâce. Lorsque
Jacob réalise que Joseph est vivant, il n’hésite plus: «Et Israël partit…»
(v. 1er).
C’est un élan de son cœur! Peut-être Jacob a-t-il eu quelque hésitation pour
partir en Égypte. Aussi, va-t-il d’abord à Béer-Shéba pour y adorer. Mais
Dieu l’invite à partir sans crainte (v. 3). L’Éternel lui dit: «Je
descendrai avec toi en Égypte» (v. 4). Le Seigneur encourage les siens en
disant: «Je suis avec vous tous les jours…»
(Matt. 28. 20). Dieu accomplit toujours ses promesses. Jacob montrera sa foi
lorsqu’il fera promettre à Joseph de l’enterrer dans le pays de la promesse,
et non en Égypte (ch. 47 v. 30). Fidèle à Lui-même, l’Éternel fera remonter
le peuple d’Égypte, en Canaan (Ex. 12. 51). Souvent, dans la Parole, comme
ici au v. 2, Dieu appelle deux fois: «Jacob! Jacob!». Cela marque un appel
solennel, à des moments décisifs de la vie. Ce fut le cas pour Abraham,
Moïse, Samuel, Marthe, Saul… Le Seigneur nous connaît personnellement. Ici,
il appelle Jacob par son nom significatif: «Usurpateur»… Mais en même temps,
Il lui montre son amour et ses soins. Et cela est encourageant pour nous: Il
connaît tout de nous, et Il nous aime. Il se présente à Jacob comme «le Dieu
de son père»: Il ne change pas. Autrefois, indépendant, Jacob est devenu
dépendant, obéissant, et ne veut pas partir sans connaître la volonté de
Dieu. Les cinq premiers versets révèlent la communion, l’obéissance et
l’adoration. Puis, tous partent, en utilisant les moyens envoyés par le
Pharaon. Dieu a noté par ordre tous les fils de Jacob, désignés avec leurs
mères respectives. Mais, c’est seulement pour Rachel, la bien-aimée de
Jacob, qu’il est dit: «Rachel, femme de Jacob» (v. 19). Les trois autres,
imposées à Jacob par la fourberie de Laban, n’avaient pas la même position,
ni devant Dieu, ni devant Jacob. Aux soixante six personnes nommées, il faut
ajouter les femmes de ses fils (v. 26), Jacob lui-même, Joseph et ses deux
fils; en tout, soixante-quinze (Actes 7. 14). Dieu utilise un Juda restauré,
pour préparer le chemin, et l’envoie au-devant de Joseph qu’il avait vendu,
autrefois. La tribu de Juda est responsable de la mort du Seigneur. C’est
cette tribu qui le recevra et préparera le terrain aux autres tribus, pour
le millénium. Un amour ardent lie Jacob et Joseph (v. 29, 30). L’épreuve est
terminée pour Jacob. Comblé d’avoir recouvré Joseph, il estime pouvoir
quitter la scène (v. 30); mais il vivra encore dix-sept ans en Égypte (ch.
47 v. 28). Israël, recevant son Messie, dira, plus tard: «ma coupe est
comble» (Ps. 23. 5).
C’est
après la pleine restauration de ses frères, que Joseph les appelle: «mes
frères» (v. 31; ch. 47 v. 1). Il a fallu la rédemption accomplie par la mort
du Seigneur et sa résurrection, pour qu’Il puisse appeler les siens: «mes
frères» (Jean 20. 17; Héb. 2. 11, 12). Ce dernier verset cite le Ps. 22. 22,
concernant tout d’abord Israël: toute la semence de Jacob. Joseph a
pleinement pardonné à ses frères coupables. De même, le sang du Seigneur
versé sur la croix a une pleine efficacité pour «nous purifier de tout
péché» (1 Jean 1. 7). Le Pharaon du temps de Joseph n’est pas celui que l’on
trouve dans l’Exode où il prendra un caractère satanique. Ici,
il représente Dieu, au-dessus de tous,
exerçant l’autorité suprême (ch. 47 v. 6).
Joseph met sa famille à part des Égyptiens, dans le pays de Goshen, la
meilleure partie de l’Égypte, et il dit au Pharaon: «mes frères… sont venus
vers moi» (v. 31). Égaré loin de son Dieu, Israël entendra, plus tard,
l’exhortation de l’Éternel: «Si tu reviens, Israël, reviens à moi» (Jér. 4.
1). C’est ce que les frères de Joseph avaient fait, de cœur. Lorsque le
Seigneur était au milieu de son peuple, il a été méprisé, bafoué, haï et
rejeté. Mais, dans l’avenir, un petit nombre de Juifs le reconnaîtra comme
étant le Messie promis, et le recevra de cœur. Israël en Égypte, mis à part
du peuple du pays, n’a pas tardé à se détourner de son Dieu pour adorer les
dieux égyptiens. Josué devra lui dire: «Ôtez les dieux que vos pères ont
servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte,
et servez l’Éternel «(Josué 24. 14). Le Pharaon invite Joseph à faire
habiter sa famille dans la «meilleure partie du pays» (ch. 47 v. 6, 11).
Nous qui sommes dans le monde sans Dieu où règne la «famine» spirituelle, la
«meilleure partie du pays» représente sans aucun doute l’Assemblée lors des
rassemblements, où l’on trouve de la nourriture spirituelle (ch. 47 v. 11,
12).
Joseph ne cache pas à sa famille le mépris des Égyptiens pour tous les
bergers; mais il ne les incite pas à abandonner cette occupation qui est la
leur, afin de les garder de l’opprobre, au contraire: «Sortons vers lui (le
Christ) hors du camp, portant son opprobre» (Héb. 13. 13). D’abord adressée
aux Juifs devenus chrétiens qui devaient sortir du judaïsme, cette
exhortation est pour tous les croyants qui doivent se séparer moralement du
monde, et même du monde religieux qui ne reconnaît pas la saine doctrine,
même s’il s’y trouve de chers enfants de Dieu. Il semble qu’un roi possédant
de nombreux troupeaux avait conquis l’Égypte, ce qui aurait provoqué la
haine des Égyptiens pour les bergers (v. 34). Quelle que soit notre
occupation, ne l’abandonnons pas à notre conversion, dans la mesure où elle
est compatible avec le témoignage chrétien; mais exerçons-la avec fidélité
devant nos supérieurs, tout en gardant l’obéissance au Seigneur (1 Cor. 7.
18-24). Fidèle devant le roi de Babylone qu’il servait, Néhémie était en
faveur auprès de lui, et a été exaucé. Le Seigneur Lui-même se nomme «le bon
berger», et il a été haï du monde et de son peuple. Abel, le premier, était
berger et, son frère, homme du monde et qui le haïssait, l’a tué. David,
type du Seigneur, était berger. L’Église a
besoin de «bergers» rassembleurs, et non de chasseurs qui dispersent.
En
Goshen, Dieu a pris soin de son peuple, particulièrement lors de l’exode: il
a été protégé des plaies que Dieu a suscitées en Égypte: les mouches
venimeuses, les ténèbres, etc. (Ex. 8. 20-23; 10. 21-23). Lorsque les
Égyptiens ont voulu les poursuivre, la colonne de nuée s’est interposée
entre Israël et les Égyptiens: «et elle fut pour les uns une nuée et des
ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit» (Ex. 14. 19, 20). Dieu
nous garde toujours à travers les difficultés. Soyons occupés des choses
d’en haut, même si le monde ne comprend pas nos motifs: le Seigneur, Lui,
les apprécie et nous garde: «Je suis avec vous tous les jours…» (Matt. 28.
20).
Au
ch. 46 v. 31, Joseph avertit ses frères de ce qu’il dira au Pharaon: «Mes
frères et la maison de mon père… sont venus vers moi». Mais devant le
Pharaon, il ne dit pas «vers moi». Il s’efface humblement, devant celui qui
est au-dessus de lui (ch. 47 v. 1). Cependant, le Pharaon, clairvoyant, lui
dit lui-même au ch. 47. 5: «Ton père et tes frères sont venus vers toi».
Prophétiquement, le Seigneur dira: «Me voici, moi et les enfants que Dieu
m’a donnés» (Héb. 2. 13). Joseph est un médiateur entre le Pharaon,
représentant l’autorité de Dieu, et le Seigneur Jésus qui «n’a pas honte de
les appeler (les croyants) ses frères» (Héb. 2. 11, 12). Et, comme le
Seigneur nous enseigne ce que nous devons dire au Père de sa part (Jean 16.
23), Joseph met dans la bouche de ses frères, ce qu’ils doivent demander au
Pharaon (ch. 46 v. 33, 34). Très jeunes, les enfants adressent leurs prières
au Seigneur, ce qui est une très bonne chose; mais apprenons-leur aussi à
prier notre Père céleste: le Saint Esprit nous fait dire: «Abba, Père». «Il
prend de ce qui est à Christ et nous le communique» (Jean 16. 14). Mais si
le Seigneur nous aide «merveilleusement», prenons garde à ne pas nous
«élever dans nos cœurs» jusqu’à nous perdre (2 Ch. 26. 15, 16). Joseph, très
beau type de Christ, d’abord maltraité et éprouvé, a été élevé en dignité
par le Pharaon, et l’on criait devant lui: «Abrec» (qu’on s’agenouille) (ch.
41 v. 43). Mais il reste humble et déférent devant celui qui est plus haut
placé que lui. Il ne prend pas sur lui d’installer sa famille dans la
meilleure partie du pays sans l’ordre du Pharaon. Prenons garde à l’orgueil
spirituel, le pire de tous. L’humilité de Joseph se manifeste en présentant
au Pharaon cinq de ses frères seulement: le chiffre cinq représente la
faiblesse humaine. Bien que les bergers soient en abomination pour les
Égyptiens, le Pharaon établit ces Hébreux dans la partie la plus riche de
l’Égypte. Bien que haïs du monde à cause de Christ (Jean 15. 18, 19), nous
devons aimer, non le monde ennemi du Seigneur, mais tous les hommes de ce
monde. A Israël, l’Éternel dit: «Tu n’auras pas en abomination l’Égyptien,
car tu as séjourné comme étranger dans son pays» (Deut. 23. 7), bien qu’il y
ait servi durement! Dans l’avenir, l’Égypte sera étroitement liée à Israël,
car elle a accueilli la famille de Joseph; puis, la famille terrestre du
Seigneur, le préservant ainsi des intentions criminelles d’Hérode. Tant pour
Israël que pour le Seigneur, Dieu dit: «J’ai appelé mon fils hors d’Égypte»
(Osée 11. 1; Matt. 2. 15). Selon l’attitude de ce monde vis à vis de son
peuple, Dieu tient compte de ces choses dans son gouvernement. «Le cœur d’un
roi, dans la main de l’Éternel, est des ruisseaux d’eau; Il l’incline à tout
ce qui lui plaît» (Prov. 21. 1). Le Pharaon, ignorant du comportement
antérieur des frères de Joseph, pense qu’ils en sont le reflet moral, et
leur fait confiance. Nous savons quel profond travail Dieu a dû opérer en
eux! Le travail de Dieu en nous, nous fait-il reconnaître comme ayant «été
avec Jésus»? Sommes-nous «la bonne odeur de Christ» au milieu de ce monde?
Pour nous, la meilleure partie du pays, c’est
là où se trouve le Seigneur, lorsque nous sommes réunis en son nom: là où il
nous nourrit de Sa Parole. Répondons à toutes ses invitations. Si les
frères de Joseph jouissaient de l’abondance du pays, ils devaient servir le
Pharaon, selon leurs capacités (v. 6). Nous aussi, nourris abondamment de la
Parole de Dieu, nous devons servir le Seigneur, selon ce qu’Il place devant
nous, avec les capacités qu’Il nous donne.
La
vie de Jacob manifeste le Dieu de la grâce qui est le même pour nous. Au ch.
33 v. 3, Jacob se prosterne «par sept fois» devant son frère, son égal. Mais
ici, présenté au plus puissant monarque de l’époque, il ne se prosterne pas;
mais dans la conscience de sa dignité d’homme de Dieu et objet de sa grâce,
il entre, bénit le Pharaon, et le bénit de nouveau en sortant (v. 7-10).
Mais Jacob n’est qu’un canal d’où coule la bénédiction de Dieu vers le
Pharaon: c’est le «prince de Dieu»
(signification d’Israël) qui bénit un prince de ce monde… sans orgueil ni
prétention, mais humblement! «Le moindre est béni par le plus excellent» (Héb.
7. 7).
Contrairement au ch. 43. 11, Jacob n’offre pas de présent au Pharaon, mais
il le bénit deux fois. Jacob est, là, la bouche de Dieu qui bénit le
Monarque. Dans son humilité, il a conscience de sa dignité d’homme de Dieu
en communion avec Lui. Cette double bénédiction enrichit moralement ce grand
roi bien plus que n’aurait pu le faire un «présent». «La bénédiction de
l’Éternel est ce qui enrichit» (Prov. 10. 22). Le Pharaon, conscient de la
grandeur morale de ce simple berger qui le bénit, tout de suite en entrant
et en sortant, sans autre forme de déférence, ne s’en offusque pas. «Le
moindre est béni par celui qui est plus excellent» (Héb. 7. 7). C’est avec
respect qu’il demande à ce vieillard: «Combien sont les jours des années de
ta vie?» (v. 8). Pour le Pharaon, homme du monde, seul compte le nombre des
années passé sur la terre. Mais Jacob, homme de Dieu, fait la différence
entre les années de son «séjournement» sur la terre, et le nombre des années
vécu en communion avec Dieu: ces jours-là ont été «courts et mauvais» (v.
9). Jacob, longtemps occupé à s’enrichir sur la terre par toutes sortes de
moyens, a enfin réalisé que Dieu a préparé à tous les croyants, «une cité
qui a les fondements» célestes, et que les patriarches étaient «étrangers et
forains» (Héb. 11. 9-16): Ils cherchaient «une patrie meilleure». Ne soyons
pas, nous non plus, de «ceux «qui habitent sur la terre» (Apoc. 13. 8). La
brièveté de notre vie nous fait attendre l’entrée dans notre vraie patrie
céleste, quand la trompette de Dieu nous appellera en haut (1 Cor. 15. 51,
52). Cela doit se voir dans notre conduite. Nous y avons un «héritage
incorruptible… immarcescible» que Dieu nous y a préparé. Le Ps. 39. 4-6 nous
fait mesurer la brièveté de notre vie et la vanité d’amasser des biens
matériels, et que nos projets peuvent se révéler illusoires (Jac. 4. 13,
14). Dieu ne retiendra, à la fin, que ce qui aura été fait pour lui, dans sa
communion. Au «tribunal de Christ», où nous ne serons pas jugés nous-mêmes,
mais nos actions, nous recevrons «les récompenses» selon ce que nous aurons
fait «soit bien, soit mal» (2 Cor. 5. 10). Ce qui apparaîtra, ce sera sa
gloire pour Lui, et sa grâce pour nous. Notre corps n’est qu’une «tente»
temporaire (2 Cor. 5. 1), montrant la fragilité de notre vie physique. Mais
Dieu attend de nous que notre vie serve «au conseil de Dieu», comme David en
son temps (Actes 13. 36). La «course» de Jean le Baptiseur a été courte mais
sa vie a été riche au service de Dieu. Isaac, lui, a vécu longtemps (cent
quatre-vingts ans). Mais, après sa faute pour avoir voulu donner à Ésaü la
bénédiction que Dieu réservait à Jacob, Dieu se tait sur la fin de sa vie.
Si notre vie est courte, (Job 14. 1, 2), apprenons à bien «compter nos jours
afin que nous en acquérions un cœur sage» (Ps. 90. 12). Mettre sa confiance
en Dieu pour «être riches en bonnes œuvres, prompts à donner, libéraux, etc…»
c’est saisir «ce qui est vraiment la vie» (1 Tim. 6. 17-19). Paul est un
exemple pour nous: «j’ai achevé la course,
j’ai gardé la foi» (2 Tim. 4. 7, 8). Au ch. 45 v. 27; 46. 30, Jacob,
dans la joie de retrouver Joseph vivant, estime que, désormais, il peut
mourir. Mais Dieu lui accordera de jouir de l’amour de son fils bien-aimé,
dix-sept ans de plus (ch.47 v. 28). Cet amour se manifeste en assurant à son
père et à ses frères le pain dont ils avaient besoin, sans restriction,
gratuitement et pour tous (ch. 47 v. 12). Le Seigneur est Celui qui rassasie
les siens lorsque la famine sévit dans le monde (Ps. 37. 18, 19). Dans les
jours de sa chair, il a nourri le peuple en multipliant les pains (Matt. 14.
14-21); et, durant son règne, «Il rassasiera de pain ses pauvres» (Ps. 132.
15). David dit: «… Je n’ai pas vu le juste abandonné ni sa semence cherchant
du pain» (Ps. 37. 25). «L’Éternel… leur donne la nourriture… les rassasie»
(Ps. 145. 14-16). L’amour du Seigneur pour nous, nous assure la nourriture
spirituelle librement et gratuitement. Il est «le pain de vie» (Jean 6.
33-35). Il donne la vie éternelle (ch. 6 v. 51) et, au v. 56, nous devons
nous nourrir de Lui chaque jour, pour entretenir la communion. Durant le
millénium, Il nourrira abondamment son peuple et les nations de ses riches
bénédictions. Nous, les Chrétiens, nous serons rassasiés de joie dans la
contemplation de sa Face, car: «Ta Face est un rassasiement de joie» (Ps.
16. 11).
Au
début des années de famine (ch. 41 v. 54, 55), les Égyptiens pensent qu’ils
doivent aller au Pharaon, le roi puissant, pour avoir du pain; mais il les
envoie à Joseph. C’est lui qui va les nourrir; et c’est à lui qu’ils
s’adressent, au ch. 47 v. 13-26. Le Pharaon représente la puissance et la
domination divine. Joseph est un type de Christ auquel il faut aller;
d’abord pour être sauvé, mais aussi pour avoir la nourriture spirituelle qui
entretient la communion avec Dieu. Le Seigneur dit, en Jean 14. 6:
«Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la
vie; nul ne vient au Père que par moi».
Aux
v. 13 et 15, le pays de Canaan est étroitement associé à l’Égypte dans la
disette qui avait «épuisé» ces deux pays. L’accent est mis sur l’intensité
de la famine qui sévissait. Plus le temps passait et plus l’épreuve
réduisait les hommes à recourir à l’ultime ressource: aller à Joseph. La
prospérité les avait maintenus loin de lui (Prov. 18. 11); mais l’épreuve
les rejette sur lui… Le croyant ne s’appartient plus à lui-même, mais à
Christ, et doit avoir recours à Lui dans toutes ses circonstances qu’il est
incapable de contrôler.
Prophétiquement, l’Égypte représente les nations. Canaan, le futur pays
d’Israël. Jusqu’à ce jour, tant Israël que le monde incrédule en général,
rejettent Dieu et le Sauveur. La famine spirituelle intense sévit parmi les
hommes. Se tenir loin de Christ, c’est se
vouer à la disette. Une deuxième partie de la prophétie concerne la
période immédiatement située avant le millénium: on retrouve Israël apostât
et le monde, rejetant toujours le Seigneur, en proie à une famine
spirituelle encore plus douloureuse: «Et le ciel se retira comme un livre
qui s’enroule…» (Apoc. 6. 14). Les hommes, après l’enlèvement de l’Église
auprès de son Seigneur dans le ciel, n’auront plus aucune lumière: le ciel
sera fermé pour eux. «Des jours viennent, dit le Seigneur, l’Éternel, où
j’enverrai une famine dans le pays; non une famine de pain… mais d’entendre
les paroles de l’Éternel. Et ils courront d’une mer à l’autre et du nord au
levant… pour chercher la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas»
(Amos 8. 11, 12). Joseph agit avec sagesse, et il ne garde rien pour
lui-même, comme le Seigneur fera toujours tout pour la gloire de son Père: à
la fin, tout appartient au Pharaon. Cependant, dans les récoltes futures,
les Égyptiens ne devaient donner «qu’un cinquième» (v. 24). Durant le règne
du Seigneur, tout, dans le monde lui sera assujetti et, à l’issue du règne,
Lui-même remettra son royaume entre les mains de Dieu le Père. Alors: «Dieu
sera tout en tous» (1 Cor. 15. 25-28; Héb. 2. 8). «Ton peuple sera un peuple
de franche volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence» (Ps.
110. 3). Avons-nous tout donné au Seigneur? (Marc 10. 28-30). Les apôtres
réalisaient qu’ils étaient «esclaves de Dieu et du Seigneur Jésus Christ» (Jac.
1. 1). Nous sommes esclaves de Celui à qui nous appartenons» (2 Cor. 5. 14,
15). Les Macédoniens s’étaient donnés «premièrement au Seigneur» (2 Cor. 8.
5). Cherchons-nous nos propres intérêts ou ceux de Jésus Christ? (Phil. 2.
21).
Joseph, dans sa sagesse, donne aux Égyptiens la nourriture quotidienne, mais
il leur donne aussi de quoi semer, en vue des besoins futurs (v. 23).
Nourrissons nos âmes chaque jour; mais pensons à semer en nous-mêmes, en
pensant à l’avenir qui nous est inconnu.
Contrairement aux v. 13 à 26, où les Égyptiens ont été dépouillés de tout
contre leur nourriture, «Israël habita dans le pays d’Égypte… et ils y
acquirent des possessions, et fructifièrent, et multiplièrent extrêmement»
(v. 27). Et Joseph les fournit de pain, sans le leur faire payer (v. 12).
Dieu permet cet enrichissement auquel les fils de Jacob s’attachent
peut-être. Mais Jacob est détaché des choses de la terre, en contraste avec
sa vie d’autrefois. Dieu nous donne ce qui nous est nécessaire, mais
gardons-nous de remplir nos cœurs des biens terrestres, au détriment des
bénédictions spirituelles.
Au
ch. 46 v. 2 à 4, Dieu avait parlé à Jacob à Beër-Shéba, où il était venu
adorer au lieu de la bénédiction. Avant de partir pour l’Égypte, il désire
s’enquérir de la pensée de Dieu, contrairement à sa manière passée d’agir,
selon sa propre volonté. Il a toujours désiré ardemment les bénédictions
divines, et est attaché de cœur à l’héritage promis, contrairement à Ésaü,
son frère, homme profane. Selon sa promesse, Dieu commence à bénir le peuple
en Goshen où il vit séparé des Égyptiens. Dans tout l’A.T., les bénédictions
de Dieu se traduisaient par la multiplication des biens matériels. C’est en
Égypte qu’Israël devient une grande nation selon la promesse de Dieu; mais
Jacob n’est nullement attaché à l’Égypte; «étranger et forain» (Héb. 11.
13), il veut être enterré en Canaan, pays de la promesse (fin du ch. 47),
avec tous ceux de la lignée de la foi, qui a commencé avec Seth et se
poursuit toujours (ch. 49 v. 29, 30). Au ch. 50 v. 5, la Parole révèle qu’il
s’était taillé lui-même un sépulcre en Canaan. La foi de Jacob se manifeste
dans son espérance de la résurrection. Canaan
est une image du ciel, pour les croyants, dont ils jouiront après
être ressuscités. Il est «étranger et forain» en
Égypte, qui est
une image du monde où vivent encore les
croyants en marche vers le ciel, leur vraie patrie. Puis, il s’empresse de
bénir les deux fils de Joseph, discernant, par la foi, qu’Éphraïm sera plus
grand que Manassé. Enfin, au v. 31, il adore, prosterné sur le chevet du
lit. La fin de la vie de Jacob honore Dieu. Notre vie pratique doit être
vécue en pensant à la résurrection qui nous introduira dans notre vraie
patrie, le ciel.
Au v.
28, le fruit de la grâce de Dieu envers lui est affirmé, en ce que la Parole
dit: «Et les jours de Jacob, les années de sa vie, furent cent quarante-sept
ans». Joseph, à la fin de sa vie, désirera, lui aussi, être enterré en
Canaan; et les fils d’Israël emporteront ses os en partant d’Égypte (Josué
24. 32). Que notre comportement soit en rapport avec notre héritage céleste,
malgré nos occupations terrestres indispensables.
«Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur»
(Matt. 6. 21). «… marchez d’une manière digne de l’appel dont vous avez été
appelés…» (Eph. 4. 1).
Au v.
31, il use de la manière de jurer de cette époque, déjà révélée au ch. 24 v.
3. Ayant obtenu le serment de la part de Joseph, il «se prosterna sur le
chevet du lit». Quelle différence avec sa fuite de Canaan, où il n’avait
qu’une pierre pour chevet et où il s’écriait, saisi de peur: «Que ce lieu-ci
est terrible! Ce n’est autre chose que la maison de Dieu…» (ch. 28 v. 17).
Joseph a trois entrevues avec son père: ch. 47 (fin), où il lui fait le
serment demandé; au ch. 48, où Jacob bénit les deux fils de Joseph, et où
celui-ci reçoit une double bénédiction (une double part» en Éphraïm et
Manassé; et, au ch. 49, où Jacob, ayant convoqué tous ses fils, leur délivre
leur prophétie individuelle, avec un grand discernement. Mais avant de
convoquer ses autres fils, Jacob appelle Joseph (v. 29); car c’est lui,
l’héritier qui, à la mort de son père, deviendra la tête de file de la
lignée de la foi, le dépositaire des promesses faites, d’abord à Abraham,
puis à Isaac, ensuite à Jacob. Car c’est lui que Dieu a choisi, lui «qui a
été mis à part de ses frères».
Joseph, ayant appris que son père était malade, se rendit à son chevet avec
«ses deux fils, Manassé et Éphraïm». Jacob, apprenant à son tour que son
fils venait vers lui, rassemble ses dernières forces pour s’asseoir sur le
lit (v. 1, 2). Dans une heureuse communion avec Dieu, Israël discerne qu’il
a une mission à accomplir avant sa mort: Bénir Joseph dans ses deux fils en
les adoptant. «Et maintenant, tes deux fils qui te sont nés dans le pays
d’Égypte, avant que je vinsse vers toi en Égypte, sont à moi: Éphraïm et
Manassé sont à moi…» (v. 5). Il convenait, sans doute que cette adoption ait
lieu, car Éphraïm et Manassé était nés d’une femme étrangère, type de
l’Église elle aussi, tirée des nations étrangères à Israël, adoptée par Dieu
(Eph. 1. 1-5). Dans certaines généalogies des tribus d’Israël, on ne
mentionne pas Joseph, mais Éphraïm et Manassé. C’est une «double part»
attribuée à Joseph, une double bénédiction; car, après la mort de Jacob,
c’est Joseph qui devient la tête de file de la lignée de la foi. Puis, au
ch. 49, Israël prononcera une prophétie concernant le passé et l’avenir de
ses douze fils et, ainsi, des douze tribus d’Israël. C’était la pensée de
Dieu que Joseph hérite du droit d’aînesse, et qu’il fût l’héritier des
promesses divines (Deut. 21. 17; 1 Chr. 5. 1, 2). Jusque dans le millénium,
comme s’il était le premier-né de Jacob
«Joseph aura deux parts» (Ez. 47. 13). Enfin, ayant accompli cette
double mission, «Jacob… retira ses pieds dans le lit, expira, et fut
recueilli vers ses peuples» (ch. 49 v. 33). Mais, avant de bénir, Jacob
rappelle les promesses de Dieu et les épreuves qu’il a traversées (v. 3 à
7). «Le Dieu Tout-puissant m’est apparu à Luz …» (v. 3). «Lève-toi, monte à
Béthel…». «Ôtez les dieux étrangers…». «Je suis le Dieu Tout-puissant;
fructifie et multiplie…» (ch. 35 v. 1, 2, 11). Les patriarches connaissaient
Dieu comme étant «le Tout-puissant». Les chrétiens le connaissent maintenant
comme Père (Jean 20. 17). Sur la fin de la vie d’Abraham et d’Isaac, on ne
voit presque rien dans la Parole. En contraste, la fin de la vie de Jacob
est riche de détails.
Au v.
7 de notre chapitre, Jacob rappelle douloureusement la mort de Rachel, sa
femme bien-aimée, et son émotion est encore profonde en l’évoquant. Cette
scène montre le côté précieux pour nous, mais aussi pour Dieu, des liens
familiaux qui sont bénis de Dieu. Les liens entre les époux sont une image
vivante des liens qui unissent pour l’éternité, le Seigneur et l’Assemblée (Eph.
5. 28). Ainsi, les liens unissant les membres de l’Assemblée sont précieux
pour Dieu (il n’y a qu’une seule assemblée), et doivent l’être pour nous. Et
puis, Joseph était l’aîné des deux fils de Rachel. D’un autre côté, Israël a
retenu les leçons de ses épreuves. Certaines épreuves proviennent de nos
inconséquences; mais aussi des désordres introduits dans le monde par la
présence du péché.
Après
le rappel des souvenirs, Jacob revient à ce qui l’occupait à ce moment-là
(v. 8): «Et Israël vit les fils de Joseph, et il dit: Qui sont ceux-ci? Et
Joseph dit à son père: ce sont mes fils, que
Dieu m’a donnés ici» (v. 8, 9). La profonde piété de Joseph lui
faisait discerner que ses fils étaient un don de Dieu. Il en est de même
pour nos enfants; et nous devons les élever pour le Seigneur, en vue du
ciel, car nous aurons des comptes à lui rendre. La mère de Samuel avait
compris cela et avait «prêté» son fis «à l’Éternel» (1 Sam. 1. 28). Il
restait sous sa responsabilité, et elle lui faisait une robe à sa mesure
«d’année en année». Jacob bénit ses deux fils adoptés, en mettant Éphraïm,
le plus jeune avant Manassé, le premier-né. Il fait cela selon la pensée
divine qu’il discerne. Bien qu’aveugle physiquement, sa vue «spirituelle»
est très claire. Son père Isaac, aveugle à la fin de sa vie et occupé de
jouir des bonnes choses terrestres, n’avait plus aucun discernement
spirituel. Éli aussi était spirituellement aveugle (1 Sam. 1. 12-15). C’est
à dessein qu’Israël croise ses mains pour octroyer à Éphraïm la première
place. Son grand âge et sa cécité ne gênaient en rien son discernement
spirituel, démontrant ainsi sa profonde communion avec son Dieu.
Si la
vie de Jacob, faite de propre volonté, a été tourmentée, la fin de sa
carrière terrestre honore Dieu. Sa profonde piété lui donne le discernement
de la pensée divine. Loin, maintenant, de rechercher ses propres intérêts
comme autrefois, il ne pense plus qu’à la terre promise, et il bénit Joseph
et ses deux fils aînés. Il comprend la pensée de Dieu et bénit Éphraïm en
premier, alors que, selon la coutume, il aurait dû donner la prééminence à
Manassé. Au ch. 27, Isaac n’avait pas discerné la volonté de Dieu lorsqu’il
avait voulu bénir Ésaü, alors que Dieu voulait bénir Jacob. Ce dernier
devait se souvenir qu’il avait usurpé la bénédiction de manière frauduleuse:
Dieu l’aurait béni malgré tout, mais d’une manière bien différente.
Étant
aveugle, Jacob s’enquiert diligemment de l’identité des deux fils que Joseph
lui présente (v. 8, 9): ce sont les deux aînés de Joseph qu’il veut bénir,
et non les autres, car il comprend que ces deux-là ont été choisis de Dieu;
et il bénit Joseph en bénissant ses fils (v. 15). Tout aveugle qu’il est
physiquement, il discerne que Joseph a placé ses deux fils de manière qu’il
bénisse Manassé avant Éphraïm; mais Jacob obéit à la pensée de Dieu de bénir
Éphraïm en premier. Joseph, à ce moment-là, peut-être pour la première fois
de son histoire, ne comprend pas la pensée divine; et il proteste auprès de
son père, mais Jacob ne se laisse pas détourner du chemin de Dieu. Jacob
rend un magnifique témoignage à l’Éternel, en se souvenant que ses pères,
Abraham et Isaac ont marché devant Dieu (ch. 17 v. 1; ch. 24 v. 40). Pour
lui, il reconnaît que Dieu a été son «berger» et qu’Il l’a gardé dans sa
vie. Chacun de nous peut dire: «L’Éternel est
mon berger…» (Ps. 23. 1). Le Seigneur se nomme Lui-même «le bon
berger» (Jean 10). Comme Jacob, nous sommes les objets de la miséricorde
divine. Le Seigneur est Celui qui nous nourrit spirituellement, par sa
Parole (Jean 6). Comme Abraham avait l’Éternel devant les yeux, marchons,
nous-mêmes, «fixant les yeux sur Jésus» (Héb. 12. 2). L’apôtre Paul disait
de lui-même: «Je cours droit au but…»
(Phil. 3. 14). Comme Jacob qui avait de la déférence envers ses pères, nous
devons nous-mêmes, manifester de l’amour et du respect pour nos parents,
d’autant plus qu’ils nous ont montré le chemin de la foi. Pensons aussi à
nos conducteurs, afin «d’imiter leur foi» (Héb. 13. 7).
Jacob
bénit les fils de Joseph afin «qu’ils croissent pour être une multitude…»
(v. 16 fin). Jacob a vu, longtemps avant les faits, que Manassé deviendrait
une tribu nombreuse (Nom. 26. 34-37); mais Éphraïm désignera, par la suite,
les dix tribus du royaume d’Israël, séparé du royaume de Juda. Il est
remarquable que lorsque Jacob bénit les fils de Joseph, il est appelé
«Israël» (v. 8, 10, 11, 13, 14, 21). Mais il s’efface devant ses pères, ces
anciens témoins de la foi (v. 16).
Nous
avons, nous-mêmes, besoin de discernement personnel, dans la communion avec
Dieu. Mais, de façon générale, Dieu donne à certains frères ou sœurs, un don
de discernement, dans les assemblées. La tribu d’Issacar «savait discerner
les temps pour savoir ce qu’Israël devait faire» (1 Chr. 12. 32). Joseph a
eu, tout au long de sa vie, un grand discernement; mais ici, il n’a pas vu
la pensée de Dieu, quant à ses fils.
Éphraïm et Manassé devaient avoir une vingtaine d’années lorsque Israël les
bénit. Nos jeunes gens recherchent-ils la bénédiction de Dieu? Que les
parents prient pour cela! «Croissez dans la
grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ»
(2 Pi. 3. 18).
La
prophétie de Jacob sur les fils de Joseph répond pleinement à la volonté
divine: «Il mit Éphraïm avant Manassé» (ch. 48 v. 20). Le nom d’Éphraïm
désignera, plus tard, les dix tribus formant le royaume d’Israël, séparé du
royaume de Juda. Dans le millénium, Éphraïm sera également compté comme le
«premier-né» de l’Éternel (Jér. 31. 9). La prophétie de Jacob va donc très
loin. Israël était étranger et savait que ses descendants ne resteraient pas
toujours en Égypte, et il donne des ordres pour être enterré en Canaan (ch.
49 v. 29-31). Il exprime sa certitude en disant: «Dieu
sera avec vous, et vous fera retourner dans le pays de vos pères»
(ch. 48 v. 21). Sa foi vigoureuse s’empare d’avance des promesses et des
bénédictions de Dieu (Héb. 11. 13). Pour nous, le Seigneur dit:
«Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la
consommation du siècle» (Matt. 28. 20). Le pays de la promesse qui
nous est préparé, c’est le ciel; même si, jusque là, nous sommes sur la
terre, la foi nous donne la hardiesse de jouir, déjà, des promesses du
Seigneur de revenir nous chercher (Jean 14). Et cette promesse nous est d’un
grand secours dans nos épreuves.
Jacob
était attaché à la terre de Canaan, pays de la promesse. Au ch. 33 v. 18,
19, il avait acheté une «portion de champ où il avait dressé sa tente; et il
dressa là un autel et l’appela El-Elohé-Israël» qui veut dire «Dieu, le Dieu
d’Israël». Il y possédait aussi une «fontaine» (Jean 4. 6, 12). Ces faits
montrent que Jacob avait l’assurance que ce pays serait, plus tard, partagé
entre toutes les tribus d’Israël. Quant à nous, sommes-nous attachés aux
promesses et à l’héritage célestes?
Le
ch. 49 contient les prophéties et les bénédictions qu’Israël prononce sur
ses douze fils, pour «la fin des jours» (v. 1er). Les prophéties
d’Israël commencent par s’occuper des fils de Léa, et s’achèvent par les
fils de Rachel. Il semble qu’Israël prononce quatre prophéties, chacune
concernant trois de ses fils. Ruben montre la corruption pour avoir profané
«la couche» de son père (ch. 35 v. 22). Et, à cause de son infamie, il a
perdu son droit d’aînesse (1 Chr. 5. 1, 2). Les deux suivants, Siméon et
Lévi, ont montré une grande violence en tuant les hommes de Sichem (v. 5).
Israël dit: «Je les diviserai en Jacob et les disperserai en Israël» (v. 7
fin). Lors de la conquête de Canaan, Siméon a eu une portion dans le lot de
Juda; et Lévi, devenu la tribu sacerdotale, pour sa réponse spontanée à
l’appel de Moïse (Ex. 32. 26; Deut. 33. 8-11), a été dispersé dans toutes
les tribus, pour y servir l’Éternel. Cette tribu a eu en partage
quarante-huit villes, dont les villes de refuge. Cependant, ici, Dieu maudit
leur colère (v. 7), lorsqu’ils ont passé les hommes de Sichem au fil de
l’épée. Ils n’ont certainement pas confessé leur péché. Dieu ne veut, en
aucune manière, la violence, de la part des siens; ni la violence contre
d’autres hommes, ni celle qui peut s’exercer sans cause, sur des animaux (v.
6 fin): «Le juste regarde à la vie de sa bête, mais les entrailles des
méchants sont cruelles» (Prov. 12. 10). Cependant, cette expression: «pour
leur plaisir ils ont coupé les jarrets du taureau» (v. 6 fin), montre le
plaisir qu’ils ont éprouvé dans ce meurtre, perpétré avec colère, contre des
hommes. «La colère de l’homme n’accomplit pas
la justice de Dieu» (Jac. 1. 20). Jacob peut voir que certains de ses
fils ont marché dans un chemin de propre volonté, comme lui-même avait
marché pendant longtemps. D’autres, en revanche, avaient suivi un tout autre
chemin, dans lequel Dieu pouvait prendre plaisir.
A
travers Israël qui est, là, la bouche de Dieu, c’est Dieu Lui-même qui juge
le passé des fils de Jacob et qui prophétise sur eux.
Dans
les v. 1-7, Israël prophétise sur ses trois premiers fils: Ruben, Siméon et
Lévi, stigmatisant la corruption et la violence naturelles, qui ont
autrefois motivé la destruction de presque toute l’humanité par le déluge.
Dans ces prophéties, l’histoire d’Israël nous est présentée, en même temps
que le Seigneur Lui-même.
En
Juda (v. 8-12), la royauté du Seigneur Jésus est évoquée, dans son caractère
de roi combattant pour purifier son royaume de ses ennemis. Il sera «loué»
par ses frères (Israël qui autrefois l’a rejeté). Le Seigneur, d’abord
souffrant, haï, mais ensuite Roi établi et glorifié, est représenté par
Joseph (v. 22-26). Enfin, Benjamin, présente un troisième caractère du
Seigneur, comme le roi triomphant de tous ses ennemis (v. 27).
Juda
(qui signifie louange, voir Gen. 29. 35), la tribu royale d’où sortira
David, le roi selon le cœur de Dieu, évoque aussi le Seigneur Roi (Matt. 1.
2-16; Luc 3. 34), combattant pour l’établissement de son royaume; il sera
loué de son peuple (ses frères v. 8). Et, en même temps, ses ennemis ne
pourront tenir devant Lui et «se prosterneront» (fin du v. 8). Son royaume
glorieux ne sera pas transmis à d’autres; Il est aussi le «législateur» (v.
10). C’est le Seigneur qui a donné la loi à son peuple, au Sinaï. Il est
également «souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec»: il y a un
changement de tribu - de Lévi, la sacrificature passe à Juda, d’où est issu
le Seigneur (Héb. 7. 12-14); une sacrificature qui ne se transmet pas. «Juda
est un jeune lion. Tu es monté d’auprès de la proie, mon fils. Il se courbe,
il se couche comme un lion, et comme une lionne; qui le fera lever?» (v. 9).
Lorsque le Seigneur combattra pour établir son royaume, qui pourra lui
résister en face (Apoc. 14. 17-20)? Il combattra avec «l’assurance» et avec
la «force du lion» (Prov. 28. 1; Prov. 30. 30). En même temps, la prophétie
similaire de Nom. 23. 24, montre le triomphe du peuple de Dieu dans
l’avenir: les ennemis d’Israël ne tiendront pas contre lui. Souvent, dans
les Psaumes en particulier, le Seigneur s’identifie à son peuple, souffrant
ou triomphant des ennemis. Cette prophétie sur les fils de Jacob, trace
l’histoire d’Israël: Ruben, Lévi et Siméon dévoilent la corruption future du
peuple. Juda, la venue du Messie. Zabulon et Issacar, sa dispersion parmi
les nations, la vie facile (v. 14, 15); mais aussi, le commerce («la côte
des navires» v. 13). Dan préfigure la nation apostate d’où, peut-être,
viendra l’Antichrist. «J’ai attendu ton salut, ô Éternel!» (v. 18). Ce cri
de détresse et d’espérance, échappé du cœur de Jacob en prévoyant la
détresse future de ses descendants, sera aussi l’espérance du résidu
souffrant de la fin. Avec Gad, Aser et Nephtali, il y a un retour du peuple
(le résidu fidèle encore futur): Gad, le peuple persécuté durant «la
détresse de Jacob», se retournera et triomphera des ennemis. Et, avec Aser,
durant le millénium, le peuple restauré, jouira de l’abondance, dans les
bénédictions de Dieu (Lév. 26. 3-10). En Nephthali, la «biche lâchée»
proférant «de bonnes paroles», nous avons la liberté du peuple, auparavant
dans la servitude, et louant son Dieu. Joseph évoque la gloire du millénium
pour le peuple, ainsi que pour les nations, après les jugements. La venue de
«Shilo» (v. 10), nous parle du Seigneur comme pacificateur: «le prince de
paix» (Es. 9. 6; Héb. 7. 1, 2), établissant la paix sur la terre; non
seulement entre les hommes, mais entre tous les êtres vivants (Es. 11. 5-9).
Le Seigneur réalisera ce qu’Adam, en Éden, n’avait pu faire. Les peuples,
alors, se soumettront à Christ, certains «en dissimulant» (Deut. 33. 29; 2
Sam. 22. 45); les rebelles seront détruits par le «feu du ciel» (Apoc. 20.
7-10). Mais, dans le royaume, Israël portera, pour la première fois, le
caractère du «cep excellent» (v. 11). Alors, le Seigneur, débonnaire, s’
«attachera», dans la joie de son cœur aimant (v. 12), à son peuple,
jouissant enfin, d’une profonde communion avec lui (début du v. 11; Matt.
21. 5), après avoir détruit le peuple apostat, par un jugement définitif
(fin du verset 11). Le «vrai cep», le cep excellent, désigne aussi le
Seigneur (Jean 15). Le «lait» (fin du v. 12), parle de nourriture
spirituelle (1 Pi. 2. 2). Mais, souvenons-nous que La venue du Seigneur
comme juge, fait partie de sa gloire (Actes 17. 31).
Zabulon et Issacar sont, ici, un type d’Israël dispersé dans les nations (la
mer), dans lesquelles il est occupé à s’enrichir par le commerce. Issacar,
comparé à un «âne ossu» (qui a de gros os), «couché entre deux parcs»,
«incline son épaule pour porter, et s’assujettit au tribut du serviteur»,
jouit ainsi de la prospérité matérielle et de la tranquillité; mais, il est
esclave du monde. Tyr et Sidon étaient deux centres de prospérité
commerciale. Toutefois, la tribu de Zabulon ne se situait pas sur le bord de
la mer, mais sa frontière touchait à la tribu d’Aser où se situaient ces
deux villes; sans doute, ces deux tribus commerçaient ensemble et
s’enrichissaient par le commerce maritime. Cependant, cette très grande
prospérité matérielle devait être jugée par Dieu et détruite (Es. 23. 2 et
suiv.). Cette surabondance, cette prospérité outrancière se retrouve déjà à
notre époque, et s’amplifiera dans la «Babylone prophétique» d’Apocalypse 17
& 18; elle sera détruite soudainement (Apoc. 18. 2-19).
Cependant, ces tribus — Zabulon, Issacar et même Dan, par la suite —
s’engageront de cœur pour aider le roi David, pourchassé par Saül (1 Chr.
12. 32-35); et Dieu se plaît à nous rappeler leur fidélité et leur
attachement à David: ils «n’étaient point doubles de cœur»; «ils savaient
discerner les temps». Que Dieu voie en nous,
l’attachement et la fidélité pour le Seigneur Jésus, encore rejeté de ce
monde! Mais, aussi, gardons-nous de toute compromission qui se
retournerait fatalement contre nous; et soyons à l’écoute de frères ou de
sœurs que le Seigneur aurait doués pour discerner ce que nous devons faire,
dans les circonstances qui seraient embarrassantes pour nous. Quant au
repos, il est bon que nous en jouissions sans en abuser. A une certaine
occasion, le Seigneur a dit à ses disciples qui avaient été actifs à son
service: «venez à l’écart… et reposez-vous un
peu» (Marc 6. 31). Le monde offre des attraits séduisants qui peuvent
accaparer notre temps et nous ne pouvons plus, dès lors, le consacrer au
Seigneur. Nous sommes capables d’avoir «un pied dans le monde et un pied
dans l’Assemblée». Mais le Seigneur nous met en garde contre «le cœur
double»: «Nul ne peut servir deux maîtres…»
(Matt. 6. 24). Nos loisirs ne doivent pas escamoter notre disponibilité pour
servir le Seigneur, dans les petits ou les grands services qu’Il place
devant nous. La Parole nous dit: «Vous avez été achetés à prix, ne devenez
pas esclaves des hommes» (1 Cor. 7. 23). Souvenons-nous que Satan fait payer
très cher ce qu’il semble donner… Nous vivons dans le monde et à son contact
permanent; mais nous devons rejeter tout compromis avec l’esprit du monde (2
Cor. 6. 14-18), car le Seigneur dit de nous, les croyants: «… ils ne sont
pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (Jean 17. 14).
Ce
que dit Israël au sujet de Dan, ce «serpent» cette «vipère» qui mord par
derrière («les talons du cheval») (v. 17), semble désigner la tribu de Dan
comme celle d’où devrait apparaître l’Antichrist. Dans le ch. 18 des Juges,
la tribu de Dan, se cherchant tardivement un héritage, trouve une idole et
un sacrificateur idolâtre, et s’en empare de force. Après quoi: «… ils
vinrent à Laïs, vers un peuple tranquille et confiant, et ils les frappèrent
par le tranchant de l’épée, et brûlèrent au feu leur ville» (Juges 18. 27).
Plus tard, juste avant l’établissement du royaume du Seigneur, l’Antichrist,
«l’homme de péché», «l’inique» qui «s’élève contre tout ce qui est appelé
Dieu… s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu»
(2 Thess. 2. 4).
«J’ai
attendu ton salut, ô Éternel!» (v. 18), sera le cri d’espérance du résidu
souffrant d’Israël, de ceux qui sont scellés pour le salut (Apoc. 7. 9),
mais persécutés sous la domination de l’Antichrist.
Quant
à nous, les chrétiens, nous sommes déjà «sauvés en espérance», mais nous
attendons le salut de nos corps (1 Thes. 4. 13-18).
Dan
porte le caractère perfide et dangereux d’une vipère (v. 17). Il le
manifestera particulièrement en Juges 18; c’est la première tribu à avoir
adopté l’idolâtrie, et c’est, probablement de Dan, que, avant le millénium,
l’Antichrist surgira. Alors, ce cri du cœur de Jacob (v. 18), reflètera la
détresse du résidu fidèle juif dans les souffrances, durant «la grande
tribulation»; moment terrible pour le peuple de Dieu, où toute délivrance
semblera impossible, jusqu’au moment où le Seigneur apparaîtra pour le
délivrer.
Gad
connaît le trouble qui découle du mauvais choix initial qu’il a fait en
s’établissant en deçà du Jourdain, car là, il pouvait nourrir à l’aise ses
nombreux troupeaux. De ce fait, il a été constamment la cible des ennemis,
et a été le premier à partir en captivité. La connaissance de ces choses
doit nous mettre en garde contre les mauvais choix que nous pouvons faire,
si nous ne recherchons pas la pensée divine pour la direction de nos vies:
il y aura toujours des conséquences difficiles se prolongeant toute notre
existence. Le choix d’une solution mondaine à nos problèmes nous place en
position de faiblesse, sur le terrain de l’ennemi.
Prophétiquement, Gad, Aser et Nephtali, représentent le peuple qui, après
avoir connu les douleurs de la persécution, conséquences de sa
désobéissance, connaîtra la joie de la délivrance par l’intervention du
Seigneur, lorsqu’il comprendra que «Celui qu’ils ont percé», autrefois,
était réellement leur Messie (Zach. 12). Gad, d’abord traqué et chassé,
recevra de Dieu, la puissance de se retourner contre ses ennemis, et les
pourchassera à son tour (il leur tombera sur les talons, v. 19). Aser
représente le résidu fidèle de la fin, dans le cœur duquel Dieu écrira sa
loi — et non plus sur des tables de pierre. «D’Aser viendra le pain
excellent; et lui, il fournira les délices royales» (v. 20). Dans le
millénium, le peuple — mais aussi les nations — jouiront de l’abondance des
bénédictions de Dieu. «Les délices royales» parlent de l’amour dans le cœur
du peuple restauré, pour son Seigneur, réjouissant le Roi, durant son règne
millénaire.
Quant
à Nephtali, il est une figure du peuple de Dieu qui, de retour dans le pays
de la promesse après avoir vécu longtemps dispersé dans les nations
étrangères, retrouve une entière liberté («la biche lâchée»). La louange
jaillit sans retenue de son cœur (v. 21), car il a retrouvé, son pays, son
Dieu et son Messie. «Il profère de belles paroles» montre la louange à la
gloire de Dieu, dans la bouche d’Israël restauré, mais aussi «une épée à
deux tranchants dans leur main, pour exécuter la vengeance contre les
nations», à l’aube du règne du Seigneur (Ps. 149. 6-9). Puis, après la
victoire définitive sur les ennemis, la louange sans retenue et universelle
durant le millénium (Ps. 150).
Dans
l’Histoire d’Israël, Aser et Nephtali se sont manifestés d’heureuse façon:
Débora la prophétesse (Juges 4 & 5) appartenait à la tribu d’Aser; elle a
encouragé Barak qui était de Nephtali (v. 6). Les disciples du Seigneur
étaient de Nephtali, sauf Judas, le traitre (Matt. 4. 13-22); et c’est de
Galilée que le Seigneur a commencé à prêcher et à manifester son amour. Ces
tribus en 1 Ch. 12. 34-36, ont aidé David, type du Seigneur. Dans les Juges,
ch. 5 v. 17, on retrouve ces tribus: les unes ont combattu, les autres non.
Ce ch. montre deux pôles de bénédictions: pour Juda et pour Joseph, tous
deux types du Seigneur roi. Eph. 2. 11 à 14, reprend ces mêmes caractères du
v. 22: La muraille de séparation du peuple Juif et des nations, n’existe
plus, car le sacrifice de Christ l’a détruite. La vie de Joseph, haï de ses
frères (ch. 37 v. 4), évoque celle du Seigneur. Mais l’amour de Joseph pour
eux, a travaillé dans leurs cœurs et les a restaurés. Jacob évoque les
souffrances de Joseph (v. 23), mais aussi sa constance. De même, le Seigneur
a été haï de son peuple qui l’a mis à mort, mais le Seigneur a tenu ferme,
dans son œuvre. L’arc parle de combat: A la fin, le Seigneur combattra ses
ennemis en triomphateur (Apoc. 19. 11-16; Ps. 37. 14, 15). Les bénédictions
du peuple, durant le règne de Christ sont annoncées en Deut. 28 v. 1-14;
car, alors, Dieu écrira sa loi sur leurs cœurs (Héb. 8. 10): le peuple sera
pleinement converti et obéira à son Dieu.
Joseph représente le berger d’Israël (v. 25), mais aussi, le bon berger qui
«met sa vie pour ses brebis», brebis juives et brebis chrétiennes (celles de
«l’autre bergerie» [Jean 10. 11-16]). Joseph ne se venge pas de ses ennemis,
ni de ses frères qui lui ont fait beaucoup de mal: il est une figure de
Christ apportant la grâce dans ce monde ennemi. Par son sacrifice, Il nous a
fait connaître Dieu comme notre Père. Il est le berger fidèle qui prend
soin de son troupeau (Es. 40. 10, 11). Il s’opposera aussi aux mauvais
bergers d’Israël qui ne prennent pas soin des brebis du Seigneur, mais se
«paissent eux-mêmes», et «mangent les brebis grasses». Lui, au contraire,
prendra soin d’elles, comme un berger qui aime ses brebis (Ez. 34. 2-22). En
Zac. 13 v. 7, le sacrifice du Seigneur est évoqué, ainsi que la dispersion
des brebis juives, afin que les croyants des nations puissent bénéficier du
salut. Joseph est également le type du Seigneur, vu comme «la maîtresse
pierre du coin» de l’assemblée d’Israël, mais aussi de l’Assemblée
chrétienne, vue comme étant la maison de Dieu (Matt. 21. 42), l’habitation
de Dieu par l’Esprit. Il est la pierre qui soutient tout l’édifice, «la
pierre vivante» (1 Pi. 2. 1-4). Il prend aussi ce caractère redoutable de
«pierre d’achoppement» et d’un «rocher de chute» pour les incrédules
d’Israël et des nations. Mais pour les croyants, il est cette «pierre
choisie et précieuse aux yeux de Dieu». Le Seigneur est également la «pierre
de faîte» sur laquelle on proclamera: «grâce, grâce sur elle!» (Zac. 4. 7),
lorsque l’Assemblée sera complète et enlevée au ciel. Le Seigneur se compare
Lui-même, à un «Roc», sur lequel est fondée l’Assemblée (Matt. 16. 18). Il
est le seul fondement sur lequel nous devons édifier de bons matériaux (1
Cor. 3. 11). Dans le millénium, Israël sera l’objet des bénédictions que
Dieu mettra dans la bouche de tous les êtres créés (v. 25 fin; Phil. 2. 9.
11; Apoc. 5. 13). Viendra un moment où même les êtres infernaux
reconnaîtront qu’Israël est l’objet de l’amour du Seigneur. Même les
nations, autrefois ennemies, loueront l’Éternel en relation avec son Dieu:
«Tous les bouts de la terre se souviendront, et ils se tourneront vers
l’Éternel, et toutes les familles des nations se prosterneront devant toi»
((Ps. 22. 27). Jacob, dans ces moments-là, était la bouche de Dieu, car les
bénédictions qu’il prononçait venaient d’en haut. Ces bénédictions,
supérieures à celles d’Abraham et d’Isaac qui s’appliquaient à la sphère
terrestre, se prolongent jusque dans l’éternité («les collines éternelles»
v. 26). Elles sont prononcées pour Israël, d’abord, mais aussi pour les
croyants de l’Église. Ces promesses de bénédictions éternelles, sont les
résultats de l’œuvre de grâce du Seigneur Jésus, dont les effets se
prolongent jusque dans l’état éternel.
Le
sacrifice du Rédempteur ne se limite pas au salut des âmes, mais se projette
aussi sur la création tout entière (Rom. 8. 18-23); Durant le règne de
Christ, la terre elle-même, régénérée, connaîtra une paix générale et de
riches bénédictions. Mais, après cette période de mille ans, la terre et le
ciel actuels s’enfuiront devant le jugement de Dieu (Apoc. 20. 11), et
seront remplacés par «un nouveau ciel et une nouvelle terre» (Apoc. 21. 1).
Ce sera la nouvelle création, dont Christ ressuscité, est les prémices.
Joseph qui a été «mis à part de ses frères» (v. 26 fin), nous rappelle que
le Seigneur était le «nazaréen» par excellence. Israël s’adresse directement
à Ruben, son premier-né, mais qui, par son péché, a perdu son droit
d’aînesse; à Juda, car de lui sortira le Seigneur, le Roi; enfin, à Joseph,
qui reçoit de riches bénédictions. Quant aux autres, il parle d’eux, sans
s’adresser à eux directement.
Benjamin est l’ancêtre de la tribu d’Israël, tribu combative et vindicative.
On la voit en Juges 20, après un affreux péché, qui refuse de livrer les
coupables à la justice de Dieu, et, à la fin, se fait massacrer par les
autres tribus d’Israël. Mais Benjamin a surtout, là, une portée prophétique
(v. 27): il est un type du Seigneur qui, avant l’établissement de son règne,
combattra et triomphera de ses ennemis (Actes 17. 31; Apoc. 19. 11-16). Et
cela, en relation avec son œuvre à la croix (Es. 53. 12).
Le v.
28 fait référence, par prophétie, aux futures tribus d’Israël. C’était la
volonté divine d’avoir, sur la terre, un peuple de témoins de sa bonté, de
sa miséricorde et de sa gloire. L’infidélité d’Israël ne lui a pas permis de
remplir sa mission. Mais, durant le règne de Christ, il y aura un résidu du
peuple qui se répandra dans les nations, pour prêcher l’évangile du royaume.
Israël est, ici, la bouche de Dieu pour bénir ses fils, «chacun selon sa
bénédiction».
Les
commandements que Jacob donne à ses fils, dénotent sa foi en la
résurrection, et sa fidélité: il veut être enterré avec «ses pères», à
Hébron, le lieu de la communion avec Dieu, dans la terre promise (v. 29-32):
Dieu avait déclaré à Abraham que ce peuple d’Israël serait asservi, durant
«quatre cents ans», dans un pays étranger; mais qu’ensuite, Dieu le ferait
retourner dans le pays promis (ch. 15 v. 13-16). Le «pays promis», pour
nous, c’est le ciel: sommes-nous attachés de cœur, à la résurrection et à
notre introduction dans les lieux célestes, avec le Seigneur? La
résurrection a été rendue possible par l’œuvre du Seigneur, sur la croix, et
par sa propre résurrection: Dieu a annulé la
mort (2 Tim. 1.10); bientôt, elle sera
«engloutie en victoire» (1 Cor. 15. 51-54). Lorsque l’un de nos
bien-aimés «s’endort» (Jean 11. 11-14), pensons, malgré le chagrin de la
séparation, à son «réveil», — la résurrection (1 Thes. 4. 16, 17). Nous
avons déjà, nous, les croyants, le principe même de la résurrection du
Seigneur en nous, même si notre corps est encore mortel. Les croyants de l’A.T.
avaient déjà cette assurance de la résurrection: ils «l’ont vue de loin et
saluée» (Héb. 11. 13), comme toutes les promesses de Dieu, qui ne s’étaient
pas encore réalisées. Chaque chrétien est un «membre» de l’Assemblée, à la
fois, corps de Christ et son épouse. Quant aux croyants de l’A.T., ils
représentent «les amis de l’époux». Le Seigneur confirme la vérité de la
résurrection en Luc 20. 37, 38: «Or, que les morts ressuscitent, Moïse même
l’a montré, au titre: «du buisson», quand il appelle le Seigneur: le Dieu
d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Or il n’est pas le Dieu
des morts, mais des vivants; car pour lui, tous vivent». Jacob voulait être
enterré avec ses ancêtres, et avec Léa.
Au
ch. 50, on assiste au chagrin profond de Joseph pour son père mort, mais
avec lequel il avait toujours joui d’un amour profond.
Joseph a un cœur sensible: on le voit
pleurer plusieurs fois. Ses frères dont le cœur a été longtemps endurci, ne
semblent pas pleurer à la mort de leur père. Le chrétien, malgré la promesse
de la résurrection, n’est pas insensible à la séparation d’avec un
bien-aimé: il pleure, mais il n’est pas «affligé comme les autres qui n’ont
pas d’espérance |