Seconde épître aux
Thessaloniciens
par F.B. Hole
Chapitre 1er
V. 1-2
La seconde lettre aux Thessaloniciens a été, de toute évidence, écrite peu
de temps après la première, alors qu’ils étaient encore jeunes dans la foi
et qu’ils risquaient d’autant plus d’être induits en erreur par de faux
docteurs, spécialement sur les sujets relatifs à la venue du Seigneur. Cette
seconde épître débute presque de la même manière que la première, et Paul
s’associe à nouveau aux mêmes compagnons d’œuvre.
V. 3-4
La condition de cette assemblée était encore un grand sujet de joie et de
reconnaissance pour l’apôtre. Ils étaient en bonne santé spirituelle
malgré les persécutions et les tribulations qui pesaient sur eux ; nous
dirions presque que c’était à cause de ces persécutions et de leurs
difficultés. Du fait que le monde s’opposait à eux activement, ils n’étaient
pas tentés par ses séductions pour le moment. La pression même qui
s’exerçait sur eux et contre eux avait pour effet de les souder l’un à
l’autre.
Leur foi qui augmentait et leur amour qui abondait selon les versets 3 et 4,
sont étroitement liés à leurs persécutions et leurs tribulations, non sans
raison. Non seulement leur foi augmentait, mais elle augmentait beaucoup ;
non seulement ils avaient de l’amour, mais cet amour abondait. Cela
réjouissait l’apôtre : il y voyait un signe de leur vitalité spirituelle et
de leur progrès, bien qu’il n’ait rien à dire dans cette épître sur leur
connaissance et leurs dons. Inversement, quand il s’adressait Corinthiens
dans la première épître, il reconnaissait leur connaissance et leurs dons
alors qu’il n’avait rien de favorable à dire sur leur foi et leur amour ; et
il ne pouvait pas se glorifier d’eux car ils étaient charnels. Avons-nous
tous saisi la portée de cette différence ? À quoi regardons-nous si nous
désirons voir l’avancement spirituel chez autrui ?
L’Écriture nous montre que la vraie foi est quelque chose de vivant. C’est
comme un arbre vivant profondément enraciné dans le sol de la connaissance
de Dieu. La foi est la vue spirituelle, et à mesure que nous avançons, notre
vue doit devenir plus claire et notre champ visuel s’élargir. Mieux nous
connaissons Dieu, plus nous Lui faisons confiance.
Notons que dans cette deuxième épître Paul ne fait aucune allusion à leur
espérance bien qu’il mentionne leur patience qui en est un fruit. La
raison en est apparemment, que les adversaires avaient continué à essayer de
jeter le trouble dans leur esprit quant aux choses à venir, de manière à
ébranler leur espérance, et ils y avaient réussi pour le moment. Plus loin
nous verrons mieux comment ils s’y étaient pris, et comment l’apôtre a
contré leurs efforts par cette épître. Ce qui suit (ch. 1:5-10) avait
évidemment en vue de rectifier les choses dans leurs esprits. On avait tenté
de leur faire croire que leurs troubles actuels étaient le signe que le jour
du Seigneur était arrivé, comme on le verra aux versets 1 et 2 du ch. 2.
Dans les versets 5 à 10, l’apparition publique du Seigneur Jésus est
présentée comme le renversement des conditions précédentes, un retournement
complet de situation. Les Thessaloniciens enduraient la tribulation, tandis
que les gens du monde étaient ceux qui les tourmentaient. Quand le Seigneur
Jésus apparaîtra, Il récompensera le monde par des tribulations et donnera
le repos à Ses saints. En faisant ainsi, Il agira en justice.
V. 5-6
Il n’est pas difficile de voir que ce sera tout à fait juste de la part de
Dieu de récompenser les persécuteurs de Ses saints par des tribulations. Il
n’est pas aussi facile de voir la relation entre la justice et l’entrée des
saints dans le royaume à venir, car nous devons bien sûr rejeter toute
pensée de mérite, et tenir à ce que la grâce seule peut nous introduire dans
le royaume de Dieu. La pensée du verset 5 semble être cependant que, bien
que tout soit par grâce, Dieu désire mettre Ses saints en possession de Son
royaume comme ceux qui en sont estimés dignes. Il permet donc les
persécutions et les tribulations pour produire en eux le courage et la
patience qu’Il aime et qu’Il peut justement récompenser. Dans cette patience
et cette foi dans l’épreuve, il y avait un signe manifeste que le jugement
de Dieu était juste en leur attribuant un droit au royaume à venir et à son
repos.
V. 7-9
La description de l’apparition publique du Seigneur Jésus aux versets 7 à 9
est vraiment terrible. Quand Il sera révélé des cieux, rien ne manquera pour
frapper d’épouvante les cœurs des rebelles. La vengeance tombera sur ceux
qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’évangile. Une
destruction éternelle de devant la présence du Seigneur sera le châtiment
infligé. Il y a eu beaucoup de tentatives pour éviter la force simple et
évidente des deux mots « destruction éternelle », mais tout compte fait,
tant sur la base de l’original grec que sur celle de la traduction
française, il n’en reste pas moins que la « destruction » ne signifie
pas l’annihilation, et que « éternelle » signifie vraiment que cela
durera pour toujours.
Remarquons que l’évangile est un message de la part de Dieu auquel nous
devons OBÉIR. Nous sommes si enclins à le considérer comme une gentille
invitation que nous devons accepter et à ne le présenter aux autres que sous
ce jour-là. Il s’ensuit que ceux qui l’entendent n’y voient qu’une
invitation qu’on peut décliner, ou au moins ajourner indéfiniment, sans
aucune conséquence sérieuse ; c’est une erreur fatale pour eux. Tous ceux
qui entendent l’évangile sont responsables d’y donner suite par
l’obéissance de la foi.
Remarquez encore qu’il n’y a pas de sort pire que d’être condamné à une
destruction éternelle de devant la présence du Seigneur. Nous avons
vu, en considérant la première épître, que vivre ensemble avec le Seigneur
est le bonheur suprême. Le contraire est aussi vrai : rien n’est pire que
d’être banni pour toujours de devant la présence de Celui qui est la Source
de la vie, de la lumière et de l’amour.
V. 10
L’apparition de Christ aura deux aspects. Il sera glorifié dans l’exercice
de la vengeance contre les impies. Il sera aussi glorifié et admiré dans
tous ceux qui auront cru, en ce jour-là. Vous remarquerez que la préposition
est bien « dans » et non pas « par ». Il sera certainement glorifié et adoré
par nous, mais ici l’accent est mis sur ce qu’Il sera glorifié en
nous. En ce jour-là, les saints brilleront à Sa ressemblance comme étant Son
ouvrage. Les hommes et les anges regarderont vers eux, et Le glorifieront
dans la mesure où tout ce qu’ils sont sera le fruit de Son travail.
De nos jours, il arrive trop souvent que nous Le discréditons. Autrefois
l’accusation avait dû être portée contre Israël que « le nom de Dieu est
blasphémé à cause de vous parmi les nations » (Rom. 2:24), et la même
accusation doit être portée contre ceux qui professent être le peuple de
Dieu d’aujourd’hui. Mais, en ce jour-là, ce qui sera révélé ne sera pas
notre malhonnêteté ou nos particularités, mais la grâce et la puissance de
Christ reproduites en nous. En nous, les hommes verront l’effet glorieux de
l’œuvre puissante de Dieu.
V. 11-12
Quel appel merveilleux ! Il n’est pas étonnant que l’apôtre désirait avec
ardeur que Dieu les en juge dignes, en accomplissant maintenant Son bon
plaisir en eux, et en développant avec puissance l’œuvre de foi dans leur
cœur et dans leur vie. De cette manière, le nom du Seigneur Jésus serait
glorifié en eux maintenant, et non pas seulement dans le siècle à venir.
S’Il doit être glorifié en nous à ce moment-là, il est assurément juste que
nous ayons le souci de ce qu’Il soit glorifié en nous déjà maintenant.
Le dernier verset de ce premier chapitre met l’accent là-dessus, et ajoute
le fait que, non seulement Il sera glorifié en nous dans le siècle à venir,
mais que nous devons être glorifiés en Lui, car nous brillerons alors d’une
gloire qui ne sera pas la nôtre, mais la Sienne. Ce sera « selon la grâce de
notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ ». Rien sinon la grâce de Dieu ne
pouvait produire un résultat aussi merveilleux.
Chapitre 2
V. 1-2
Le début du chapitre 2 aborde le sujet pour lequel cette épître a été
écrite. Ceux qui induisent en erreur avaient travaillé, s’efforçant de
persuader les Thessaloniciens qu’ils étaient déjà entrés dans le jour du
Seigneur, bien qu’ils savaient très bien que ce jour est accompagné de
jugements sévères, et qu’il viendra comme un voleur dans la nuit (voir 1
Thes. 5:1-3). Ceux qui essayaient de les égarer raisonnaient évidemment en
soutenant que les persécutions et épreuves qu’ils traversaient étaient des
jugements prouvant que le jour du Seigneur était sur eux.
Or tout cela n’était qu’une simple tromperie comme le verset 3 l’indique, et
les méthodes auxquelles ces adversaires s’abaissaient dans l’espoir de les
tromper plus efficacement, étaient en harmonie avec leur faux enseignement.
Ils essayaient d’imprimer leurs idées sur les Thessaloniciens « par
esprit », « par parole » et même « par lettre, comme si c’était par nous ».
Non seulement ils affirmaient oralement ces faux enseignements, mais ils
prétendaient les avoir reçus par l’inspiration de l’Esprit de Dieu. L’Esprit
de Dieu s’était exprimé par des paroles inspirées dans les premiers jours de
l’assemblée chrétienne, comme les Actes en rendent témoignage, mais on
trouvait aussi de fausses interventions provenant d’un esprit ou d’esprits,
qui n’étaient pas l’Esprit de Dieu comme l’indique 1 Jean 4:1-6. Ces
trompeurs affirmaient avoir reçu leur enseignement d’un esprit ; si c’était
vrai, cet esprit n’était pas l’Esprit de Dieu. Mais ils allaient encore plus
loin, jusqu’à envoyer une lettre aux Thessaloniciens émanant de l’apôtre
Paul à ce qu’elle prétendait. Par des faux, ils essayaient de faire
apparaître leurs idées erronées comme ayant son approbation. Satan ne
s’embarrasse pas quant à la nature des moyens qu’il utilise pour parvenir à
ses fins. Un enseignement pervers peut être tout à fait être soutenu par un
comportement pervers.
Certains peuvent se demander quelle était l’importance du point soulevé. Il
y avait des persécutions et des épreuves. Était-il si important qu’elles
fussent ou non un signe de l’arrivée du jour du Seigneur ? Il arrive souvent
que de graves problèmes pratiques dépendent de points de doctrine
apparemment assez mineurs. Le point en question était effectivement
important. Si le jour du Seigneur était vraiment là, alors la vérité que
Paul avait été conduit à leur révéler à la fin du ch. 4 et au début du ch. 5
de la première épître, était totalement renversée. Le jour les avait
rattrapés et atteints comme un voleur. N’est-ce rien de voir la Parole de
Dieu discréditée ?
En outre, cela aurait signifié que certains croyants étaient laissés sur
terre pour subir la tribulation, à titre de rétribution de la part de Dieu.
Leur espérance céleste en serait obscurcie, et ils seraient laissés pour
affronter les terribles événements à venir sur la terre. Était-ce là quelque
chose de peu d’importance ? Bien sûr que non.
Comment l’apôtre fit-il face à cet enseignement trompeur ? Il le fit de deux
manières. D’abord en leur rappelant la vérité déjà exposée dans sa première
épître ; puis en leur donnant des instructions supplémentaires claires quant
au jour du Seigneur et à l’ordre des évènements qui s’y rapportent.
Il les implorait de ne pas tenir compte de l’erreur « par la venue de notre
Seigneur Jésus Christ » et « par notre rassemblement auprès de Lui ».
À quoi se réfèrent ces expressions ? Clairement à ce qu’il leur avait
enseigné dans sa première épître, au ch. 4:15-17. Si nous devons rencontrer
Christ en l’air tous ensemble avant la venue du jour du Seigneur, comment
pourrions-nous nous trouver sur la terre pour souffrir ces tourments ? À la
lumière de la vérité qui leur avait déjà été révélée, les Thessaloniciens
n’auraient jamais dû écouter ces trompeurs. Mais, bien sûr, ils n’étaient
que de jeunes convertis, des petits enfants en Christ, et ils n’étaient donc
guère habiles à discerner les dérives des enseignements qu’ils avaient
entendus. Beaucoup d’entre nous sont comme eux, et s’il en est ainsi, cela
nous aidera à voir que la vérité est un ensemble cohérent, de sorte que nous
devons ne jamais être ébranlés par de nouveaux enseignements s’ils dévient
des fondements posés par Dieu dans nos cœurs antérieurement.
V. 3-4
Avec le verset 3 commence une instruction supplémentaire. Non seulement
l’église va se rassembler en l’air vers Christ avant que le jour du Seigneur
arrive, mais il y a aussi deux grands évènements à réaliser au préalable sur
la terre. Ils sont mentionnés tous les deux au verset 3. Il doit y avoir
d’abord l’apostasie, un abandon de la foi, et d’autre part « l’homme de
péché » doit être manifesté. Le premier est un mouvement, le second
est un homme.
Toute l’histoire nous enseigne comment les mouvements et les hommes se lient
ensemble, dans cet ordre. D’abord un mouvement surgit, bien trop souvent
suscité par le dieu de ce monde ; puis un homme apparaît qui amène ce
mouvement à un sommet, et en qui le mouvement atteint son épanouissement et
sa finalité suprêmes. L’impérialisme antique culmina avec Nébucadnetsar, le
mouvement républicain français avec Napoléon, tandis que le mouvement
fasciste moderne culmina avec Mussolini. L’histoire se répètera encore à
bien plus grande échelle avant que le jour du Seigneur arrive.
Soyons clair sur ce que signifie l’apostasie. Il ne s’agit pas seulement
d’une déviation, ou d’un refroidissement des chrétiens, à la suite de
l’envahissement de l’église par le monde, avec tout le train de mal qui
l’accompagne. Il s’agit plutôt d’un abandon complet de la vérité de Dieu, un
abandon total des anciens fondements de la foi. Au cours de l’histoire de
l’église, on a trop souvent rencontré des distorsions et des perversions de
la vérité, comme l’implantation de buissons et l’élagage des arbres qui
gâchent la beauté d’un jardin auparavant beau et symétrique. Mais
l’apostasie est autre chose ; c’est plutôt un glissement de terrain d’une
ampleur telle que le jardin disparaît en entier.
Une idée largement répandue est que le Seigneur ne reviendra pas avant que
le monde soit prêt pour Sa venue sous l’effet de la prédication de
l’évangile, et pas avant que la plupart de ses habitants, si ce n’est tous,
aient été convertis. Rien ne supporte cette idée dans notre passage, mais
plutôt le contraire. Ce qui précèdera Sa venue en gloire, c’est un abandon
complet de la foi par ceux qui auparavant l’auront professée. Cette
apostasie ouvrira la voie pour la manifestation d’un grand personnage,
représentant direct de Satan et appelé ici « l’homme de péché », car en lui
le péché trouvera sa plus haute expression. Cet homme sera marqué par la
plus arrogante exaltation de soi. Il s’opposera à Dieu en se proclamant
lui-même dieu. Une telle affirmation serait impossible parmi des gens se
disant chrétiens (elle prêterait plutôt à ridicule), sans que la voie ait
été préparée au préalable par l’apostasie.
L’apostasie sera alors d’une nature telle que les esprits des hommes seront
prêts à accepter comme possibles et raisonnables ces prétentions si énormes
pour un simple être humain. La déification de l’homme sera l’aboutissement
logique et raisonnable du mouvement. Cela jette un flot de lumière sur ce
que sera le courant principal de l’apostasie. Dieu sera détrôné et l’homme
sera intronisé !
Examinons maintenant la chrétienté à la lumière de ces faits. Sans aucun
doute nous voyons les signes menaçants de l’apostasie qui s’approche. Les
évènements futurs jettent déjà leur ombre. Toute la pensée et l’enseignement
religieux avancé tendent à s’orienter dans la direction indiquée par
l’Écriture. Si Dieu entre quelque peu dans le schéma de leurs pensées, Il
est relégué bien loin, et l’évolution remplit tout le premier plan.
L’évolution n’est que la construction fragile de leurs esprits, mais ils
l’ont dotée de pouvoirs miraculeux dont le fruit et le couronnement sont
supposés être l’humanité. C’est l’homme qui a donc pour eux l’importance
suprême, et non pas Dieu. En outre, ils s’attendent à ce que le processus de
l’évolution ne s’arrête pas à l’homme d’aujourd’hui, mais aille jusqu’à la
production d’un super homme. Combien il sera alors simple et naturel
d’acclamer l’homme de péché quand il apparaîtra comme ce surhomme si
longtemps attendu !
V. 5-7
L’apôtre avait averti les Thessaloniciens de ces choses lors de son court
séjour au milieu d’eux, à sa première visite, quand il avait prêché
l’évangile parmi eux. On peut s’étonner qu’il ait eu le temps de leur parler
d’un tel sujet dans une aussi courte visite, et qu’il ait jugé approprié de
le faire si peu de jours après leur conversion, mais c’est bien ce qui avait
eu lieu. Paul savait très bien que « le mystère d’iniquité » opérait déjà,
comme il le dit au verset 7. Cela veut dire que « l’iniquité », ou « marche
sans loi, sans frein », opérait déjà dans le cœur des hommes, sous sa forme
de « mystère » ou de secret. L’affirmation de sa propre importance éclatera
au grand jour à la fin de la dispensation, mais elle était là déjà au
commencement, bien que cachée dans l’ombre. C’est pourquoi l’avertissement
était nécessaire.
Cet avertissement est d’autant plus nécessaire pour nous, que la fin de la
dispensation approche. Tenons-en compte.
Avons-nous bien clairement à l’esprit, que l’apostasie et la révélation de
l’homme de péché doivent précéder le jour du Seigneur ? La marée du mal
humain doit atteindre son plus haut niveau avant que le Seigneur s’en occupe
en jugement.
Si cela est clair pour nous, il nous sera facile de voir que la venue du
Seigneur pour Ses saints et notre rassemblement à Sa rencontre en l’air
doivent précéder l’apostasie totale. Les vrais saints de Dieu n’apostasient
jamais. Aussi longtemps que la vraie assemblée de Dieu est ici-bas, un
témoignage est maintenu sur la terre dans l’énergie du Saint Esprit, et
l’apostasie complète est empêchée — les roues de son char ont peine à
tourner, car le frein appuie fort sur elles.
Quand le frein sera soudain ôté par l’enlèvement des saints au ciel, le char
bondira en avant jusqu’au fracas final qui l’attend.
V. 8-12
Au verset 8 l’homme de péché est appelé « l’inique », celui qui est sans
loi, sans frein. L’iniquité est l’essence même du péché. C’est le refus de
toute autorité susceptible de contrôler ou restreindre, et elle est donc en
opposition absolue contre Dieu. L’iniquité, qui a longtemps été à l’œuvre
dans la chrétienté d’une manière mystérieuse ou cachée comme un feu étouffé,
va éclater chez l’inique.
Mais ceci n’aura lieu que quand les saints de Dieu auront été enlevés de la
scène du conflit par la venue du Seigneur pour les chercher. Pour le moment,
les forces du mal sont contenues, ou retenues selon le terme
utilisé aux versets 6 et 7. Il y a « Celui qui retient » et « ce
qui retient ». La première expression se réfère sans aucun doute au Saint
Esprit de Dieu, qui est actuellement présent personnellement sur la terre
comme Il ne l’a jamais été auparavant, et qu’Il ne le sera plus dans le
futur. La deuxième expression se réfère, je pense, à la présence de l’église
sur la terre, l’église étant la maison de Dieu où l’Esprit Saint demeure.
Nous ne réalisons guère à quel point le travail d’iniquité est restreint par
la présence des saints de Dieu. Ils peuvent être pauvres et faibles, mais
l’Esprit de Dieu qui demeure en eux est tout puissant. Occasionnellement
cette retenue se manifeste de manière tout à fait criante comme quand, par
exemple, une séance de spiritisme échoue à cause de la présence dans le
bâtiment de quelque chrétien avéré et sérieux. Nous pensons que ceci est
arrivé plus d’une fois. Plusieurs d’entre nous n’ont-ils pas remarqué
comment le cours de conversations impies dans une pièce ou un bureau est
jugulé par l’entrée soudaine d’un serviteur de Dieu convaincu ?
Quand l’église sera enlevée au ciel, et que le Saint Esprit n’aura donc plus
d’habitation sur la terre, il y aura des conséquences très graves
sur-le-champ. L’iniquité réprimée éclatera chez l’inique, et pour un court
moment l’œuvre de Satan ira à pleine allure. Cet inique qui doit venir sera
inspiré par Satan, et montrera son énergie sur tous les plans. Remarquez
combien les expressions utilisées sont radicales. Satan l’appuiera de TOUTE
sa puissance, « en toute sorte de miracles et signes et prodiges de
mensonge », pour que TOUTE séduction d’injustice possible soit amenée à
peser sur les hommes laissés ici-bas pour la perdition.
Cette formidable énergie de Satan ne durera pas longtemps. L’inique une fois
révélé sur la terre, on s’en occupera rapidement. Le Seigneur Jésus révélé
des cieux le détruira complètement, le jetant vivant dans l’étang de feu,
comme Apocalypse 19:20 le montre. Combien il est tout à fait à sa place que
cet homme entièrement inique et désobéissant, la vraie personnification de
l’énergie satanique, soit traité personnellement par le Seigneur Jésus,
l’Homme entièrement soumis et obéissant, la personnification de la puissance
et de la majesté de Dieu. Aucun intermédiaire n’aura droit d’intervenir dans
ce conflit !
Remarquons aussi la justice de la manière dont Dieu agit avec les hommes.
Ceux qui seront la proie de toute cette tromperie de l’iniquité sont
justement ceux qui n’ont pas eu l’amour de la vérité lorsqu’ils l’ont
entendue. N’aimant pas la vérité, ils ne l’ont pas crue, mais ont plutôt
pris plaisir à l’injustice. Et maintenant la tromperie de l’injustice
s’empare d’eux, ils croient au mensonge, et ils tombent tous sous le
jugement de Dieu. Autrefois, Dieu leur avait envoyé la vérité, l’évangile
avait résonné à leurs oreilles au moyen d’hommes qui le prêchaient « par
l’Esprit Saint envoyé du ciel » (1 Pierre 1:12). Alors Dieu leur envoie une
énergie d’erreur. Il fait pour eux ce qu’Il dût faire autrefois pour Israël
rebelle quand « Il a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur » (Jean 12:40 ;
voir aussi Actes 28:26-27). Dieu est-il injuste en agissant ainsi ? Au
contraire : Il agit selon la justice la plus stricte et la plus exacte.
Ces versets devraient servir de frein aux chrétiens qui désirent tant
posséder des pouvoirs miraculeux, particulièrement en matières de
« guérison » et de « langues ». Qu’ils notent que, s’il est vrai que de tels
déploiements de miracles par l’énergie du Saint Esprit ont eu lieu au début
de notre dispensation, il est prédit qu’à sa fin, il y aura un grand
déploiement de puissance de ce genre, mais sous forme de contrefaçons
sataniques. Nous sommes maintenant proches de la fin de la dispensation, et
il est significatif qu’il y ait un renouveau de phénomènes étranges qu’on
présente comme miraculeux et divins. Nous n’affirmons pas que tous
ces phénomènes sont des contrefaçons sataniques, mais nous disons que
beaucoup le sont, et que si nous ne les testons pas tous très
soigneusement d’après toute l’Écriture, nous serons malheureusement
facilement trompés.
Passons un peu en revue les douze premiers versets de ce chapitre 2, et nous
verrons qu’immédiatement après la venue du Seigneur pour chercher les Siens,
il y aura :
1. Un grand mouvement dans le domaine de la pensée HUMAINE, aboutissant à
l’apostasie, et culminant dans l’homme de péché.
2. Un grand mouvement dans les domaines SATANIQUES, aboutissant à une
concentration intense des puissances de ténèbres, et culminant dans de
grands déploiements de miracles de mensonge, ingénieusement mis en scène
pour tromper entièrement les apostats.
3. Un grand mouvement du gouvernement et de la puissance de DIEU,
aboutissant à enfermer de tels hommes dans leur erreur et leur incrédulité,
et culminant par Son intervention publique en jugement avec l’apparition
glorieuse du Seigneur Jésus.
Il y aura d’abord l’enlèvement des vrais saints de Dieu. Ensuite l’apostasie
de la chrétienté corrompue et déchue. Et finalement le balayement par le
jugement de Dieu de tout ce qui est nauséabond.
Il ne reste ici plus d’espoir pour ceux qui rejettent l’évangile. Il n’y a
aucune allusion à une quelconque seconde chance après la venue du Seigneur
pour les Siens, mais seulement la phrase solennelle « afin que TOUS ceux-là
soient jugés qui n’ont pas cru la vérité, mais qui ont pris plaisir à
l’injustice ».
V. 13-14
Quel délicieux contraste entre les versets 12 et 13 ! Dieu a choisi les
croyants de Thessalonique (et nous aussi) pour le salut, — un salut qui sera
consommé quand le Seigneur viendra pour nous, et que nous obtiendrons Sa
gloire. C’est à cela que nous sommes appelés par l’évangile. En croyant
l’évangile, nous avons cru la vérité, et ainsi depuis le
commencement, nous avons ce qui nous fortifie contre le mensonge,
auquel croient ceux qui périssent, trompés par Satan.
« La sainteté de l’Esprit » ne se réfère pas au travail progressif de
l’Esprit dans le cœur des croyants, pour les rendre toujours plus conformes
à la volonté de Dieu. Cette expression se réfère plutôt à la mise à part
pour Dieu qui est effectuée lors des premières opérations de l’Esprit de
Dieu dans les âmes, — opérations qui ont en vue de faire Sa demeure chez
nous une fois que l’on a cru à l’évangile. Par ce travail souverain de
l’Esprit, nous avons été sanctifiés.
V. 15-17
En vue de ceci, il nous est dit de « demeurer ferme ». Nous devons garder
les « enseignements » apostoliques. Les croyants de Thessalonique avaient eu
ces enseignements de deux manières, par parole et par la lettre écrite. Nous
ne les avons que d’une manière. Tenons donc d’autant plus compte de ces
écrits apostoliques. Nous avons vraiment « une bonne espérance par
grâce », et cela est bien susceptible de nous consoler et de nous affermir.
Chapitre 3
V. 1-2
Finalement, les Thessaloniciens devaient prier pour Paul lui-même, non
seulement quant à sa sécurité personnelle, mais aussi pour l’œuvre qui lui
avait été confiée. Le récit d’Actes 17 nous montre toute la nécessité de la
prière pour sa sécurité dans ces conditions ; et pourtant il donnait la
première place à l’œuvre. La parole avait eu sa libre action parmi les
Thessaloniciens, et elle avait été glorifiée dans les merveilleux résultats
produits en eux. Paul leur demandait de prier pour qu’il en soit ainsi où
qu’il aille. Il priait continuellement pour ses convertis, et il n’avait pas
honte de leur demander de prier pour lui. Le croyant ou serviteur le plus
avancé a de quoi être reconnaissant pour les prières du plus jeune converti
ou du plus humble croyant.
V. 3-5
Quant aux Thessaloniciens eux-mêmes, l’apôtre avait confiance dans le
Seigneur à leur égard, qu’ils seraient conduits par ses instructions, et il
désirait seulement que le Seigneur Lui-même incline leurs cœurs à la
jouissance de l’amour de Dieu et à la patience du Christ. C’est ce que nous
désirons tous, spécialement quand nous voyons approcher la fin de la
dispensation. Si nos cœurs saisissent ce qu’est la patience de Christ qui
attend à la droite de Dieu, et s’ils sont disposés à être en harmonie avec
Lui, nous ne nous fatiguerons pas de ce qui peut nous sembler un long délai.
Pendant ce temps, nous jouirons de l’amour de Dieu, et nous pourrons le
manifester aux autres en traversant ce monde.
V. 6-11
À partir du verset 3:6, il est évident que les idées erronées sur la venue
du Seigneur qu’on avait cherché à inculquer aux Thessaloniciens, avaient
déjà porté de mauvais fruits. Il est toujours vrai que les mauvaises
compagnies corrompent les bonnes mœurs. Certains parmi eux étaient devenus
fanatiques, ayant le sentiment que le jour de Christ était sur eux, et ils
avaient abandonné leur emploi, après quoi ils se mettaient à attendre le
soutien des autres. Ils se mêlaient de tout et vivaient dans le désordre, ne
faisant rien eux-mêmes, mais faisant leur proie de ceux qui continuaient à
travailler tranquillement.
Dans ce domaine, l’apôtre pouvait se donner en exemple. Il avait travaillé
nuit et jour pour son propre entretien, alors qu’il aurait eu le droit de
leur être à charge, car Dieu avait commandé à « ceux qui annoncent
l’évangile, de vivre de l’évangile » (1 Cor. 9:14). Pourtant il n’avait pas
réclamé ce droit. Dans le cas général, la loi divine est : « si quelqu’un ne
veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (3:10).
V. 12-13
Au verset 12, l’apôtre s’adresse à ces parasites. Il leur ordonne de
travailler pour se suffire à eux-mêmes. Puis au verset 13 il se tourne vers
le reste de l’assemblée à Thessalonique et leur dit de ne pas se lasser en
faisant le bien. On peut bien s’imaginer leur lassitude vis-à-vis de ces
frères dans le désordre, qui abusaient continuellement de leur bonté. S’ils
allaient être soulagés de ce fardeau, il ne fallait pas cesser d’être
bienveillants, mais rester des donateurs sincères et joyeux pour les
intérêts du Seigneur.
V. 14-15
Les versets 14 et 15 donnent des instructions pour le cas où les frères
semant le désordre seraient récalcitrants, et refuseraient d’obéir à la
parole du Seigneur transmise par l’épître de l’apôtre. Il fallait alors les
mettre sous discipline. Le déplaisir de Dieu devait être manifesté aux Siens
en cessant de fréquenter ces frères. Le fauteur de trouble ressentirait par
là la notoriété peu enviable de son isolement. Ses liens avec le monde du
dehors étaient rompus, et maintenant il n’y avait plus d’heureuses
relations fraternelles dans le cercle de l’assemblée. C’était une
position presque invivable, destinée à le ramener au bon sens. Pourtant, il
ne fallait pas le rejeter hors du cercle chrétien (comme s’il s’agissait
d’un ennemi), ce qui était la conduite à tenir avec le fauteur de trouble de
1 Corinthiens 5.
V. 16-18
Tout ceci devait être fait pour que la paix règne parmi eux. Cependant seul
le Seigneur Lui-même pouvait la donner vraiment. Paul désirait qu’ils aient
la paix en tout temps et de toute manière.
Comme les Thessaloniciens avaient été troublés par une épître faussement
présentée comme émanant de Paul, il fait très attention à ce qu’il n’y ait
aucun doute quant à l’authenticité de cette épître-ci qui venait vraiment de
lui. C’est ce qui explique le verset 17.