Première épître aux
Thessaloniciens
par F.B. Hole
Introduction
On admet généralement que cette épître est la première de toutes les épîtres
inspirées écrites par Paul. Si l’on en désire une confirmation, il faut lire
le chapitre 3 de cette épître et le comparer à Actes 17. L’épître a été
écrite juste après le retour de Timothée de sa visite à Thessalonique, Paul
étant à Athènes. Quand donc l’apôtre écrivit cette épître, son travail à
Corinthe avait à peine commencé, et il n’avait pas encore visité Éphèse. En
tout cas, il vaut la peine de lire le début d’Actes 17, car les détails
historiques qu’on y trouve donnent beaucoup de relief aux divers détails de
l’épître.
Le fait que les Thessaloniciens étaient des croyants de fraîche date (même
pas quelques mois), confère un intérêt tout spécial à cette épître. Il est
très encourageant de voir tout ce qui peut être vraiment réalisé, même chez
de tout jeunes croyants en Christ, et combien ils peuvent être caractérisés
par beaucoup de grâce et de dévouement quand leur simplicité reste intacte.
L’œuvre de l’apôtre à Thessalonique avait été très brève, à cause d’une
émeute qui les avait arrêtés déjà au bout de trois semaines environ. Le
travail réalisé pendant ce temps-là était pourtant déjà solide, comme le ch.
1 en rend témoignage. Nous pouvons être sûrs qu’une opposition intense de
Satan est toujours le signe qu’un vrai travail de Dieu est en cours. Les
émeutiers désignaient Paul et ses amis comme « ces gens qui ont bouleversé
la terre habitée », ce qui n’était pas bien loin de la vérité. En réalité le
monde lui-même était entièrement bouleversé (sens dessus dessous), et le
travail de Paul et des autres serviteurs consistait justement à remettre les
hommes d’aplomb devant Dieu. Le monde lui-même fut laissé sens dessus
dessous, mais beaucoup de Thessaloniciens furent convertis du monde, et mis
en bonne relation avec Dieu. Ces convertis devinrent l’église, ou assemblée,
des Thessaloniciens.
Chapitre 1er
V. 1
Ils n’avaient pas été formellement constitués en tant qu’« assemblée ». Même
s’il y avait eu l’habitude d’avoir quelque cérémonie pour concrétiser la
formation d’une assemblée, la fin soudaine et violente du travail de Paul
parmi eux l’aurait empêché. Non, ils devinrent l’assemblée de Dieu,
c’est-à-dire « ceux qui sont appelés en dehors », par l’opération même de
Dieu les appelant hors du monde par l’évangile. Même s’ils n’étaient que de
tout jeunes convertis, l’apôtre peut les reconnaître en tant qu’assemblée de
Dieu, réunie dans la connaissance heureuse de Dieu comme Père, et dans la
soumission à Jésus comme leur Seigneur. Connaître le Père est la
caractéristique des petits enfants en Christ selon 1 Jean 2:13. Reconnaître
Jésus comme Seigneur est le chemin du salut selon Romains 10:9-10.
V. 2-3
Paul repensait avec beaucoup de reconnaissance à son court séjour parmi eux,
et maintenant qu’il était loin d’eux, il se souvenait continuellement d’eux
en prière. Du verset 3 jusqu’à la fin du chapitre, il raconte ce qu’il avait
vu chez eux du travail de la puissance de Dieu ; ceci nous donne une image
frappante des effets merveilleux produits dans le caractère et dans la vie
des gens chez qui il y a une saine conversion.
Il faut noter que la première place est donnée au caractère produit EN eux ;
il se résumait en trois mots : la foi, l’amour et l’espérance. Mais on ne
peut discerner le caractère que par la manière dont il s’exprime dans les
actions et les manières d’agir, c’est pourquoi l’apôtre fait référence à
leur œuvre, à leur travail et à leur patience (ou endurance). Leur « œuvre
de foi » était évidente à tous, en harmonie avec ce que Jacques écrit dans
son épître : « par mes œuvres, je te montrerai ma foi » (Jacq. 2:18).
Remarquez qu’à la fois ici et en Jacques 2, les œuvres dont il est parlé
sont des œuvres de foi, tandis qu’en Romains 4, un chapitre que beaucoup
supposent à tort être en conflit avec Jacques, les œuvres sont « des œuvres
de loi » — ce qui est tout à fait différent.
Si la foi se fait voir par les œuvres, l’amour s’exprime par le travail.
C’est une caractéristique de l’amour de travailler sans s’épargner pour le
bien de son objet. L’espérance, quant à elle, s’exprime par l’endurance
patiente. Ce n’est que quand les hommes perdent espoir qu’ils renoncent
facilement : ils supportent aussi longtemps que l’espoir brille comme une
étoile devant leurs yeux.
V. 4
Ces choses étaient claires et nettes chez les croyants de Thessalonique, et
amenaient Paul à conclure avec confiance qu’ils faisaient partie des élus de
Dieu. Quand il s’était levé dans la synagogue de Thessalonique au cours de
ces trois sabbats, il n’aurait pas pu inscrire, avant de prêcher, une marque
sur ceux qui croiraient, comme s’il avait eu personnellement accès au livre
de vie de l’Agneau pour savoir à l’avance les noms de ceux qui étaient
choisis de Dieu. La connaissance que Paul avait de leur élection provenait
de l’inverse : Sachant la manière puissante par laquelle l’évangile les
avait atteints, et les résultats produits en eux par l’Esprit de Dieu, il
concluait sans aucun doute qu’ils avaient été choisis par Dieu.
Notez sur ce sujet ce que dit l’apôtre au début de 1 Corinthiens. Dans le
cas des Corinthiens, il ne pouvait que remercier Dieu de ce que la grâce les
avait visités par Christ, et qu’ils étaient doués de nombreux dons de grâce.
La possession d’un don ne signifie pas nécessairement que son possesseur est
un vrai croyant, comme en témoigne le cas de Judas Iscariote. De là les
avertissements pénétrants qu’il prononce à la fin du ch. 9 et au début du
ch. 10. Il leur parle de la condition de « réprouvé » à cause du doute qu’il
avait à l’égard de certains d’entre eux, malgré leurs dons. Les
Thessaloniciens formaient un heureux contraste à tout cela.
Il y a « des choses qui tiennent au salut » [ou : « qui accompagnent le
salut »] (Héb. 6:9) et le travail d’amour mentionné juste après en Héb. 6:10 en fait partie. Dans notre
passage (1 Thes. 1:4) trois choses sont mentionnées, et le travail d’amour
est l’une d’elles. Il se peut qu’il n’y ait aucune manifestation de dons,
mais si l’on constate la présence de ces choses du v. 4, on peut être sûr
que les personnes concernées possèdent le salut, et sont des élus de Dieu.
V. 5
Si le verset 3 indique le fruit produit chez ces croyants, et le verset 4 la
confiance de l’apôtre en contemplant ce fruit, le verset 5 indique la
manière dont ce fruit avait été produit. Premièrement, l’évangile était venu
à eux en parole: Paul l’avait prêché avec hardiesse. Deuxièmement, sa
prédication était appuyée par sa vie de dévouement et de sainteté.
Troisièmement, et en grande partie comme conséquence de ce qui précède,
l’évangile était venu en puissance et dans l’Esprit Saint. Le Saint Esprit
avait agi puissamment par la Parole. C’est au ch. 2, qu’on trouve les
détails sur quel genre d’homme l’apôtre avait été parmi eux (fin de 1:5).
L’évangile était aussi venu à eux «dans une grande plénitude d’assurance».
C’est un élément très important, d’autant plus que, d’après Actes 17, on
voit que la manière particulière de Paul de prêcher dans leur ville avait
consisté à expliquer d’après les Écritures; il avait exposé qu’une fois le
vrai Christ de Dieu apparu, Il devait mourir et ressusciter, et que ces
prédictions avaient été si parfaitement accomplies en Jésus, qu’on ne
pouvait que conclure: Jésus est le Christ! Autrement dit, au milieu de ces
gens, il avait tout spécialement basé sa proclamation de l’évangile et son
appel sur LA PAROLE DE DIEU; d’où la PLÉNITUDE D’ASSURANCE chez les
convertis.
Prenons-en bien note. Si un apôtre, capable lui-même de prononcer des
paroles inspirées, faisait appel à l’Écriture avec des résultats aussi
solides et durables, nous qui n’avons que l’Écriture sur laquelle nous
appuyer, nous ferons bien d’en faire la base de tout ce que nous prêchons.
«Prêcher la Parole» est notre grand mot d’ordre. Il n’y a pas d’assurance en
dehors de cela. Un prédicateur peut nous persuader que les choses sont comme
il l’affirme, en se servant de la force de sa conviction personnelle. Les
convertis peuvent nous dire qu’ils ont toute assurance à cause des
sentiments heureux dont ils font l’expérience. Mais il n’y a guère
d’assurance réelle, ni chez l’un ni chez les autres. Nous ne pouvons
réellement être assuré de quoi que ce soit, que quand cette assurance vient
de la Parole de Dieu.
V. 6-8
Dans les versets 6 à 8, nous trouvons ce que l’évangile fait de ceux qui le
reçoivent. Nous avons vu d’abord le triple caractère qu’il produit en
eux; et maintenant nous voyons le triple caractère qu’il imprime SUR eux.
Ils étaient devenus «imitateurs… du Seigneur» (v. 6), «des modèles pour tous
ceux qui croient» (v. 7), et, comme des hérauts ou des gens sonnant la
trompette, ils avaient fait retentir la Parole de Dieu (v. 8).
Paul lui-même était un exemple (voir 1 Tim. 1:16), et il avait donc bien le
droit de demander aux croyants de l’imiter. Mais s’il le pouvait, ce n’était
que parce que lui-même imitait Christ; l’imiter revenait donc à imiter le
Seigneur. À cet égard, il est rapporté ceci des Thessaloniciens: bien qu’ils
imitaient (ou: suivaient) maintenant avec une joie produite par le Saint
Esprit, ils avaient d’abord connu la puissance de la Parole qui transperce
la conscience, et produit la repentance envers Dieu et l’affliction de cœur
qui l’accompagne. Il en est toujours ainsi. Plus le travail de la conversion
est profond, plus la joie est brillante et plus la qualité de disciple du
converti est sincère. Que tous ceux qui prêchent la Parole visent un profond
travail de cœur et de conscience plutôt que des résultats voyants et
superficiels; ils ne manqueront pas alors leur récompense au jour de Christ.
Suivre (ou: imiter) le Seigneur vient en premier; c’était leur qualité de
disciples qui faisaient d’eux des exemples pour les autres croyants des
provinces alentour. Paul pouvait parler d’eux en disant: «Voici le genre de
choses que la grâce de Dieu produit quand elle est reçue comme le fruit d’un
profond travail de repentance envers Dieu». Ceci est indiqué par les mots:
«de sorte que» au début du verset 7. Le petit mot «car» au début du verset 8
nous montre que ce qui suit est aussi lié au même sujet. Leur ferveur
évangélique faisait aussi d’eux un exemple pour les autres. Ils n’avaient
pas seulement reçu la Parole pour leur propre bénédiction, mais ils
l’annonçaient aux autres, tant et si bien que leur foi en Dieu était devenue
notoire, non seulement dans les régions proches, mais aussi au loin. Tout le
travail de Dieu était publié si efficacement au moyen des effets merveilleux
qu’il avait chez ces personnes, que l’apôtre n’avait pas besoin d’en rien
dire.
Rien ne donne autant de publicité efficace à l’évangile que les vies
transformées chez ceux qui l’ont reçu. Ce fait a souvent été remarqué par
des observateurs attentifs, mais ici c’est l’Écriture elle-même qui le
reconnaît. Inversement rien n’enlève autant toute valeur à la proclamation
de l’évangile que l’écroulement et le péché de ceux qui professent l’avoir
cru. À la lumière de cela, et des tristes conditions qui prévalent dans les
nations christianisées, faut-il s’étonner de ce que les évangélistes de ces
pays soient confrontés aux conditions dures et difficiles d’aujourd’hui? Que
Dieu nous aide tous à avoir des vies qui parlent en faveur de l’évangile, et
non pas contre lui.
V. 9-10
Dans les derniers versets, nous trouvons une troisième chose. Il ne s’agit
plus du caractère produit en eux, ni des caractéristiques imprimées
sur eux, mais de ce qui était fait par eux. Leur conversion
était en vue du service de Dieu et de l’attente patiente de Christ.
«Vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu». C’est là une définition
scripturaire de la conversion, qui n’est pas seulement un tournant, mais un
tournant vers Dieu, et donc un tournant où l’on se détourne des idoles. Les
idoles ne sont pas seulement les images répugnantes vénérées et craintes par
les païens, mais c’est aussi
tout ce qui, élégant ou répugnant,
usurpe dans
le cœur de l’homme la place de suprématie et de domination qui n’appartient
de droit qu’à Dieu seul.
Les idoles sont devant les yeux de tout pécheur perdu, elles charment son
cœur, et Dieu reste derrière son dos. Quand la conversion a lieu, voilà que
Dieu passe devant ses yeux, et les idoles derrière son dos!
Une fois convertis à Dieu, nos vies doivent maintenant être passées à Son
service. Avez-vous jamais réfléchi à la faveur extraordinaire, et à
l’hommage rendu à la puissance de l’évangile, qu’il nous soit permis de Le
servir? Un serviteur fidèle travaillant dans une zone de taudis remarque, un
dimanche soir, des signes très précis de repentance chez l’une des pires
occupantes d’une cuisine de voleurs. Il s’en réjouit beaucoup, tout en
tremblant. Mais qu’éprouve-t-il tôt le lundi matin quand la misérable arrive
à sa porte et confesse en larmes sa reconnaissance pour la bénédiction
reçue, et annonce son désir d’exprimer sa gratitude en entrant à son service
— pour préparer les repas et faire le ménage? L’empreinte marquée sur elle
est celle de la maladie, de la saleté, de la dégradation et de la boisson
jusqu’à hier. Que dirait le serviteur? Que diriez-vous?
Nous n’avons pas noirci le tableau. Ce que nous étions moralement et
spirituellement correspond tout à fait au cas supposé. Et pourtant nous
avons été amenés dans le service du Dieu trois fois saint, en tant que
rachetés et nés de nouveau. Mais alors, combien doit être puissant le
renouveau moral opéré par l’évangile! Et même alors, nous souvenant que nous
avons encore la chair en nous, et que nous sommes donc fort susceptibles de
pécher, quelle grande faveur que d’être pris au service saint et élevé de
Dieu. Il nous est effectivement permis de servir Ses intérêts, Ses propos et
Ses plans conçus dès avant la création du monde. Si nous saisissions cela,
nous n’aurions aucun désir de nous dérober à Son service. Nous courrions
avec zèle et joie pour l’accomplir.
Tandis que nous servons, nous attendons. Nous sommes sauvés dans l’espérance
de la plénitude de bénédiction encore à venir. Nous ne sommes pas laissés
pour attendre la mort, qui est notre départ pour être avec Christ, mais pour
attendre Sa venue pour nous. Nous attendons le Fils de Dieu venant des
cieux. L’apôtre ne va pas plus loin pour le moment: quand nous en serons au
ch. 4, il nous sera dit ce qu’implique cette phrase.
Mais n’anticipons pas. Notons seulement pour le moment que c’est le Fils de
Dieu dont nous attendons la venue des cieux; c’est là qu’Il est assis, et
Son nom est Jésus, que nous connaissons comme Celui qui nous délivre de la
colère qui vient. Le verbe n’est pas au passé («qui nous a délivrés»), mais
au présent, «Jésus, qui nous délivre» ou «Jésus, notre Libérateur».
L’important est que Jésus qui vient des cieux, nous délivrera de la colère
qui vient.
De manière répétée, à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament, le mot
«colère» est utilisé pour désigner les jugements sévères de Dieu qui vont
s’abattre sur la terre. Il est vrai que dans plusieurs passages du Nouveau
Testament, le sens du mot «colère» est élargi pour englober le jugement
pénal de Dieu qui s’étend jusque dans toute l’éternité. Il n’en reste pas
moins que l’usage principal du mot est celui que nous avons indiqué, comme
on le voit en lisant attentivement le livre de l’Apocalypse. Les hommes et
les nations amassent sur eux-mêmes la colère pour le jour de la colère, et
l’œil ouvert voit déjà ce jour de la colère approcher en silence.
Quelle joie pour le croyant de savoir que, malgré la colère qui vient, Jésus
aussi vient, et Il vient comme Celui qui délivre! Avant que la colère fonde
comme l’aigle sur sa proie, Jésus viendra et nous serons délivrés de ce lieu
même sur lequel la colère va s’abattre. Pour les détails de ce merveilleux
évènement, nous devons attendre. En attendant, réjouissons-nous de ce que
cet évènement est une certitude glorieuse qui approche rapidement.
Chapitre 2
V. 1
Au chapitre 1 (v. 5), l’apôtre avait fait allusion à ce que lui et ses
compagnons d’œuvre avaient été parmi les Thessaloniciens à leur arrivée
parmi eux avec l’évangile, et il avait laissé entendre que la puissance qui
avait accompagné le message était largement liée au caractère irréprochable
des messagers. Il revient sur ce sujet au début du chapitre 2.
Paul et ses amis avaient trouvé à Thessalonique une porte ouverte par le
Seigneur, grâce à quoi ils avaient réussi une pénétration extrêmement
efficace parmi eux. C’était d’autant plus frappant qu’ils venaient juste de
souffrir et d’être traités honteusement à Philippes, selon le récit d’Actes
16. Cependant, loin d’en être intimidés, ils avaient une telle confiance en
Dieu qu’ils avaient recommencé à annoncer hardiment la Parole. La puissance
de celle-ci était telle que même certains des Juifs crurent, «et une grande
multitude de Grecs qui servaient Dieu, et des femmes de premier rang en
assez grand nombre» (Actes 17:4). Ainsi Dieu accordait à Ses serviteurs
fidèles un temps de grand encouragement après de dures souffrances et avant
d’être replongés dans d’autres troubles à Thessalonique même. Souvenons-nous
bien sûr que la violence à Philippes ne signifiait pas que ce qui y avait
été accompli était peu de chose. Au contraire, les convertis de Paul à
Philippes étaient parmi les plus brillants trophées de la grâce.
V. 2
L’apôtre rappelle au verset 2 qu’il avait prêché l’évangile «avec beaucoup
de combats». Par cela nous ne devons pas comprendre des échanges passionnés
d’arguments. L’expression est littéralement «avec beaucoup d’angoisse» ou de
«lutte». Paul prêchait dans l’angoisse d’une lutte spirituelle pour que la
vérité ait son efficacité chez ses auditeurs! Son évangile n’était pas du
genre simplement «à prendre ou à laisser»! L’apôtre n’était pas un simple
théologien ou philosophe chrétien satisfait de la vérité correctement
présentée dans ses prêches; il n’était pas non plus le mystique rêveur drapé
en lui-même et dans ses propres impressions et expériences. Il était un
homme qui avait un message, brûlant de zèle, et angoissé dans son esprit
pour le communiquer efficacement à d’autres.
Quelle puissance étonnante ceci devait être pour lui! Il pouvait être faible
quant à sa présence physique, et méprisable dans son élocution — «simple
[brut] quant au langage», comme il dit ailleurs (2 Cor. 11:6) — mais
l’angoisse d’esprit intérieure qui l’animait devait faire que son parler
était à l’état brut comme un tourbillon. Des multitudes se convertissaient
par ses paroles, et des multitudes plus grandes encore se déchaînèrent en
fureur contre lui! Où voyons-nous une puissance pareille de nos jours? Nous
entendons des prédications de l’évangile qu’on peut qualifier de bonnes,
claires, justes, frappantes, intelligentes, éloquentes, douces. Mais il n’y
a guère de résultat quant aux conversions, et elles n’ameutent guère les
puissances de ténèbres. Pourtant le besoin est tout aussi grand, et
l’énergie du Saint Esprit est la même. La différence réside dans le
caractère et le calibre des messagers.
V.
3-4
Les versets 3 à 6 donnent un aperçu de ce que Paul et ses aides n’étaient
pas, et cela nous apprend ce que tout serviteur de Dieu doit soigneusement
éviter. Tout d’abord, il faut rejeter tout élément de tromperie et de
fiction. Il a été dit très justement que «tu dois être vrai toi-même si tu
veux enseigner la vérité».
Mais en outre, il faut bannir toute pensée de complaire aux hommes. Tout
service qui nous a été confié, si petit soit-il, nous a été confié par Dieu
et non par l’homme. C’est donc vis-à-vis de Dieu que nous sommes
responsables, et Lui n’éprouve pas seulement nos paroles et nos actes, mais
aussi nos cœurs. L’évangile avait été confié à Paul dans une mesure tout à
fait exceptionnelle, mais les deux mots «FUT CONFIÉ» devraient être gravés
sur nos cœurs. N’oublions jamais que nous sommes des administrateurs à qui
quelqu’un fait confiance.
V.
5-6
Si nous gardons cela à l’esprit, nous éviterons bien sûr l’usage de paroles
flatteuses, et le manteau de cupidité, et la recherche de la gloire qui
vient des hommes, dont les versets 5 et 6 nous parlent. Ces trois choses
sont excessivement courantes dans le monde. Les hommes cherchent
naturellement leurs propres intérêts, et sont donc gouvernés par la
cupidité, même s’ils la dissimulent sous un manteau de n’importe quel genre.
La gloire qui vient des hommes est aussi très chère au cœur humain. Enfin,
qu’ils recherchent la possession ou la gloire, les hommes trouvent dans les
paroles flatteuses une arme efficace, car elles permettent souvent de gagner
la faveur des personnes influentes. Paul refusait absolument de tels moyens.
En tant que serviteur de Dieu, avec Dieu comme Juge et pour Témoin, ces
moyens étaient totalement en dessous de lui.
V.
7-8
Les caractéristiques positives du ministère de Paul sont placées devant nous
dans les versets 7 à 12, et il vaut la peine de noter qu’il commence par se
comparer à une nourrice, et finit par se comparer à un père. On peut avoir
de la peine à imaginer comment cet homme extrêmement énergique pouvait être
doux «comme une nourrice chérit ses propres enfants», mais il en était bien
ainsi. La force physique est en général brutale, la force spirituelle est
douce. Il y avait beaucoup de gens ayant de la force physique à
Thessalonique quand «les Juifs, pleins de jalousie, ayant pris quelques
méchants hommes de la populace… troublèrent la ville» (Actes 17:5), mais
cela n’aboutit à rien. La douceur de Paul, au contraire, laissa des
résultats durables. C’était la douceur engendrée par un amour ardent pour
ces jeunes convertis. Il les chérissait, et à cause de cela il les
maintenait dans une vive affection, et comment le pouvait-il si ce n’est
parce que lui-même avait une vive affection pour eux. Et celle-ci était si
vive, qu’il était même prêt à leur communiquer non seulement l’évangile,
mais aussi sa propre vie. Il aurait donné sa vie pour eux.
V.
9-11
Cependant il ne fut pas appelé à donner sa vie pour eux. Ce qu’il fit, fut
de travailler de ses propres mains, de nuit comme de jour, afin de suffire à
ses propres besoins et de ne leur être à charge en aucune manière. Il fait
de nouveau allusion à cela dans la deuxième épître (2 Thes. 3:8), et Actes
20:34 donne même l’information étonnante qu’il ne se bornait pas à suffire à
ses propres besoins, mais qu’il pourvoyait aussi aux besoins de ses
compagnons. Ailleurs (3:10) il dit qu’il priait nuit et jour très
instamment, et nous savons combien son travail pour l’évangile était
abondant. Dans ces conditions, on a de quoi s’étonner que cet homme
extraordinaire pût encore trouver du temps pour faire des tentes, mais quoi
qu’il en soit, il le faisait, et il rendait ainsi l’évangile exempt de
charge (1 Cor. 9:18), bien que le Seigneur ait commandé qu’en règle générale
ceux qui prêchent l’évangile puissent vivre de l’évangile. Il est plus
qu’évident que le travail manuel est honorable aux yeux de Dieu.
V.
12
Les Thessaloniciens étaient témoins de tout cela. Comme il était lui-même
marqué par la sainteté et la justice pratique, il pouvait leur commander de
suivre ses traces, et de marcher d’une manière digne de Dieu — le Dieu qui
les avait appelés à être sous Son autorité et à entrer dans Sa gloire.
V.
13-14
Ce qui nous a occupés jusqu’ici a été le genre de vie qui caractérisait Paul
et ses compagnons d’œuvre. Avec le verset 13, on revient à ce qui
caractérisait leurs convertis de Thessalonique. Quand ils avaient reçu la
parole de Dieu par des canaux humains tels que Paul et ses compagnons, ils
l’avaient reçue en tant que parole de Dieu. Ce verset indique clairement que
la parole de Dieu peut être reçue comme une parole d’hommes, mais que même
si on la reçoit ainsi, elle n’en reste pas moins véritablement la Parole de
Dieu. Si vous avez un appareil photo avec un objectif défectueux, vous
trouverez que les objets photographiés sont étrangement déformés sur le
papier photo, parfois de manière grotesque. Il n’y a pourtant rien à
reprocher aux objets photographiés, qui sont très bien, même s’ils ont l’air
difforme sur le papier. Nous devons apprendre à distinguer l’objectif du
subjectif comme l’apôtre le fait ici. La parole de Dieu avait été présentée
objectivement aux Thessaloniciens, et l’impression subjective produite en
eux était selon la vérité. S’ils l’avaient reçue comme une parole d’hommes,
l’effet produit sur eux n’aurait été que transitoire. Mais la recevant comme
la Parole de Dieu, elle avait opéré en eux puissamment, et elle avait
produit en eux les mêmes effets qu’on avait vus au commencement, quand
l’évangile avait été prêché en Judée. Bien qu’éprouvés par la persécution,
ils tenaient ferme.
Actes 17 nous montre à quelle vitesse avait éclaté l’orage de persécution à
Thessalonique. La maison de Jason et Jason lui-même furent assaillis, et
certains frères furent traînés devant les magistrats de la ville; les
instigateurs des émeutes étaient des Juifs. L’apôtre leur montre ici que ce
qu’ils avaient été appelés à souffrir n’était rien d’autre que ce dont les
premiers chrétiens convertis de Judée avaient souffert; et que les
instigateurs juifs des troubles de Judée étaient du même genre que ceux des
troubles de Thessalonique. Ceci le conduit à résumer l’accusation portée
contre eux.
V.
15-16
Autrefois, la grande controverse de Dieu avec les Juifs portait sur leur
idolâtrie continuelle. Les écrits des prophètes de l’Ancien Testament en
sont pleins. Le Nouveau Testament y rajoute la charge encore plus grave
d’avoir «mis à mort le Seigneur Jésus». En outre, ils chassaient l’apôtre
par leurs persécutions, et faisaient leur possible pour interdire la
diffusion de l’évangile aux nations. Eux-mêmes refusaient de franchir la
porte du salut, et ils empêchaient autant que possible les autres de le
faire. Combien est frappante la description de ce malheureux peuple: «Ils ne
plaisent pas à Dieu, et sont opposés à tous les hommes»!
Il est assez évident que les nations sont généralement opposées aux Juifs.
Les versets 15 et 16 en montrent la raison. De leur coté, les Juifs sont
opposés aux nations, et sur le plan national, ils déplaisent à Dieu; il n’y
a donc rien de juste chez eux, quoique, bien sûr, Dieu sauve encore au temps
actuel «un résidu selon l’élection de la grâce» (Rom. 11:5). Ils avaient été
mis à l’épreuve auparavant. Même après la mort de Christ, une offre de grâce
leur avait encore été faite comme résultat de la venue du Saint Esprit,
selon le récit d’Actes 3:17-26. Ils donnèrent leur réponse officielle par le
martyre d’Étienne, et par la persécution de Paul, lequel fut suscité juste
après la mort d’Étienne pour apporter la lumière du salut aux nations. Ils
auraient tué Paul aussi, si Dieu n’était intervenu dans Sa providence pour
les en empêcher (Actes 9:23, 29). Par conséquent, la colère longtemps
retenue, était sans aucun doute déchaînée contre sur eux. En tant que
nation, ils n’auront payé le dernier sou que quand la grande tribulation les
aura submergés. En attendant, rien ne peut arrêter la colère de Dieu contre
eux.
V.
17-20
En contraste avec ce terrible contexte, quelle belle image nous présentent
les versets 17 à 20. L’apôtre qui avait dû fuir précipitamment de nuit de
chez eux, désirait ardemment aller les revoir. Comme ils étaient ses enfants
spirituels, engendrés par l’évangile, il les considérait comme son
espérance, sa joie et la couronne dont il se réjouissait. Les liens qui les
liaient à lui étaient très tendres, et hautement spirituels. En regardant
vers l’avenir, il anticipait le moment où ils seraient sa gloire et sa joie
à la venue du Seigneur. En regardant en arrière, il reconnaissait toute
l’œuvre de Satan pour les maintenir, eux et lui, séparés physiquement sur la
terre.
Ce passage indique clairement qu’il est permis à Satan de harceler et
d’entraver les serviteurs du Seigneur. Mais, si l’on compare ce récit avec
l’histoire relatée dans les Actes, il est tout à fait évident que Dieu sait
bien surmonter les entraves de Satan pour faire tourner les choses en bien.
Satan venait d’empêcher Paul de retourner à Thessalonique, mais Dieu l’avait
conduit à Corinthe, où Il avait un grand peuple!
Remarquez aussi combien il est heureux de voir Paul attendre le moment où il
serait réuni avec ses chers convertis de Thessalonique dans le ciel. Ses
paroles n’auraient pas eu de sens s’il ne s’était attendu à les reconnaître
chacun individuellement en ce jour-là. Les saints de Dieu se reconnaîtront
les uns les autres quand ils se rencontreront à la venue de Christ, et en Sa
présence.
Chapitre 3
V.
1-4
Mais si Paul avait été empêché de venir personnellement — très probablement
par la violence de la persécution suscitée contre lui par Satan — il avait
envoyé Timothée pour les réconforter et les encourager. Ici encore, au début
du chapitre 3, nous voyons en Paul les caractères d’un vrai père en Christ.
Il était à Athènes, une ville particulièrement dure et difficile, où il
sentait avec plus d’urgence qu’ailleurs, le besoin du soutien et de
l’encouragement de compagnons d’œuvre animés du même esprit; néanmoins il
acceptait de se sacrifier et de rester seul pour que Timothée puisse paître
les âmes de ces jeunes croyants, et les affermir justement au moment où
Satan pensait les abattre au moyen d’afflictions. L’épreuve de leur foi
n’avait pas été une surprise, car il les avait avertis, même si son séjour
parmi eux avait été tellement court.
De ceci, apprenons qu’il n’est ni juste ni sage de cacher aux jeunes
convertis que les tribulations de la part du monde sont le lot normal du
chrétien sur la terre. Il y a des joies abondantes dans le christianisme,
mais elles ne sont pas en relation avec le monde. Nous aurons de la
tribulation dans le monde; ne déformons donc pas la réalité en pensant que
nous pourrons ainsi gagner davantage de convertis. Montrons la vérité en
face, et nous éviterons de perdre ainsi aucun vrai converti, tandis
que ceux qui font semblant de l’être pourront en revanche être arrêtés en
grand nombre — pour leur bien, autant que pour le nôtre. Quant à la
tribulation, nous devons tous dire à notre tour, «cela est arrivé, comme
vous le savez» (fin du v. 4).
V.
5-6
En suscitant des persécutions contre les croyants, Satan cherche toujours à
viser la foi. Il voudrait l’affaiblir et, si possible, la détruire.
Remarquez, par conséquent, l’accent que Paul met sur la foi dans ce passage.
Il avait envoyé Timothée pour les encourager «touchant leur foi»
(3:2). Il l’avait envoyé pour «connaître ce qui en était de leur foi».
Timothée à son retour avait apporté de «bonnes nouvelles de leur foi»,
et lui-même «avait été consolé à leur sujet par leur foi». La foi est
l’œil de l’âme; elle donne la vision spirituelle. Paul savait qu’aussi
longtemps que les choses invisibles de la foi seraient des réalités pour
eux, la persécution ne ferait que produire un enrichissement spirituel, et
les fortifierait, tout comme une douche froide est nuisible à un invalide,
alors qu’elle fortifie un homme plein de santé. La foi est un lien vital
entre l’âme et Dieu, et si elle est affaiblie, tout ce qui concerne le
croyant est affaibli. Satan le sait très bien.
V.
7-8
Quand la foi est maintenue dans le cœur des croyants, ils «tiennent ferme
dans le Seigneur»; c’est justement ce qui était une grande joie pour
l’apôtre. Cela le réconfortait dans toutes ses afflictions. Ses sentiments à
l’égard des Thessaloniciens, exposés aux épreuves à un point pareil si tôt
après leur conversion, étaient tellement profonds, qu’avant d’avoir des
nouvelles sur la manière dont ils avaient été soutenus à travers ces
épreuves, il était comme un homme sur le point de mourir. Les bonnes
nouvelles reçues par Timothée l’avaient ramené à la vie. C’est l’image dont
il se sert quand il dit: «Maintenant nous vivons, si vous tenez fermes dans
le Seigneur».
V.
9-11
Bien que la foi restât si brillante chez ces chrétiens, elle avait pourtant
besoin d’être rendue parfaite, comme le verset 10 le montre. Il y manquait
quelque chose, en ce qu’ils ne connaissaient pas encore l’ensemble de la
vérité révélée. Ce qu’ils avaient vu par la foi, ils le voyaient clairement;
mais ils ne voyaient pas encore tout ce qu’il y avait à voir. L’apôtre
désirait avec ardeur les rencontrer à nouveau pour leur apporter ces parties
de la vérité divine qu’ils ne connaissaient pas encore. Dans cette épître,
il leur révèle un peu de ce qu’ils ignoraient encore, comme nous allons le
voir au chapitre 4.
V.
3:12
Ayant été empêché jusque-là, il désirait qu’ils croissent et abondent en
amour les uns envers les autres. Dieu seul est l’Objet de la foi. Il est
aussi l’Objet de l’amour, mais la meilleure expression pratique de l’amour
pour Lui consiste à aimer ceux qui sont nés de Lui, comme l’épître de Jean
le rappelle. De plus le chrétien devrait être une fontaine débordante
d’amour envers tous les hommes. Les Thessaloniciens l’étaient, et cela
explique comment ils étaient devenus si efficaces pour annoncer l’évangile,
comme nous l’avons vu au chapitre 1. Seulement, il fallait qu’ils abondent
et surabondent en amour.
V.
13
Ainsi ils seraient affermis sans reproche en sainteté en vue de la venue du
Seigneur. La sainteté et l’amour sont évidemment étroitement liés. Comme
l’amour opère dans nos cœurs en direction de Dieu et des Siens, nous sommes
amenés à haïr ce qu’Il hait, et nous sommes préservés sans reproche devant
Lui. Le grand but placé devant nous est la venue du Seigneur Jésus avec tous
Ses saints. Remarquez cette préposition «avec». Quand Il viendra en gloire,
nous serons avec Lui. Comment nous irons Le rejoindre en haut, afin
de revenir des cieux en Sa compagnie quand Il apparaîtra, cela n’est pas
encore clairement indiqué dans l’épître, mais ce verset à lui seul, devrait
avoir suffi pour assurer les Thessaloniciens, et devrait suffire à nous
assurer que, quand Il viendra, aucun ne manquera. Il viendra avec TOUS Ses
saints.
Chapitre 4
V. 1
À partir du ch. 4, l’apôtre passe de l’exhortation à l’instruction. Les
chapitres précédents avaient surtout traité des souvenirs du travail de Dieu
opéré chez les Thessaloniciens, et de la conduite et du service de Paul et
de ses compagnons d’œuvre parmi eux. Maintenant l’apôtre traite des besoins
présents de ses bien-aimés convertis.
Au premier chapitre il avait pu être très élogieux à leur égard, mais cela
ne signifiait pas qu’aucun danger ou difficulté ne les guettait, ni qu’ils
n’avaient pas besoin de progresser dans les choses de Dieu. Au contraire,
ils n’étaient encore que des petits enfants. Ils devaient encore apprendre
beaucoup de choses quant à la vérité, et ils avaient besoin d’en savoir plus
quant à la volonté de Dieu à leur égard. Une expression importante pour eux
et pour nous, est celle qui termine le v. 1: «de plus en plus».
V. 2
— Les commandements dans la vie du chrétien
En premier lieu ils devaient abonder de plus en plus dans tous ces détails
pratiques de la vie et de la conduite qui plaisent à Dieu. Durant son court
séjour parmi eux, Paul avait réussi à leur transmettre les grandes lignes de
la marche qui plaît à Dieu, bien qu’il y eût, bien sûr, beaucoup à ajouter
quant aux détails. C’est une chose de savoir, et une toute autre
chose de faire, et nous sommes laissés ici-bas pour plaire à Dieu
dans toutes nos activités et nos voies. La volonté de Dieu est notre
sainteté, c’est-à-dire que nous soyons séparés de tout ce qui souille pour
être entièrement pour Dieu, et l’apôtre leur a donné de la part du Seigneur,
des commandements précis à suivre.
Faisons-nous suffisamment attention aux commandements du Seigneur Jésus et
de Ses apôtres que nous trouvons en abondance dans le Nouveau Testament?
Nous avons bien peur que la réponse à cette question soit ‘non’. Il y
a en effet des croyants qui refusent obstinément qu’un commandement
quelconque puisse s’appliquer à des chrétiens. Plus exactement, ils n’en
veulent pas. Ils pensent que les commandements se rattachent si
exclusivement à la loi de Moïse, que faire peser le moindre commandement sur
le chrétien, c’est le remettre immédiatement sous la loi, et ils savent bien
nous rappeler que, nous chrétiens, nous ne sommes pas sous la loi, mais sous
la grâce.
Mais en cela ils se trompent. Sous la grâce, nous avons été introduits dans
le royaume de Dieu. L’autorité divine a été établie dans nos cœurs, si du
moins nous sommes vraiment convertis; et bien que l’amour soit la force qui
gouverne dans ce royaume béni, l’amour a cependant ses commandements, non
moins que la loi. La loi énonçait des commandements sans fournir ni le motif
ni la puissance qui assuraient l’obéissance. Seul l’amour peut fournir la
force contraignante nécessaire. Or il y a des commandements d’amour. «C’est
ici l’amour de Dieu, que nous gardions Ses commandements, et Ses
commandements ne sont pas pénibles» (1 Jean 5:3). Sous la loi, les hommes
recevaient des commandements, et leur vie et leur position devant Dieu
dépendaient de ce qu’ils les gardaient ou non. Sous la grâce, la vie et la
position du croyant sont assurées en Christ, et les commandements qu’il
reçoit sont destinés à façonner et diriger cette vie nouvelle d’une manière
qui plaise à Dieu.
Grâces à Dieu, nous avons dans le Nouveau Testament de nombreux
commandements clairs du Seigneur couvrant tous les sujets majeurs de la vie
et du service. Il y a cependant de nombreux sujets mineurs sur lesquels le
Seigneur n’a pas donné d’instructions particulières (comparer à cet égard
les trois versets de 1 Corinthiens 7:6 et 7:25 et 14:37). Ces omissions ne
sont pas un oubli, mais elles sont de propos délibéré. Il est évident que le
but du Seigneur est de laisser de nombreuses choses aux exercices de Ses
saints, exercices faits avec prière; ils doivent chercher dans les Écritures
pour découvrir ce qui Lui plaît, et juger par des analogies tirées de ce
qu’Il a fait autrefois. Ceci a pour but leur développement spirituel, pour
qu’ils aient «les sens exercés à discerner le bien et le mal» (Héb. 5:14).
En ce qui concerne de tels sujets, chacun de nous doit chercher à déterminer
quelle est la volonté de Dieu, et à en être pleinement persuadé dans son
esprit.
Nous admettons tout ceci pleinement, mais n’allons pas négliger les
commandements clairs du Seigneur quand Il en a donné. Certains chrétiens
sont passablement enclins, nous le craignons, à se tromper eux-mêmes dans ce
domaine. Ils semblent très exercés sur tel ou tel point. Ils cherchent de la
lumière. Ils prient très pieusement. Pourtant, pendant tout ce temps-là,
s’ils ouvraient leur Bible, un commandement clair du Seigneur sur le point
en question leur sauterait aux yeux. D’une manière ou d’une autre, ils se
débrouillent de l’ignorer. Dans de telles conditions, toutes leurs prières
et exercices n’ont guère de valeur, et sentent plutôt l’hypocrisie.
Nous nous sommes appesantis un peu sur ce point à cause de son importance.
V.
3-7
Revenons à notre passage, et remarquons qu’après avoir dit que, d’une
manière générale, la volonté de Dieu pour les Siens est leur sainteté,
l’apôtre précise un péché qui est l’ennemi mortel de cette sainteté. Ce
péché particulier était excessivement banal parmi les non-Juifs, si banal,
même, qu’on n’y pensait même pas, et c’est seulement quand la lumière du
christianisme l’a éclairé, que la profondeur du mal de ce péché est apparue.
Parmi les nations christianisées d’aujourd’hui, on en a bien moins horreur
qu’il y a 50 ans, ce qui témoigne de toute la distance dont on s’est
détourné même d’une profession chrétienne extérieure. Les versets 3 à 7 sont
tous en rapport avec ce péché particulier. Que chacun lise soigneusement ces
versets, et prenne à cœur les paroles acérées de l’apôtre.
V.
6-8
Le mot «sainteté» apparaît trois fois dans ces versets (v. 3, 4, 7), et il
est mis en contraste avec l’»impureté» au verset 7. Nous avons été appelés à
la sainteté, et si nous l’ignorons, il y aura des conséquences graves de
trois types.
En premier lieu, prenons en compte le Seigneur, car Lui s’occupera de
nous dans Son juste gouvernement des saints. S’il a été fait tort à
quelqu’un, Il se constituera Lui-même le Vengeur de leur cause. En second
lieu, il faut tenir compte de Dieu. Il peut sembler que le malfaiteur se
borne à mépriser ou à méconnaître les droits de l’homme, alors que c’est les
droits de Dieu qu’il méconnaît. En troisième lieu, il faut considérer
le Saint Esprit — le mot sainteté vient de la même racine. L’Esprit
nous a été donné, et Il nous met à part pour Dieu.
V.
9-12
Après s’être occupé de ce péché qui se déguise si souvent faussement sous le
nom d’amour, Paul passe au v. 9 à l’amour fraternel, dont on trouve la vraie
réalité parmi le peuple de Dieu. Il reconnaît avec bonheur qu’il n’y avait
pas besoin d’exhorter les Thessaloniciens à cet égard, car ils avaient été
enseignés de Dieu à le manifester. C’était un fruit instinctif de la vie
divine dans leurs âmes. La seule chose qu’il avait à leur dire, c’était d’y
«abonder de plus en plus». Nous retrouvons à nouveau cette expression ici.
Il doit y avoir de plus en plus l’heureuse obéissance aux commandements du
Seigneur, et de plus en plus d’amour fraternel parmi le peuple de Dieu.
AMOUR et OBÉISSANCE — voilà l’important, et il en faut de plus en plus!
Combien nous serons heureux, si nous portons ces caractères!
Le passage de l’amour fraternel aux instructions très simples des versets 11
et 12 est très significatif. On a vu l’amour fraternel dégénérer jusqu’à
circonvenir de manière indigne son frère. Voilà ici le rectificatif
salutaire. Nous devons «nous appliquer à vivre paisiblement, à faire nos
propres affaires et à travailler de nos propres mains».
V.
13
Au verset 13 l’apôtre aborde le sujet qui était apparemment la raison
principale d’écrire cette épître. Ils avaient à ce moment-là beaucoup
d’affliction et de difficulté à l’égard de quelques-uns d’entre eux qui
étaient décédés. Ils savaient bien que le Seigneur Jésus allait revenir, et
ils L’attendaient pour bientôt; mais c’est ce qui rendait pour eux très
mystérieuses ces morts inattendues. Ils sentaient que, d’une manière ou
d’une autre, ces chers frères allaient être perdants. Le Sauveur allait
revenir et la gloire allait briller sans eux! C’était une peine
réelle pour eux, mais c’était une peine fondée sur l’ignorance, et il
suffisait d’apporter la lumière de la vérité pour dissiper définitivement
cette peine.
«Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance», dit
l’apôtre, et dans ce qui suit il les instruit de tous les détails qu’ils
avaient besoin de connaître, complétant sur ce sujet ce qui manquait à leur
foi.
V.
14
La première chose dont il les assure, c’est que Dieu amènera ceux qui se
sont endormis avec Jésus quand Il reviendra. Au dernier verset du chapitre
3, il avait parlé de «la venue de notre Seigneur Jésus avec TOUS ses
saints», et il renforce ici cette assurance. Le «tous» inclut «ceux qui se
sont endormis en Jésus», car autant il est certain que Jésus Lui-même est
mort et est ressuscité, autant il est certain que ceux-là seront amenés avec
Christ. La mort et la résurrection de Christ sont pour la foi la référence
absolue de ce qui est vérité, réalité et certitude. Toutes les parties de la
vérité ont le même degré de certitude, et l’apôtre désire qu’ils le
réalisent.
V.
15a
Cette assurance si précise et si consolante, ne résolvait pas la difficulté
qu’il y avait dans leur esprit quant à la manière dont cela devait se
passer. Comment ces saints délogés pourraient-ils se trouver dans la
gloire de Christ pour venir avec Lui à Sa venue? De quelle manière ce
grand changement allait-il s’accomplir? La réponse à cette question est
donnée dans les versets suivants, que l’apôtre fait précéder des quelques
mots suivants comme une préface: «Nous vous disons ceci par la parole du
Seigneur». Il indiquait par là que ce qu’il leur communiquait était une
révélation directe et nouvelle de la part du Seigneur, et non pas une redite
de ce qui avait été déjà révélé. L’élément de vérité qu’il leur fait
connaître était juste ce dont ils avaient besoin pour compléter leur
compréhension de la venue du Seigneur.
V.
15b
Quand le Seigneur viendra, les saints seront divisés en deux classes: 1)
«nous, les vivants, qui demeurons», et 2) «ceux qui se sont endormis». Les
Thessaloniciens n’avaient pas du tout envisagé la possibilité de l’existence
de cette deuxième classe. Même ensuite, ils s’imaginaient probablement que
la première classe formerait la majorité, et la deuxième une minorité, ce
qui les rendait enclins à traiter les seconds comme quantité négligeable. Le
verset 15 rectifie ces pensées. L’apôtre les assure de ce que les saints de
la classe un ne devanceraient pas (c’est-à-dire «ne passeraient pas devant»
ou «n’auraient pas la préséance sur») ceux de la classe deux. Si une
préséance devait être accordée, elle serait donnée à ceux de la classe deux
comme le verset 16 le montre, car il y est dit que «les morts en Christ
ressusciteront premièrement».
V.
16-17
Les versets 16 et 17 parlent alors de la venue du Seigneur Jésus pour
Ses saints. Ils nous révèlent comment Il va les rassembler auprès de Lui
pour pouvoir ensuite venir avec eux tous selon l’affirmation du
dernier verset du chapitre 3. Si l’on ne voit pas la distinction entre Sa
venue
pour
et Sa venue
avec,
il est impossible de comprendre clairement la venue du Seigneur.
Quelle grandeur dans cette phrase: «Le Seigneur Lui-même descendra»!
À cette heure suprême, Il n’agira pas par intermédiaire, mais Il viendra
Lui-même! Il descendra avec un cri de commandement. Des myriades d’anges
serviront, car la voix d’archange sera entendue. Les armées de Dieu seront
mises en branle, car les trompettes de Dieu sonneront. Mais tout cela ne
sera que secondaire par rapport à l’action puissante du Seigneur Lui-même.
Le verset 16 nous décrit Sa descente soudaine du ciel en l’air, l’exercice
de Sa puissance, et Sa voix qui réveille les morts.
La fin du verset 16 et le verset 17 montrent ce que sera la réponse
immédiate de la part des saints. Le premier effet de Sa puissance se verra
dans la résurrection des saints endormis. Puis ceux-ci, accompagnés des
vivants d’entre nous demeurés jusqu’à cette heure-là, seront enlevés pour
rencontrer le Seigneur en l’air, et pour être avec Lui pour toujours.
Combien tout cela est simple et, grâces à Dieu, l’accomplissement en est
aussi certain que simple.
Remarquons bien sûr que ce passage ne donne pas tous les détails en
relation avec cette bienheureuse espérance. Voulons-nous savoir, par
exemple, dans quelle condition les morts en Christ seront ressuscités? La
réponse se trouve en 1 Corinthiens 15. Ce chapitre nous informe aussi du
changement qui s’opérera dans les corps de tous les saints en vie quand Il
viendra. Nous devons être changés en une condition incorruptible et
spirituelle juste avant d’être enlevés. Ce chapitre nous dit aussi que tout
se passera «en un instant, en un clin d’œil», ce qui nous assure que, bien
que les morts en Christ ressuscitent premièrement, la préséance qui
leur est accordée ne sera que d’un court instant.
Notez le mot «ensemble» au verset 17. Les Thessaloniciens avaient de
l’affliction, et nous aussi souvent. Enseignés à s’aimer les uns les autres,
leurs cœurs étaient déchirés quand la mort leur arrachait l’un ou l’autre
d’au milieu d’eux. Nous connaissons aussi ces déchirements. Nous ne sommes
pas affligés comme ceux qui n’ont pas d’espérance, ni eux non plus. La voix
du Fils de Dieu qui donne la vie va nous réunir. Nous Le rencontrerons, mais
non pas individuellement ni par petits groupes isolés. Nous serons ravis
ENSEMBLE. ‘Quel
chœur, quelle rencontre, quelle famille complète!’ comme dit un cantique.
Remarquez encore que nous allons à la rencontre du Seigneur. Le verbe
rencontrer utilisé ici ne figure que trois fois ailleurs dans le
Nouveau Testament: en Matthieu 25:1 et 6, et Actes 28:15. Dans tous les cas,
il a le sens d’»aller et revenir avec». Quand les frères de Rome
rencontrèrent Paul, c’est exactement ce qui eut lieu. Ils allèrent jusqu’au
forum d’Appius, et l’ayant rencontré, ils se joignirent à lui et
retournèrent avec lui à Rome. C’est exactement ainsi que nous rencontrerons
tous notre Seigneur en l’air. Rejoignant Sa compagnie, plus jamais séparés
de Lui, nous retournerons avec Lui quand Il sera manifesté au monde dans Sa
gloire.
V.
18
Ces mots ne suffisent-ils pas à réconforter nos cœurs? Ne suffisent-ils pas
à les remplir d’une joie durable?
Chapitre 5
V. 1
Les deux premiers versets du chapitre 5 forment un contraste très net avec
les versets 13 et 15 du ch. 4. En ce qui concerne la venue du Seigneur
pour Ses saints («l’enlèvement» comme on a l’habitude de l’appeler), ils
étaient ignorants, et s’étaient créé par là inutilement une difficulté et un
sujet d’affliction. L’apôtre leur écrit «par la parole du Seigneur» pour les
éclairer. Mais «pour ce qui est des temps et des saisons», ils n’étaient pas
du tout ignorants et n’avaient pas besoin que Paul leur écrive.
Remarquons bien la distinction ainsi faite entre ces deux parties de la
vérité prophétique. Il est possible d’être tout à fait ignorant quant à
l’enlèvement, tout en étant bien informé quant aux temps et aux saisons. Ce
sont simplement deux choses différentes, bien distinctes. Si l’enlèvement
était une partie essentielle des temps et des saisons, alors être ignorant
quant à l’enlèvement impliquerait une ignorance partielle quant aux temps et
aux saisons. Mais les Thessaloniciens étaient tout à fait ignorants sur
l’enlèvement tout en étant bien instruits quant aux temps et aux saisons, au
point que l’apôtre pouvait dire «vous savez vous-mêmes parfaitement» et
«vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive».
Les temps et les saisons se rapportent à la terre et non aux cieux, selon
Genèse 1:14. L’expression utilisée ici (5:1) ne vise pas les divisions de
l’histoire de la terre en fonction du mouvement des corps célestes, mais
elle se réfère à ces divisions plus larges, caractérisées chacune par des
aspects particuliers dépendant du gouvernement moral de Dieu par rapport à
la terre. De nouvelles saisons avaient été introduites autrefois par des
évènements comme le déluge, la rédemption d’Israël d’Égypte, le don de la
loi, le renversement de la lignée des rois issus de David, et le passage à
la domination des nations. Une autre saison à venir doit être introduite par
le Seigneur Jésus «prenant Sa grande puissance et entrant dans Son règne» (Apoc.
11:17). Ce sera «le jour du Seigneur».
Or l’enlèvement des saints est déconnecté de ces saisons terrestres. Il ne
constitue pas un simple événement parmi tant d’autres dans le déroulement
des évènements terrestres. Le Seigneur appellera Ses saints au ciel pour
qu’ils jouissent de leur héritage céleste. L’église qui est composée de tous
les saints appelés, qui font partie de la dispensation actuelle, est céleste
dans son appel et dans son avenir. Elle n’appartient pas à la terre, c’est
la raison pour laquelle son enlèvement de la terre au ciel ne figure pas au
programme des évènements terrestres. Il n’y a aucune allusion à cet
enlèvement dans les textes de l’Ancien Testament. Bien saisir ce sujet
fournit une clé qui ouvre une bonne partie de la vérité sur les
dispensations, laquelle reste autrement fermée à nos esprits.
V.
2
Le jour où le Seigneur jouira de Ses droits, et dominera toute la situation,
vient sûrement. Son arrivée sera inattendue, soudaine, inévitable et
infaillible dans ses effets. Ce jour viendra, comme toutes les actions de
Dieu, au temps et de la manière les plus appropriés possible, et il en
résultera la destruction pour les incrédules. Au moment précis où les hommes
diront «paix et sûreté», le jugement tombera. Les conditions parmi les
nations sont telles que la paix est une nécessité urgente. Les enseignements
modernes, tant scientifiques que religieux, sont tels que les hommes se
croient de plus en plus à l’abri d’évènements surnaturels. Dans l’esprit des
gens, Dieu a été réduit à la non-existence par la doctrine populaire de
l’évolution, de sorte qu’ils ne craignent plus rien de ce côté-là. À leur
avis, la seule menace restante vient de l’homme. L’homme, cet être
merveilleux, a fait tellement d’inventions, mais malheureusement, aussi
merveilleuses qu’elles soient dans tous les domaines, elles sont capables
d’être utilisées aux fins les plus diaboliques. La sécurité n’est assurée
que si la paix peut être maintenue parmi les hommes.
V.
3-5
Quand les hommes se congratuleront d’avoir atteint cet objectif si désiré,
alors Dieu fera respecter Ses droits, et le jour du Seigneur arrivera. Le
monde sera pris par surprise comme quelqu’un endormi dans le noir; mais rien
de tel n’arrivera aux croyants. Aujourd’hui, le monde est endormi dans les
ténèbres, aujourd’hui le croyant est un fils de la lumière, et dans la
lumière.
Le contraste entre le croyant et le monde, selon les versets 4 à 8, est très
frappant, et il vaut la peine d’y réfléchir. Le monde est dans les ténèbres;
il dort; il est même ivre, intoxiqué par les influences d’en bas. Cela n’a
jamais été plus visible qu’aujourd’hui où la multitude de moyens
d’intercommunication permettent de répandre les idées et les influences avec
une extrême rapidité. Pensez à la force avec laquelle le mot «évolution» a
drogué les esprits des hommes! Aucun stupéfiant jamais découvert pour le
corps ne lui est comparable.
Le croyant n’est pas dans les ténèbres ni des ténèbres. Il est
fils de la lumière, et fils du jour. Il a été engendré, pour ainsi dire, par
la lumière qui l’a atteint par l’Évangile, et il partage le caractère de ce
qui lui a donné naissance. Donc, bien qu’il soit dans le monde qui est dans
les ténèbres, il n’est pas lui-même dans les ténèbres; mais plutôt la
lumière divine environne sa marche. Il est un fils du jour qui vient, et par
conséquent il sait où il va et ce qui va arriver.
V.
6-8
C’est là-dessus qu’est basée l’exhortation à se débarrasser de tout ce qui
pourrait être du sommeil, afin de veiller et d’être sobres. Comme moyens
pour veiller dans la sobriété, nous devons être caractérisés par la foi,
l’amour et l’espérance. Ces vertus, si elles sont en exercice actif, sont
comme une cuirasse et un casque, protégeant à la fois le cœur et la tête en
ce jour de conflit. Bien que fils de la lumière, nous sommes environnés des
ténèbres du monde, et des mauvais coups nous tombent dessus en provenance
des ténèbres.
Notre espérance est «l’espérance du salut». Il n’est jamais dit dans
l’Écriture que le chrétien espère le pardon des péchés, mais qu’il espère le
salut, car le salut est un mot de sens large, embrassant jusqu’à la
délivrance finale qui nous atteindra à la venue du Seigneur. C’est cela que
nous espérons, c’est-à-dire que nous l’attendons en comptant dessus. Nous
sommes sûrs que ce salut arrivera en son temps, car il n’y a pas
d’incertitude dans les espérances fondées sur Dieu et Sa parole.
V. 9
Le monde qui rejette Christ est destiné à la colère quand les coupes de la
colère de Dieu se déverseront sur la terre. On trouve les détails sur ce
temps solennel dans l’Apocalypse. Mais nous, nous avons été destinés à
l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus Christ. Ce à quoi Dieu
destine arrive toujours à l’heure, sans jamais manquer. La colère pour le
monde et le salut pour les saints sont aussi certains l’un que l’autre.
Ce salut va nous arriver par notre Seigneur Jésus Christ agissant selon ce
qui est décrit aux versets 16 et 17 du ch. 4. Les Siens seront retirés par
Lui du lieu du jugement, comme Dieu avait autrefois enlevé Énoch avant sa
mort et avant le déluge. Bien des passages de l’Ancien Testament rendent
témoignage à la manière dont Dieu met les Siens à l’abri du jugement. Il
peut le faire en les mettant dans un abri en sécurité et en leur
faisant traverser l’épreuve, comme Il le fit autrefois pour Noé, et
comme Il le fera pour un résidu pieux de Son peuple Israël lors des
jugements qui vont se répandre prochainement sur la terre. Il peut le faire
en les enlevant de la scène du jugement, pour qu’il ne la voie
jamais, comme Énoch dans le passé et comme l’église dans le futur. Mais Il
le fait toujours.
V.
10-11
Ayant ainsi acquis le salut, il est juste que celui-ci nous atteigne, car
Celui qui nous l’apportera est mort pour nous, comme le v. 10 le rappelle.
Le but qu’Il avait devant Lui en mourant pour nous était que «nous vivions
ensemble avec Lui». Combien cette vérité merveilleuse est pleine de
réconfort et d’édification!
Du chapitre 4:13 au chapitre 5:11, nous avons un long passage, dont la fin
ramène au point de départ. Jésus est mort pour nous afin de nous avoir avec
Lui. Il mettra la touche finale à Son dessein quand Il enlèvera Ses saints
en Sa présence, soit qu’ils veillent sur la terre, soit qu’ils dorment dans
leurs tombes.
Pesons tous ces mots: «afin que nous vivions ensemble avec Lui» — que leur
douceur pénètre profondément nos âmes! Il est mort pour que nous
vivions. Or non seulement il y a la vie devant nous, mais la vie
ensemble avec Christ. Nous avions remarqué le mot «ensemble» à la fin du
chapitre 4 (4:17). C’était délicieux de découvrir qu’au jour de la
résurrection nous serons unis à tous les saints — et réunis
avec ceux que nous aurons connus sur la terre — pour aller à la rencontre du
Seigneur. C’est encore plus délicieux de savoir que nous jouirons de la vie
ensemble avec Lui pour l’éternité comme une compagnie unie. Tout ce que la
vie signifie, ses visées et ses joies, nous le partagerons avec Lui. Nous
aurons Sa vie pour avoir la capacité de partager Sa vie en ce
jour. Déjà aujourd’hui nous pouvons partager Ses pensées, Ses joies, bien
que pas encore dans la plénitude merveilleuse de cet heureux lendemain.
V.
12-13
Les exhortations de la fin de l’épître commencent au verset 12. Il n’y avait
évidemment pas d’anciens désignés officiellement à Thessalonique. C’est
pourquoi l’apôtre désirait qu’ils connaissent — dans le sens de
reconnaître — ceux qui étaient parmi eux qualifiés comme tels, et qui
faisaient le travail d’ancien. Ils ne devaient pas seulement les connaître,
mais aussi écouter leurs avertissements, et les estimer en amour. L’esprit
charnel, qui est par nature insubordonné, prendrait avantage de l’absence de
toute désignation officielle pour se moquer de leur autorité spirituelle;
mais il ne devait pas en être ainsi.
Combien cela montre clairement que ce qui est de toute importance, c’est la
qualification et l’autorité morales telles que données de Dieu, et
non pas une désignation et une sanction officielles, même
administrées par un apôtre. Les secondes sans les premières ne sont qu’une
coquille vide. Qu’en est-il alors quand la désignation officielle n’a plus
rien d’apostolique? Or l’Écriture est tout à fait muette quant à une
quelconque transmission de l’autorité et des pouvoirs apostoliques de
génération en génération.
Si le Seigneur suscite des hommes pieux avec des instincts de bergers pour
prendre soin du bien-être spirituel des Siens, nous devrions les reconnaître
avec action de grâces, et en profiter, même à défaut d’autorité apostolique
pour les désigner. Nous croyons que c’est justement notre position
aujourd’hui. Faisons attention de ne pas repousser de tels guides
spirituels. Après tout, ce n’est pas difficile de discerner entre ceux qui
fatiguent en se mêlant des affaires des autres, et ceux qui prennent soin
avec amour de notre bien-être spirituel dans la crainte de Dieu.
V.
14-18
Dans les versets 14 à 22, nous avons une série d’exhortations aussi
importantes que brèves.
Il est évident que l’église de Dieu n’a pas à être une communauté où chacun
fait ce qui lui plaît. C’est plutôt un lieu où est maintenu l’ordre
spirituel sous l’autorité divine. C’est ce à quoi nous devrions nous
attendre, si l’on se souvient que c’est la maison de Dieu. Avertissements,
encouragements, aides doivent être administrés selon les occasions (5:14).
La patience doit être en exercice. Ce qui est bon doit être poursuivi
(5:15). La joie, la prière et les actions de grâces doivent être les
heureuses occupations des saints, et ceci constamment (5:16-18).
Rien ne doit éteindre la joie du croyant, car elle provient de ce qui est
éternel (5:16). La prière doit être incessante, car les besoins sont
continuels, et l’accès au trône de la grâce n’est jamais fermé du côté de
Dieu (5:17). La prière, et cette attitude d’âme dont la prière est
l’expression, doit être habituelle. Quant aux actions de grâces (5:18),
elles doivent être rendues à Dieu «en toutes choses», puisque nous
savons que «toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui
aiment Dieu» (Rom. 8:28). De plus, la volonté de Dieu est que nous soyons
reconnaissants, afin qu’Il «habite au milieu de» nos louanges, selon
l’esprit du Psaume 22:3. Ces choses sont profondément individuelles.
V.
19-22
Les versets 19 à 22 traitent davantage de sujets concernant l’assemblée des
saints de Dieu, où l’Esprit opérait et faisait connaître la pensée de Dieu.
Là, en ces premiers temps, Il avait parfois l’habitude de parler et d’agir
de manière surnaturelle (voir Actes 13:2; 1 Corinthiens 12:7-11; 1 Timothée
4:1). De manière plus générale, Il faisait entendre Sa voix par le ministère
des prophètes, comme 1 Corinthiens 14 l’envisage. Les Thessaloniciens ne
devaient pas essayer de réguler l’action de l’Esprit dans l’assemblée, de
peur d’éteindre Son action. Ce n’est pas à nous de contrôler Son action,
mais à Lui de nous contrôler. On devait donner aux prophéties la place et
l’importance qui leur étaient dues, et cependant, sachant que de fausses
prophéties n’étaient pas quelque chose d’inconnu, tout ce qu’ils entendaient
devait être éprouvé, c’est-à-dire testé, car, bien qu’ils n’avaient
pas encore le Nouveau Testament écrit, ils avaient l’Ancien Testament et les
instructions orales de l’apôtre. Après avoir testé ce qu’ils entendaient,
ils devaient tenir ferme tout ce qui était bon, et s’abstenir, ou se tenir
éloigné, de toute forme de mal.
V.
23
En lisant ces exhortations, ne sentons-nous pas qu’un niveau très élevé est
placé devant nous? Il en est bien ainsi, en effet, et pour l’atteindre, nous
avons besoin d’être mis à part [sanctifiés] pour Dieu; et Dieu Lui-même, le
Dieu de paix, doit être l’Auteur de notre sanctification. Le désir de
l’apôtre, c’est que Dieu puisse accomplir cette sanctification, l’homme tout
entier, esprit, âme et corps étant soumis à Sa puissance. C’est le
moyen d’être sanctifiés entièrement.
Si nous sommes réellement mis à part pour Dieu, esprit, âme et corps, nous
serons conservés sans reproche. À la venue de notre Seigneur Jésus Christ,
nous serons retirés de cette scène de souillure, et nous n’aurons plus la
chair en nous.
V.
24
Alors combien ce verset 24 est encourageant! Malgré toutes les chutes et
défaillances de notre côté, Dieu nous a appelés à cette condition sans
reproche et en gloire; Il ne manquera pas d’achever Son dessein en ce qui
nous concerne. Il le fera!
V.
28
À cette fin, que nous faut-il, sinon que la grâce de notre Seigneur Jésus
Christ soit avec nous. Et l’épître se termine par une bénédiction à cet
effet.