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Le v. 25 commence une autre période de
la vie de Jacob. Il y a eu la période de Léa; puis celle de Rachel. Le
séjour de quatorze ans à Charan aurait pu s’arrêter là. Jacob semble décidé
à en partir sans salaire (v. 25, 26). Mais Laban, malgré ses bonnes
intentions apparentes (v. 27, 28), semble lui tendre un piège qui excite la
cupidité de Jacob. Et il le servira six ans de plus pour son bétail! Mais ce
sera six ans de perdus. Jacob fait valoir ses services, signifiant ainsi,
que Laban lui doit beaucoup; mais la fourberie de son beau-père est
flagrante et justifie la méfiance de Jacob en ses promesses (v. 31-35):
Laban lui dit: «Voici, qu’il en soit selon ta parole. Et il ôta ce jour-là
les boucs rayés et tachetés…», manifestant ainsi son intention de ne rien
donner à Jacob, malgré ses bonnes paroles du v. 28.
Jacob, à cause de ses péchés, a connu
une vie douloureuse: Après quatorze ans de durs services chez Laban, il est
trompé de nouveau, et les six années qu’il a servi pour acquérir un troupeau
à lui, seront plus pénibles encore (ch. 31 v. 38-42). Aux ch. 30 & 31, Laban
et Jacob règlent leurs comptes. Au ch. 32, c’est Dieu qui règle ses comptes
avec Jacob. Et au ch. 33, c’est enfin avec Ésaü… Jacob a eu beaucoup de
difficultés à apprendre les leçons que Dieu lui donnait. Qu’en est-il de
nous-mêmes?
Jacob aurait dû se confier à Dieu pour
son «salaire», mais il préfère employer ses propres moyens pour obtenir plus
encore! Le stratagème que Jacob emploie était superflu — et malhonnête (ch.
30 v. 42) — car Dieu, dans une vision (ch. 31 v. 8, 9, 11, 12), lui avait
montré qu’il lui donnerait le bétail marqueté, picoté et tacheté. C’était
donc un don direct de Dieu. Nous sommes exhortés à vivre, dans ce monde,
sans chercher à acquérir de grands biens (1 Tim. 2. 2; Tite 2. 11, 12; 1
Tim. 6. 6), et à vivre confiants en Dieu et paisibles:
«Tenez-vous là et voyez la délivrance de l’Eternel»
(Ex. 14. 13, 14). Les paroles de Jacob à ses femmes, au ch. 31,
semblent sincères, mais sa conscience n’est pas touchée. Cependant, après
que l’Eternel lui ait parlé, Jacob est décidé à remonter au pays de ses
pères, ce qui est positif.
Au ch. 30 v. 26, Laban reconnaît que
Dieu l’a béni à cause de Jacob, mais ses actes démentent ses paroles du ch.
30 v. 27, 28. Mais, de son côté, Jacob fait appel à sa propre volonté et à
ses propres forces malgré les promesses divines. Il y a toujours le côté de
Dieu et de sa grâce — et Jacob la reconnaît (ch. 31 v. 9) —et le côté de la
responsabilité de l’homme. Plus tard, Israël ayant rejeté la loi de Dieu,
sera châtié; mais les nations que Dieu avait utilisées pour cela, et qui
avaient agi durement, ont subi, à leur tour, la colère de Dieu (Zac. 1. 2,
13-15). Ce qui est vrai pour Jacob et pour Israël, l’est aussi pour nous.
Dieu a discipliné Jacob car c’est un croyant, mais il le protège contre les
agissements de Laban, l’homme du monde.
Lorsque Jacob a trompé son père et son
frère, il s’est enfuit du pays de la bénédiction, et s’est réfugié dans le
monde. Maintenant, il trompe Laban en s’enfuyant sans l’avertir (v. 20);
mais, ici, il fuit le monde pour revenir au pays de la bénédiction.
«… et Rachel vola les théraphim qui
étaient à son père» (v. 19)… Rebecca, en son temps, n’avait pas fait cela!
Et Jacob devra dire à sa maison: «Ôtez les dieux
étrangers qui sont au milieu de vous…» (ch. 35. 1, 2). Et ils
firent ainsi (v. 4).
Élevée dans une maison où,
occasionnellement, on prenait le Nom de Dieu dans la bouche mais où, en
réalité, on adorait des idoles, Rachel restait sans doute attachée aux
théraphim appartenant à son père. Aussi, en partant de sa maison, elle les
vola à l’insu de Jacob. Rachel est un type de la nation juive arrachée de
l’Égypte par la puissance de l’Eternel, mais qui a emporté dans son cœur les
idoles de cette nation (Actes 7. 41-43).
Toutes les épreuves des vingt années
passées chez Laban, auraient dû apprendre beaucoup plus à Jacob sur ce que
Dieu se proposait à son égard; mais, spirituellement, il avait encore un
grand chemin à parcourir, pour atteindre à une vie de vraie communion avec
son Dieu. Pourtant, le Dieu de grâce l’encourage à partir de chez Laban.
Mais il le trompe en s’enfuyant en secret (v. 20). Dieu prend occasion de
cela pour se révéler plein de grâce envers Jacob, qu’il protège contre les
intentions vengeresses de son beau-père (v. 24): Le Dieu d’amour ne veut pas
que l’on fasse du mal à ses oints (Nom. 23. 21; 24. 5), même si, en privé,
Il doit régler ses comptes avec eux. Joshua sera protégé de Dieu même s’il
est justement accusé par Satan (Zac. 3. 1-5). Nous sommes également des
protégés de Dieu, car Il ne voit plus nos iniquités que le Seigneur a
expiées pour nous, même s’Il doit nous discipliner, car nous devons avoir
une attitude sanctifiée. Dieu limite toujours l’action de Satan qui veut
toujours nous faire le plus de mal possible: le livre de Job nous le montre
clairement. C’est à travers les épreuves que
Dieu nous forme.
A partir du v. 27, le caractère fourbe
de Laban se révèle sans voile: ce qu’il dit à Jacob ne reflète en rien sa
vraie pensée. Il avait l’intention de faire du mal à Jacob, mais Dieu l’a
arrêté dans un songe solennel (v. 24), qu’il est obligé de reconnaître (v.
29), l’obligeant ainsi à un changement d’attitude malgré lui. Il feint
d’aimer ses filles (v. 28), mais les v. 14-16 prouvent le contraire; et il
est beaucoup plus attaché à ses idoles qu’il recherche avec véhémence dans
toutes les tentes (v. 33-35). Dieu nous montre ce qui peut se cacher dans
les cœurs naturels! Veillons bien sur l’état de
nos propres cœurs. Toutes nos relations familiales doivent être
placées dans la lumière divine, dans l’obéissance à la Parole: — les pères
ne doivent pas irriter leurs enfants afin de ne pas les décourager; — les
enfants doivent obéir à leurs parents comme au Seigneur; — les maris doivent
aimer leurs femmes qui doivent leur être soumises. Dieu ne regarde pas aux
sentiments affichés, mais au cœur; car, si nous pouvons nous tromper ou
tromper les autres, nous ne pouvons tromper Dieu. Rachel ment effrontément à
son père (v. 35). Pour nous, le mensonge doit être banni de nos vies: «Ayant
dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain» (Eph. 4. 25).
De même, si nous commettons une erreur, reconnaissons-le sans obstination.
Sans doute, Rachel était attachée à ces idoles familiales. Prenons garde
qu’il n’y ait des choses, dans notre vie, qui prennent la place du Seigneur:
ce sont aussi des idoles: «Enfants, gardez-vous des idoles» (1 Jean 5. 21).
Jacob se rendra compte, au ch. 35 v. 2, 4, qu’il faut purifier sa maison
pour s’approcher de Dieu. Le résultat de cette purification, c’est la
puissance de Dieu qui se déploie devant lui et qui le protège (v. 5). Le
Seigneur n’agit pas différemment avec nous, si nous nous purifions de ce qui
trouble la communion avec Lui. Au v. 32, Jacob parle de façon sérieuse:
«Qu’il ne vive pas, celui auprès de qui tu trouveras tes dieux». Les frères
de Joseph, plus tard diront la même chose (ch. 44 v. 9). Cela montre, ici,
que Jacob ignorait ce que Rachel avait fait. La vérité doit présider à
toutes nos relations familiales.
La rancœur de Jacob accumulée durant
vingt ans contre son beau-père Laban, éclate soudain contre sa dureté et sa
cupidité (v. 36-42). Conscient de la discipline de Dieu à son égard, à cause
de ses graves fautes commises dans la maison de son père, Jacob avait subi
la dureté de Laban sans un murmure. Mais la
discipline de Dieu sur Jacob n’ôte rien à la responsabilité de Laban.
La Parole établit les rapports qui doivent présider entre les maîtres et les
serviteurs ou les esclaves (Eph. 6. 5-9; Col. 3. 22; 4. 1). Boaz saluait
courtoisement ses serviteurs, et ceux-ci lui rendaient crainte et respect
(Ruth 2. 4). Mais Laban est à l’opposé de Boaz, et sa dure cupidité le
rendait détestable. Maintenant, la fouille sans retenue de tous ses effets
par Laban, déclenche la colère de Jacob, et il lui rappelle toutes les
pertes qu’il avait prises sur lui, dans le troupeau de son beau-père (v. 38,
39).
«Quelle est ma faute, quel est mon
péché…» (v. 36)? Cette parole de Jacob révèle qu’il est conscient du pardon
de Dieu pour ses fautes anciennes, et que Dieu est avec lui (v. 42). Plus
tard, Pierre, conscient de sa restauration après son reniement du Seigneur,
pourra dire aux Juifs: «Vous, vous avez renié le saint et le juste…» (Actes
3. 14). Nos péchés rompent la communion avec Dieu; mais la confession nous
restaure pleinement et, souvenons-nous que tous nos péchés ont été pardonnés
définitivement, par le sacrifice de Christ.
Dieu avait fait de grandes promesses à
Jacob. Si Laban s’était montré extrêmement dur avec lui, Dieu délivre son
serviteur de l’esclavage de cet homme. Sous la discipline, Jacob n’avait pas
parlé de Dieu. Mais, maintenant, Dieu s’est révélé à lui (v. 31. 3-5; 42).
Et aux v. 42 et 53, il peut parler de Dieu, comme de «la frayeur de son
père, Isaac». Cette expression souligne la crainte d’Isaac de déplaire à
Dieu; mais elle rappelle aussi ce qu’ont dû être ses sentiments
lorsqu'Abraham s’apprêtait à le sacrifier (ch. 22). Cette frayeur que Dieu a
pu lui inspirer, fait penser à la terrible angoisse du Seigneur, à
Gethsémané… (Luc 22. 39-44).
Sur le chemin du retour vers le pays de
la promesse, Jacob reste sur le terrain de la certitude que Dieu est pour
lui, malgré des défaillances qui se manifesteront encore. «Dieu a vu mon
affliction et le labeur de mes mains, et il t’a repris la nuit passée» (v.
42): c’est un encouragement pour nous aussi, car Dieu voit nos peines
cachées, et Il intervient en grâce en notre faveur, selon sa sagesse.
«L’alliance» que Laban prétend instituer (v. 44-52), n’est qu’un pacte de
non agression, un acte de séparation qu’il veut définitif:
le monde ne veut aucun contact avec les croyants
dont il rejette la manière de vivre. De notre côté,
souvenons-nous que, pour nous, ce n’est pas une stèle qui nous sépare du
monde, mais la croix du Seigneur Jésus (Gal. 6. 14). Tout en aimant tous les
hommes, soyons moralement séparés du monde (2 Cor. 6. 14-18; 7. 1). Laban
invoque «le Dieu d’Abraham… de Nakhor et… de leur père», sans se rendre
compte que Térakh était un idolâtre (Josué 24. 2). Il invoque le «monceau du
témoignage»; Jacob a devant lui le Témoin Lui-même. Et, la stèle érigée par
Jacob (v. 45), et revendiquée par Laban (v. 51), n’a pas la même
signification pour ces deux hommes. D’ailleurs, Laban s’exprime en araméen
tandis que Jacob parle en hébreu (v. 47). Jacob, conscient de sa supériorité
devant Dieu, offre un sacrifice (v. 54). En fuite de chez lui, Jacob est
rattrapé par Dieu Lui-même, et il dresse une stèle (ch. 28 v. 13-18).
Maintenant, en fuite de chez Laban, et rattrapé par lui, il dresse de
nouveau une stèle. Laban, quant à lui, invoque la protection de Dieu, mais
il n'y a aucune communion entre Dieu et Laban! On n’en entendra plus parler…
Deux choses principales ressortent de
ce chapitre: les précautions de Jacob pour se concilier la faveur de son
frère et, dans le dernier paragraphe, sa rencontre avec Dieu.
Au v. 1er, les anges
accueillent Jacob de retour vers le pays de la promesse, après vingt ans
passés dans le monde; ils sont là aussi pour le
protéger. Au ch. 28. 12, déjà, des anges, dans un songe,
montaient et descendaient sur une échelle dressée jusqu’aux cieux. Les anges
sont «des esprits administrateurs, envoyés pour
servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut» (Héb. 1. 14).
Malgré la protection évidente de Dieu, Jacob se confie dans ses propres
calculs. Lorsque Jacob s’enfuyait de devant Ésaü, Dieu lui avait promis de
le garder et de le ramener. Et Il a été fidèle à sa promesse, car Il l’a
gardé et, maintenant, Il le ramène. Et Jacob reconnaît toute la bonté dont
Dieu a usé à son égard (v. 9-12). Laban retourne dans le monde (ch. 31. 55).
Quant à Jacob, «il alla son chemin» (ch. 32. 1). De même, nous sommes bénis
de Dieu dans le Christ Jésus, «rendus agréables dans le Bien-aimé», et Dieu
prend soin de nous; mais nous nous comportons souvent comme Jacob! Au v.
12, Jacob se souvient des promesses divines, et il reconnaît, dans les anges
venus à sa rencontre, «l’armée de Dieu»: Cela aurait dû chasser la crainte;
mais il «craignit beaucoup et fut dans l’angoisse» (v. 7). Car Jacob a une
conscience chargée et la communion avec Dieu n'a pas encore été retrouvée;
elle le sera à la fin du chapitre. Le Ps. 91 a trouvé sa pleine application
dans le Seigneur Jésus, sur la terre. Il devrait se réaliser dans notre vie
et bannir la crainte. Notre confiance honore Dieu. Mais, comme Jacob, nous
faisons souvent des calculs charnels malgré nos prières. D’un autre côté, la
crainte nous pousse à sentir notre faiblesse et à nous rejeter sur Dieu.
C’est ce que fait Jacob: dans l’angoisse, il prie… Dieu travaille et
l’épreuve conduit à la bénédiction. Malgré ses richesses, Jacob devait
sentir son dénuement devant le danger.
De retour de leur visite à Ésaü, les
nouvelles qu’apportent les messagers sont inquiétantes: il vient lui-même,
avec quatre cents hommes! Mais, au lieu d’échafauder tous ces plans, Jacob
dont la conscience n’est pas à l’aise devant son frère, aurait dû lui
confesser sa faute: il aurait, alors, glorifié Dieu et, peut-être gagné son
frère. Spirituellement, leur rencontre sera un échec et consacrera leur
séparation (ch. 33 v. 16, 17). De plus, il sort de la place que Dieu lui a
assignée; il appelle Ésaü: «mon seigneur», et se dit son «serviteur»,
oubliant que Dieu l’avait désigné pour dominer sur son frère (ch. 25. 23;
ch. 27. 29).
Jacob, voyant les anges, nomme ce lieu:
«Mahanaïm» (deux armées). Et, aux v. 7 et 8, il partage sa famille «en deux
bandes» pour en protéger au moins une! Le présent qu’il prépare pour apaiser
son frère (Prov. 21. 14), était inutile, car Dieu avait travaillé dans le
cœur d’Ésaü et, au lieu de faire du mal à Jacob (il venait vers lui avec
quatre cents hommes), «il courut à sa rencontre, et l’embrassa, et se jeta à
son cou, et le baisa; et ils pleurèrent» (ch. 33 v. 4)… Cependant, ce moment
d’émotion passé, la méfiance réciproque reprend vie, surtout de la part de
Jacob, craignant toujours la présence de son frère (v. 12-16). La mauvaise
conscience de Jacob lui fait perdre la dignité que Dieu lui avait conférée,
notamment vis à vis d’Ésaü: il ne pense pas aux merveilleuses promesses que
Dieu lui a faites à Béthel. «Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons
de l’assurance envers Dieu» (1 Jean 3. 21). Nous prions et, souvent,
agissons selon nos propres plans! C’est peut-être le sens du Ps. 90. 17: le
début du v. parle de confiance, mais à la fin, le croyant demande à Dieu:
«établis sur nous l’œuvre de nos mains»! C’est durant la nuit que Jacob a
échafaudé ses plans. A quoi passons-nous les veilles de la nuit? Une autre
nuit, à l’issue bénie attend Jacob à Péniel (v. 30, 31).
Faire «un présent obscurcit le sens» de
celui qui le reçoit; mais c’est une habitude chez Jacob (v. 13, 20). Au ch.
43 v. 11), il enverra un présent à Joseph, gouverneur de l’Égypte, que ses
frères n’ont pas reconnu; il a beaucoup de choses à offrir, mais il lui
manque l’essentiel: le froment (qui symbolise Christ dans son humanité), et
la famine sévit dans le pays. Au v. 20, le mot «présent» est le même, dans
l’original, que «sacrifice de prospérité»! Il veut apaiser son frère, au
lieu de régler ses voies devant Dieu avec qui il n’a pas de vraie communion.
«… Après cela je verrai sa face»; mais il ne recherche pas la face de Dieu.
Cependant, Dieu va intervenir dans une lutte mystérieuse, et Jacob, brisé
dans sa chair, dira: «J’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été délivrée»
(v. 30). Dieu voulait briser la volonté de Jacob qui fait des plans,
calcule, avant sa rencontre avec son frère. Si nous voulons faire notre
propre volonté, Dieu nous prend toujours à contre-pied pour nous obliger à
faire Sa volonté à lui. Durant toute la nuit, «Jacob resta seul» et s’opposa
à Dieu. Mais Dieu va briser le support de sa volonté et, alors «le soleil se
levait sur lui comme il passait Péniel» (v. 31). La lumière divine s’est
enfin levée sur lui. Dieu n’a pas permis qu’il entre dans le pays promis
avant de l’avoir rencontré. Il nous faut souvent de ces rencontres intimes
avec le Seigneur pour nous remettre dans son chemin. Jacob a bien prié Dieu
(v. 9-12); mais il ne confesse pas sa faute envers Ésaü…
«Et un homme lutta avec lui jusqu’au
lever de l’aurore. Et lorsqu’il vit qu’il ne prévalait pas sur lui, il
toucha l’emboîture de sa hanche; et l’emboîture de la hanche de Jacob fut
luxée comme il luttait avec lui» (v. 24, 25). Dieu ne peut pas dompter la
chair, elle est incorrigible. Dieu n’a pu que la mettre dans la mort… Et
Jacob, désormais, boitera; toute sa vie, il se souviendra de ce combat avec
Dieu! De même, le paralytique guéri par le Seigneur Jésus, portera son petit
lit, se souvenant de son ancien état (Jean 5. 8). Paul a reçu «une écharde
pour la chair» et l’a gardée malgré ses supplications, afin que la puissance
manifestée par ce grand apôtre, soit de Dieu et non lui. «Quand je suis
faible, alors je suis fort» dira l'apôtre (2 Cor. 12. 7-10).
Dieu ne peut rien faire d’un croyant
charnel. La chair prééminente est une entrave pour la vie spirituelle: la
lumière ne peut briller que lorsque le vase est brisé (Juges 7).
Avant que Jacob ait prévalu (v. 28), il
a fallu qu’il confesse «son nom»: «Jacob» (supplanteur). Il avait menti par
deux fois à son père, en prétendant être Ésaü. Devant Dieu, il reconnaît son
vrai nom! Après cette confession, Dieu change son nom en celui d’«Israël»,
comme il avait changé celui d’Abram et de Saraï, en Abraham et Sara.
Contrairement à Abraham qui sera, ensuite, toujours appelé ainsi,
Jacob est appelé, tantôt Israël, tantôt Jacob,
montrant par là que le «supplanteur» Jacob se manifeste encore. Ces
changements de noms indiquent toujours une nouvelle relation avec Dieu. Si
nous nous obstinons à lutter contre Dieu, Il finit toujours par nous briser;
mais c’est toujours pour faire quelque chose de bon (Ésaïe 28. 28, 29).
Jacob a prévalu sur Dieu, non en ce qu’il a soutenu un long combat contre
Lui, mais parce qu’il a pleuré et supplié (Osée 12. 4, 5).
C'est la victoire de la foi. Au v. 26,
il réclame une bénédiction: c’est de cette façon qu’il a incliné le cœur de
Dieu à le bénir (v. 29 fin). C’est après que Dieu ait lutté avec Job qui se
justifiait, que celui-ci est délivré de lui-même, et qu’il dit: «j’ai
horreur de moi…» (Job 42. 5, 6). Avons-nous horreur de notre vieille nature?
Quand Dieu nous discipline, c’est pour que nous confessions ce qui ne
convient pas dans notre vie et c’est «pour [nous] faire du bien à la fin» (Deut.
8. 16). A la fin de sa vie, Jacob adorera «appuyé sur son bâton». Au v. 26,
Jacob était incapable, malgré ce qu’il dit à l’ange, de l’empêcher de
partir; mais l’ange n’attendait que cette demande de bénédiction: «Et il le
bénit là» (v. 29). Les disciples d’Emmaüs forcèrent le Seigneur à rester
avec eux (Luc 24. 29). La foi hardie selon Dieu est toujours victorieuse (1
Jean 5. 4).
Face à cet «homme» qui a lutté avec
lui, Jacob lui demande son nom; Dieu n’a pas jugé bon de le lui donner, car
l’état de Jacob n’était pas tel qu’Il puisse se révéler à lui sous son nom
de Tout-puissant, ainsi qu’Il l’avait fait pour Abraham dès le début, car
Abraham vivait en communion avec Dieu (ch. 17 v. 1). Il le lui révèlera au
ch. 35 v. 9-11, lorsque Jacob sera revenu au lieu où il avait eu cette
révélation que là serait «la maison de Dieu» (Béthel) (ch. 28 v. 16, 17).
Dieu lui avait déjà dit qu’Il était «l’Éternel» (ch. 28 v. 13), mais il
faudra que Jacob retrouve la communion avec Dieu, en revenant à son point de
départ, à Béthel, pour reconnaître en Lui, le «Tout-puissant». Si nous nous
sommes éloignés de Dieu, il faut une restauration pour retrouver la
communion avec Lui.
Ce n’est qu’après le combat avec l’ange
que Jacob reconnaît qu’il a eu affaire à Dieu Lui-même: «J’ai vu Dieu face à
face et mon âme a été délivrée» (v. 30); alors qu’avant cette lutte de toute
une nuit, il n’avait vu «qu’un homme» luttant avec lui (v. 24)! C’est alors
que la lumière se lève pour Jacob: «Et le soleil se levait
sur lui comme il passait Péniel» (v.
31). Lorsqu’il fuyait Ésaü, il était nuit (ch. 28 v. 10, 11). Mais ce combat
avec Dieu Lui-même, a délivré son âme et, la lumière s’est levée sur lui
(Luc 1. 78, 79)! Cette nuit morale qui tenait son âme loin de Dieu, a duré
vingt ans, jusqu’à ce qu’il passe à Péniel; et il retrouvera une pleine
communion à Béthel (ch. 35). Cette lutte a eu deux résultats: Dieu le bénit
et son âme est délivrée (v. 29, 30). Mais la bénédiction et la délivrance de
Jacob n’ont été possibles que lorsque sa hanche a été luxée… symbole du
brisement de la chair qui le tenait éloigné de Dieu. D’ailleurs, le combat
avec Dieu s’est arrêté dès que la hanche de Jacob a été luxée.
Dieu ne peut rien faire du vieil homme en nous:
il a fallu qu’Il le mette à mort à la croix. Dieu seul peut nous en délivrer
quant à ses effets (Rom. 7. 24, 25) et nous donner une vie conduite par
l’Esprit Saint (Rom. 8).
Le v. 32 montre que les Israélites ont
gardé le souvenir de ce combat de Jacob. Mais ce souvenir semble tourner en
superstition: «Les fils d’Israël ne mangent point du tendon qui est sur
l’emboîture de la hanche». D’autre part, ce v. nous exhorte à ne pas nous
«nourrir» des faux-pas de nos frères: Si la hanche de Jacob a été luxée,
c’est une preuve qu’il ne marchait pas selon Dieu.
Au chapitre 33, Jacob étant béni,
rencontre son frère. Il ne semble pas qu’il ait confessé sa faute envers
lui. Aussi, est-il rempli de crainte. Cependant, il a changé d’attitude:
maintenant, il dispose sa famille dans l’ordre croissant de son attachement
aux personnes: d’abord les servantes et leurs enfants; puis, Léa et ses
enfants; et, en dernier, Rachel et Joseph qu’il veut protéger plus que les
autres. Jacob, devant le danger immédiat (car Ésaü est tout proche), passe
devant eux. Et lui, le béni de l’Eternel, se prosterne sept fois devant son
frère qu’il appelle: «mon seigneur», se nommant lui-même «son serviteur»…
Jacob perd, là, toute sa dignité! Il changera plus tard, lorsque Joseph le
présentera au Pharaon: Plein de la dignité que lui confère sa place de béni
de l’Eternel, il ne se prosterne pas, lui, le berger, devant le roi le plus
puissant du moment, mais bénit le Pharaon (ch. 47 v. 7-10)! La rencontre
avec Ésaü va se passer bien différemment: Venu pour détruire Jacob et sa
famille avec quatre cents hommes, Ésaü, en qui Dieu a travaillé, se jette au
cou de son frère… et, émus, «ils pleurèrent» (v. 4). Jacob espérait apaiser
son frère avec le présent qu’il lui avait envoyé (ch. 32 v. 20). Mais c’est
Dieu qui a permis qu’Ésaü l’accueille favorablement. Néanmoins, il trompe
encore son frère, en prétendant le rejoindre à Séhir, alors qu’il sait qu’il
revient au pays de la promesse. Il prétend que tout le troupeau mourrait
s’il le pressait un seul jour; pourtant, il n’avait pas craint de le presser
dans sa fuite de chez Laban… Le vieux Jacob se manifeste encore. L’action de
Dieu a été longue en Jacob; mais à la fin: «Il adora appuyé sur le bout de
son bâton» (Héb. 11. 21).
Jacob réalise difficilement qu'il doit
se rendre à Béthel où Dieu l’appelle: Il s’arrête à Succoth, à l’est du
Jourdain, et y bâtit une maison pour lui et des cabanes pour son bétail.
Cependant, la conscience mal à l’aise sans doute, il décide d’entrer en
Canaan et installe sa tente aux portes de Sichem, y achète un champ et y
bâtit un autel (v. 17, 18). Dans ces différentes étapes, il perd son
caractère de pèlerin en s’installant au milieu des incirconcis. Ce n’était
pas là que Dieu le voulait, mais à Béthel, la maison de Dieu où Il s’était
révélé à lui, et où Il l’appelait: «Je suis le Dieu de Béthel…» (ch. 31 v.
13), et non de Sichem. Jacob semble vouloir sanctifier sa possession en y
bâtissant un autel qu’il nomme: «le Dieu d’Israël», allusion au nouveau nom
que Dieu lui a donné. Plus tard, ce champ recevra les os de Joseph (Josué
24. 32). Il est toujours dangereux d’être, moralement, près du monde, et les
difficultés ne tardent pas à se manifester (ch. 34); pensons à Lot qui
s’était installé jusqu’à Sodome (ch. 13 v. 12); puis dans Sodome (ch. 14 v.
12) et enfin à la porte de la ville, avec les notables du lieu (ch. 19 v.
1). Si nous sommes «amis du monde», nous devenons «ennemis de Dieu» (Jac. 4.
4). Abraham aussi avait acheté un champ (ch. 23 v. 17-19): Mais ce
patriarche pensait à la résurrection et à la possession future du pays. Et,
là, il a enterré sa femme. Ces croyants de l’A.T. étaient détachés des
choses de la terre où ils se considéraient comme étrangers (Héb. 11. 9-16).
Jacob, sur le moment, a acheté ce champ pour y fixer sa tente au milieu des
étrangers! Gardons nos distances vis à vis du monde sans, toutefois,
mépriser les hommes du monde. Dieu, dans sa grâce, n’abandonne pas Jacob
dans cette situation: «… Lève-toi, monte à Béthel, et habite là et fais-y un
autel au Dieu qui t’apparut…» (ch. 35 v. 1). C’est là que Jacob devait
habiter et adorer. Et au v. 7, il bâtit un autel et le nomme: «El Béthel»
(Dieu de la maison de Dieu). A Sichem, l'autel avait été appelé «Dieu
d'Israël»; Veillons à ce que nos cultes nous occupent de Dieu plus que de
nous-mêmes. Notons que l’autel de Béthel a été dressé après que Jacob eut
ôté les idoles qui étaient dans sa maison! Cela aussi est une leçon pour
nous.
La famille de Jacob étant près de la
ville, Dina décide d’aller «voir les filles du pays» (ch. 34. 1). Mais c’est
«Sichem, fils de Hamor… prince du pays» qui «la vit, et la prit, et coucha
avec elle» (v. 2). Dina entre dans un monde corrompu et y rencontre la
souillure, le déshonneur pour elle et sa famille. Outre la faute de Dina,
peut-être due à son inexpérience, il y a la responsabilité de son père qui
s’est installé à proximité de Sichem. Les conséquences en seront la violence
et le meurtre. Mais les enfants aussi ont leur part de responsabilité, quant
à leur comportement. Car, s’ils s’égarent dans de mauvais chemins, ça n’est
pas toujours la faute des parents. Chacun pour lui-même a affaire au
Seigneur: «N’entre pas dans le sentier des méchants…» (Prov. 4. 14-16).
C’est pour le bien de leurs enfants que les parents
doivent veiller sur leurs relations. «Les mauvaises compagnies
corrompent les bonnes mœurs» (1 Cor. 15. 33). Hamor et Sichem, son fils,
poussent Jacob et sa famille à s’allier avec eux (ch. 34 v. 9): Le monde
tend toujours ce même piège aux croyants. Aimons tous les hommes, comme le
fait le Seigneur, mais sans nous allier à eux. «… Et habitez avec nous»:
c’est la suite logique du piège, alors que les croyants doivent garder leur
caractère d’étrangers et de pèlerins. L’exemple de Joseph est édifiant: au
ch. 39, «il refusa» les avances de la femme de Potiphar… (v. 8). Puis, «il
n’écouta pas…» (v. 10). Enfin, «il s’enfuit…» (v. 12). Les gens du monde
«trouvent étrange que vous ne courriez pas avec eux dans le même bourbier de
corruption…» (1 Pi. 4. 4); mais le chrétien a affaire à son Seigneur.
Sichem semble être sincère quant à ses
sentiments pour Dina; Mais Dina elle-même a été séduite: «Et son âme
s’attacha à Dina fille de Jacob, et il aima la jeune fille, et parla au cœur
de la jeune fille» (ch. 34 v. 3). Si nous laissons agir le vieil homme en
nous, il nous mènera dans le monde et à ses séductions dangereuses car,
ensuite, il est très difficile de s’en arracher.
Le comportement violent de Siméon et
Lévi est indigne de ceux qui font partie du peuple de Dieu. Les fils de
Jacob ont parlé «avec ruse» aux hommes de Sichem, selon le caractère même de
leur père. La fin cruelle des hommes de Sichem (ch. 34 v. 25) plonge Jacob
dans la crainte des représailles (ch. 34 v. 30), car il n’avait avec lui
qu’un petit nombre d’hommes, et il pense à lui-même plus qu’à l'humiliation
faite à Dina. Mais la protection de Dieu ne manquera pas: «La frayeur de
Dieu fut sur les villes qui les entouraient, et on ne poursuivit pas les
fils de Jacob» (ch. 35 v. 5). Jacob se souviendra, à la fin de sa vie, de
cette colère meurtrière de ses deux fils, et divisera Siméon et Lévi (ch. 49
v. 7b), ce qui eut lieu en Canaan: la tribu de Siméon sera mêlée à celle de
Juda, et Lévi sera dispersé dans les autres tribus, comme tribu sacerdotale.
Ce privilège, Lévi le devra à l’énergique décision qu’il prit à l’appel de
Moïse (Ex. 32. 26-29; Deut. 33. 8-11). Une chute grave est suivie de
restauration si le coupable confesse ses fautes et les abandonne: c’est ce
que fit Lévi. Si, dans sa crainte du moment, Jacob oublie les promesses
divines, à la fin de sa vie il aura acquis le discernement de ce qu’il
adviendra à ses douze fils (ch. 49). De même, devant le Pharaon, il
reconnaîtra que ses jours ont été «courts et mauvais».
Au ch. 35, pour la première fois de sa
vie, Jacob goûte une vraie communion avec Dieu, étant revenu à la maison de
Dieu (Béthel). Mais, aussi, Dieu a touché sa conscience en lui rappelant sa
faute envers son frère (v. 1). Alors, aussitôt, Jacob comprend que
les dieux étrangers qu’il conserve dans sa maison,
sont incompatibles avec la présence de Dieu (v. 2); et il
reconnaît la fidélité de Dieu envers lui (v. 3). Cet autel qu’il dresse,
cette fois, c’est Dieu qui le lui a commandé et il a obéi: il peut adorer
dans un état convenable. Puis, sur la stèle qu’il érige, il verse de l’huile
pour la sanctifier comme au ch. 28; mais ici, il peut y ajouter une
libation, image de la joie goûtée dans la communion.
Notre communion ne peut être réelle que dans le
jugement de nous-mêmes (1 Cor. 11. 28). Prenons garde, également,
à tout ce qui prend la place du Seigneur dans nos vies: ce sont des idoles…
La famille de Jacob s’est dépouillée de «tous les dieux étrangers» (v. 4) et
des «anneaux qui étaient à leurs oreilles», ces derniers ornements
nourrissant la vanité humaine. Jacob, cependant, «les cacha sous le
térébinthe» au lieu de les détruire.
Ils durent changer «leurs vêtements»…
Pour nous, cela signifie que l’on doit ôter notre ancienne manière de vivre
pour laisser la vie de Christ transparaître dans nos comportements (Gal. 3.
27; Eph. 4. 22-24; Col. 3. 12, 13).
En érigeant son autel, Jacob ne pense
plus à lui-même comme au ch. 33 v. 20; mais il a Dieu seul en vue, car il
l’appelle «El Béthel»: Dieu de la maison de Dieu. Il marche dans un chemin
spirituel plus élevé qu’au ch. 33. Dans l’adoration, pensons d’avantage à
Dieu et au Seigneur Jésus qu’à nous-mêmes, afin que nos cultes s’élèvent et
soient plus heureux. Mais cela ne sera possible que si nous sommes occupés
du Seigneur dans notre vie quotidienne. «Ce que ta main nous a donné, nous
te le rendons».
Dans ce ch. 35, on trouve à la fois la
joie de la communion et la mort ayant frappé la famille de Jacob trois fois:
«Débora, la nourrice de Rébecca mourut…» (v. 8). «Et Rachel mourut…» (v.
19). «Et Isaac expira et mourut…» (v. 29). La mort est la conséquence du
péché; mais la grâce de Dieu se déploie au milieu des tristesses qui
jalonnent la vie du croyant qui peut, malgré tout, jouir de la communion
avec son Sauveur.
Jacob, attaché aux bénédictions depuis
toujours (ce qui l’avait incité à usurper celle que son père réservait à
tord à Ésaü), l’avait réclamée de Dieu au ch. 32 v. 26. Mais maintenant,
c’est Dieu Lui-même qui le bénit (ch. 35 v. 9). C’est la joie de Dieu de
bénir les siens qui marchent dans la foi et goûtent sa communion. C’est
notre marche défectueuse qui limite les bénédictions que Dieu voudrait nous
donner (Mal. 3. 10).
Au v. 28, Dieu lui rappelle son nouveau
nom: «Israël». C’est un tournant dans la vie de Jacob, car il jouit,
maintenant, d’une heureuse communion avec son Dieu, après plus de vingt ans
de discipline (que Dieu lui rappelle, d’ailleurs, au v. 1er). Il
porte, désormais, le caractère d’Israël (vainqueur de Dieu); c’est comme une
nouvelle naissance faisant intervenir la gloire de Dieu. Certes, Jacob,
comme tout croyant, aura, par la suite, des hauts et des bas dans sa vie: il
sera encore désigné sous son ancien nom plusieurs fois; mais c’est désormais
un nouvel homme, revenu à Béthel. Comme au ch. 28 v. 19, Il appelle de
nouveau le lieu: «Béthel» (v. 15). C’est une nouvelle étape qui l’amène plus
près de Dieu.
Au v. 11, Dieu se révèle à lui sous le
même Nom sous lequel Il s’était révélé à Abraham:
«le Dieu Tout-puissant»; et Il élargit
les promesses, non plus à ses seuls descendants, mais à toutes les nations;
et lui révèle que des rois sortiront de lui. Malgré ses nombreuses
faiblesses, Jacob est béni, selon la requête d’Isaac à son égard (ch. 28 v.
3, 4). Jacob se rappellera de cette étape de sa vie, devant Joseph (ch. 48
v. 3, 4): «Le Dieu Tout-puissant m’est apparu à Luz» (Béthel)… Dieu, en tant
que tel, est esprit, et ne peut être vu: «L’homme ne peut me voir et vivre»
(Ex. 33. 20). On ne sait sous quelle forme Il s’est révélé à Jacob. A
Abraham, il s’était révélé sous la forme d’un homme (ch. 18 v. 1). Au ch.
32, Il se manifeste sous la forme des anges (v. 1er). Nous-mêmes,
nous verrons Dieu en Christ: «Celui qui m’a vu a
vu le Père» (Jean 14. 9). Christ a pleinement révélé la gloire de
Dieu: il «est l’empreinte de sa substance» (Héb. 1. 3). L’autel que Jacob
bâtit au v. 7 lui a été commandé par Dieu Lui-même; et il a obéi.
Une belle manifestation de la communion
dont Jacob jouit avec Dieu, c’est que, contrairement au ch. 28 où Dieu était
resté sur le sommet de l’échelle pour parler à Jacob, ici, «Dieu monta
d’auprès de lui dans le lieu où Il avait parlé avec lui» (v. 13). Le contact
direct avait été établi. De même, au ch. 28, Jacob avait versé de l’huile
sur la stèle qu’il avait dressée. Mais au ch. 35, outre l’huile de
l’onction, il y verse une «libation» (probablement du vin),
symbole de la joie de la communion établie avec
Dieu. Ces différentes stèles jalonnant son chemin sont des
souvenirs des étapes marquantes de sa vie. Au v. 14, c’est une stèle
d’adoration; et au v. 20, une stèle de deuil! Souvenons-nous, nous aussi,
des différentes étapes de notre vie de chrétiens. La mort de Rachel est
douloureuse pour Jacob. Il la rappellera avec larmes au ch. 48 v. 7: «Et
moi… comme je venais de Padan, Rachel mourut auprès de moi»: Ces points de
suspension font penser à un sanglot de Jacob! A la fin de sa vie, son
chagrin restait le même pour son épouse bien-aimée. Mais la mort de Rachel
en donnant naissance à Benjamin est prophétique: Et l’on retrouve la même
pensée en Apoc. 12 v. 1, 5: La femme «en grand tourment pour enfanter» est
un type de la nation juive qui est jusqu’à ce jour dans les souffrances,
n’ayant pas reconnu Christ comme son Messie. Dans l’esprit des Juifs, «le
fils mâle qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer» n’est
pas encore né. Mais, lorsque le résidu croyant recevra cette vérité que le
Messie, c’est Jésus, il se repentira. Alors, l’ancien état d’Israël
disparaîtra (c’est Rachel qui meurt); et le Seigneur prendra sa vraie place
dans l’esprit des Juifs: «fils de la droite» du Père (Ps. 110. 1). Comme le
Seigneur, Benjamin est né à Bethléem qui est Ephrata (Mich. 5. 2). Si Joseph
est un type du Seigneur souffrant et rejeté de ses frères, Benjamin
représente Christ triomphant de ses ennemis (Apoc. 19. 11-16). Rachel
appelle son fils: «fils de ma peine»: c’est le côté de la nation souffrante.
Jacob l’appelle: «Fils de ma droite»: c’est le côté de Dieu.
Au ch. 35 v. 19, se trouve la première
mention de Bethléhem, en relation avec la mort de Rachel. En Michée 5. 2, on
en a la dernière mention de l’A.T., annonçant la naissance du Messie. Le
Seigneur naîtra à Bethléhem (Matt. 2. 3-6). Benjamin est un type du Seigneur
triomphant de ses ennemis (Fils de la droite — de la force — du Père).
Le v. 22 dévoile le caractère indigne
de Ruben vis à vis de son père. Jacob ne semble pas réagir, mais il ne
l’oubliera pas, et ôtera à Ruben son droit de premier-né auquel se
rattachaient des bénédictions spécifiques; et, longtemps après, il en est
toujours outré (ch. 49 v. 3, 4). Son droit d’aînesse fut attribué aux fils
de Joseph, qui reçut une double part en Éphraïm et Manassé, qui devinrent
deux tribus, tandis que Joseph ne sera pas nommé dans la généalogie
d’Israël, pas plus que Lévi qui sera répandu dans les autres tribus pour y
exercer la sacrificature (Ex. 32. 26-28; Deut. 33. 8-11). Il y aura donc,
malgré ces changements, douze tribus. Cependant, la primogéniture fut donnée
à Juda, tribu royale, car c’est de lui que devait naître le Seigneur (1 Chr.
5. 1, 2; Matt. 1. 2). Le péché de Ruben a eu des conséquences définitives
pour lui et sa descendance. Un péché, même confessé a toujours des
conséquences prolongées. Ruben ne s’est pas purifié de sa faute, et ses
frères sont restés muets. De tous les fils de Jacob, seul Benjamin est né
dans le pays de Canaan (sur le chemin d’Ephrath) (ch. 35 v. 16-19). Jacob
revient à Hébron où avait vécu Abraham, dans une heureuse communion avec
Dieu, et où vivait encore Isaac (v. 27): Ayant retrouvé la communion, il
revient au lieu où il pourra lui-même en jouir avec son Dieu.
Enfin, Isaac dont on n’entendait plus
parler depuis le ch. 28, meurt et est enterré dans le même tombeau
qu’Abraham et Sara. Rebecca y sera enterrée aussi, et Jacob y ensevelira
également Léa. A son tour, Jacob y sera enterré (ch. 49 v. 29-31; ch. 50 v.
13). Quant à Joseph, les fils d’Israël, à leur retour d’Égypte, y
enterreront ses os à Sichem (Josué 24. 32). C’est à l’occasion de la mort
d’Isaac que Jacob et Ésaü, se retrouvent pour la dernière fois, avant de se
séparer définitivement (ch. 36 v. 6-8).
Le ch. 36 est tout entier consacré à
Ésaü. En prenant des femmes étrangères (ch. 26 v. 34, 35; ch. 36 v. 2-5), il
a provoqué «l’amertume d’esprit» de ses parents. C’est un homme profane et
ses descendants deviendront des ennemis
d’Israël. Ésaü quitte Canaan et se
retire dans le monde, manifestant qu’il ne saurait marcher avec le croyant
Jacob son frère. Les incrédules n’ont aucun désir de fréquenter des croyants
fidèles. Mais Ésaü, en quittant volontairement Canaan, s’enfonce dans un
désert où il n’y a pas de rafraîchissement pour l’âme, car les sources qu’on
y trouve sont «chaudes» (v. 24). Le monde n’offre aucun rafraîchissement
pour nos âmes. En Canaan, au contraire, on s’abreuve à des sources fraîches
et à des torrents (Deut. 8. 7; Ps 23. 2): Le Seigneur est pour nous la
source des eaux vives dont nos âmes ont besoin chaque jour.
Très tôt dans leur histoire, les
descendants d’Ésaü se sont donné des rois car ils étaient sans Dieu (v.
31-39). A plusieurs reprises dans ce ch., il est rappelé qu’ «Ésaü, c’est
Édom» (v. 1er, 8, 9, 19, 43).
Si Jacob a reçu son nom d’Israël
— Prince de Dieu — de la part de
Dieu Lui-même, Édom — surnom d’Ésaü qui
signifie: roux — rappelle son
péché d’avoir vendu son droit d’aînesse pour un potage de lentilles (un
roux).
En ce qui concerne la mort des hommes
de foi, il est dit: «il fut recueilli vers ses peuples»: Abraham (ch. 25.
8); Isaac (ch. 35. 29; et Jacob (ch. 49 v. 33). Mais pour les descendants
d’Ésaü, il est dit simplement: «… il mourut»… (ch. 36 v. 31-39).
Dès qu’Isaac expire, le vrai visage de
Jacob et d’Ésaü se révèle: Jacob, pèlerin, «habita dans le pays où son père
avait séjourné» (ch. 37 v. 1). Ésaü, lui, quitte le pays de la promesse et
«s’en alla dans un pays loin de Jacob» (ch. 36 v. 6). Il s’en va dans le
monde… La Parole montre un grand contraste entre la généalogie d’Ésaü (ch.
36), où sa grande prospérité est montrée — de grands troupeaux, des
richesses, de nombreux chefs et, enfin, des rois! — et celle, très brève de
Jacob au ch. 37, qui se ramène à Joseph, l’héritier des promesses de Dieu.
La parole présente souvent de grands contrastes entre les familles pieuses
et les profanes. Gardons-nous de convoiter les choses du monde, pour nous
attacher à l’héritage céleste. Parmi les descendants d’Ésaü, on trouve
Amalek (ch. 36 v. 12, 16) qui devint ennemi d’Israël (Ex. 17. 8-16).
C’est une figure de l’ennemi agissant sur la chair
et cherchant à nous empêcher de jouir par la foi, des bénédictions divines.
«Amalek… tomba en queue sur toi, sur tous les faibles qui se traînaient
après toi…» (Deut. 25. 17-19). Ceux qui se
tenaient près de l’arche étaient gardés.
Si nous nous écartons du Seigneur, Satan nous fera tomber. Cet Amalek est
probablement un descendant d’Ésaü, même si Israël ne devait pas avoir «en
abomination l’Édomite» (Deut. 23. 7). Plus tard, Dieu permettra qu’Israël
détruise Édom (Livre d'Abdias). «J’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek
de dessous les cieux» Nom. 17. 14. Et: «L’Eternel aura la guerre contre
Amalek de génération en génération» (Cf. v. 16).
Le ch. 37 commence l’histoire de
Joseph, type remarquable du Seigneur, aimé de son Père (v. 3); haï et rejeté
de ses frères (v. 4); enfin glorifié (v. 7, 9). En type, on y voit les
souffrances du Seigneur, son rejet, sa mort, sa résurrection et sa gloire.
Sensible à «la mauvaise renommée» de ses frères (leurs mauvais propos, note
b) (v. 2), il en souffre et le rapporte à son père, et ils le haïssent parce
que son père l’aime (Jean 3. 36). Le Seigneur était haï du monde car Il
rendait témoignage que «ses œuvres étaient mauvaises» (Jean 7. 7). Mais ses
songes le font paraître plus haïssable encore aux yeux de ses frères (v. 8).
De même que ses «frères ne pouvaient parler paisiblement» à Joseph (v. 4),
de même, les Juifs se sont montrés durs envers le Seigneur, cherchant à
«l’enlacer dans ses paroles». Cependant, ses songes se réaliseront, car au
ch. 42. 6, ses frères se prosterneront devant Joseph, devenu le gouverneur
de l’Égypte. Notre cœur naturel répugne à l’idée de se prosterner devant un
homme. Mais ses songes sont prophétiques, car ils annoncent la gloire future
du Seigneur (Matt. 26. 64) qui règnera sur Israël qui l’a rejeté: «il faut
qu’il règne» (1 Cor. 15. 25).
«Joseph… paissait le menu bétail» (v.
2). Trois grands personnages de l’A.T. étaient bergers: Joseph, «le
conservateur de la vie» (sauveur) (ch. 45 v. 7); Moïse, le conducteur du
peuple au désert; et David, roi d’Israël. Dans
l’Assemblée, Dieu cherche des bergers qui rassemblent et non des «chasseurs»
qui dispersent. Joseph, comme Daniel plus tard ou Timothée dans
le N.T., était jeune (v. 2). Le récit de ses songes à ses frères nous
ramène aux paroles du Seigneur parlant au peuple de son royaume et de sa
gloire future (Matt. 25. 31-46).
«La tunique bigarrée» (à manches, note
c) de Joseph le distinguait de ses frères. En 2 Sam. 13. 17, 18, Tamar,
fille du roi David, portait une tunique bigarrée, apanage des «filles du roi
qui étaient vierges». Avait-elle un rapport avec la royauté, prophétisant
ainsi, de la future royauté de Christ? Peut-être, pour Joseph,
distinguait-elle celui qui avait reçu «le droit d’aînesse», bien qu’il ne
fût pas le premier-né. La tunique du Seigneur «sans couture, tissée tout
d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas» (Jean 19. 23), parle de la
perfection de Christ dans son caractère céleste et terrestre: parfaitement
Dieu et parfaitement homme.
Malgré ces glorieuses prédictions,
joseph restera humble et ne régnera pas avant le temps. Sans aucun doute, sa
foi sera soutenue par ces promesses divines à travers les tribulations qui
ne vont pas tarder à survenir. La douceur d'Hébron va prendre fin, car son
père décide de l'envoyer vers ses frères. Sait-il à quel point Joseph est
haï de ses aînés? En tout cas joseph le sait; mais cela ne le fait
aucunement reculer devant sa mission: "Me voici". L'amour pour son père se
traduit par une prompte obéissance, et lui fait surmonter la crainte de ses
frères.
Il n'est pas toujours facile aux enfants
d'obéir; même si le cœur est bien disposé, il faut quelquefois renoncer à ce
qui est cher, affronter les difficultés, accepter l'opprobre. Mais l'honneur
ainsi porté aux parents est rendu au Seigneur, et il bénira en retour (Éph.
6.13).
Les frères de joseph l'aperçoivent de
loin. La tunique bigarrée le désigne à leur haine; ils pensent annuler la
réalisation de ses songes en se débarrassant de leur frère (v 20). Mais Dieu
arrête leur projet sanguinaire en inclinant le cœur de Ruben; ils jettent
joseph dans une citerne heureusement vide, après avoir dépouillé leur frère
de son vêtement de dignité. Ils sont capables de manger le pain en fermant
leurs oreilles et leurs cœurs aux supplications de Joseph et à sa profonde
détresse (ch. 42 v. 21, Amos 6.3-7).
Le cœur de l'homme est dur, mais comment
le qualifier lorsqu'il persécute son propre frère! Le
Seigneur a connu plus que cela de la part des siens:
ils ont aussi pensé annuler les prédictions divines en le mettant à mort (v
20, Matt. 27.42); ils l'ont injurié, frappé, et lui ont craché au visage; il
a été dépouillé de sa robe sans couture, sans défaut comme sa personne (v
23). Mais il a souffert aussi pour nous délivrer de notre méchant cœur, de
cette tendance à mépriser nos frères, à les jalouser, à cultiver la rancune.
Gardons des cœurs sensibles aux souffrances de Christ, comme à celles de nos
frères.
En définitive, Joseph est vendu pour
vingt pièces d'argent, deux pièces pour chaque frère!
Notre Seigneur le sera pour trente, le prix d'un
esclave. Ruben a demandé la vie de son frère, peut-être par
pitié, sans doute aussi par peur des conséquences (v 30). Juda l'épargne
pour le profit (v 26). Mais les dix frères sont bien tous d'accord pour
préparer une odieuse mise en scène, qui aurait pu frapper le cœur de leur
père d'un coup mortel (v 35). Ils ajoutent à leur iniquité, et à la
profanation de cette tunique bigarrée qui parlait tant au cœur de Jacob, une
effroyable hypocrisie, tout en prétendant le consoler. Ils venaient
d'ajouter à l'immense chagrin du patriarche d'avoir perdu son fils, le
remords de l'avoir envoyé sans protection. Et 22 années durant, ce pauvre
vieillard trompé portera au plus profond de lui-même la douleur de ce deuil.
Les fils de Jacob ont atteint le fond de l'abjection. Mais Dieu, dans sa
miséricorde, va agir en eux par un patient travail de discipline, afin
qu'ils parviennent à une totale confession des fautes et à une restauration
finale.
Rejeté par ses frères (ch. 37), Joseph
est vendu aux nations dont l’Égypte est un type. Prophétiquement, l’état
misérable d’Israël ayant rejeté son Messie, est mis en évidence par la
conduite de Juda qui, «dans ce temps-là, descendit d’auprès de ses frères»
(ch. 38 v. 1), s’éloignant d’Hébron, le lieu de la communion avec Dieu (ch.
37 v. 14). Il se lie avec un adulamite et se marie avec une cananéenne. Dans
ce chapitre, Dieu veut nous mettre en garde contre tout éloignement de notre
cœur du chemin de la foi obéissante: on ne peut que descendre toujours plus.
Mais Dieu met aussi en évidence sa grâce, car c’est malgré tout de la tribu
de Juda qu’est né le Seigneur, le Sauveur! De plus, la même grâce se déploie
envers Tamar, sa belle-fille, une étrangère qui, ainsi que Rahab, Bath-Shéba
et Ruth, se retrouveront dans la généalogie du Seigneur (Matthieu ch. 1).
Hira, cet adulamite, ami de Juda (v. 1,
12, 20), montre beaucoup d’indifférence envers la conduite de Juda,
lorsqu’il se détourne vers Tamar qu’il prend pour une prostituée. Cela nous
met en garde contre les amitiés mondaines: le monde
n’a pas les mêmes critères moraux que les croyants. La communion avec
Dieu ne peut aller de pair avec une marche mondaine… Seuls, deux croyants
fidèles à la Parole peuvent goûter la communion entre eux.
«Je suis le compagnon de ceux qui te craignent»
(Ps. 119. 63).
Onan montre tout l’égoïsme du cœur
naturel qui conduit à la désobéissance. Ayant refusé de donner une
descendance à son frère défunt, il déplut à Dieu qui le fit mourir (v. 10).
Quant à Shéla, son dernier fils, Juda le promet à Tamar, mais se dérobe à sa
propre promesse: «de peur qu’il ne meure lui aussi…» (v. 11). Plus tard,
Dieu fera entrer le lévirat dans la loi (Deut. 25. 5-10), afin que le nom du
défunt ne soit pas effacé d’Israël. Fidèle, Boaz lui, rachètera Ruth «pour
relever le nom du défunt sur son héritage» (Ruth 4. 5). Au temps du
Seigneur, les sadducéens tenteront de le surprendre dans ses paroles, à
l’aide de la loi du lévirat (Matthieu 22. 23-30).
Si Juda passe légèrement sur sa propre
faute, il se montre très dur pour sa belle-fille: «… qu’elle soit brûlée»
(v. 24). Plus tard, David ayant gravement péché, réagit par une parole dure
envers «l’homme» de l’histoire que Nathan le prophète lui raconte. Et Nathan
doit lui dire: «tu es cet homme» (2 Samuel 12. 1-15). Touché dans sa
conscience, David s’est repenti de sa faute. La Parole nous enseigne à nous
juger nous-mêmes d’abord, avant de juger les autres. Le Seigneur nous le
montre dans l’histoire de la femme adultère de Jean 8. 1-11. De plus, la loi
exigera, plus tard, que l’homme et la femme adultères soient mis à mort tous
les deux (Lév. 20. 10).
Dieu va user de grâce envers Tamar, car
il voit, dans son cœur le profond désir d’avoir une postérité qui la ferait
entrer dans le peuple de Dieu; ce qui explique son stratagème envers son
beau-père: ainsi, elle aura un fils de Juda lui-même et, non seulement, par
ce fils, elle entrera dans le peuple d’Israël, mais, surtout, dans la
généalogie du Seigneur. Dieu ne pouvait que bénir un tel désir, au-delà de
la faiblesse de la foi de Tamar (Ruth 4. 18; Matt. 1. 3; Luc 3. 33).
Joseph, l’héritier des promesses de
Dieu, ayant été vendu en Égypte sur la proposition de Juda, (ch. 37 v. 27),
celui-ci ne peut que connaître un chemin descendant, manifestant un état de
cœur déplorable. C’est aussi, prophétiquement, l’état d’Israël qui a rejeté
son Messie et l’a «vendu» aux nations. De même que Juda marche comme les
gens du monde, loin de Dieu, de même, Israël, loin de Dieu, marche comme les
nations profanes.
La fidélité et la pureté des mœurs de
Joseph se dévoilent dans son service dans la maison de Potiphar; tout
particulièrement dans les avances adultères de la femme de ce dernier,
auxquelles Joseph ne cède à aucun moment: «Il refusa…»
(v. 8); «Il ne l’écouta pas…» (v. 10); «Il
s’enfuit…» (v. 12). Dès le premier jour, Joseph avait décidé devant
Dieu de ne point céder à ces tentations pour être fidèle envers son maître
mais surtout envers son Dieu: «Et comment ferais-je ce grand mal, et
pècherais-je contre Dieu?» (v. 9). L’ennemi sait répéter les tentations pour
nous pousser à y céder; mais: «résistez au diable et il s’enfuira de vous» (Jac.
4. 7). En premier lieu, le péché déshonore Dieu (Ps. 51. 4); et l’adultère
est particulièrement grave (Prov. 6. 32-34), car: «votre corps est le temple
du Saint Esprit» (1 Cor. 6. 18-20). Cette vérité s’oppose à l’enseignement
du monde. L’exemple négatif de Samson (Juges 16), est l’exemple d’un croyant
cédant aux tentations de la chair car, dès le début, il était déterminé à y
céder: «car elle plaît à mes yeux». Tourmenté de jour en jour, il finit par
lâcher sa fermeté: il est tombé et y a perdu, d’abord sa force, puis sa vie!
Les pièges tendus par l’ennemi dans la vie du croyant doivent faire
ressortir sa fidélité. C’est dans la communion avec Dieu que le Seigneur
nous prépare à résister victorieusement aux tentations. Les desseins divins
vont s’accomplir, même à travers l’adversité que Joseph traverse pour un
temps, car «l’Éternel était avec lui» (v. 2, 3; 21; 23; Actes 7. 9). «Jésus
qui était de Nazareth… Dieu était avec lui» (Actes 10. 38, 39): c’est le
modèle inimitable. De même, Il sera avec David (1 Sam. 16. 18). Même dans la
prison, Joseph reste fidèle. Dieu l’avait envoyé devant ses frères pour
accomplir ses plans envers Israël (Ps. 105. 17 et suiv.). Et Joseph, malgré
ce chemin douloureux, restera un instrument docile dans la main de Dieu. Le
Tout-puissant avait promis à Abraham qu’il serait une bénédiction à sa
descendance et aux nations (ch. 12 v. 1-3). Déjà, la maison de Potiphar et,
après lui, celle du garde de la prison en Égypte, sont bénies par la
présence fidèle de Joseph. La fidélité est le chemin de la prospérité (Josué
1. 7): prospérité matérielle, ici. «Je souhaite qu’à tous égards, tu
prospères comme ton âme prospère» (3 Jean 2): là, prospérité spirituelle
indépendante des circonstances. En servant son maître, Joseph sert son Dieu
sans gémir (Col. 3. 22-24; Eph. 6. 5-8). La petite fille israélite, servante
dans la maison de Naaman, montre la même disposition d’un cœur humble et
fidèle et est en bénédiction à son maître (2 Rois 5. 1-19). Aimé de son père
mais vendu par ses frères pour être esclave en Égypte, puis calomnié et jeté
en prison, Joseph aurait pu dire comme Jacob, plus tard: «toutes ces choses
sont contre moi» (ch. 42 v. 36). Prenons garde au témoignage que nous
rendons car, même sans paroles, le monde observe nos bonnes œuvres: «Que
votre lumière brille ainsi devant les hommes» (Matt. 5. 16). «Celui qui
demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit»; «En ceci
mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit» (Jean 15. 5, 8).
La vie de Joseph, malgré sa fidélité, a connu de grandes épreuves, de même
qu’Ézéchias, plus tard. Il en est de même pour nous. C’est à travers les
épreuves que nous apprenons à mieux connaître le Seigneur, et nos âmes en
sont fortifiées.
Le v. 6 nous avertit de veiller sur la
nourriture spirituelle que nous prenons (le pain). Car de cela découle la
communion avec le Seigneur et notre bénédiction: la maison d’Obed-Edom était
bénie par la présence de l’arche chez lui. La communion avec le Seigneur
nous confère une ressemblance spirituelle avec Celui duquel le Ps. 45 dit:
«Tu es plus beau que les fils des hommes». Il s’agit de beauté morale:
«l’homme caché du cœur».
La
femme de Potiphar est un instrument entre les mains de Satan, l’ennemi, pour
essayer de faire tomber Joseph. Mais, si ses faux témoignages conduiront
Joseph en prison, on ne le voit, à aucun moment, protester du sort qui lui
est fait. Conduit à la mort de la croix, le Seigneur «n’a pas ouvert sa
bouche» (Es. 53. 7). Il a été confronté à de faux-témoins (Matt. 26. 59,
60); ses ennemis ont crié «Il mérite la mort» (v. 66); mais «Il garda le
silence» (v. 63). Maltraités, attendons-nous au Seigneur. Ex. 23. 1 dit: «Tu
ne feras pas courir de faux bruits». Potiphar ne s’est pas enquis
soigneusement de la véracité des paroles de sa femme, et a agi légèrement.
Cependant, Dieu protège son serviteur et limite l’initiative malheureuse de
Potiphar qui aurait pu mettre Joseph à mort, car Dieu avait un plan et ce
chemin de douleurs menait Joseph à la gloire. Il en sera de même pour David.
A son insu, la femme de Potiphar faisait avancer les plans divins. «Toutes
choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom. 8.
28). Quant à Joseph: «On lui serra les pieds dans les ceps, son âme entra
dans les fers» (Ps. 105. 18). «Ta voie est dans la mer, et tes sentiers dans
les grandes eaux; et tes traces ne sont pas connues» (Ps. 77. 19).
Moralement, Joseph était «dans la mer», mais en même temps, dans le
sanctuaire de Dieu. Cependant, Dieu n’est jamais insensible aux
circonstances douloureuses de ses bien-aimés (Lam. 3. 34-39), et le v. 36
nous le montre tout particulièrement. Par deux fois il est écrit:
«l’Eternel était avec lui» (v. 21; 23);
et il a eu un rôle heureux dans la prison, bien que subissant une longue
épreuve car, si les autres prisonniers étaient coupables, lui ne l’était
pas. Pourtant, il reste égal à lui-même. 1 Pi. 2. 18-23 montre la bonne
attitude du croyant persécuté, attitude qui fut celle du Seigneur Lui-même.
Qu’en est-il pour nous?
Joseph avait eu des songes lui révélant une gloire future. Aussi, Dieu
l’éprouva en le faisant passer par la prison (Ps 105. 19). «L’abaissement va
devant la gloire» (Prov. 15. 33). Essayons de
regarder nos circonstances avec le regard de Dieu, un regard «d’en haut».
C’est depuis sa prison que Paul a écrit ses épîtres. Et il affirme que ses
circonstances adverses «sont plutôt arrivées pour l’avancement de
l’évangile» (Phil. 1. 12-14). Sa communion avec Dieu lui montre les voies
divines. Joseph ne comprenait pas les voies de Dieu à son égard, et il dit à
l’échanson: «Souviens-toi de moi…» (v. 14). Mais Dieu le délivrera d’une
manière toute différente. Dieu révèle toujours ses voies en son temps. A
peine en prison, Dieu montre sa bonté à Joseph (v. 20-23). Le Seigneur agit
toujours en notre faveur dans nos épreuves.
Comme
Joseph prenait soin des prisonniers, le Seigneur est venu «pour publier aux
captifs la délivrance» (Luc 4. 18, 19). Le Seigneur a été crucifié entre
deux malfaiteurs, «mis au rang des iniques»; et Joseph a été mis au milieu
des prisonniers, et il en a pris soin avec bonté.
Des
deux hommes en prison avec Joseph, l’un a été restauré, l’autre condamné; de
même, l’un des brigands repentant a été sauvé, l’autre, sans repentance,
perdu… Notre responsabilité est de témoigner auprès des incrédules. Dans
notre attitude nous devons: «reluire comme des luminaires, présentant la
parole de vie» (Phil. 2. 15, 16). Joseph a regardé les deux prisonniers et a
compris leur tristesse (v. 6). Le Samaritain, à l'inverse du lévite, «est
ému de compassion» et prend soin de celui qui est tombé entre les mains des
voleurs (Luc 10. 30-37). Demandons à Dieu de nous délivrer de notre égoïsme
naturel afin de ne pas garder notre trésor pour nous-mêmes. Les proches du
Seigneur estimaient qu’il avait perdu la raison parce qu’il était toujours
disponible pour les malheureux.
Si Joseph peut interpréter les
songes, c’est que sa vie habituelle s’écoule dans une profonde communion
avec Dieu; mais c’est Dieu Lui-même qui donne les réponses (ch. 41 v. 16;
Dan. 2 v. 27, 28). «Le secret de l’Eternel est pour ceux qui le craignent»
(Ps. 25. 14). C’est dans la communion avec le Seigneur que le Saint Esprit
nous fait comprendre la pensée divine dans nos circonstances.
Aux v. 9 et 10, l’échanson
raconte son songe à Joseph qui lui en donne l'interprétation. Devant
l’interprétation favorable de Joseph à l’échanson, le panetier se rassure et
raconte, lui aussi, son propre songe. Mais Joseph déclare qu'il sera pendu.
De plus, si l’échanson met la coupe pleine de vin dans la main du pharaon,
ce sont les oiseaux qui mangent le pain de dessus la tête du panetier, et
non le pharaon; et les oiseaux du ciel, dans la Parole, désignent souvent
les démons. Ne nous élevons pas dans nos propres pensées (Rom. 12. 3).
Joseph (v. 14, 15), semble
compter sur la reconnaissance de l’échanson pour le délivrer de la prison.
Dieu permettra que l’échanson l’oublie durant deux ans (ch. 41 v. 1), car Il
avait un plan qui devait conduire Joseph à la gloire (ch. 41 & suivants):
«Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu»
(Rom. 8. 28). Le brigand, sur la croix, a fait appel au Seigneur Lui-même;
et il a reçu la réponse immédiatement (Luc 23. 42). Nous devons compter sur
Dieu seul dans toute notre vie. Les circonstances étaient défavorables pour
Joseph, mais Dieu était avec lui. Joseph est un type de Christ souffrant de
la haine des hommes. Mais, ensuite, les songes d’autrefois de Joseph se
réaliseront, et il connaîtra la gloire; de même, le Seigneur, bientôt,
établira son royaume glorieux. Les circonstances injustes qui accablent
Joseph, lui font dire à l’échanson, mais en vain: «souviens-toi de moi…». Le
Seigneur aussi peut dire: «Ils m’ont haï sans cause» (Jean 15. 25); mais Il
dit à ses rachetés en parlant de la Cène: «faites ceci en mémoire de moi…».
Que Dieu nous le mette à cœur, à tous, que ce ne soit pas en vain.
Dans cette double
interprétation des songes des deux hommes, Joseph est une image du Seigneur
qui, lorsqu’Il viendra pour juger les hommes vivant sur la terre, séparera
les élus d’avec les méchants (Matt. 25. 31). C’est le même Joseph qui
prononce un oracle de salut pour l’un et un de perdition pour l’autre. Dans
ces révélations, il y avait la responsabilité de Joseph qui devait se tenir
devant Dieu, mais seul Dieu pouvait conduire les évènements pour la
réalisation de ses plans.
Dans l’adversité, Joseph a été
oublié de l’échanson. «Le pauvre» par excellence, Celui qui a été oublié,
c’est le Seigneur qui a sauvé «la ville» (Ecc. 9. 13, 14), Lui le Sauveur,
mais que les hommes méprisent et oublient! Lorsqu’Il était sur la terre,
parmi les hommes, Il en a particulièrement souffert.
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