Première épître aux Corinthiens
F.
B. Hole
Introduction
Plus que toutes les autres, cette épître traite ce qui concerne l’assemblée
locale et l’ordre divin qui doit y être observé. L’Église — ou assemblée —
de Dieu à Corinthe était grande, comme nous l’apprenons par Actes 18:10.
Cependant, il y avait en son sein quelques éléments perturbateurs, ce qui
n’est pas inhabituel dans un tel cas. Et ces éléments introduisaient des us
et coutumes, et même des doctrines, d’un genre peut-être commun dans le
monde de Corinthe, mais qui étaient absolument étrangers à la nature et à
l’esprit de l’assemblée de Dieu. Peut-être cela était-il dû en partie à
l’ignorance des Corinthiens. En effet, ils avaient écrit une lettre de
questions à l’apôtre Paul, qui leur avait apporté l’Évangile, pour lui
soumettre certains problèmes (cf. 7:1). Quoi qu’il en soit, Paul ne répond
pas seulement à leurs questions, mais il place devant eux, dans un langage
des plus vigoureux, leurs graves erreurs de comportement et de doctrine. Il
ne le fait pas comme quelqu’un de contrarié, ou irrité, ou sur un ton
ironique, mais «dans une grande affliction et avec serrement de cœur, avec
beaucoup de larmes» (2 Cor. 2:4). De là l’effet puissant que cette lettre a
produit, comme nous pourrons le constater dans la deuxième épître (7:8-11).
Chapitre 1er
Ayant à écrire une lettre de répréhension, Paul insiste dès le début sur la
position d’autorité apostolique qu’il détenait de la part de Dieu. En outre,
il s’associe Sosthène, un croyant qui venait de Corinthe (Actes 18:17).
Celui-ci s’était apparemment converti après les coups qu’il avait reçus de
la part des Grecs comme chef de la synagogue. Sosthène avait succédé à
Crispus, qui avait cru au Seigneur quelque temps auparavant (18:8).
Deux faits importants nous frappent dans le verset 2. Premièrement, l’Église
de Dieu à Corinthe était constituée exclusivement par ceux qui étaient
sanctifiés dans le Christ, qui étaient saints par l’appel de Dieu, et qui
invoquaient Jésus comme Seigneur. Deuxièmement, bien que l’épître soit
adressée d’abord à l’assemblée à Corinthe,
tous
ceux qui invoquent Jésus Christ comme Seigneur, où qu’ils puissent se
trouver, sont inclus comme destinataires de l’épître. Le Seigneur Jésus
Christ était «et leur Seigneur et le nôtre» et ainsi tous les saints étaient
sous une autorité commune.
Nous ferons bien de noter soigneusement le premier fait, car le mot
église
est utilisé aujourd’hui dans des sens bien divers. Ce verset nous donne une
idée de sa véritable signification selon l’Écriture. Les vrais croyants
seuls sont des «saints», des «sanctifiés dans le Christ». D’un autre côté,
il est vrai qu’on peut invoquer le nom de notre Seigneur Jésus Christ sans
être un vrai croyant. Et cela explique certains passages de cette épître,
dans lesquels l’apôtre considère les Corinthiens sur le plan de leur
profession chrétienne et sous-entend que quelques-uns d’entre eux
pourraient
ne pas être de vrais croyants. Quoi qu’il en soit, de façon générale, si un
homme fait profession d’avoir la foi, on doit le considérer comme vrai
croyant, jusqu’à preuve du contraire.
Arrêtons-nous maintenant sur le second fait, et sur les conséquences qui en
découlent. Il est clairement établi ici que, même si chaque assemblée a ses
propres conditions locales, son propre état et ses propres responsabilités,
elle ne peut être dissociée de l’assemblée de Dieu dans son aspect
universel. L’ordre que cette épître enjoint aux Corinthiens est également
enjoint à tous les saints. La discipline qui devait être exercée à Corinthe,
bien que s’appliquant
directement
dans cette localité, avait
finalement
une portée pour toute l’Église. La reconnaissance de ce fait nous préservera
de l’erreur de traiter chaque assemblée comme étant une unité indépendante
et autonome. Si nous mettons un accent exagéré à la notion d’assemblée
locale, nous obscurcissons le fait de l’unité de l’Église de Dieu considérée
dans son ensemble.
Le désir de Paul pour les Corinthiens était que la grâce et la paix leur
soient accordées (v. 3). Certainement, une grande part des discordes qui
sévissaient parmi eux aurait pu être éliminée s’il y avait eu une plus
grande mesure de grâce au milieu d’eux. «La grâce de Dieu» leur avait
cependant été «donnée dans le Christ Jésus» (v. 4), et cela amenait l’apôtre
à remercier Dieu. De plus, tous les dons qui étaient en leur possession
découlaient de la grâce de Dieu, tandis qu’ils attendaient la venue du
Seigneur. Le Dieu qui les avait appelés à la communion de son Fils est
fidèle aussi bien qu’il est plein de grâce, et par conséquent, l’apôtre
était confiant qu’ils seraient affermis «jusqu’à la fin», «pour être trouvés
irréprochables» (v. 8, 9).
Notez à combien de reprises le Seigneur Jésus Christ est nommé dans les neuf
premiers versets, comment toutes choses lui sont attribuées, comment tout
fait référence à lui. Il nous est parlé de son nom, de sa grâce, de son
témoignage, de sa révélation, de sa journée, de sa communion. Toutes ces
mentions renforcent, et ont pour but de renforcer, la sévère remontrance que
l’apôtre commence au verset 10. Il y avait des divisions et des partis parmi
eux, et cela conduisait à des disputes et à des conflits. Ces partis
portaient atteinte au fait qu’ils avaient été appelés à la communion de
cette personne unique qui est le Fils de Dieu et notre Seigneur.
Au temps du rejet de David, lorsqu’il demeurait dans la caverne d’Adullam,
des hommes s’étaient rassemblés autour de lui et il était devenu leur chef.
Ils avaient communion avec lui et il était leur centre. S’il avait été
frappé, mis à mort, toute communion aurait cessé. Nous sommes appelés à la
communion de Celui qui est aussi rejeté, mais qui est infiniment plus grand
que David. Celui qui est notre chef est le Fils de Dieu. La communion à
laquelle nous sommes appelés n’a sa raison d’être que par lui; il n’y a pas
de rival possible.
À la lumière de ceci, combien est grave l’esprit de parti! — même si des
noms honorés y sont attachés, y compris le beau nom de Christ adopté comme
bannière de parti. Par le verset 6 du chapitre 4, nous apprenons qu’en fait
les Corinthiens avaient le tort de suivre des hommes capables et doués de
leur propre assemblée. Mais l’apôtre évite de mentionner leurs noms en
utilisant à la place son propre nom, ainsi que ceux d’Apollos et de Pierre.
Ce faisant, il agit avec la délicatesse qui caractérise le christianisme, et
il augmente l’effet de son argument. Paul était leur père spirituel; mais
bien qu’il en soit ainsi, il n’était pas admissible de dire: «Moi, je suis
de Paul».
Quelle chose misérable que les divisions, les partis, les disputes! Le désir
de Dieu est que nous soyons unis dans un même sentiment et dans un même
avis. Malgré la distance, les nouvelles du triste état des Corinthiens
étaient parvenues aux oreilles de Paul et il s’en occupe diligemment. Tout
d’abord, il déclare ouvertement d’où l’information lui est parvenue. La
maison de Chloé ne pouvait donner des informations à la charge des
Corinthiens et rester anonyme en disant, par exemple: Et surtout, que
personne ne sache que c’est nous qui te l’avons dit. De la même manière,
Paul lui-même évite toute accusation vague ou imprécise. Dans sa
déclaration, il est tout à fait clair et explicite: «Or voici ce que je
dis...». Si seulement nous pouvions toujours imiter cette manière d’agir,
lorsqu’il faut apporter des informations à la charge de quelqu’un!
Les questions du verset 13 vont droit au but. Christ est un. Lui seul a été
crucifié pour nous. C’est pour son nom seul que nous avons été baptisés.
Paul, bien qu’il ait séjourné longtemps à Corinthe, n’avait baptisé que deux
ou trois d’entre eux; et il en était reconnaissant. Dans la mission qui
avait été confiée aux douze (Matthieu 28 et Marc 16), le baptême avait une
grande place. Mais dans la mission que Paul avait reçue de Christ, tout
l’accent avait été mis sur la prédication de l’évangile, et non pas sur le
baptême. Il est possible que le baptême ait joué un rôle dans les divisions
et les disputes à Corinthe. Quoi qu’il en soit, le verset 17 établit
clairement que la chose importante n’est pas le baptême mais l’évangile de
la croix de Christ. Et surtout, la croix doit être prêchée d’une manière
telle que sa signification et sa puissance ne soient pas annulées.
Ceci nous amène au magnifique passage des versets 18 à 24 où toute la force,
toute la portée, de la croix de Christ nous est révélée. C’est à la croix
qu’est prononcée la sentence de condamnation sur l’homme et sur sa sagesse.
En même temps, la croix introduit la puissance et la sagesse de Dieu pour le
salut de ceux qui croient. La croix de Christ est le point culminant de la
rébellion du monde contre Dieu. Le monde a mis à mort le Fils de Dieu; il
lui a infligé la mort la plus honteuse. Mais Dieu a relevé le défi. Et le
résultat, c’est que la croix est devenue la preuve suprême de la folie de la
sagesse humaine. La croix est la disqualification et la mise de côté, par
Dieu lui-même, de l’homme le plus grand et le plus sage. Et pour cette
raison, Paul avait été envoyé pour prêcher l’évangile d’une manière qui ne
donnait aucune place à la sagesse humaine.
Pour cette raison aussi, la croix constitue la ligne de partage entre les
hommes, si du moins elle est prêchée avec fidélité. De l’un de ses côtés, il
y a ceux qui périssent, et de l’autre, ceux qui sont sauvés. En observant
l’attitude des hommes face à la prédication de la croix, on peut discerner à
quel groupe ils appartiennent. Pour les uns, ce n’est qu’une folie, car ils
adhèrent au monde et à sa sagesse. Pour les autres, c’est la puissance de
Dieu et le salut. Dieu sauve par la folie de la prédication. Ce verset 21 ne
signifie pas que la prédication soit une
activité
folle — comparée avec le travail, par exemple — mais que la substance du
message prêché —
la parole de la croix
— est incompréhensible selon les notions humaines, et, inversement, sagesse
et puissance selon l’estimation de Dieu.
Le monde a sa propre sagesse. Lorsque le Fils de Dieu est venu sur la terre,
le monde l’a examiné et évalué selon ses standards de sagesse; il l’a même
accusé d’agir par la puissance du prince des démons et l’a crucifié. La
sagesse du monde n’a nullement rendu les hommes capables de reconnaître
Dieu; au contraire, lorsqu’ils l’ont vu en Christ, ils ont pris celui-ci
pour le messager du diable. Si c’est là le fruit le plus mûr de la sagesse
du monde, alors elle est manifestement sans valeur dans les choses de Dieu.
C’est pourquoi Dieu l’a condamnée. Et il en est ainsi, que nous considérions
les Juifs ou les Gentils.
Aussi bien les Juifs que les Grecs avaient leurs formes de pensée
particulières. Les premiers demandaient des signes; c’était le résultat des
fréquentes interventions miraculeuses de Dieu au cours de leur histoire. Qui
plus est, les signes devaient-ils être d’une certaine importance pour les
satisfaire. Les seconds n’admiraient que l’intellect humain et n’acceptaient
rien qui ne soit en accord avec leurs notions philosophiques. Pour les uns
et les autres, le Christ crucifié était une pierre d’achoppement. Les Juifs
attendaient bien le Christ; mais, selon leurs espérances, ce devait être un
personnage extraordinaire, dont l’éclat fasse sensation. Les Grecs auraient
souhaité la bienvenue à un nouveau philosophe qui aurait pu porter leurs
spéculations à un niveau ignoré jusque-là. Mais Juifs et Grecs se sentaient
outragés par la prédication d’un Christ crucifié. Un tel Christ était une
occasion de chute inévitable pour les Juifs, et il apparaissait absolument
insignifiant aux Grecs.
En fait, il n’existe
aucun autre Christ que celui qui a été crucifié.
Par grâce,
nous ne désirons pas un
autre Christ.
Et ainsi, nous sommes de ceux qui obtiennent le salut. Nous sommes «appelés»
de Dieu, que notre origine soit juive ou gentile, et nous pouvons discerner
que Christ est réellement la puissance et la sagesse de Dieu. Dans une
sagesse parfaite et avec une puissance invincible, il mettra à néant tous
les brillants concepts que l’homme a élaborés, et il établira ce que Dieu
s’est proposé. En même temps, sa sagesse et sa puissance sont intervenus en
vue de notre salut. D’un point de vue humain, la croix peut paraître la
folie et la faiblesse de Dieu, mais en réalité elle est tout à la fois plus
sage et plus forte que les hommes.
Passons maintenant en revue ces vingt-cinq premiers versets afin de bien
saisir la portée des paroles de l’apôtre dans tout ce développement. Les
Corinthiens plaçaient très haut des hommes — sans doute des croyants, et
peut-être des hommes tout à fait respectables — pour en faire des chefs de
partis dans l’assemblée de Dieu. Mais cela portait atteinte à la position
suprême et prééminente de Christ. Cela montrait que l’homme, ses capacités,
sa sagesse, ses dons, avaient une beaucoup trop grande place dans leurs
pensées. En fin de compte, cela montrait qu’ils n’avaient que peu compris la
signification de la croix de Christ, qui inscrit la sentence de condamnation
de Dieu sur l’homme et sur sa sagesse. C’est précisément pour cela que
l’apôtre prêchait la croix, et qu’il mettait de côté la sagesse humaine dans
la manière dont il la prêchait.
La nécessité de prêcher la croix à la manière de Paul n’est pas moindre
aujourd’hui qu’au premier siècle. Elle est probablement plus grande encore,
parce que jamais plus qu’aujourd’hui on n’a exalté la grandeur, la gloire et
la sagesse de l’homme. Jamais les hommes, même parfois ceux qui professent
être chrétiens, ne se sont autant complu dans leurs capacités. Et jamais
leur manque de vraie sagesse n’a été aussi manifeste. La croix met toute
chose à sa vraie place. Elle fait que le Christ qui y a été crucifié est
tout, et que l’homme qui l’a placé là n’est rien. Et c’est juste.
Avons-nous compris et assimilé la signification de la croix? Des millions de
personnes, dans la chrétienté, en ont fait un symbole élégant que l’on place
sur des édifices religieux, ou même un pendentif d’or que l’on porte sur sa
poitrine. Qu’il nous soit accordé d’avoir cette croix gravée sur «les tables
de chair» de nos cœurs (cf. 2 Cor. 3:3), de sorte que nous puissions tout
voir à travers elle, en détournant nos regards de la gloire clinquante de
l’homme, et en recherchant toujours et uniquement la gloire de Christ! Que
nous soyons gardés de mettre l’homme en avant — même le meilleur d’entre eux
— et par-dessus tout de nous mettre nous-mêmes en avant! Que Christ soit
pour nous le premier et le dernier, celui qui est tout, toujours et partout!
Il est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu.
Après avoir exposé la signification de la croix de Christ, l’apôtre confirme
ce qu’il vient de dire en montrant les effets qu’avait produits sa
prédication. Il invite les Corinthiens à considérer leur propre appel, car
c’est
par la prédication de la
croix
qu’ils avaient été appelés. Peu d’entre eux pouvaient être mis au rang des
sages, des puissants ou des nobles de ce monde. Bien au contraire, les
hommes de cette sorte étaient généralement enclins à s’achopper au message
de la croix. Mais Dieu avait choisi les choses folles, les choses faibles,
les choses viles, les choses méprisées et même les choses qui ne sont pas.
En disant cela, l’apôtre parle des Corinthiens selon ce qu’ils étaient aux
yeux des hommes, et il était bien frappant que Dieu ait choisi et utilisé de
telles personnes pour confondre des hommes qui leur paraissaient très sages
et honorables et montrer leur nullité. En même temps, ces paroles peuvent
sans doute aussi être appliquées à ce que les Corinthiens étaient avant de
se convertir. Quelle merveille qu’ils soient devenus ce qu’ils étaient
maintenant, en raison du choix de Dieu et de son travail! Que l’on comprenne
ces mots d’une manière ou de l’autre, le sens général est le même. Les
effets pratiques du choix de Dieu et de son appel par la prédication de la
croix étaient tels qu’il n’y avait aucun honneur pour l’homme. Aucune chair
ne peut se glorifier en la présence du Seigneur; toute gloire doit lui être
rendue.
Les nombreuses raisons pour lesquelles les croyants peuvent se glorifier
dans le Seigneur nous sont données au verset 30. Nous sommes «dans le Christ
Jésus»; nous participons de sa vie et partageons sa place et son acceptation
par Dieu. Et tout cela parce que nous sommes
de Dieu,
et en aucune manière
de l’homme.
Dieu lui-même est la source de toute cette grâce qui nous a été apportée. Il
est très certainement vrai que nous sommes
de Dieu,
comme cela est clairement dit dans 1 Jean 4:4, et c’est comme étant «dans le
Christ Jésus» que nous le sommes. Toutefois ce n’est pas cela qui est mis en
évidence dans le verset qui est devant nous, mais plutôt le fait que tout
est de Dieu et non de l’homme, que nous considérions ce que nous
sommes
en Christ ou ce que nous
avons
en lui.
Le Christ qui a été crucifié «nous a été fait sagesse de la part de
Dieu...». La sagesse vient naturellement en premier, puisque c’est le sujet
de tout ce passage. Nous en avions besoin, car le péché nous avait plongés
dans l’ignorance et la folie. Mais le péché nous avait aussi plongés dans la
culpabilité et sous la condamnation, et c’est pourquoi nous avions besoin de
justice. De plus, la souillure et la corruption dans lesquelles nous étions
montrait notre besoin de sainteté. Enfin, en raison de notre esclavage, nous
avions besoin de rédemption. La rédemption termine cette liste parce qu’elle
inclut la délivrance finale: la rédemption de nos corps à la venue du
Seigneur.
Donc la croix exclut
dans le principe
toute glorification de l’homme. Et le travail de Dieu en relation avec la
prédication de la croix l’exclut aussi
dans la pratique.
C’est seulement dans le Seigneur que nous avons à nous glorifier, si nous
avons à nous glorifier.
Chapitre 2
Lorsque Paul a été envoyé pour prêcher l’Évangile, il a reçu le mandat de le
faire d’une manière qui soit en accord avec le message prêché. C’est ce
qu’il déclare au verset 17 du premier chapitre. A-t-il effectivement agi de
cette manière? Certainement! Dans les premiers versets du chapitre 2, il
rappelle aux Corinthiens de quel esprit il avait été animé lorsqu’il s’était
approché d’eux, et quel avait été le caractère de sa prédication. Le verset
1 nous décrit le style de sa prédication; le verset 2 nous dit quel était le
sujet de son message; et le verset 3, l’esprit qui l’avait caractérisé. Le
verset 4 revient au style de sa prédication, en précisant en quoi résidait
sa puissance. Enfin, le verset 5 nous montre le but qu’il poursuivait.
Concernant le style, l’apôtre n’était pas un orateur versé dans l’art de
remuer les hommes par des discours brillants et séduisants. Il avait évité
tout cela, s’appuyant uniquement sur l’Esprit de Dieu et sa puissance.
Le sujet de sa prédication avait été Christ et sa croix. Remarquez les mots
«parmi vous» (v. 2). Paul connaissait les tendances des Corinthiens; il
connaissait la haute idée qu’ils avaient de la philosophie et de
l’intelligence humaine. Mais il n’avait pas voulu les rencontrer sur leur
terrain et se laisser entraîner dans des discussions philosophiques. Il
était fermement déterminé à ne leur parler que d’une chose, à savoir de
Christ crucifié. Tout en ayant commencé sa carrière en présence d’un Christ
glorifié, Paul connaissait la nécessité pour ses auditeurs de croire d’abord
en un Christ crucifié et de se reposer sur lui. La vérité d’un Christ
crucifié était ce qui jetait dans la poussière toute leur fierté et toute
leur gloire; et tant qu’il n’est pas abaissé jusque dans la poussière,
l’homme reste sans relation avec Dieu.
L’esprit de Paul était bien pénétré de cela. Il n’était pas arrivé parmi eux
avec une fanfare, s’annonçant comme «le plus puissant prédicateur du Proche
Orient», ou quelque chose de ce genre, comme cela arrive aujourd’hui. Bien
au contraire, il rappelle la faiblesse, la crainte et le tremblement qui
l’avaient caractérisé. Il était bien conscient que la chair était encore en
lui, et qu’il pourrait facilement être détourné d’une vraie fidélité à son
maître et entraîné dans quelque chose qui ne soit pas de Dieu. Il
connaissait la puissance du diable — toujours aux aguets dans le cœur des
Corinthiens. De là sa crainte et son tremblement. De là aussi la place
laissée à la puissance de l’Esprit de Dieu, et à la destruction des
forteresses de l’Ennemi dans les cœurs des hommes. Dieu veuille qu’il y ait
davantage de place faite au déploiement de cette puissance aujourd’hui! Nous
verrions alors plus de convertis dont la foi repose non pas sur la sagesse
de l’homme, mais sur la puissance de Dieu.
Jusqu’à la fin du verset 5, l’apôtre mentionne la sagesse humaine à huit
reprises, et chaque fois pour la discréditer entièrement. Certains
pourraient en conclure que toute espèce de sagesse est sans valeur. D’autres
encore pourraient supposer que la foi chrétienne fait uniquement appel aux
sentiments et aux émotions, et qu’il n’y a rien en elle qui mérite
l’attention de l’homme qui pense.
Alors, au verset 6, Paul rappelle aux Corinthiens que la foi abonde en
sagesse; mais c’est la sagesse de Dieu et non la sagesse des grands de la
terre. De plus, c’est une sagesse qui s’adresse aux «parfaits», c’est-à-dire
à ceux qui ont obtenu un bon degré spirituel ou qui sont parvenus à l’état
d’hommes faits. Tout en étant des croyants, aussi longtemps que nous sommes
incertains quant à notre position devant Dieu, aussi longtemps que nous nous
débattons avec nous-mêmes, soupirant après la délivrance du pouvoir du
péché, nous n’avons ni le cœur ni le loisir d’apprendre la sagesse de Dieu,
telle qu’elle s’exprime dans ses conseils et ses desseins, autrefois secrets
mais maintenant révélés.
Il est parlé ici de «ce siècle» et des «chefs de ce siècle». Dans la seconde
épître, Satan est appelé «le dieu de ce siècle». Le dieu de ce siècle se
sert des chefs de ce siècle pour propager la sagesse de ce siècle. En même
temps, il aveugle leur esprit de sorte qu’ils n’aient pas connaissance de la
sagesse de Dieu qui a été ordonnée avant les siècles. Lorsque le Seigneur de
gloire était sur la terre, Satan a aveuglé leur esprit au point qu’ils l’ont
crucifié.
Quelle terrible accusation! Le Seigneur de gloire a été condamné à une mort
suprêmement dégradante et honteuse, et cela, moins par la foule ignorante
que par les chefs de ce siècle. L’inscription sur sa croix était écrite en
grec, en latin et en hébreu. Les Grecs étaient incontestablement les chefs
intellectuels de cette époque. Les Romains étaient les chefs par leurs
prouesses militaires et leur art du gouvernement. Les Hébreux étaient les
chefs sans rivaux en matière de religion. Tous ont été impliqués dans la
crucifixion du Seigneur de gloire. Par là, tous ont manifesté leur complète
ignorance de Dieu et se sont placés eux-mêmes sous son jugement.
Les chefs de ce siècle «s’en vont»; ils seront réduits à rien. Quelle
humiliation! Non seulement la sagesse des sages sera détruite (1:19), mais
il en sera de même des chefs de ce siècle. Le résultat final, la somme de
toutes leurs actions intelligentes est
zéro.
Les hommes intelligents eux-mêmes seront réduits à
rien.
En contraste avec cela, l’apôtre Jean nous dit que «celui qui fait la
volonté de Dieu
demeure
éternellement» (1 Jean 2:17). Et le Seigneur parle à ses disciples du fruit
qui demeure (Jean 15:16). Le croyant
seul
peut s’engager dans quelque chose qui demeure éternellement. Retenons bien
cela; et que nos vies en soient marquées!
Il est merveilleux de penser que la sagesse de Dieu, autrefois cachée,
maintenant révélée, a été «préordonnée avant les siècles pour notre gloire».
Non seulement, nous avons été nous-mêmes choisis en Christ avant la
fondation du monde, mais la sagesse de Dieu avait notre gloire en vue avant
que les siècles commencent. Tout a été alors ordonné. Et ce que Dieu ordonne
ne manque jamais de s’accomplir lorsque l’heure qu’il a fixée est arrivée.
Notre gloire est donc certaine. Elle est liée à la gloire de Christ. La
gloire de Christ est la chose la plus excellente, mais notre gloire est
aussi certaine que la sienne et est également ordonnée par Dieu.
Ce qui a été préordonné (v. 7) a aussi été «préparé» (v. 9), et les choses
préparées sont entièrement au-delà de la portée de l’homme, aussi bien de
ses yeux, de ses oreilles que de son cœur. Nous percevons beaucoup de choses
au moyen de nos yeux, c’est-à-dire par
l’observation.
Nous en percevons bien d’autres par nos oreilles, en écoutant ce qui nous
est transmis, c’est-à-dire par
tradition.
D’autres choses encore, nous les saisissons instinctivement par le cœur,
c’est-à-dire par
intuition.
Mais nous n’apprenons les choses de Dieu par aucun de ces moyens. Nous les
apprenons par
révélation,
comme le dit le verset 10.
Les choses préparées ont été
révélées
par l’Esprit de Dieu. Le «nous» de ce verset concerne en premier lieu les
apôtres et prophètes à qui la vérité a été d’abord révélée. La vérité a
atteint l’ensemble des croyants par leur moyen, comme nous le verrons plus
loin. Mais le verset 11 attire notre attention sur la capacité exclusive de
l’Esprit à la révéler, puisqu’il est l’Esprit de Dieu. Chez les hommes, seul
l’esprit humain peut connaître les choses de l’homme. Ainsi, seul l’Esprit
de Dieu connaît les choses de Dieu et peut nous les faire connaître.
Cependant, les croyants ont reçu l’Esprit de Dieu (v. 12). C’est par cet
Esprit que nous avons la capacité de comprendre les choses de Dieu. Aucune
recherche, aucune expérience, aucun apprentissage, aucune puissance
intellectuelle ne peuvent nous donner cette capacité; seul l’Esprit de Dieu
peut le faire.
Gardons fermement ceci dans notre cœur, car nous vivons dans une période
marquée par la recherche, les expériences et l’activité intellectuelle. On
admet communément que l’esprit humain est capable de traiter des choses de
Dieu de la même manière qu’il peut traiter des choses de l’homme, mais ce
n’est pas le cas. Preuve en est les terribles bévues spirituelles commises
par des hommes instruits. Ils peuvent être hautement qualifiés dans les
choses humaines, mais pitoyablement aveugles et ignorants dans les choses
divines.
Sommes-nous tous avides de connaître les choses de Dieu? Certes, nous
devrions l’être. Nous y avons un intérêt personnel. Les choses «ordonnées»,
«préparées» et «révélées» nous ont été «données
par Dieu». Nous les sommes-nous appropriées spirituellement pour les
comprendre et en jouir?
Nous pouvons le faire puisque les choses révélées par les saints apôtres et
prophètes de Dieu nous ont été
communiquées
en des paroles divinement ordonnées. C’est ce que nous dit le verset 13. Et
la fin de ce verset montre que l’apôtre revendique l’inspiration —
l’inspiration verbale — de ses prédications orales. Et d’autant plus, si
cela était possible, pour ses écrits. Cette inspiration se réfère très
clairement aux
mots
employés. Si nous n’avons pas dans les Écritures (telles qu’elles ont été
données originalement) les
pensées de Dieu
exprimées par les
mots choisis par Dieu,
nous n’avons aucune inspiration de réelle valeur.
Le dernier chaînon de cette chaîne magnifique est «discernées» (elles se
discernent; v. 14). Si aujourd’hui nous ne discernons pas les choses de Dieu
par le moyen de la parole de Dieu, il ne nous sera pas d’une grande utilité
qu’elles aient été ordonnées, préparées, révélées, données et communiquées.
Elles peuvent être nôtres; et elles le
sont
si vraiment nous sommes chrétiens. Mais pour en retirer aujourd’hui une
bénédiction pratique, nous devons les discerner. Et le discernement
nécessaire nous est donné par le même Esprit, par celui qui les a révélées
et communiquées.
Pour avoir du discernement, nous devons être en bonne condition spirituelle.
«L’homme animal», c’est-à-dire l’homme dans son état naturel ou inconverti,
ne les discerne pas du tout. L’homme spirituel, c’est-à-dire le croyant non
seulement habité mais aussi gouverné et caractérisé par l’Esprit de Dieu,
peut seul se les approprier. En possédant l’Esprit, nous avons la pensée de
Christ. En étant gouvernés par l’Esprit, les yeux de nos cœurs sont ouverts
pour comprendre. Seul le croyant spirituel, ayant une vision spirituelle,
peut voir toutes choses clairement (v. 15).
Il y a bien longtemps, un homme se plaignait: «Je ne discerne pas bien,
j’aurais besoin de plus de lumière!» On lui répondit: «Vous n’avez pas
besoin de plus de lumière, vous avez besoin de fenêtres!» C’était vrai. Si
nous permettons à l’Esprit de Dieu de laver les fenêtres de notre âme, nous
verrons vite bien plus clairement.
Chapitre 3
Dans les premiers versets du chapitre 3, en termes très clairs, l’apôtre met
les Corinthiens en face de leur véritable état. Ayant «été enrichis... en
toute parole et toute connaissance» (1:5) ils pouvaient s’être imaginés
dignes de grands éloges. Mais en fait, c’est un blâme sévère qu’ils
reçoivent: ils n’étaient pas «spirituels» mais «charnels».
Ils n’étaient pas des
hommes naturels
— car cette expression désigne l’homme étranger à la vie de Dieu. Ils
n’étaient pas des
hommes spirituels
— car de tels hommes sont éclairés et dirigés par l’Esprit de Dieu.
C’étaient des
hommes charnels.
L’homme charnel, comme nous le présente ce passage, est un homme qui, bien
que possédant l’Esprit, n’est pas dirigé par l’Esprit, mais par la chair. À
cause de leur état charnel, Paul les avait nourris jusque-là de lait et non
de viande. Cela signifie qu’il ne leur avait enseigné que les éléments de la
foi, et ne leur avait guère parlé de la sagesse cachée de Dieu dont il est
question au chapitre 2.
Les Corinthiens auraient pu se sentir froissés de l’accusation de Paul et
être tentés de la réfuter. Paul étaye donc son affirmation en faisant de
nouveau allusion à leurs divisions sous des chefs de partis, ce qui générait
des jalousies et des conflits. En tout cela, ils marchaient selon l’homme et
non selon l’Esprit de Dieu.
Et si l’apôtre Paul nous écrivait aujourd’hui, que pourrait-il dire, si ce
n’est les mêmes choses dans un langage beaucoup plus sévère? En effet, la
division des véritables chrétiens en partis ou en sectes ne pourrait guère
être plus grande qu’elle ne l’est aujourd’hui. Et si nous écartions le
reproche en objectant: Ne sommes-nous pas sérieux, n’avons-nous pas de
grandes lumières, n’interprétons-nous pas l’Écriture correctement? — il
pourrait nous répondre: Puisque les uns disent: je suis de A; d’autres, je
suis de B; plusieurs, je suis de X; et un grand nombre, je suis de Z —
n’êtes-vous pas charnels?
Nous disons cela tout en étant bien conscients qu’il y a des chrétiens
spirituels; et il y en avait parmi les Corinthiens, comme nous le verrons
plus loin. Mais soyons bien sûrs que ceux qui sont
vraiment
spirituels seront les derniers à se présenter comme des exceptions, à se
distinguer et à se mettre en avant. Ils savent qu’un tel comportement ne
ferait qu’encourager le mal dénoncé ici, car ils deviendraient rapidement
des chefs de partis. Au contraire, leur spiritualité s’exprimera dans une
réelle humilité d’esprit, et dans ce genre de confession qui fait sien le
péché du peuple de Dieu. Ils prieront dans l’e !sprit d’Esdras. Celui-ci
disait: «Nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes, et notre
coulpe a grandi jusqu’aux cieux», même s’il avait personnellement une bien
petite part dans le mal qu’il confessait, et était lui-même caractérisé par
une piété exceptionnelle (Esd. 9:6).
Le même esprit d’humilité caractérise Paul dans ce passage. Il rejette
catégoriquement toute place en vue, que ce soit pour lui ou pour Apollos.
Ils ne sont rien de plus que des serviteurs par lesquels Dieu se plaît à
travailler. Dieu est le grand Ouvrier. Dans ce passage (v. 5 à 11) les
Corinthiens sont vus de deux manières: comme «le labourage de Dieu» et comme
«l’édifice de Dieu». Paul et Apollos ne sont que des «collaborateurs de
Dieu» (v. 9). Ce ne sont pas des ouvriers
concurrents,
encore moins des ouvriers
antagonistes.
Ce sont des
collaborateurs,
sous l’autorité de Dieu.
Chacun a cependant un travail bien distinct. Dans le champ, Paul plante,
puis Apollos arrose les jeunes pousses. Dans le bâtiment, Paul est le sage
architecte qui a posé le fondement, et Apollos construit par-dessus. Leurs
activités sont différentes, mais l’objet en est unique (v. 7 et 8). En
eux-mêmes, Paul et Apollos ne sont rien, mais ils travaillent chacun dans la
sphère qui leur est assignée. Ils sont
un
quant à leur objet et à leur but, bien que chacun d’eux doive finalement
être récompensé selon son propre travail. C’est ainsi que Dieu maintient
parmi ses serviteurs tout à la fois l’unité et la diversité, et il ne doit y
avoir aucun tiraillement entre l’un et l’autre.
Il en était ainsi de Paul et d’Apollos. Mais ce ne sont pas les seuls
ouvriers qui ont pris part au travail à Corinthe. À la fin du verset 10,
l’application de cette image s’élargit jusqu’à embrasser «chacun»,
c’est-à-dire tous ceux qui ont contribué à l’œuvre à Corinthe. Cela
s’applique également, bien sûr, à tous ceux qui collaborent d’une manière ou
d’une autre à l’œuvre de Dieu, où que ce soit et à n’importe quelle époque —
donc aussi à nous aujourd’hui.
Le fondement avait été correctement et définitivement posé par Paul,
lorsqu’il était venu à Corinthe, où il avait demeuré un an et demi. C’était
le vrai fondement: Jésus Christ. Mais une question se posait quant à ses
successeurs. Non pas tellement quant à la
manière
dont ils bâtissaient, mais quant aux
matériaux
qu’ils utilisaient. S’agissait-il de matériaux précieux et capables de
résister au feu, ou de matériaux de peu de valeur, facilement consumables?
Le jour approche où tout sera éprouvé par le feu. Toutes choses seront alors
manifestées. Le vrai caractère de tous nos travaux sera révélé. Et il ne
s’agira pas alors de la quantité de travail accompli, mais de sa qualité.
Cette pensée que «le
jour
le fera connaître» doit nous sonder.
Lorsque ce
jour
répandra sa lumière sur nous et mettra tout à l’épreuve, il se peut que
notre ouvrage demeure. S’il en est ainsi, nous recevrons une récompense.
Dieu veuille que ce soit le cas pour chacun de nous!
D’un autre côté, il se pourrait que notre ouvrage soit consumé et anéanti,
mais que nous-mêmes nous soyons sauvés, «comme à travers le feu». Lorsque
les trois jeunes Hébreux passèrent à travers le feu, comme le rapporte
Daniel 3, eux-mêmes et leurs habits ne furent aucunement touchés: seuls
leurs liens furent consumés. Quelle perte pour nous si nous devions sortir
du feu nus, dépouillés de tout ce avec quoi nous nous étions parés comme
étant le fruit de nos travaux sur la terre!
Mais de plus, nous voyons qu’il y avait un doute dans l’esprit de l’apôtre
quant à savoir si tous ceux qui avaient travaillé à Corinthe étaient
vraiment des croyants. D’où l’avertissement solennel des versets 16 et 17.
Il existe des œuvres dont l’effet est absolument destructeur pour l’édifice.
Cela soulève une autre question importante: Quelle est la
nature
de ce bâtiment qui est le temple de Dieu?
L’apôtre demande aux Corinthiens s’ils ignoraient que, étant le temple de
Dieu, ils portaient le caractère de ce temple. En eux comme étant son
temple, Dieu habitait par son Esprit. Cela leur donnait collectivement un
caractère particulier de sainteté. Faire un travail qui «corrompt» ou
«détruit» le temple de Dieu est une chose terriblement grave. Et si, dans le
jour qui vient, l’œuvre de quelqu’un est trouvée porter ce caractère
destructeur, Dieu le détruira.
Apparemment, quelques-uns de ceux qui circulaient en ces jours-là, et qui,
comme Paul le craignait, faisaient une œuvre destructrice, étaient des
hommes richement pourvus de la sagesse de ce monde, qui se présentaient
parmi les croyants comme des gens d’une classe supérieure. Cela peut
expliquer les paroles très sévères des versets 18 à 20. La sagesse de ce
monde est folie pour Dieu. Que personne ne se trompe lui-même à ce propos!
Et si des ouvriers de destruction continuent leur travail, se trompant
eux-mêmes et trompant les autres, ne nous laissons pas tromper par eux.
Quelle malédiction, quelle destruction, attend les docteurs modernes de la
chrétienté, les critiques destructeurs de l’Écriture Sainte! Étant remplis
de la sagesse de ce monde, ils se permettent de nier et de contredire la
sagesse de Dieu. Ils peuvent imaginer que leurs seuls opposants sont des
chrétiens peu instruits ou vieux jeu, mais ils oublient le jour qui révélera
le jugement de Dieu. Que ce
jour
soit sans cesse devant nos yeux!
«Que personne donc ne se glorifie dans les hommes!» Quelques-uns de ceux
dans lesquels les Corinthiens se glorifiaient étaient peut-être des
personnages peu recommandables. Mais ne nous glorifions même pas dans les
meilleurs des hommes. D’une part, aucun homme n’en est digne, comme le
chapitre 1er nous l’a montré. Et d’autre part, comme cela est
souligné ici, la grâce nous a donné une place qui devrait nous ôter toute
idée de nous glorifier dans un simple être humain. «Toutes choses» sont à
nous. Toutes choses? C’est une affirmation plutôt surprenante. S’agit-il
vraiment de
toutes choses?
Eh! bien, regardons l’immense domaine esquissé par le verset 22. Les
meilleurs des saints d’un côté et le monde de l’autre. La vie d’un côté et
la mort de l’autre. Les choses présentes d’un côté et les choses à venir de
l’autre. Toutes sont à nous.
Comment sont-elles à nous? Le verset 23 donne la réponse. Elles sont à nous
parce que nous sommes à Christ, et Christ à Dieu. Toutes choses sont à Dieu;
personne ne peut mettre cela en question; c’est là que nous commençons. Mais
ensuite, Dieu a son Christ, qui est l’héritier de toutes choses. Or Christ
veut entrer pratiquement en possession de tout ce qui lui revient en mettant
ses saints en possession de toutes ces choses. Quelle merveille! On trouve
une allusion à cela au chapitre 7 de Daniel. «L’Ancien des jours» s’assied
sur le trône suprême. Lorsqu’il l’a fait, «quelqu’un comme un Fils d’homme»
apparaît, et on lui donne «la domination et l’honneur et la royauté». Et ce
n’est pas tout. Le temps arrive où «les saints des lieux très hauts»
reçoivent le royaume. Il vaut la peine de lire ce chapitre avant de
continuer.
Donc toutes choses
sont
à nous et nous ne devons jamais l’oublier. Le souvenir de cela nous élèvera
au-dessus du monde et de tous ses attraits trompeurs, au-dessus de la
sagesse de ce monde, au-dessus de toute envie de nous glorifier dans
l’homme, et même dans le meilleur des saints.
Chapitre 4
Les hommes de ce monde — et souvent aussi des prédicateurs modernes — ont
les yeux fixés vers la terre. Ils professent une religion purement
terrestre, dont le but est de produire un peu plus d’ordre à la surface des
choses, mais qui, en même temps, néglige complètement le fond. Mais qu’en
était-il de Paul et d’Apollos? Qu’étaient-ils? Avait-on sujet de se
glorifier en eux? Ils n’étaient que des serviteurs et des administrateurs.
Le chapitre 4 commence par rappeler que la vertu essentielle d’un
administrateur, c’est la fidélité. Et cela ramène nos pensées vers «le jour»
qui rendra manifeste toute chose (cf. 3:13).
Au verset 3, l’expression «jugement d’homme» est, si on la traduit
littéralement, «jour d’homme», ce qui souligne tout à la fois la relation et
le contraste avec «le jour» qui va venir. Dans la lumière de ce «jour», Paul
n’était pas particulièrement troublé ou préoccupé par un jugement d’homme,
fût-il celui des Corinthiens eux-mêmes. S’ils avaient été dans une bonne
condition spirituelle, l’apôtre aurait certainement écouté avec patience les
critiques qu’ils auraient pu avoir à lui faire. Mais ils étaient charnels,
et par conséquent, leur jugement n’avait que peu de valeur. C’est ce que
Paul leur fait savoir.
De plus, Paul avait une bonne conscience. Et il précise: «Je n’ai rien sur
ma conscience; mais par là je ne suis pas justifié» (v. 4). Ah! si seulement
nous pouvions tous parler ainsi! — si nous étions assez fidèles à ce que
nous avons appris de la pensée de Dieu pour entretenir toujours une bonne
conscience! Mais Paul lui-même devait admettre que cela ne le justifiait
pas; il devait être jugé non par ce qu’il savait de lui même, mais par le
Seigneur et par ce que le Seigneur savait. Il en est de même pour nous. Il y
a une grande différence entre les normes fournies par nos consciences et
celles qui sont fondées sur l’omniscience du Seigneur.
Qu’est-ce que le Seigneur sait? Le verset 5 nous le déclare; et c’est l’un
des versets les plus scrutateurs de la Bible. Lorsque le Seigneur viendra,
il apparaîtra au grand jour, et les rayons de sa lumière feront un travail
semblable à celui des rayons X. Ce verset est écrit, non pas au sujet du mal
grossier qui se commet dans le monde sans Dieu, mais au sujet des actions
qui ont lieu parmi les chrétiens.
Ils sont innombrables, les tristes événements qui ont eu lieu parmi les
saints de Dieu! — les uns d’une nature plus ou moins privée, les autres
publics et ecclésiastiques. Nous pouvons former nos jugements et même
devenir de violents partisans d’une cause; et en même temps, il peut y avoir
des coins sombres qui échappent à nos yeux, dans lesquels des
choses cachées
sont tenues en secret. Il peut y avoir dans les cœurs des motifs secrets,
entièrement voilés à notre vue. Tout sera révélé à la lumière du jour. La
cour d’appel de dernière instance se tiendra en la présence du Seigneur. Et
son verdict pourra infirmer de manière irrévocable tous les verdicts des
cours inférieures. Si nous avons l’impression d’être mal jugés, ayons
patience. Et si nous sommes prêts à entreprendre une action énergique,
prenons bien garde.
Cherchons bien dans les coins sombres, pour voir s’il n’y a pas des choses
cachées qui devraient venir à la lumière. Scrutons nos propres cœurs pour
voir si de mauvais motifs ne s’y cachent pas. Laissons-nous d’abord sonder
par le Seigneur de façon patiente et répétée, spécialement s’il s’agit d’une
action ecclésiastique qui peut avoir beaucoup de conséquences.
«Et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu» (v. 5). Cela ne
signifie pas que tout homme recevra une louange, mais que tous ceux qui en
recevront une la recevront
de la part de Dieu
et non pas de leurs semblables. Les Corinthiens avaient leurs chefs de
partis. Ils louaient ceux-ci de façon extravagante et ils condamnaient
ceux-là — chacun à son gré. Cela n’avait aucune valeur. Que Dieu nous donne
la grâce d’éviter ce genre de choses! La seule louange qui ait de la valeur
est celle qui vient de Dieu.
Le verset 6 nous montre que les véritables chefs de partis à Corinthe
étaient d’autres personnes que Paul et Apollos. Il s’agissait probablement
de conducteurs locaux doués, ou peut-être même de frères de tendance
judaïsante qui les visitaient; l’apôtre fait plus clairement allusion à ces
personnes dans la seconde épître. Paul évite de mentionner leurs noms, mais
il veut que chacun apprenne à ne pas s’enfler «pour l’un contre un autre».
Personne n’a de raisons de se vanter, aussi brillant que soit son don, parce
que tout don vient de Dieu.
Cette manière de se glorifier dans l’homme vient de l’esprit du monde. Et si
le monde s’infiltre sournoisement en un endroit, il va bientôt s’infiltrer
en d’autres. C’est ce qu’il avait fait parmi les Corinthiens. Ils étaient
rassasiés et riches, et régnaient comme des rois, menant une vie agréable,
tandis que leur Seigneur était toujours rejeté et que les apôtres du
Seigneur partageaient son rejet. Il y a une pointe d’ironie dans les mots
«je voudrais bien que vous régnassiez, afin que nous aussi nous régnassions
avec vous!» (v. 8). Les saints régneront lorsque Christ régnera, et les
apôtres seront alors sur leurs trônes.
Quel tableau des apôtres nous avons dans les versets 9 à 13! Il n’a pas
besoin de commentaires, mais laissons-le se graver dans nos esprits. Paul
nous donne ce tableau, non pas pour nous faire honte, mais pour nous
avertir. Mais sans aucun doute, nous devons être honteux aussi bien
qu’avertis. Paul était un père spirituel pour les Corinthiens, et pas
simplement un instructeur, car il avait été l’instrument de leur conversion.
Nous aussi, en tant que Gentils, nous avons été convertis par son moyen,
bien qu’indirectement, et il est notre instructeur par ses écrits inspirés.
Prenons-le donc comme modèle, et imitons sa foi et son dévouement.
Les derniers versets de ce chapitre montrent que quelques-uns parmi les
Corinthiens non seulement couraient après des chefs de partis et étaient
mondains, mais qu’ils étaient pétris d’amour-propre et remplis d’orgueil. À
de telles personnes, l’apôtre écrit en termes très clairs. Pour le moment,
Timothée était venu leur rappeler ce qui était juste et bienséant, les faire
souvenir de ses voies en Christ, mais Paul prévoyait de venir bientôt
lui-même. Et lorsqu’il viendrait dans la puissance du royaume de Dieu, avec
l’autorité de Dieu, ces frères enflés d’orgueil pourraient se mesurer
eux-mêmes à lui, s’ils le désiraient.
Mais le désiraient-ils? Cela aurait pour effet d’anéantir leurs prétentions
démesurées! N’était-il pas bien préférable qu’ils s’humilient eux-mêmes
devant Dieu et qu’ils permettent ainsi à Paul de les visiter dans un esprit
beaucoup plus heureux?
Et, en terminant la lecture de ce chapitre, ne serait-il pas opportun pour
chacun de nous de nous laisser sonder et de nous humilier devant Dieu?
Chapitre 5
Dans les premiers versets de ce chapitre, nous voyons que les Corinthiens
méritaient entièrement la verge dont Paul a parlé à la fin du chapitre
précédent. Il y avait au milieu d’eux un cas d’immoralité très grave.
Corinthe était une ville licencieuse et le niveau de moralité parmi les
Gentils était déplorablement bas; et pourtant le péché particulier commis
par un homme qui professait être chrétien ne se produisait pas parmi ceux
des nations (5:2). La chose n’avait pas été faite en secret, elle était
connue de tous.
Mais, bien que cela soit publiquement connu, l’assemblée à Corinthe n’avait
entrepris aucune action. C’était déjà très grave, et ils ajoutaient encore à
l’indifférence la suffisance. Ils auraient peut-être pu s’excuser en disant
qu’ils n’avaient pas encore reçu d’instructions pour agir dans un tel cas.
Mais, même si c’était vrai, ce n’était pas une réelle excuse; en effet, tant
soit peu de sensibilité spirituelle les aurait amenés à s’humilier du
déshonneur qui était jeté sur le nom du Seigneur, comme aussi à prier pour
que Dieu intervienne en ôtant du milieu d’eux celui qui vivait dans le
péché. Au lieu de cela, ils étaient «enflés» d’un orgueil insensé.
Dans les versets 3 à 5, nous voyons la sainte vigueur et la fermeté de Paul,
en contraste avec l’indécision indolente des Corinthiens. Ils auraient dû
être réunis ensemble au nom du Seigneur Jésus Christ et agir en ôtant le
méchant du milieu d’eux, comme l’indique le dernier verset du chapitre. Mais
ils ne l’avaient pas fait. Paul intervient alors; il juge et agit avec son
autorité apostolique, bien qu’il associe les Corinthiens à son jugement et à
son action. Il serait prêt à livrer un tel homme à Satan, car même Satan
peut être utilisé pour la discipline d’un croyant qui est tombé.
On voit ici que la limite extrême à laquelle Satan peut aller est la
destruction de la chair. Dans le cas de Job, il n’a pas été autorisé à aller
jusqu’à cette limite, mais il a terriblement fait souffrir cet homme dans sa
chair. Et si même la chair devait être détruite et la mort intervenir, c’est
afin que l’esprit soit sauvé dans le jour qui vient. Ceci suppose que celui
qui est l’objet de cette forme extrême de discipline est malgré tout un vrai
croyant.
Il y avait un autre fait que les Corinthiens négligeaient aussi, et qui
montrait l’erreur et la folie de leur esprit orgueilleux. Ils constituaient
comme une masse de pâte dans laquelle un peu de levain avait été introduit.
Le levain a une propriété bien connue: la fermentation se développe jusqu’à
ce que toute la pâte en ait été atteinte. Ainsi les Corinthiens ne pouvaient
pas considérer le péché de l’un des leurs comme une chose qui ne les
concernait pas, bien au contraire! Il s’agissait en fait de «vieux levain»,
du mal même qui avait sévi parmi eux lorsqu’ils n’étaient pas convertis, et
qui se développerait certainement à nouveau s’il restait non jugé. C’est
pourquoi ils devaient s’en purifier en ôtant le méchant du milieu d’eux.
S’ils agissaient ainsi, ils deviendraient pratiquement «une nouvelle pâte»,
et l’apôtre ajoute: «comme vous êtes sans levain» (v. 7). Ils étaient
réellement une nouvelle pâte sans levain quant à leur place et leur
condition devant Dieu; et ils devaient agir de telle sorte qu’ils soient en
pratique ce que Dieu les avait fait devenir en Christ. Il est important pour
nous de bien saisir le principe qui est sous-jacent, car, sous la grâce,
c’est le principe selon lequel Dieu agit toujours. La loi demandait à
l’homme d’être
ce qu’il n’était pas.
La grâce nous fait être ce qui est selon la pensée de Dieu, puis nous
appelle à agir en accord avec
ce que nous sommes.
Ce principe s’applique de bien des manières. Vous devez toujours agir «afin
que vous soyez... comme vous êtes».
L’apôtre se sert bien sûr d’une image lorsqu’il parle ainsi du levain. Mais
c’est une image particulièrement bien appropriée. Le repas de la Pâque, pour
Israël, devait être mangé sans levain; et il était suivi par la fête des
pains sans levain, qui durait une semaine. La Pâque préfigurait la mort de
Christ; celle-ci a été son accomplissement. Et l’Église, durant tout le
temps de son séjour ici-bas, doit accomplir le type de la fête des pains
sans levain, en s’éloignant de tout mal et en marchant en «sincérité» et en
«vérité» (v. 8).
De même que les Israélites devaient ôter tout levain de leurs maisons, ainsi
aussi vous et moi, nous devons ôter tout mal de nos vies. Et en plus de
cela, il y a des cas où la parole de Dieu demande l’action de l’assemblée.
De tels cas dans le domaine du mal moral sont mentionnés au verset 11. Le
transgresseur peut être «quelqu’un appelé frère». Comme il a professé être
converti, il se trouve au-dedans de l’assemblée et non au-dehors; et parce
qu’il est dedans, il est soumis au jugement de l’assemblée et doit être
placé dehors. Cette mise à l’écart n’est pas simplement une excommunication
formelle et administrative. C’est une action d’une telle réalité que les
saints ne doivent plus avoir de commerce en aucune manière avec celui qui a
péché. Lorsque nous avons affaire avec les hommes de ce monde pour les
choses d’ici-bas, nous ne pouvons pas faire une discrimination semblable sur
la base de leurs caractères moraux. Mais si un homme qui professe être
chrétien est coupable des péchés mentionnés au verset 11, nous devons en
avoir fini avec lui et, pour le moment, ne plus le reconnaître du tout comme
un chrétien. Le futur révélera ce qu’il est réellement.
Ce chapitre montre très clairement que lorsqu’il fallait s’occuper d’un mal
grave, du vivant des apôtres, sur la base de l’autorité et de l’énergie
apostoliques, le chemin normal était, comme il l’est toujours, par l’action
de l’assemblée rassemblée au nom du Seigneur. Son domaine de compétence se
limite à ceux qui sont «de dedans». Ceux qui sont «de dehors» doivent être
laissés au jugement de Dieu qui les atteindra au moment convenable.
Chapitre 6
Il y avait un autre fait scandaleux parmi les Corinthiens, et Paul l’aborde
au chapitre 6. Le mal était peut-être moins grave que le précédent, mais
apparemment il était plus répandu. Quelques-uns parmi eux étaient
querelleurs et amenaient leurs disputes jusque devant les tribunaux publics.
Ainsi, ils lançaient leurs accusations et exposaient leurs torts, réels ou
imaginaires, devant les incrédules.
Ici encore, l’instinct spirituel aurait dû les préserver d’une telle erreur.
Leur façon de faire revenait à dire qu’il n’y avait pas un seul homme sage
parmi eux, capable de juger et de décider en de tels cas. Ainsi, ils
étalaient bruyamment ce qui était à leur honte.
En plus de cela, ils proclamaient leur propre ignorance. Le verset 2
commence par «Ne savez-vous pas», et cette expression est répétée cinq fois
dans ce chapitre. Comme beaucoup d’autres croyants charnels, les Corinthiens
n’avaient pas autant de connaissance qu’ils le pensaient. Si la vérité nous
gouverne,
nous la connaissons
réellement.
Une simple connaissance intellectuelle ne sert à rien.
Ils auraient réellement dû savoir que «les saints jugeront le monde». Cela
avait été annoncé dans l’Ancien Testament. On lit en Daniel: «... jusqu’à ce
que l’Ancien des jours vint, et que le jugement fut donné aux saints des
lieux très hauts, et que le temps arriva où les saints possédèrent le
royaume» (7:22). S’ils avaient vraiment su cela, ils ne se seraient pas
traînés l’un l’autre devant les tribunaux païens. Et si nous en étions
davantage conscients, nous éviterions peut-être de faire certaines choses
que nous nous permettons. Au verset 3, nous sommes placés devant un fait
encore plus étonnant: «nous jugerons les anges» — bien que le changement de
«les saints» à «nous» indique peut-être que le jugement des anges ne sera
confié qu’aux apôtres.
Quoiqu’il en soit, ces versets ouvrent devant nous une perspective
d’autorité et de responsabilité extraordinaire, à la lumière de laquelle les
choses qui appartiennent à cette vie peuvent être considérées comme de
plus petites
affaires (v. 2). En accord avec cette évaluation, l’enseignement donné ici
est que, si de telles questions sont placées devant les saints pour être
jugées, ceux qui sont les moins estimés dans l’assemblée doivent s’en
occuper. Nous remarquons qu’il n’est pas dit que
tous
les saints jugeront dans le temps à venir. Peut-être que tous n’y sont pas
destinés, et ainsi ceux qui paraissent le moins à même d’être juges dans ce
temps futur peuvent l’être maintenant. Telle est l’évaluation que l’Écriture
nous donne de l’importance relative des choses du temps à venir et de celles
du temps présent.
Il est donc tout à fait évident que si un croyant se plaint d’une injustice
de la part d’un autre, il doit exposer son cas devant les saints et non
devant le monde. Il y a cependant quelque chose de bien meilleur que cela,
et c’est ce qu’indique le verset 7. Le meilleur chemin, c’est de souffrir
docilement le tort en laissant le Seigneur s’en occuper et produire la
repentance chez celui qui l’a fait. Le pire de tout, c’est de commettre des
torts et des injustices, et cela à ses frères même.
Si quelqu’un appelé un chrétien agit de manière injuste, de sérieuses
questions se posent, puisque «les injustes n’hériteront point du royaume de
Dieu». La première question que nous nous posons est: est-ce un vrai
croyant, après tout? Dieu seul sait ce qui en est. Quant à nous, nous
demeurons dans le doute à cet égard. Un vrai croyant peut tomber dans
n’importe lequel des terribles péchés énumérés aux versets 9 et 10; mais il
n’est pas
caractérisé
par cela, et, par la repentance, il peut être finalement restauré. Ceux qui
sont caractérisés par ces choses n’ont aucune part au royaume de Dieu, ni
maintenant ni plus tard. Par conséquent, ils sont manifestement en dehors de
la communion de l’assemblée de Dieu.
Certains d’entre les Corinthiens avaient été des pécheurs de ce type, mais
par leur conversion, ils avaient été
lavés,
sanctifiés
et
justifiés
(v. 11). Le
lavage
dont il est question ici est le travail profond et fondamental de
renouvellement moral accompli par la nouvelle naissance. La
sanctification
est la mise à part pour Dieu, afin d’être maintenant à sa disposition pour
lui plaire. La
justification
est l’annulation de toute charge qui pourrait être portée contre nous; c’est
une mise en ordre judiciaire, grâce à laquelle nous nous tenons maintenant
en justice devant Dieu. Ces trois choses ont été faites pour nous «au nom du
Seigneur Jésus», c’est-à-dire en vertu de son sacrifice; et «par l’Esprit de
notre Dieu», c’est-à-dire par son œuvre effective dans nos cœurs. Nous
aurions peut-être eu tendance à lier le lavage avec le travail de l’Esprit
exclusivement, et la justification avec l’œuvre de Christ. Mais ce n’est pas
présenté comme cela ici. Ce qui est objectif va de pair avec ce qui est
subjectif.
Nous aurions aussi pu être inclinés à placer la justification en première
place. Mais le lavage vient en premier ici parce que le point important du
passage est que le croyant manifeste un caractère entièrement nouveau. Les
anciens caractères de souillure sont lavés avec la nouvelle naissance. Et
s’ils ne sont manifestement pas lavés, quoi qu’un homme professe, il ne peut
pas être considéré comme étant un vrai croyant, ou comme appartenant au
royaume de Dieu.
Le paragraphe qui commence au verset 12 introduit une nouvelle ligne de
pensées. Il va être question des
viandes
au verset suivant, et nous aurons plus de détails à ce propos dans le
chapitre 8. C’était une question brûlante parmi les premiers chrétiens. À ce
sujet, Paul montre qu’il n’était pas sous la loi. Mais même ainsi, ce qui
est «permis» peut ne pas être du tout «avantageux». De plus, même une chose
permise peut avoir tendance à nous rendre esclave, et nous devons bien nous
garder de nous laisser asservir par quoi que ce soit. Au contraire, nous
devons rester libres pour être les esclaves de notre Seigneur et Sauveur.
Combien souvent on entend à propos d’une chose controversée: Mais ce n’est
pas interdit... Quel mal y a-t-il à cela? On peut répondre en posant une
autre question: Est-ce avantageux? Nous avons à rechercher les choses qui
n’ont pas seulement la vertu négative de ne pas être mauvaises, mais qui ont
la vertu positive d’être avantageuses.
Le dernier paragraphe du chapitre comporte des enseignements très importants
à propos du corps du croyant. Pour le moment, nos corps n’ont pas encore
connu la rédemption; ils sont par conséquent le siège de diverses
convoitises et, à cet égard, doivent être tenus pour morts. Nous ne devons
cependant pas commettre l’erreur de les traiter avec légèreté. Trois grands
faits à leur sujet sont mentionnés dans ce passage:
1) Nos corps sont «des membres de Christ» (v. 15). S’il est vrai qu’ils ne
sont pas encore rachetés, ils doivent pourtant l’être, et le Seigneur les
réclame déjà comme étant siens. Ils sont siens d’une manière si réelle que
la vie de Jésus peut être manifestée dans nos corps (cf. 2 Cor. 4:10). Ils
sont les membres dans lesquels doit être manifestée la vie de Celui qui est
notre Tête.
2) Le corps de chaque croyant est «le temple du Saint Esprit» (v. 19). Notre
ancienne vie a été jugée. Le péché dans la chair, qui nous dominait jadis, a
été condamné; et maintenant l’Esprit habite en nous comme l’énergie de la
nouvelle vie que nous avons en Christ. Chaque croyant devrait considérer son
corps comme la demeure où habite le Saint Esprit qu’il a reçu de Dieu. Dieu
a pris possession de son corps de cette manière. C’est un fait d’une
importance capitale.
3) Nous avons «été achetés à prix» (v. 20). Ce rachat implique notre corps
aussi bien que notre âme. Le prix qui a été payé pour cela est au-delà de
tout ce que nous pouvons imaginer, nous le savons bien. Mais nous pourrions
parfois oublier qu’il concerne aussi le rachat de nos corps.
Et maintenant, voyons les conséquences de ces trois grands faits. Comment
pourrions-nous faire des membres de Christ les membres d’une prostituée?
Pourrais-je traiter mon corps comme étant exclusivement à moi? Nous ne
sommes pas à nous-mêmes. Nous sommes à un autre — esprit, âme et corps.
«Glorifiez donc Dieu dans votre corps». La seule pensée des hommes
inconvertis est de se satisfaire et de se glorifier eux-mêmes dans et par
leur corps. Qu’il nous soit donné de plaire à Dieu et de le glorifier Lui!
Quel standard est placé devant nous ici! Nous avons peut-être le sentiment
qu’il est bien haut et que nous ne pouvons pas l’atteindre. Et pourtant,
nous ne voudrions pas qu’il soit différent. Il y a ici une grande
bénédiction pour le présent et un gage certain de la gloire à venir. Si nos
corps sont déjà maintenant le temple du Saint Esprit, combien certaine est
la rédemption future de nos corps! Alors le Saint Esprit aura un temple
caractérisé par une
sainteté
parfaite. En attendant, il nous encourage à la sainteté, et cela pour notre
plus grande bénédiction.
Arrêtons-nous encore sur le verset 17. Il élimine d’emblée l’idée que notre
union avec Christ se trouve dans son incarnation — idée qui est à la base de
bien des erreurs répandues dans la chrétienté. Cette union ne réside pas
dans la chair mais dans l’esprit. On a ici l’un des cas où l’on pourrait se
demander s’il faut mettre au mot «esprit» une majuscule ou une minuscule.
L’Esprit qui habite en nous est l’Esprit de Christ; et par Lui nous sommes
un seul esprit avec le Seigneur. Quel fait merveilleux! Méditons-le bien.
Chapitre 7
Le premier verset du chapitre nous montre que Paul a écrit cette épître en
réponse à une lettre de questions qu’il avait reçue des Corinthiens.
Seulement, tandis qu’il y répondait, il y avait des problèmes plus graves et
plus urgents qui devaient être traités premièrement; ce sont ceux qui
remplissent les chapitres 1 à 6. Il s’occupe maintenant de leurs questions,
et c’est ainsi que nous lisons: «Or pour ce qui est des choses au sujet
desquelles vous m’avez écrit», paroles qui sont d’ailleurs répétées au début
des chapitres 8, 12 et 16. De toute évidence, ils avaient posé des questions
à propos du mariage, des choses offertes aux idoles, des dons spirituels et
des collectes.
Le chapitre 7 est presque entièrement consacré au sujet du mariage, bien que
les versets 17 à 24 comportent des instructions concernant les diverses
vocations terrestres dans lesquelles les croyants peuvent se trouver, des
principes similaires s’y appliquant.
Il semble que les questions à propos du mariage aient été soulevées par le
fait que Paul, qui était leur père spirituel et leur exemple, n’avait
lui-même pas de femme. La plupart d’entre eux avaient une origine païenne,
et ils avaient eu des pensées complètement erronées et corrompues quant à
cette grande institution de Dieu. L’apôtre saisit cette occasion pour
établir les choses sur la base voulue de Dieu, tout en maintenant qu’il y
ait des personnes qui, comme lui-même, puissent vivre au-dessus de ce que
réclame la nature, et renoncer au mariage pour être entièrement occupés du
Seigneur et de son service.
Il est donc clair que, pour le croyant, le chemin normal est le mariage,
avec tous les devoirs et toutes les responsabilités qu’il implique. Au
verset 5, nous voyons que le mari et la femme peuvent se priver l’un de
l’autre pour un temps, afin d’être plus entièrement à la disposition du
Seigneur; mais cela doit être fait d’un consentement mutuel, et en vue de la
prière, de peur que l’adversaire n’en tire un avantage.
Aux versets 10 et 11, l’apôtre confirme les enseignements que le Seigneur
avait déjà donnés. Dans les versets 12 à 16, il donne de plus amples
instructions en vue des problèmes qui peuvent se présenter lorsque l’un des
conjoints a reçu l’évangile et que l’autre est encore inconverti. Si un
Juif, homme ou femme, contractait un mariage avec une personne appartenant
aux nations environnantes, il y avait souillure, tant pour le couple que
pour les enfants. Cela ressort très clairement de passages tels que Esdras 9
et Néhémie 13.
Avec l’évangile c’est le contraire, comme le verset 14 nous le montre. La
sanctification et la sainteté dont il est parlé ne sont pas intrinsèques,
bien sûr, mais relatives. Si seule la femme est croyante, Dieu reconnaît la
famille comme mise à part pour lui. Il peut arriver que le conjoint non
croyant haïsse la lumière qui est venue dans la maison au point de ne plus
vouloir y rester. Mais s’il veut demeurer là, il jouit, avec les enfants qui
y demeurent aussi, des privilèges que la lumière confère; et on peut espérer
qu’ils seront tous amenés un jour au salut.
Ces instructions peuvent peut-être paraître de peu d’intérêt pour nous. S’il
en est ainsi, c’est parce que nous vivons dans les conditions anormales que
la chrétienté a créées. Si l’Église avait maintenu son caractère propre,
comme une sphère de bénédiction et de lumière, entourée des ténèbres de ce
monde et bien séparée de lui, nous verrions plus clairement l’intérêt de
tout cela. Ceux qui prêchent l’évangile parmi les païens, et qui cherchent
avec amour à aider les nouveaux convertis dans les problèmes qu’ils
rencontrent, trouvent ici les directions dont ils ont besoin.
Pour ce qui concerne la vocation terrestre, comme pour le mariage, le chemin
du croyant consiste à accepter la situation existante, seulement en y
introduisant une nouvelle puissance, à la gloire de Dieu. Nous devons
demeurer dans l’état dans lequel nous avons été appelés par l’évangile, mais
sous la condition: «auprès de Dieu» (v. 24). Si nous ne pouvons pas avoir
Dieu avec nous dans cet état, nous ne devons pas y rester.
Après avoir donné ces instructions à ceux qui sont mariés, Paul se tourne,
au verset 25, vers «ceux qui sont vierges» — et les instructions les
concernant vont jusqu’au verset 38. Les deux derniers versets du chapitre
contiennent quelques directives quant à la conduite des veuves.
Le mot «vierge» est utilisé ici pour parler des personnes non mariées des
deux sexes. L’enseignement de l’apôtre peut être résumé ainsi: le mariage
est bon, comme l’est toute institution divine; il est entièrement juste et
autorisé. Cependant, rester dans un état non marié est encore mieux, si
c’est dans le but de demeurer plus pleinement à la disposition du Seigneur,
pour se dévouer à ses intérêts. Si ceux qui suivent ce chemin ne peuvent
«vaquer au service du Seigneur sans distraction», leur célibat ne fera que
les «enlacer dans des liens» (v. 35).
Remarquons que cette préoccupation se retrouve tout au long du chapitre. Si
des époux se privent momentanément l’un de l’autre, ce doit être pour se
livrer au jeûne et à la prière. Si dans un mariage mixte, le conjoint
converti poursuit paisiblement et patiemment son chemin avec celui qui ne
l’est pas, c’est qu’il cherche la gloire du Seigneur dans le salut de celui
qui ne le connaît pas encore. Si l’esclave converti persévère avec humilité
et contentement dans ses occupations ingrates, c’est parce qu’en cela il
demeure auprès de Dieu. Celui qui est célibataire peut renoncer au mariage
parce qu’il désire ne pas être absorbé par les choses de la terre, mais se
préoccuper seulement de la sainteté et du service du Seigneur. Si la veuve
se remarie, elle le fait «dans le Seigneur», ce qui signifie: conformément à
sa volonté et à ses directions.
Ce chapitre, sur lequel certains pourraient être enclins à passer rapidement
comme étant sans intérêt particulier, ne contient pas seulement des
instructions pour le mariage — instructions qui ont en elles-mêmes toute
leur valeur — mais il met en évidence le principe que, pour le croyant, les
intérêts de Dieu et de son service ont la priorité sur toute autre chose.
Nous devons le reconnaître car «le temps est difficile» ou «raccourci» (v.
29). Hélas, combien souvent nous ne reconnaissons pas que nous vivons dans
un temps raccourci, dont la fin a été rapprochée par la mort et la
résurrection de Christ! Et ainsi nous devrions retenir d’une main légère
tout ce que nous possédons dans ce monde, en étant prêts à tout quitter d’un
moment à l’autre.
Avant de passer au chapitre 8, regardons plus particulièrement les versets
6, 10, 12, 17, 25 et 40. Certaines des expressions utilisées dans ces
versets ont été exploitées par ceux qui voudraient nier ou du moins
affaiblir l’inspiration de l’Écriture.
Le verset 6 dit: «Je dis ceci par indulgence, non comme commandement».
Certaines choses en relation avec le mariage sont commandées, d’autres
permises; c’est très simple.
Le verset 10 se réfère à certains de ces commandements, et Paul rappelle
qu’il n’y a rien de nouveau à leur sujet, car le Seigneur lui-même avait
commandé ainsi lorsqu’il était ici-bas.
D’un autre côté, depuis le verset 12, l’apôtre donne des commandements qui
n’avaient pas été précédemment exprimés par le Seigneur. Le temps d’en
parler n’était pas encore venu puisque les problèmes dont il est question
résultent de la large diffusion de l’évangile. Il n’y a aucune difficulté en
cela, car ce que l’apôtre commandait et ordonnait dans toutes les
assemblées, comme il le dit au verset 17, avait une pleine autorité. Il n’y
a pas de différence
d’autorité
entre les commandements qui viennent des lèvres du Seigneur sur la terre et
ceux qui viennent de lui dans le ciel par les lèvres ou par la plume de ses
apôtres.
Au verset 25, l’apôtre fait une soigneuse mise en garde pour que les
instructions qui suivent ne soient pas utilisées comme des commandements
absolus qui puissent enlacer dans des liens (cf. v. 35). Elles ne sont que
son appréciation des choses, mais une appréciation d’une très haute
spiritualité — ainsi que l’expriment d’une façon significative les derniers
mots du chapitre: «Or j’estime que moi aussi j’ai l’Esprit de Dieu».
L’application de toutes ces instructions données par l’Esprit dépendait
entièrement de l’état spirituel de ceux qui les entendaient. C’est ainsi que
Paul est inspiré ici à ne pas donner de commandements mais son appréciation.
Ces distinctions fines sont très frappantes. Elles sont révélatrices de la
sagesse de Dieu, comme aussi de la réalité et de la portée de l’inspiration
divine. Au lieu de l’affaiblir, elles la confirment.
Chapitre 8
Les mots «Pour ce qui est...», par lesquels s’ouvre le chapitre, montrent
que les Corinthiens étaient perplexes quant à l’attitude qu’ils devaient
avoir en rapport avec les choses sacrifiées aux idoles, et qu’ils avaient
mentionné ce sujet dans leur lettre à l’apôtre. Bien que nous ne soyons pas
confrontés aux mêmes problèmes, nous verrons que les instructions données
ont une grande valeur pour nous diriger dans des cas concrets qui peuvent se
présenter à nous.
Avant d’aborder ce sujet, l’apôtre insère une parole de mise en garde. Les
Corinthiens se vantaient de leur connaissance. Or elle est bien peu de chose
en comparaison de l’amour. La connaissance, par elle-même, ne sert qu’à
enfler, alors que l’amour édifie. De plus elle est toujours partielle; elle
a des limitations sévères. Nous ne savons rien avec une connaissance pleine
et absolue. Si nous nous imaginons que nous connaissons de cette manière,
nous démontrons par là que nous ne connaissons encore rien comme nous
devrions connaître. Alors que si nous aimons Dieu, nous pouvons être assurés
que nous sommes connus de Lui. C’est la chose importante.
Au verset 4, l’apôtre entreprend le sujet. Premièrement, qu’en est-il des
idoles elles-mêmes? La vérité est qu’elles ne sont rien dans ce monde. Des
hommes égarés peuvent bien vénérer ces étranges objets et les traiter comme
des dieux, mais nous savons qu’ils ne sont rien de plus que l’œuvre des
mains de l’homme «et qu’il n’y a point d’autre Dieu qu’un seul». En parlant
ainsi, Paul n’oublie pas que les démons et leur pouvoir se cachent derrière
les idoles; il fait allusion à ce fait sinistre aux versets 19 et 20 du
chapitre 10.
Les païens peuvent vénérer bien des dieux et bien des seigneurs, mais
ceux-ci ne sont rien pour nous. Nous ne connaissons qu’un seul Dieu et qu’un
seul Seigneur. Il y a le Père, l’origine et la source de tout, et nous
sommes pour lui. Il y a le Seigneur Jésus, le grand administrateur dans la
déité; et toutes choses sont par lui, y compris nous-mêmes. Ceci étant, nous
pouvons refuser entièrement de reconnaître les idoles des païens en quelque
manière que ce soit, et traiter toutes les viandes comme identiques,
qu’elles aient été offertes aux idoles ou non.
Cependant cette connaissance n’est nullement la part de tous (v. 7). Parmi
les croyants, il y en aura toujours qui ne peuvent pas voir de telles choses
à la lumière calme et non passionnée de la connaissance pure. Ils ne
s’élèvent pas au-dessus de leurs sentiments et de leurs impressions
subjectives. Sachant qu’une viande avait été offerte, de telles personnes ne
pouvaient pas se débarrasser des sentiments que cela avait engendrés. Ils
avaient «conscience de l’idole» et cela les troublait continuellement. Leur
conscience était «faible», car elle n’était pas fortifiée par la
connaissance claire et joyeuse dont Paul jouissait; et étant faible, elle
était «souillée». Comment fallait-il se comporter dans cette situation? Que
devait faire le croyant qui était plus fort?
La réponse est pleine d’instructions. L’apôtre maintient fermement la
liberté du frère plus fort. Il est bien clair que la viande ne nous
recommande pas à Dieu. Nos façons de faire peuvent différer. Certains
peuvent manger de la viande et d’autres ne pas en manger. Mais il n’y a
aucun avantage à faire d’une manière, comme il n’y a aucun inconvénient à
faire de l’autre.
Quant à Dieu,
il n’y a pas de différence à cet égard.
Mais
quant à ce qui nous
concerne,
dans la sphère chrétienne, il y a quelque chose qui doit être pris en
considération. Il semble que certains Corinthiens, forts de leur
connaissance du néant des idoles, allaient jusqu’à s’asseoir dans l’enceinte
d’un temple d’idoles. C’était se laisser emporter très loin par la
connaissance et courir le risque de devenir une pierre d’achoppement pour
d’autres. En effet, des croyants plus faibles pouvaient être tentés de les
imiter, en désirant une liberté plus grande; ce faisant, ils allaient être
accablés par une conscience réprobatrice, et ainsi
périr.
Ceci n’a rien à voir avec le salut de l’âme. Cela signifie que le frère
faible serait paralysé, qu’il serait détruit quant à son état spirituel et
par conséquent quant à son témoignage et à son service — sa conscience
faible étant blessée. Aucun croyant qui est dans l’obscurité à cause d’une
conscience souillée n’est en état de servir dans les guerres du Seigneur.
Certains d’entre nous pourraient être tentés de dire: Oh! ce n’est
finalement qu’un frère faible; par conséquent il ne compte que très peu
comme serviteur ou comme soldat pour le Seigneur. En parlant ainsi, nous
serions coupables d’oublier qu’il s’agit de l’un de ceux «pour lesquels
Christ est mort», et qui a pour lui une valeur incalculable. Voilà la vraie
lumière dans laquelle nous devons voir notre frère.
Il a
un tel prix que pécher contre lui revient à pécher contre Christ.
L’apôtre n’a jamais oublié les mots: «Saul, Saul, pourquoi me
persécutes-tu?» Nous-mêmes, nous ne devons jamais les oublier. La vérité
qu’ils contiennent se retrouve dans bien des passages. Ceux qui veulent
nuire à Christ aujourd’hui font du tort aux croyants. Ceux qui veulent
servir Christ aujourd’hui prennent soin des siens et les servent. Ce qui est
fait même au plus petit de ses frères, il le considère comme fait à
lui-même. Que Dieu nous accorde de ne pas oublier cela! Un réel dévouement
pour Christ s’exprime de manière bien plus vraie et réelle par un service
dévoué à sa cause et à son peuple, que par une abondance de belles paroles
pieuses — que ce soit en s’adressant à lui ou en parlant de lui.
L’attitude qu’adoptait Paul lui-même est brièvement résumée dans le dernier
verset du chapitre. Il préférait ne plus jamais manger de viande que d’être
une occasion de chute pour son frère. Il préférait se mettre lui-même de
côté et ôter de sa vie ce qui était parfaitement légitime, si ce pouvait
être en vue du bien de son frère. C’est le fruit de l’amour divin en
activité. Dieu veuille qu’il y en ait beaucoup plus à l’œuvre dans nos
cœurs!
Il y a encore une remarque à faire à propos de ce chapitre. Le verset 6 est
parfois cité par ceux qui cherchent à nier la divinité du Seigneur Jésus.
Selon eux, puisqu’il y a «un seul Dieu, le Père» et qu’il est parlé du
Seigneur Jésus seulement comme étant «un seul Seigneur», il n’est pas juste
de parler de lui comme étant Dieu — même si d’autres passages le font
clairement.
Dans ce verset, sans aucun doute, la divinité est attribuée au Père seul, et
la seigneurie à Jésus seul. Cependant, il a été dit avec raison que «la
divinité de Christ ne peut pas être plus niée parce qu’ici le Père est
appelé un seul Dieu, que la seigneurie du Père ne peut être niée parce que
le Fils est appelé un seul Seigneur» — à quoi nous ajoutons: ou que la
divinité et la seigneurie de l’Esprit ne peuvent être niées parce qu’elles
ne sont pas mentionnées ici.
Manifestement, la déité est présentée ici en contraste avec les nombreux
dieux et seigneurs du monde païen; et dans la déité, le Fils est Celui qui a
la place de Seigneur. Si on laisse ce verset dans son contexte, il n’y a pas
de difficulté réelle.
Chapitre 9
À la fin du chapitre 8, nous avons vu l’attitude pleine d’égards de Paul: il
était disposé à renoncer à ses droits incontestables, si, par là, il pouvait
sauver un de ses frères plus faible d’un désastre spirituel. Le chapitre 9
s’ouvre par une vigoureuse affirmation de sa position apostolique et des
privilèges qui lui sont liés. Les deux choses s’accordent parfaitement, mais
l’apôtre savait bien que ses adversaires — et ceux du Seigneur —
essaieraient de le trouver en défaut à ce sujet. Ils insinueraient que son
attitude bienveillante n’était qu’un artifice destiné à camoufler le fait
qu’il n’était pas réellement apôtre, mais quelqu’un qui s’était élevé
lui-même. Les Corinthiens avaient manifestement été influencés par les
prétentions osées de ses adversaires et leurs pensées avaient par conséquent
été quelque peu faussées. C’est ce qui conduit Paul à parler ouvertement de
l’autorité que Dieu lui a donnée.
Il était réellement apôtre; et il était entièrement à l’aise quant aux
objets mentionnés plus haut. Il n’avait pas été avec Christ durant les jours
de sa chair, comme les douze, mais il avait vu le Seigneur dans sa gloire.
Les Corinthiens eux-mêmes étaient le fruit de son travail apostolique. Le
verset 2 fournit un argument incontournable à ceux d’entre eux qui,
influencés par les adversaires, pouvaient être enclins à mettre en question
son apostolat: ils étaient eux-mêmes la preuve de la validité de son œuvre!
Jeter un doute sur la réalité de son travail revenait à en jeter un sur la
réalité de leur propre conversion. À la fin de la deuxième épître, il
reprend cet argument et le développe (13:3-5).
Si on l’interrogeait à ce sujet, il avait là une réponse qui ne pouvait être
contredite. Ses adversaires faisaient feu de tout bois pour le discréditer.
Maintes et maintes fois, il s’abstenait de manger ou de boire quelque chose
par égard pour d’autres. Il n’avait pas, contrairement à d’autres apôtres,
d’épouse pour l’aider et l’accompagner dans ses voyages. Lui et Barnabas
avaient voyagé et travaillé sans relâche, sans prendre les moments de repos
dont d’autres jouissaient. De plus, au lieu d’être à charge à d’autres pour
ses besoins matériels, il avait travaillé de ses propres mains pour gagner
sa vie et n’avait rien reçu de qui que ce soit à Corinthe. Or chacune de ces
choses était utilisée dans le but de le discréditer. En fait, elles étaient
toutes à son crédit, car il s’agissait là de ses droits. Il renonçait à des
choses auxquelles il avait droit en tant qu’homme et en tant que serviteur
du Seigneur; et il le faisait par dévouement entier aux intérêts de son
Maître.
Paul était donc contraint de parler de ce qui le concernait personnellement.
Mais le Saint Esprit — qui s’exprime ici par sa plume — se sert de cette
occasion pour exposer la volonté du Seigneur quant à ceux qu’il a appelés à
consacrer tout leur temps à l’Évangile ou au service de Dieu. Il est ordonné
«à ceux qui annoncent l’évangile de vivre de l’évangile» (v. 14). Il s’agit
évidemment du cas normal. Si un ouvrier du Seigneur a des moyens financiers
personnels et n’a pas besoin d’une telle aide — ou si quelqu’un, comme Paul,
tout en en ayant besoin, a la force de s’en passer, c’est une autre affaire.
Il y a toutefois cette différence à observer: il n’y a pas de vertu à
décliner de l’aide quand on a suffisamment de ressources; il y en a quand on
n’a rien et qu’on renonce à ses droits.
Le principe que Paul expose est appuyé par un raisonnement spirituel au
verset 7. Mais alors, il ne s’agit pas simplement d’une idée d’homme, ni
même d’un homme spirituel: la loi s’exprimait exactement de la même manière.
La petite prescription qui semble si abruptement placée en Deutéronome 25:4
établit ce principe en rapport avec une humble bête de somme. Il est appuyé
en outre par les ordonnances concernant le service du temple et les autels
juifs. Et finalement, le Seigneur lui-même en a ordonné ainsi pour la
période actuelle. C’est ce que l’on voit en Matthieu 10:10 et dans d’autres
passages des évangiles. Ce principe est donc établi de manière surabondante.
Que tous ceux qui aiment le Seigneur prennent bien garde de ne négliger
aucun vrai serviteur qu’il a appelé à son service! Si nous le faisions, nous
irions à l’encontre de sa Parole et en éprouverions nous-mêmes une grande
perte.
En passant, remarquons que la manière dont Deutéronome 25 est cité ici nous
conduit à nous attendre à trouver dans la loi, insérés et illustrés, bien
des principes de conduite que le Nouveau Testament nous enseigne être selon
la volonté de Dieu. Il n’y a rien de surprenant à cela, car Dieu est
toujours le Même. En revanche, nous trouverons dans le Nouveau Testament de
nouveaux principes de conduite qui ne sont pas dans l’Ancien. Il peut être
opportun de faire ici une brève mise en garde. Tenons notre imagination bien
en bride lorsque nous scrutons la loi donnée à Israël. L’esprit rêveur peut
trouver des analogies apparentes qui, malgré des intentions pieuses, ne sont
qu’un débordement de fantaisie.
Le verset 10 s’achève par les mots: «Celui qui foule le grain doit le fouler
dans l’espérance d’y avoir part». Cela signifie que celui qui travaille pour
partager avec nous des choses
spirituelles
ne doit pas être privé de partager avec nous les choses
charnelles
— c’est-à-dire celles qui sont liées aux besoins de nos corps.
Y a-t-il eu quelqu’un d’autre, dans l’histoire de l’Église, qui ait vécu
comme Paul, ayant autant de droits, mais si peu porté à demander? Il
préférait supporter toutes les souffrances plutôt que d’être le plus petit
obstacle à la progression de l’Évangile. Il aurait préféré mourir plutôt que
de manquer en cela. Heureux homme! Il n’est pas étonnant qu’il puisse
ensuite exhorter les croyants en disant: «Soyez mes imitateurs».
Voyez aussi combien il ressentait intensément l’appel de Dieu à prêcher
l’évangile. Il savait qu’une administration lui avait été confiée; malheur à
lui s’il y manquait! La tâche confiée aurait pu lui déplaire et ne pas être
conforme à sa volonté — comme cela avait été le cas pour Jonas quand il
devait aller prêcher à Ninive — mais c’était une nécessité qui lui était
imposée (v. 16). Il aurait alors été contraint de servir au travers de
grandes difficultés, comme Jonas l’a été. Bien sûr, sa tâche ne lui était
pas désagréable. Il se glorifiait
en
elle, bien qu’en l’accomplissant il n’y avait rien
de
quoi il puisse se glorifier. Le faisant volontairement, il en recevrait
certainement la rétribution. Or cela faisait partie de son salaire que de
pouvoir prêcher l’évangile sans frais. Qu’il est beau de pouvoir annoncer le
salut qui est «sans argent et sans prix», sans soulever aucune question
quant à l’argent ou à la rémunération de la prédication!
Mais le zèle de l’apôtre pour l’Évangile le poussait encore plus loin. Il
était parfaitement libre, il n’avait d’obligation envers personne. Pourtant,
son amour le conduisait à se faire l’esclave de tous, afin de gagner «le
plus de gens» possible. Il était sorti pour en conquérir autant que
possible; c’est pourquoi, dans les limites qui respectent la volonté de
Dieu, il s’adaptait à ceux qu’il cherchait à conquérir. Il énumère quatre
classes de personnes: les Juifs, ceux qui sont sous la loi, ceux qui sont
sans loi et les faibles. Il s’adaptait à chacune de ces classes lorsqu’il
les approchait, mais bien sûr sans faire quoi que ce soit de contraire à la
volonté de Dieu. C’est ce dont témoignent les expressions des versets 20 et
21: «n’étant pas moi-même sous la loi» et «non que je sois sans loi quant à
Dieu, mais je suis justement soumis à Christ».
Lorsque Paul s’approchait d’un homme sous la loi, il observait les
prescriptions de la loi, pour ne pas blesser sa sensibilité. Il se
soumettait à tout, pour autant qu’il ne renie pas par là le fait qu’il
n’était lui-même plus sous la loi. Lorsqu’il approchait un homme sans loi,
il le faisait sur ce terrain-là. Toutefois, il prenait toujours soin de
montrer qu’il n’était pas un homme sans loi, mais qu’il était justement
soumis au Seigneur. Il est donc évident que l’apôtre regardait de quelles
gens il s’approchait et tenait compte de leurs particularités, afin d’éviter
tout ce qui aurait pu les indisposer inutilement à l’égard du message qu’il
leur apportait. Il était bien loin d’avoir cet esprit qui conduit à dire:
Dieu peut sauver et s’occuper de ceux qu’il a élus — et qui, par conséquent,
lance presque l’Évangile à la tête des gens sans se préoccuper du résultat.
Essayez de vous figurer l’apôtre devenant faible pour les faibles, parlant
en termes simples et élémentaires à des gens peu instruits! Cela ne devait
pas être une tâche facile pour un homme si instruit! Et pourtant, il l’a
fait. C’est l’art que doit apprendre tout moniteur d’école du dimanche
dévoué et efficace. Il faut qu’il devienne comme un enfant pour gagner des
enfants, sans pour cela devenir enfantin. Il doit comprendre l’esprit d’un
enfant, et avoir devant lui comme but final:
le salut.
En abordant le verset 24, les pensées de l’apôtre s’élargissent: il s’occupe
de l’esprit et du caractère qui devraient marquer tout serviteur du
Seigneur. Nous sommes vus comme des athlètes en compétition dans un stade,
engagés dans une course ou un combat. C’est pour cela que nous devrions être
caractérisés par le zèle, par un objectif bien précis, et par une vie de
modération en tout et de renoncements. L’athlète, que ce soit celui des jeux
pratiqués en Grèce il y a deux mille ans ou celui des compétitions
actuelles, prend bien soin de ne pas se laisser dominer par son corps. Bien
au contraire, il maîtrise son corps et le soumet à un régime très strict,
tout en l’endurcissant par un entraînement continuel. Et il fait tout cela
pour une couronne qui se flétrit rapidement. Cherchons à faire les mêmes
efforts, mais sur un plan spirituel, afin de recevoir un jour une couronne
incorruptible. Car, à l’inverse, il est possible de négliger tout cela et,
après avoir été un prédicateur éloquent pour les autres, d’être finalement
réprouvé soi-même.
Notre chapitre se termine par un mot très déplaisant: «réprouvé». Il y a eu
beaucoup de controverses au sujet de ce mot. Plusieurs s’en sont servis pour
chercher à prouver que le vrai croyant peut-être rejeté, et perdu pour
toujours. D’autres, réalisant que bien des passages disent positivement le
contraire, ont cherché à l’expliquer comme signifiant désapprouvé ou rejeté
quant au service, privé de recevoir un prix, disqualifié.
Nous croyons cependant que, pour saisir la véritable portée du verset, il
faut laisser au mot «réprouvé» son poids et sa pleine signification, et
qu’il faut lire ce passage en relation avec les douze premiers versets du
chapitre 10. Le mot «Car», au début de celui-ci, indique que ce qui suit
illustre ce qui vient d’être dit. «Car... nos pères ont tous été sous la
nuée... Mais Dieu n’a pas pris plaisir en la plupart d’entre eux, car ils
tombèrent dans le désert». La plupart des Israélites présentaient les signes
extérieurs d’une relation avec Dieu, mais il leur en manquait la puissance
vitale: ils n’avaient pas la foi. Ils n’ont pas «mortifié» leur corps, mais
se sont adonnés à leurs convoitises et ont misérablement péri. Dans ce sens,
ce sont des types de ceux qui, tout en professant hautement être chrétiens,
ne sont pas de vrais croyants et périront.
Le sens du mot «réprouvé» semble donc être clairement précisé par le
contexte. Mais il reste la difficulté: pourquoi Paul parle-t-il de lui-même
en ces termes? Pourquoi est-il si emphatique en disant «que... je ne sois
moi-même
réprouvé»? Nous croyons qu’en écrivant ainsi, Paul n’avait pas seulement en
vue les Corinthiens qu’il venait de blâmer pour leur grand relâchement, mais
aussi, et peut-être surtout, les fauteurs de trouble qui les avaient
conduits à l’égarement. Ces adversaires étaient sans aucun doute des hommes
qui, tout en jouant les grands prédicateurs, se complaisaient eux-mêmes dans
des principes relâchés — bien loin de mortifier leurs corps. Toutefois Paul
ne les nomme pas directement, pas plus qu’il n’avait cité les chefs de parti
au début de l’épître. Là, il avait reporté les choses sur lui et sur
Apollos. Ici, il ne cite même pas Apollos, mais les reporte sur lui seul.
C’est d’ailleurs une façon de parler très habituelle. Par exemple, un
prédicateur s’adresse à la foule en disant: «Si je dois une année de loyer,
et que je ne puisse en payer un centime, alors...». De toute sa vie, cet
homme n’a jamais eu de dette quant à son loyer, mais, pour illustrer son
message, il transfère la chose sur lui. La délicatesse l’empêche de
mentionner ses auditeurs, et de suggérer qu’ils ne sont pas capables de
payer leur loyer.
Paul n’a aucun doute quant à lui-même. Au verset précédent, il a dit: «Moi
donc je cours ainsi,
non comme ne sachant pas
vers quel but»
(v. 26). Mais il a de sérieux doutes quant à ses adversaires, et quelques
doutes quant aux Corinthiens. En appliquant son avertissement à lui-même, il
ne le rend que plus efficace. Le simple fait d’être un prédicateur ne
garantit rien du tout.
Chapitre 10
Les privilèges extérieurs et la pratique d’une religion ne sont nullement
une garantie. C’est ce dont témoigne l’histoire d’Israël, résumée dans les
premiers versets du chapitre 10. Il y avait pour les Israélites des choses
présentant une certaine analogie avec le baptême et la cène du Seigneur, et
pourtant ils sont tombés dans le désert et ont été détruits. En cela, ils
sont des types pour nous.
Le passage de la mer Rouge est un type du baptême. À ce moment, les
Israélites se sont soumis de façon bien définie à l’autorité et à la
conduite de Moïse. De même, par le baptême chrétien — administré au nom du
Seigneur Jésus — nous sommes placés de façon bien définie sous son autorité
et sa conduite. Bien que ni la nuée ni la mer ne les aient touchés, les fils
d’Israël ont été
sous
la première et ont passé
à travers
la seconde.
Le verset 3 se réfère à la manne; le verset 4 parle du rocher duquel ils ont
bu en Exode 17 et en Nombres 20. Mais autant la manne que le rocher étaient
«spirituels», étant surnaturels; l’un et l’autre étaient des types de
Christ. Pourtant, en dépit de ces privilèges particuliers dont jouissait
tout Israël, la grande majorité d’entre eux sont tombés dans le désert. Ce
triste fait est rappelé dans Hébreux 3 et 4, où il est précisé que la raison
de leur chute est qu’ils n’avaient pas de foi (Héb. 4:2). Notre passage nous
indique ce qui, par contre, les caractérisait: les convoitises, l’idolâtrie,
la fornication et une disposition d’esprit à tenter Dieu et à murmurer.
Lorsque la foi apparaît, ces mauvaises choses disparaissent.
L’Esprit de Dieu a enregistré ces choses pour nous servir d’avertissement.
Le vrai croyant est caractérisé par la confiance en Dieu, et plus sa
confiance est simple et absolue, mieux cela vaut. Parallèlement, il est
caractérisé par une absence de confiance en lui-même, et plus il se méfie de
lui-même, mieux cela vaut. C’est lorsque
nous
croyons que nous sommes debout que nous sommes en danger de tomber. C’est
une tout autre chose, bien sûr, lorsqu’un croyant est confiant que «le
Seigneur est puissant pour le tenir debout» (Rom. 14:4).
Et non seulement Dieu est puissant pour nous soutenir, mais, dans sa
fidélité, il garde un œil vigilant sur nous et ne permettra pas que nous
soyons tentés au-delà d’une certaine limite. Les tentations auxquelles nous
sommes soumis sont des «tentations humaines». Elles ne sont pas d’une nature
surhumaine, et il y a avec elles une «issue». Le fait qu’il y ait une issue
ne signifie pas que nous devions nous attendre à trouver toujours un chemin
qui nous permette d’échapper entièrement à la mise à l’épreuve. Mais cela
veut dire que Dieu veille toujours à ce qu’il y ait un chemin par lequel
nous puissions finalement en sortir indemnes. La tentation peut ressembler à
un long tunnel noir, mais la lumière du jour est toujours visible à son
extrémité.
Ayant exprimé cette solennelle mise en garde, l’apôtre lui donne une
tournure très personnelle au verset 14. Tout le chapitre 8 avait été
consacré au problème des idoles et des viandes qui leur avaient été
offertes, et ce verset nous ramène à cet objet. Le chapitre 8 affirmait la
liberté du croyant par rapport aux viandes offertes aux idoles. Ce verset
contrebalance cet enseignement en soulignant le caractère odieux des idoles
elles-mêmes. L’idolâtrie ne doit pas simplement être évitée; il faut la
fuir, comme étant une chose absolument horrible.
Gardons-nous des idoles, dans tous les sens du terme.
Jusqu’ici dans cette épître, l’apôtre s’était adressé aux Corinthiens sur le
plan de leur responsabilité, en supposant qu’il pouvait y avoir parmi eux
des hommes qui n’avaient que l’apparence chrétienne. Au verset 15, il change
un peu son point de vue et s’adresse à eux comme à des «personnes
intelligentes». Il est à craindre que tout croyant ne puisse être désigné
ainsi; et il est certain qu’aucune personne inconvertie ne peut l’être.
L’apôtre parle aux membres du corps de Christ, qui possèdent son Esprit, et
qui sont donc capables de juger de ce qu’il va maintenant développer devant
eux. Les versets 16 à 22 contiennent une argumentation dont la force
spirituelle devrait s’imposer à nous.
La signification première de la coupe et du pain auxquels nous participons
dans la cène du Seigneur, c’est le sang et le corps de Christ. Cela apparaît
de manière très évidente dès l’institution de la cène, ainsi qu’elle nous
est rapportée dans trois des Évangiles. Mais il y a une autre signification,
sous-jacente à la première, qui n’a pas été mise en lumière avant que soient
donnés les versets qui sont devant nous: c’est la pensée de la «communion».
La cène n’est pas seulement un acte qui fait appel aux sentiments les plus
profonds de la piété personnelle de chaque individu; c’est un acte de
communion, exprimant le fait que nous qui participons à un seul et même
pain, nous sommes «un» comme le pain auquel nous participons.
Cependant, arrivés à ce point, veillons à distinguer soigneusement les
choses qui diffèrent. Le seul pain représente le corps de Christ qui a été
livré à la mort pour nous. Le fait que nous, croyants, bien qu’étant
plusieurs, nous
participions tous
à ce même pain signifie que nous sommes un seul corps. Nous sommes un seul
corps par un acte divin (cf. 12, 13). Participer tous à un seul pain ne fait
pas de nous un seul corps, mais c’est le signe que nous sommes un seul
corps. Et Paul fait appel à ce signe pour donner du poids à son
argumentation.
Le point qu’il souligne ici, c’est que la cène du Seigneur implique la
communion — non seulement la communion les uns
avec
les autres, mais la communion
du
sang et
du
corps de Christ. Il n’y a rien ici pour nourrir la superstition. Ce que nous
rompons,
c’est du pain. Ce à quoi nous
participons,
c’est du pain. Mais en buvant et en participant, nous avons communion
avec
ce que la coupe et le pain représentent;
et c’est à l’égard de cela que nous serons tenus pour responsables, comme le
verset 27 du chapitre suivant l’affirme expressément. C’est une vérité
extrêmement solennelle, sur laquelle on ferme trop souvent les yeux.
Au verset 18, l’apôtre montre qu’il y avait en Israël une préfiguration de
cette vérité. En effet, les sacrificateurs pouvaient manger certaines
parties de certains sacrifices, et dans le cas du sacrifice de prospérités,
même celui qui l’offrait en avait sa part. Les chapitres 6 et 7 du Lévitique
nous donnent des détails à ce sujet. Ils nous montrent aussi qu’il y avait
des restrictions pour ceux qui mangeaient. Toute souillure devait être
éloignée d’eux, car, par leur participation au sacrifice, ils étaient en
communion avec l’autel de Dieu, et avec tout ce qu’il représentait. S’ils
avaient pris des libertés avec leur nourriture sainte et l’avaient traitée
d’une manière indigne, ils en auraient subi des conséquences graves.
Il en était de même en principe quant aux sacrifices idolâtres des gentils.
Les idoles que les païens vénéraient représentaient des démons; et ces
démons n’étaient rien d’autre que des subordonnés de Satan. En leur offrant
des sacrifices, ces gens entraient en communion avec les démons. Et l’enfant
de Dieu doit fuir à tout prix une telle communion.
Les versets 16 à 20 placent ainsi devant nous trois communions: celle des
chrétiens, celle des Juifs et celle des païens. Elles sont centrées
respectivement sur la table du Seigneur, sur l’autel d’Israël et sur les
sacrifices idolâtres du paganisme. Elles s’expriment dans tous les cas par
le fait de manger. Dans ce passage, l’autel d’Israël n’est pas en question;
il est seulement introduit comme illustration, puis laissé de côté. (Il y a
aussi une allusion à lui en Héb. 13:10.) Le problème, ici, se situe entre la
communion de la mort de Christ et la communion des démons. Ces deux choses
sont totalement, fondamentalement et continuellement opposées. Il est
impossible de participer à l’une et à l’autre. «Vous ne pouvez», dit
l’apôtre à deux reprises au verset 21.
En supposant que quelqu’un ignore ce «vous ne pouvez», et soit assez
effronté pour participer à la table des démons après avoir participé à la
table du Seigneur, qu’en sera-t-il alors? Il provoque le Seigneur à la
jalousie, à l’égard de son nom et de sa gloire. Le Seigneur ne donnera pas
sa gloire à un autre, et celui qui l’offense ainsi entre en conflit aigu
avec le Seigneur lui-même. Il connaîtra l’amertume de ses voies en
discipline, qui peuvent aller jusqu’à la mort. Sous la discipline du
Seigneur, il découvrira vite qu’il n’est pas plus fort que lui, et il devra
parcourir la route pénible de la repentance, qui est le seul moyen qui
conduit à la restauration.
Par la grâce de Dieu, nous ne sommes que très peu menacés par la «communion
avec les démons». Mais, à cause de cela, n’écartons pas avec légèreté de nos
pensées ce qui nous est enseigné ici, car le principe a une portée beaucoup
plus large. Si nous participons à la table du Seigneur, nous devons être
vigilants pour ne pas participer aussi à des choses qui sont en
contradiction avec elle et avec sa sainteté. Si nous avons communion avec le
sang et le corps de Christ, nous comprendrons que celle-ci a une valeur
telle qu’elle exclut toute communion incompatible. Nous nous tiendrons
éloignés de toute communion qui puisse nous lier, et même nous souiller.
Nous craignons que les implications de cette vérité soient souvent ignorées.
On participe à la coupe et au pain sans se préoccuper beaucoup des
obligations solennelles qui y sont rattachées. Or nous ne pouvons avoir
aucune communion avec des choses mauvaises.
Ce sérieux problème traité, il reste la question des viandes offertes aux
idoles, à laquelle l’apôtre avait déjà fait allusion. Il s’en était écarté
au début du chapitre 9 pour ouvrir une digression, et il y revient au verset
23 du chapitre qui nous occupe. Le monde païen était si rempli d’idoles que
la plupart des animaux en vente dans les boucheries avaient été tués lors de
sacrifices ou de cérémonies idolâtres. Si un chrétien achetait sa viande à
la boucherie, ou s’il mangeait chez quelqu’un qui n’était pas croyant et qui
était donc indifférent à ces choses, que devait-il faire?
À ce sujet, Paul affirme à deux reprises: «Toutes choses sont permises». Il
nous place donc dans une position de liberté. Mais il nous rappelle que
toutes choses sont bien loin d’être
avantageuses
ou
édifiantes,
et de plus, que nous ne devons pas simplement considérer ce qui est bon pour
nous, mais aussi ce qui est bon pour les autres. Le double test qu’il
mentionne peut avoir des milliers d’applications. Sans cesse se présentent
de nouvelles situations où nous ne devons pas seulement nous demander:
est-ce permis? mais aussi: est-ce avantageux? cela tend-il à l’édification?
De plus, nous avons à considérer l’avantage et l’édification de
tous.
Si nous ordonnions nos vies selon ce standard, nous nous passerions de bien
des choses dont la nature est douteuse et sans profit.
Nous pouvons bien remercier Dieu pour la liberté donnée dans ce passage.
Quel fardeau insupportable pour les premiers chrétiens, s’ils avaient été
responsables de rechercher l’historique de chaque morceau de viande acheté
dans leurs marchés, ou consommé dans la maison de quelque connaissance! Et
pour nous aujourd’hui, qui vivons dans un monde hautement compliqué et
artificiel, cela serait encore dix fois pire. La volonté de Dieu pour les
siens est évidemment qu’ils acceptent les conditions dans lesquelles ils
sont placés, et qu’ils cheminent avec simplicité, sans chercher d’un œil
inquisiteur tous les problèmes possibles, qu’il s’agisse de viande ou de
n’importe quelle autre chose.
Par contre, si, sans s’être spécialement enquis, quelqu’un est informé d’une
souillure — comme dans le cas qui est supposé au verset 28 — alors cette
souillure doit être soigneusement évitée. En disant cela, l’apôtre réaffirme
ce qu’il avait dit à la fin du chapitre 8.
Cela nous amène à l’enseignement très général du verset 31, à une
affirmation qui couvre l’ensemble de nos vies. En toutes choses, nous devons
rechercher la gloire de Dieu. Et le verset suivant ajoute que nous devons
éviter de devenir une pierre d’achoppement pour un homme quelconque. En
considérant ce passage dans son ensemble, nous pouvons y observer cinq
points très utiles pour nous aider à discerner si un chemin est, ou n’est
pas, selon la volonté de Dieu.
Ce qui est selon sa volonté est:
— permis,
— avantageux,
— pour l’édification (de soi-même ou des autres),
— pour la gloire de Dieu,
— et ne donne pas d’occasion de chute pour qui que ce soit.
La question est souvent posée: comment puis-je connaître la volonté de Dieu
et être dirigé par lui? Eh bien! voilà quelques éléments de direction très
sûrs et bien définis. Mais sommes-nous toujours disposés à nous laisser
diriger lorsque nous recevons les directions divines?
Le verset 32 partage l’humanité en trois classes. Remarquez comment
l’assemblée de Dieu est distinguée des Juifs et des Grecs (les gentils).
L’Ancien Testament partageait les hommes en deux catégories: Israël et les
nations (les païens). L’Église, un corps tiré à la fois des Juifs et des
gentils, n’apparaît que dans le Nouveau Testament. Bien que nous ayons été
appelés hors de l’ensemble de l’humanité, nous devons considérer les hommes
en cherchant leur plus grand bien, leur salut. C’était la façon de faire de
Paul, comme c’était celle de Christ. Et nous devons être imitateurs de Paul.
Le verset 1 du chapitre 11 peut être considéré comme étant le dernier verset
du chapitre 10.
Chapitre 11
Le nouveau sujet commence au verset 2 , qui fait un net contraste avec le
verset 17. Au chapitre 10, comme nous l’avons vu, l’apôtre a parlé de
l’institution de la cène du Seigneur. En relation avec elle, il y avait de
graves désordres à Corinthe, exigeant une réprimande sévère. Il y avait
cependant certains points en lesquels l’apôtre pouvait louer les
Corinthiens. Il commence donc par quelques mots de louange. Des
«enseignements» leur avaient été donnés; ils s’étaient souvenus de Paul et
les avaient gardés. Ainsi, même en cela, nous voyons l’apôtre confirmer par
l’exemple ce qu’il venait de dire. Il cherchait le profit des Corinthiens en
les louant avant de les blâmer. Et en agissant de cette manière, il suivait
Christ. En effet, c’est bien là sa manière d’agir, comme nous le voyons dans
les messages aux sept assemblées, en Apocalypse 2 et 3.
Cependant, même à cet égard, il y avait des choses au sujet desquelles les
Corinthiens étaient ignorants. Il semble qu’ils observaient les
enseignements qui leur avaient été donnés quant à l’attitude des hommes et
des femmes dans la prière et la prophétie, sans comprendre la vérité qui
motivait ces enseignements. Le fait que l’homme doive accomplir ces
exercices spirituels avec la tête découverte, et la femme avec la tête
couverte, n’était pas un ordre arbitraire. Au contraire, c’était en accord
avec l’ordre divin établi en relation avec Christ. Trois «chefs» ou «têtes»
sont mentionnés au verset 3.
Si Dieu est le plus élevé d’entre eux, c’est parce qu’en devenant homme,
afin de pouvoir assumer sa fonction de médiateur, le Seigneur Jésus a pris
une place de soumission. Ésaïe avait annoncé la venue du serviteur de
l’Éternel, qui aurait l’oreille de celui qu’on enseigne et qui ne dévierait
jamais de ses commandements (50:4, 5) — c’est-à-dire que l’Éternel serait sa
tête ou son chef en toutes choses. Cela a été parfaitement accompli en
Christ, et le fait qu’il soit maintenant ressuscité et glorifié n’a pas
altéré cette position. Il est toujours le serviteur qui accomplit la volonté
de Dieu, bien qu’il ne soit jamais moins que Dieu lui-même, et «le plaisir
de l’Éternel prospérera en sa main» pour l’éternité (És. 53:10). Ainsi, «le
chef du Christ, c’est Dieu».
Ensuite, Christ est le chef de l’homme — distingué ici de la femme. Un ordre
déterminé a été établi à la création, «Adam a été formé le premier, et puis
Ève» (1 Tim.2:13). Cet ordre est réaffirmé par les versets 8 et 9 de notre
chapitre. Ève participait à la place d’honneur que possédait Adam; mais,
même pendant le temps de l’innocence, la direction était dévolue à Adam. Le
péché n’a pas changé cet ordre, non plus que la venue de la grâce de Dieu en
Christ. Ainsi, Christ est le chef de l’homme — de tout homme. Et l’homme est
le chef de la femme.
Les membres du corps humain sont tous dirigés par la tête — ou le chef.
Ainsi, l’image est très simple et très expressive. En un mot, c’est une
affaire de
direction.
La femme doit accepter la direction de l’homme. L’homme doit accepter la
direction de Christ. Christ accepte la direction de Dieu, et le fait d’une
manière parfaite. Quant aux autres relations, la soumission se réalise d’une
manière très imparfaite. Les hommes, pour la plupart, ne reconnaissent pas
Christ du tout; et nous assistons à la grande révolte féministe contre
l’autorité et la direction de l’homme — spécialement dans les nations
«christianisées», ce qui est bien significatif. Mais aucun de ces faits
n’altère l’ordre divin.
Dans des activités spirituelles qui touchent directement Dieu — que ce soit
en priant (c’est-à-dire en s’adressant à lui) ou en prophétisant
(c’est-à-dire en parlant de sa part) — il faut que le croyant, homme ou
femme, observe ces enseignements quant à la tête découverte ou couverte.
C’est un signe que l’ordre divin est reconnu et obéi. Les versets 14 et 15
montrent en outre que c’est en accord avec cela que l’homme a des cheveux
courts et la femme des cheveux longs.
Il n’y a pas de contradiction entre le verset 5 de notre chapitre et le
verset 34 du chapitre 14, pour la simple raison que là il est question de
parler dans l’assemblée, alors qu’ici le fonctionnement de l’assemblée n’est
pas en vue avant le verset 17. C’est seulement depuis ce verset que le
chapitre commence à considérer ce qui se passe lorsqu’on se réunit. La
prière et la prophétie envisagées au verset 5 ne sont pas en relation avec
les rassemblements formels des saints de Dieu.
C’est lorsqu’il se met à parler des choses qu’il avait apprises au sujet de
leurs réunions en assemblée que l’apôtre se voit contraint de les blâmer (v.
17). Ils ne se réunissaient pas pour leur profit, mais pour leur détriment.
Au premier chapitre, Paul avait déjà fait allusion à ces divisions parmi
eux, et c’est lorsqu’ils se réunissaient qu’elles étaient rendues
manifestes. Ils se réunissaient encore en un même lieu. Les choses n’avaient
pas atteint un point tel qu’ils refusent de se rencontrer et qu’ils se
réunissent dans des locaux différents. Et pourtant il y avait des fissures
internes dans l’assemblée, avec tout leur cortège d’effets désastreux.
Ces nouvelles étaient parvenues aux oreilles de Paul et il leur dit
ouvertement qu’il les croit en partie, car il connaissait leur état charnel.
Le mot «sectes» du verset 19 signifie «écoles d’opinion». Les sectes sont
mentionnées en Galates 5:20, parmi les affreuses «œuvres de la chair».
Lorsque des croyants se trouvent dans une condition charnelle, les sectes
surviennent inévitablement. C’est pourquoi l’apôtre dit à ces Corinthiens
charnels: «il
faut
aussi qu’il y ait des sectes parmi vous». Ces sectes peuvent avoir l’effet
de manifester ceux qui sont follement «approuvés» par les hommes. Elles
auront certainement pour effet de révéler ceux qui refusent cet esprit de
parti, et qui par conséquent ont l’approbation de Dieu.
Quel doit être le jugement de l’Esprit de Dieu sur nous aujourd’hui, en
raison de la manière dont les écoles d’opinion prospèrent dans l’Église de
Dieu!
Le verset 20 montre clairement que les croyants de Corinthe, bien que très
nombreux, se réunissaient encore ensemble dans un même bâtiment. Ils se
réunissaient «en assemblée», c’est-à-dire pas seulement pour être ensemble
mais comme assemblée (v. 18). Et alors, les sectes et les partis se
manifestaient douloureusement. En outre, leur façon d’agir était
désordonnée. Elle l’était tellement que l’apôtre refuse de reconnaître leurs
festins, qu’ils appelaient la cène, comme étant véritablement la cène du
Seigneur. Ce n’est pas «manger la cène dominicale», dit-il, mais chacun
prenant «son propre souper».
Nous croyons qu’il y a ici un double contraste. Premièrement un contraste
entre les termes «du Seigneur» et «son propre». Ils traitaient la question
comme s’ils en étaient maîtres, et pouvaient par conséquent l’arranger à
leur guise en célébrant la cène comme ils le voulaient. Cela conduisait à un
désordre scandaleux, certains ne recevant rien et d’autres buvant tellement
de vin qu’ils s’enivraient. Si un désordre aussi choquant semble ne plus
avoir lieu de nos jours, n’y a-t-il pas beaucoup de chrétiens qui s’estiment
maîtres de cette sainte ordonnance et se croient parfaitement libres de la
modifier à leur convenance? — libres de la changer en une messe ou en un
sacrifice, libres de l’ornementer ou de l’agrémenter par des chœurs, libres
d’en limiter l’administration à une caste sacerdotale, libres de la célébrer
si fréquemment qu’elle en devient presque continue, libres de la réaliser
une fois seulement en plusieurs mois ou de l’abolir complètement.
Mais il y a aussi un contraste entre la cène du Seigneur qui est une affaire
de
communion,
comme le chapitre 10 l’a exposé, et «chacun» prenant son propre souper, ce
qui en fait une affaire purement
individuelle.
Si des croyants se réunissent et respectent cette institution de façon
extérieurement impeccable, mais qu’en même temps ils la traitent comme un
privilège purement
personnel,
en lui ôtant, dans leur esprit, la pensée que ceux qui la célèbrent le font
comme étant un seul corps, ils se fourvoient complètement. Ce n’est
pas
chacun agissant et mangeant pour lui-même,
mais plutôt
tous agissant ensemble.
Le seul remède au désordre quant à la cène du Seigneur était de revenir, et
cela même aux temps apostoliques, à son institution originale — à son
esprit, à sa signification et à toute sa simplicité. Paul ne développe pas
d’arguments à ce sujet. Dans les versets 23 à 27, il revient simplement à ce
qui avait été institué par le Seigneur lui-même. Et il le fait, non pas
comme s’il avait reçu des informations authentiques de la part des autres
apôtres qui avaient été présents alors, mais comme ayant reçu directement
ces instructions du Seigneur, par une révélation divine. Cette révélation
confirme le compte-rendu donné par les évangélistes inspirés et en clarifie
la signification. Beaucoup de ce qui peut être considéré par les hommes
comme la beauté et la grandeur de la célébration de cette institution n’est,
selon l’estimation divine, rien d’autre que du désordre. Tout ordre qui
n’est pas l’ordre divin, aussi ornementé et magnifique qu’il soit aux yeux
des hommes, n’est que du désordre aux yeux de Dieu.
Il a plu à Dieu de nous donner quatre comptes rendus de l’institution de la
cène du Seigneur. Le quatrième, donné par Paul, revêt une importance
particulière. Il établit clairement que cette institution doit être observée
par les croyants d’entre les nations aussi bien que d’entre les Juifs, et
qu’elle doit se continuer jusqu’à ce que le Seigneur vienne. Les objets
matériels employés sont des plus simples: le pain, la coupe, objets connus
dans chaque maison à cette époque. Leur signification est profonde: «mon
corps», «la nouvelle alliance en mon sang». Et l’esprit entier de cette
institution est défini par les mots: «en mémoire de moi». Nous devons nous
souvenir de lui dans les circonstances par lesquelles il a passé: il a été
dans la mort,
bien que nous le connaissions comme celui qui est maintenant glorifié dans
le ciel.
La cène commence donc avec le souvenir du Seigneur dans sa mort. Beaucoup de
choses découlent de ce souvenir. Nous ne manquerons pas d’être conscients de
la bénédiction qui est la nôtre — c’est «la coupe de bénédiction» — et nous
pourrons bénir Dieu en retour. Mais il nous faut aller au-delà des symboles
et voir ce qu’ils représentent. Nous devons discerner le corps et le sang de
Christ. Et en discernant cela, nous serons gardés de traiter ces choses
saintes d’une manière profane et indigne, comme les Corinthiens le
faisaient. Le Seigneur ne les tenait pas pour innocents, et ils mangeaient
et buvaient un jugement contre eux-mêmes. Ils étaient coupables du
déshonneur qu’ils jetaient, non seulement sur un pain et une coupe, mais sur
le corps et le sang de Christ représentés par ce pain et cette coupe. C’est
le sens profond des versets 27 et 29.
Que devrions-nous faire alors? Lorsque l’Éternel exerça le jugement sur
Uzza, parce qu’il avait traité l’arche comme si elle était un objet
ordinaire (voir 2 Sam. 6), David fut irrité et laissa l’arche entièrement de
côté pour un temps. C’était une faute, qu’il rectifia par la suite en
honorant l’arche et en la traitant comme Dieu l’avait ordonné. Les
instructions de Paul aux Corinthiens, dans les versets 28 à 30, sont en
plein accord avec cela. Dieu était intervenu en jugement parmi eux;
plusieurs étaient faibles et malades, et certains avaient même été
retranchés par la mort. Mais cela ne devait pas les conduire à renoncer à
célébrer la cène du Seigneur. Au contraire, cela devait les amener à
s’éprouver eux-mêmes et à y participer dans un esprit de jugement de soi. Il
y avait eu abus, et la solution n’était pas l’abstention, mais la
réalisation soigneuse de ce mémorial, dans l’obéissance à l’intention de
Dieu.
Les derniers versets de ce chapitre nous fournissent un exemple du châtiment
de Dieu en rétribution. Les Corinthiens étaient sous la discipline divine à
cause du mal qu’ils avaient commis. Dieu châtie ses enfants afin qu’ils ne
soient pas condamnés avec le monde. Si nous nous jugeons nous-mêmes, nous
serons gardés du mal et il ne sera pas nécessaire que la main de Dieu
s’appesantisse sur nous. Notons bien cela. Exerçons-nous au jugement de
nous-mêmes; il est hélas si peu mis en pratique. Cultivons-le toujours plus.
Par lui, nous serons préservés d’innombrables fautes. Les Corinthiens
l’avaient manifestement négligé, et il y avait beaucoup à reprendre parmi
eux. L’apôtre a maintenant corrigé leurs erreurs les plus flagrantes en
relation avec la Cène. Il y en avait d’autres, mais elles pouvaient attendre
jusqu’à ce qu’il vienne en personne. Il termine donc le chapitre en disant:
«Or quant aux autres points, je les réglerai quand j’irai vers vous».
Chapitre 12
Les croyants de Corinthe se réunissaient en assemblée non seulement pour
participer à la cène du Seigneur, mais aussi pour l’exercice des dons
spirituels, en particulier celui de la prophétie. À cette époque, il y avait
des prophètes que le Saint Esprit utilisait pour délivrer des communications
inspirées dans l’assemblée. C’est de cette manière que Dieu fournissait des
instructions et des directions, alors que les écrits du Nouveau Testament,
étant en formation, n’étaient pas encore à la disposition des croyants,
comme ils le sont aujourd’hui. Il y avait cependant un grand danger lié à
cela.
Autrefois, lorsque Dieu suscita des prophètes en Israël, Satan s’empressa de
semer la confusion en faisant apparaître de nombreux faux prophètes. Au
temps d’Achab, il y avait huit cent cinquante faux prophètes pour un vrai.
L’adversaire a utilisé la même tactique aux premiers jours de l’Église, en
introduisant, dans les rassemblements de croyants, des hommes qui
fournissaient des communications inspirées non par l’Esprit Saint mais par
des démons. C’est la raison du test présenté au verset 3: la confession de
Jésus comme Seigneur. Beaucoup de témoignages pourraient être apportés,
confirmant l’efficacité de ce test. Il fonctionne infailliblement. Dans les
séances spirites modernes, les démons exprimeront facilement des sentiments
de très belle apparence et de haut niveau, mais ils ne reconnaîtront jamais
Jésus comme Seigneur.
Dans le monde païen, on pensait que chaque démon avait une spécialité dans
laquelle il exerçait son activité. L’un était un esprit guérisseur, un
autre, un esprit de prophétie ou de divination, etc. L’apôtre apprend donc
aux Corinthiens, dans les versets 4 à 11, que tous les dons d’origine divine
qui peuvent être manifestés dans l’Église procèdent d’un seul et même
Esprit, le Saint Esprit de Dieu. L’Esprit est un, ses opérations et ses
manifestations de puissance sont multiples. Qu’il s’agisse de l’Esprit (v.
4), du Seigneur (v. 5) ou de Dieu (v. 6), le trait dominant est la diversité
procédant de l’unité. Les dons sont en relation avec l’Esprit, les services
avec le Seigneur et les opérations avec Dieu.
Or, dans l’assemblée de Dieu, les dons ou les manifestations de l’Esprit
s’expriment à travers des hommes. Aucun homme ne possède tous les dons.
Occasionnellement, un homme peut en posséder plusieurs. Le plus souvent, il
n’en possède qu’un. Toutefois, qu’il en possède un ou plusieurs, ce qui lui
a été confié n’est pas pour son propre profit, mais pour le profit de tous.
«Or à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité»
(v. 7). Les Corinthiens agissaient manifestement un peu comme des enfants;
c’était comme si le don spirituel conféré était une sorte de nouveau jouet
qu’ils pouvaient utiliser pour leur plaisir personnel et pour se distinguer.
Or il ne s’agissait pas du tout de cela, mais d’un don fourni à un membre
pour le bien du corps tout entier.
Alors, ayant énuméré les différents dons et ayant de nouveau souligné que
tous procèdent du même Esprit, étant accordés selon sa volonté souveraine et
comme il lui plaît, l’apôtre en vient, au verset 12, au seul corps pour le
profit duquel tout est donné. Le corps humain est utilisé comme
illustration. Il a plusieurs membres et pourtant il constitue une unité
organique. L’apôtre ajoute: «Ainsi aussi est le Christ».1
1
L’article défini «le» est dans l’original grec.
C’est une expression remarquable. Elle ne désigne pas Christ
personnellement; mais elle indique que le seul corps — l’Église — étant le
corps de Christ, son nom peut être placé sur lui.
L’Église donc, comme corps de Christ, est une unité organique, exactement
comme l’est le corps humain. Elle a été formée par un acte de Dieu, par
l’énergie du seul Esprit. Il est important que nous nous en souvenions, car
c’est par ce fait qu’elle subsiste dans son intégrité. Elle ne peut pas être
altérée ou détruite par l’homme ou par la puissance du diable, bien que sa
manifestation visible durant son séjour sur la terre puisse être, et a
effectivement été, gravement détériorée. Ce qui a été divinement formé
demeure et sera parfaitement manifesté dans la gloire.
L’action de l’Esprit pour former le seul corps est décrite comme un baptême
collectif: «Nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul
corps» (v. 13). C’est sur cette base que le seul corps a été formé, et que
nous avons été placés en lui. Et l’apôtre ajoute: «Nous avons tous été
abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit». Cela paraît être une allusion à
Jean 7:37-39. Chaque membre du corps a personnellement reçu le seul Esprit —
ou en a été imprégné —de sorte que celui-ci le caractérise et le gouverne.
Ainsi, l’unité est produite de cette double manière: nous avons tous été
baptisés d’un seul Esprit, et l’Esprit est en chacun parce qu’il en a été
personnellement abreuvé.
Les versets 12 et 13 nous donnent donc ce qui a été opéré par Dieu lui-même
dans l’énergie de son Esprit, et par conséquent les défaillances humaines
sont hors de cause. Ce n’est pas simplement une belle idée qui appartient à
un domaine purement théorique. C’est un fait qui existe actuellement par un
acte divin; et la foi le saisit et agit en conformité avec lui. Si nous ne
le saisissons pas, nous ne pouvons pas agir en conformité avec lui.
Saisissons par la foi ce qui a eu lieu par un acte de l’Esprit et ce que
nous avons reçu en étant abreuvés par un seul Esprit, en buvant à cette
source. Et que notre vie entière, en relation avec Christ lui-même et avec
les autres membres du corps, en porte l’empreinte!
Si le verset 13 enseigne que tous les vrais croyants ont été constitués en
un seul corps, le verset suivant souligne de nouveau la vérité
correspondante que le corps est composé de plusieurs membres.
L’unité
que Dieu a établie dans le seul corps ne doit pas être confondue avec
l’uniformité.
Celle-ci caractérise largement le travail de l’homme, spécialement de nos
jours, mais non le travail de Dieu. L’homme invente des machines qui
fabriquent des objets par milliers ou par millions et qui sont tous
exactement les mêmes à tous égards. Dans l’ouvrage de Dieu, nous voyons la
plus grande diversité dans l’unité, et l’unité dans la plus merveilleuse
diversité.1
1
Dans le passage considéré et dans tout ce texte, la diversité est celle des
personnes — membres du corps de Christ — et non celle des rassemblements
qu’ils peuvent former. Ce chapitre montre que Dieu ne reconnaît comme entité
collective locale que celle de l’assemblée, corps de Christ. (Note de la
rédaction).
Dans les versets 14 à 26, le corps humain est utilisé comme illustration de
cela, et ce sujet est développé avec une abondance de détails. De façon
évidente, l’apôtre jugeait qu’il était de la plus grande importance que ce
sujet soit clairement compris. Et pourquoi cela?
La raison, à notre avis, en est qu’il connaissait les tendances invétérées
du cœur humain. Il est si naturel, même pour les croyants, de s’attacher à
un petit groupe de gens qui sont tous absorbés par le même objet — groupe
dans lequel tous peuvent s’installer aimablement et confortablement sans
frictions pour jouir d’eux-mêmes, en liaison avec ce qu’ils poursuivent
ensemble. Bien sûr, quant à ceux dont les pensées, les activités ou les
fonctions sont notablement différentes, on peut se passer d’eux. C’est alors
qu’arrive le schisme ou la division dont parle le verset 25.
L’illustration de cela, au verset 21, est très frappante. L’œil est l’organe
de la vue; la main, celui du travail. Certains croyants sont caractérisés
par une vue claire — l’intelligence et le discernement spirituels. Ils ont
une grande compréhension des choses de Dieu. Ils s’adonnent à l’étude et à
la contemplation, et consacrent peut-être très peu de temps à l’activité.
D’autres croyants sont des travailleurs inlassables: pour les intérêts de
leur Seigneur, ils mettent la main à de nombreuses tâches difficiles. En
fait, ils travaillent si dur que leur labeur risque de ne pas être selon la
connaissance, et par conséquent de s’éloigner de la volonté de Dieu. Alors,
le danger est que «l’œil» dise à «la main»: «Je n’ai pas besoin de toi».
L’apôtre ne suppose pas que «la main» puisse dire cela à «l’œil».
L’expérience pratique prouve que c’est habituellement le frère intellectuel,
clairvoyant, qui est tenté de parler ainsi au frère qui est nettement moins
doué spirituellement, mais qui est un beaucoup plus grand travailleur.
Puis, la tête et les pieds sont mis en contraste. Ce n’est pas seulement la
vue qui se trouve dans la tête, mais aussi l’ouïe, l’odorat et le goût. Un
seul des cinq sens, le toucher, se trouve réparti dans tout le corps. Pour
pouvoir exercer ses fonctions, la tête a besoin de tranquillité et de repos.
Mais les pieds sont des instruments de mouvement. La tête aspire à ce qui
est tranquille et stable, afin d’être capable d’observer, d’écouter et de
penser, tandis que les pieds sont tout prêts pour l’activité et le mouvement
qui vont la déranger. La tête peut être fortement tentée de dire aux pieds:
«Je n’ai pas besoin de vous».
Dans le corps humain, tous les membres sont nécessaires, et Dieu les a
adaptés les uns aux autres. Il a donné un honneur plus abondant aux parties
qui pouvaient être estimées sans honneur, et a donné une parure abondante à
ce qui pouvait paraître indécent. La science médicale met en évidence le
rôle de glandes obscures, auxquelles précédemment personne ne pensait
beaucoup, mais qui sont en réalité de grande importance, exerçant une telle
influence que, si elles cessent de fonctionner, le corps ne peut pas vivre.
Il en est ainsi dans le corps de Christ, et c’est pourquoi les membres
doivent se vouer mutuellement soin et intérêt. Si l’un est affecté, d’une
façon ou de l’autre, tous sont affectés.
Remarquez que, dans toute cette illustration, le corps humain est vu comme
l’œuvre de Dieu. Le verset 18 le dit, et le verset 24 le confirme; ainsi,
tout schisme est exclu. Et dans le verset 21, il n’est pas dit que l’œil ne
doit pas
dire à la main «Je n’ai pas besoin de toi», mais qu’il ne
peut
pas
le dire. Exactement de la même manière, le corps de Christ est considéré
comme le fruit du travail de Dieu. C’est ce que Dieu a établi; le travail de
Dieu qui ne peut jamais être défait par l’homme.
D’un autre côté, remarquons-le, bien que ce soit le travail de Dieu, ce
n’est pas pour autant une chose idéaliste, détachée de la sphère de la vie
pratique actuelle, sans conséquence sur l’Église dans sa condition présente.
Bien au contraire, et l’apôtre s’empresse de donner cette application
présente.
Cette application commence au verset 27. L’article défini «le» n’est pas
dans le grec et il vaudrait mieux l’omettre, même si cela donne à la phrase
une tournure étrange. Il ne dit pas: «Vous être
le
corps de Christ», ce qui aurait pu indiquer à ces croyants de Corinthe
qu’ils étaient le corps tout entier, et aurait pu conduire en outre à la
supposition qu’ils étaient simplement le seul corps à Corinthe. Car alors il
y aurait eu le seul corps à Éphèse, et dans d’autres localités, ce qui
aurait conduit à l’idée contradictoire et inconsistante d’une pluralité de
seuls corps. Il dit littéralement: «Vous êtes corps de Christ», c’est-à-dire
qu’ils appartenaient au corps de Christ et portaient ensemble le caractère
de corps de Christ à Corinthe, chacun d’eux en étant un membre particulier.
Ils étaient donc membres du corps de Christ. Dans le verset suivant,
l’apôtre montre comment Dieu a placé quelques-uns de ces membres dans
l’assemblée. Nous faisons bien de différencier dans nos pensées le corps de
Christ, formé par un acte divin, et l’assemblée telle qu’on la trouve dans
ce monde, que ce soit localement à Corinthe ou dans sa totalité. Mais tandis
que nous les distinguons, nous ne devons pas les séparer, car l’action des
membres du corps a lieu dans l’assemblée, et cette action doit être
gouvernée et régulée par la vérité que la Parole présente quant au corps.
Les «dons» ou «manifestations» de l’Esprit qui étaient accordés à divers
membres sont détaillés dans le verset 28. Leur ordre doit être noté. Les
apôtres viennent en premier lieu, les diverses sortes de langues, en
dernier. Les Corinthiens, qui étaient charnels, faisaient grand cas des dons
les plus spectaculaires, comme le font aujourd’hui bien des chrétiens
charnels. Parler dans une langue inconnue était pour eux la chose la plus
désirable de toutes. Cependant, leur estimation était fausse. Les dons sont
distribués selon la volonté souveraine de l’Esprit. Aucun don n’était donné
à tous. Dans la règle, chaque croyant avait son propre don distinctif.
Les versets 29 et 30 contiennent sept questions. Celles-ci sont posées, mais
les réponses ne sont pas données, parce qu’elles sont évidentes.
Uniformément la réponse est: non. Remarquez la sixième question, en rapport
avec ceux qui prétendent que personne n’a véritablement reçu le Saint Esprit
s’il ne parle pas en langue. L’apôtre demande: «Tous parlent-ils en
langues?» — Non. Pourtant tous avaient «été abreuvés pour l’unité d’un seul
Esprit».
Quelle doit donc être notre attitude à l’égard des différents dons? Nous
devons désirer avec ardeur les plus grands, notamment de prophétiser ou
d’enseigner, comme cela ressort clairement des premiers versets du chapitre
14. Ils sont «plus grands» parce qu’ils sont d’un profit plus vaste et plus
général; et les dons sont donnés à chacun pour le profit de tous. Et il y a
un chemin encore plus excellent par lequel ce but peut être atteint. C’est
le chemin de l’amour, de l’amour divin, tel qu’il est décrit dans le
chapitre 13. L’apôtre s’écarte alors un moment de la ligne principale de son
sujet pour souligner la suprême excellence de cet amour, qui n’est autre que
la nature de Dieu lui-même.
Chapitre 13
Le chapitre 13 est devenu célèbre. Sa force extraordinaire est reconnue non
seulement par les croyants, mais par une multitude d’autres personnes. Les
hommes les plus éminents le déclarent merveilleux, et le considèrent comme
l’un des chefs-d’œuvre littéraires du monde, sans peut-être apprécier la
portée réelle de son enseignement. Mais que dit-il en fait? Le premier
verset du chapitre 8 nous a dit que «l’amour édifie» et le chapitre 13
développe ce fait. En premier lieu, il nous montre que même les dons les
plus brillants n’ont aucune valeur s’ils ne sont pas accompagnés de l’amour.
En second lieu, il nous fait voir que l’amour est la force qui fait vraiment
le travail, même lorsque les dons sont là.
Les trois premiers versets considèrent des dons que l’on pourrait posséder
et exercer sans amour. S’il en était ainsi, le bénéfice total de leur action
serait rigoureusement nul. Le don des langues est mentionné d’abord, car
c’est lui particulièrement qui était devenu un piège pour les Corinthiens.
Mais il est suivi de la prophétie, dont l’apôtre fait plus loin l’éloge
comme étant le premier en importance. Ensuite viennent la connaissance et la
foi, et tous les actes de bienfaisance que l’on désigne aujourd’hui sous le
terme de «charité». Enfin, l’apôtre mentionne un sacrifice de soi-même tout
à fait remarquable. Quelles bouleversantes déclarations Paul fait ici!
Si un frère pouvait, par le don des langues, prononcer dans l’assemblée des
paroles d’une élévation sublime, mais qu’il fasse cela sans que l’amour en
soit le mobile, quel bien en résulterait-t-il pour les intérêts du Seigneur?
Il aurait tout aussi bien pu amener à la réunion un gong ou une cymbale et
les faire retentir.
Si quelqu’un a une connaissance extraordinaire de l’Écriture et la capacité
de transmettre à d’autres, grâce à un don de prophétie, ce qu’il a lui-même
reçu — s’il a aussi une foi d’une puissance presque miraculeuse — mais qu’il
n’ait pas l’amour, qu’est-il? Il n’est pas dit qu’il soit semblable à un
airain qui résonne, car il est possible que nous retirions quelque
instruction de ce qu’il dit, ou que nous soyons stimulés par sa grande foi.
Ce qui nous est dit, c’est que lui-même n’est rien. Par manque de
discernement spirituel, nous pourrions le considérer comme un géant. En
réalité, il est moins qu’un nain. Il n’est
rien.
Si quelqu’un était prêt à distribuer tous ses biens en aliments pour les
pauvres ou à livrer son corps pour être brûlé, mais que l’amour ne soit pas
le motif qui l’anime, son action aurait-elle quelque valeur? Aurait-elle
quelque récompense dans le jour qui vient?
Cela ne lui profite de
rien.
L’absence d’amour a enlevé toute valeur à son acte. À la lumière de ces
faits, bien que négatifs dans leur caractère, nous voyons la valeur sans
égale de l’amour.
Nous sommes invités ensuite à voir de plus près les caractères de l’amour.
Le premier est manifestement positif. L’amour use de longanimité (il a une
longue patience) et il est
plein de bonté.
Y a-t-il quelque chose qui pourrait surpasser la patience et la bonté de
Dieu dans ses voies envers l’homme rebelle? Non. Dieu est amour. Et dans la
mesure où nous manifestons la nature divine, nous manifesterons de la
longanimité et de la bonté envers les hommes en général, et envers nos
frères en particulier.
Ce caractère positif est suivi de traits négatifs. L’amour est marqué par
l’absence totale de certains traits hideux de caractère ou de comportement,
qui sont parfaitement naturels à notre chair. Paul les énumère. Ce sont: 1)
l’envie de ce que possèdent les autres, 2) la vantardise ou la vaine gloire,
3) l’orgueil, qui conduit à s’enfler de sa propre importance, 4)
l’inconvenance, qui suit rapidement l’orgueil, 5) la recherche de son propre
intérêt, 6) l’irritabilité, qui s’offense de la moindre des choses et donne
libre cours à la colère, 7) la promptitude à imputer le mal aux autres, 8)
le plaisir malsain de mettre le doigt sur l’injustice chez d’autres, et de
la dénoncer. Le tronc commun de ces huit choses est
l’amour de soi-même.
Hélas, hélas! combien souvent ces traits peuvent être observés chez nous,
alors que nous sommes pourtant des croyants! Nous ressemblons alors à des
bateaux couchés sur le sable. Qu’est-ce qui peut nous tirer de là? Rien, si
ce n’est le flux puissant de la marée de l’amour divin. Lorsque les croyants
s’oublient eux-mêmes sous l’effet de cette marée, il en résulte les
transformations les plus merveilleuses.
Le verset 6, qui mentionne le huitième caractère négatif, introduit aussi le
deuxième trait positif. L’amour
se réjouit,
car c’est effectivement une chose joyeuse, mais il se réjouit avec la
vérité. L’amour et la vérité vont la main dans la main, et la vérité est
joyeuse et remplit nos cœurs de joie.
D’autres traits positifs suivent. Quatre sont mentionnés au verset 7.
L’amour
supporte
tout (ou couvre tout). Bien sûr il n’excuse jamais l’injustice, cependant il
ne trouve pas son plaisir à publier les méfaits des autres. Il
croit
tout ce qu’il peut découvrir de vrai; il
espère
que tout ce qui manque sera donné en temps opportun; en attendant, il
endure
toute la faiblesse qui peut exister. Il est évident que le mot «tout»,
répété ici à quatre reprises, doit être compris dans les limites de son
contexte. Celui qui croirait «tout», sans discernement aucun, serait vite
piégé dans un marais d’incertitudes et de tromperies.
Le septième caractère positif de l’amour est qu’il
ne
périt
jamais. Ce fait est manifesté dans toute sa plénitude en Dieu lui-même. Si
l’amour divin avait défailli, toutes les sphères qui ont été une fois
touchées par le péché seraient encore dans les ténèbres d’une nuit sans fin.
En face du péché, cette grande catastrophe, l’amour divin n’a jamais vacillé
ou manqué. Au contraire, il a conçu le chemin de justice par le moyen duquel
la situation pourra être bien plus que rétablie, par lequel l’homme peut
être béni et le nom de Dieu triomphalement glorifié. Il est vrai que ce plan
divin peut donner l’impression de faillir pour un temps. Mais Dieu voit loin
et il planifie par millénaires plutôt que par jours. L’amour triomphe
toujours à la fin. Et il en est aussi ainsi lorsque l’amour divin travaille
dans et à travers de faibles croyants tels que nous. Il peut donner
l’impression d’être vaincu cent fois, mais il ne l’est pas. À la fin, il
triomphe; il ne périt jamais.
Or cela ne peut pas être dit des dons, même des plus grands. Les prophéties
auront leur fin, ayant atteint leur but. Le jour viendra où les langues
cesseront, elles ne seront plus nécessaires. Même la connaissance aura sa
fin. Les versets qui suivent montrent ce que signifie «avoir sa fin». Notre
connaissance et nos prophéties — cela est vrai même pour Paul — ne sont que
partielles. Bientôt, la perfection sera atteinte concernant la connaissance
et la prophétie, et alors tout ce qui est partiel aura sa fin, comme la lune
disparaît à la lumière du soleil.
L’apôtre illustre cela en parlant de son enfance. Alors, il parlait, pensait
et raisonnait comme un enfant. Quand il est devenu homme, il en a fini avec
ce qui appartenait à son enfance. L’application de cette image se trouve au
verset 12. Le contraste réside entre les mots «maintenant» et «alors», entre
notre condition présente d’hommes limités par la chair et le sang, bien
qu’habités par l’Esprit Saint, et la condition céleste dans laquelle nous
allons entrer, lorsque nous serons semblables à Christ même en ce qui
concerne nos corps.
Maintenant
nous voyons comme au travers d’un verre obscurément;
alors
nous connaîtrons comme aussi nous avons été connus.
Les dons spirituels sont vraiment des choses merveilleuses, mais nous
pourrions être enclins à les surestimer. Aussi merveilleux qu’ils soient,
ils sont partiels, même le plus grand d’entre eux. Prenez bien note de cela,
vous qui êtes doués. Votre connaissance et vos prophéties, même si elles
sont remplies de l’énergie de l’Esprit, ne sont que partielles. Elles sont
loin d’être parfaites et complètes. Si vous ne vous en souvenez pas, vous
pourriez devenir présomptueux dans votre connaissance. Si vous gardez cela
en mémoire, vous serez humbles.
Nous sommes très reconnaissants de la connaissance et des prophéties, mais
nous savons cependant que tout disparaîtra devant l’éclat de la lumière
parfaite vers laquelle nous allons. C’est là que sont les choses qui
demeurent — la foi, l’espérance et l’amour — et la plus grande de celles-ci,
c’est
l’amour.
Le contraste réside entre les dons les plus éclatants qui
passent
et les caractéristiques
permanentes
de la vie divine dans les croyants. Plus nous sommes près de ce qui est
charnel, plus nous sommes susceptibles d’être aveuglés par de simples dons.
Et plus nous sommes près de ce qui est spirituel, plus nous apprécierons la
foi, l’espérance, l’amour, et plus nous verrons que l’amour est la plus
grande de toutes.
Finalement, nous découvrirons que le plus grand des croyants n’est pas celui
qui a le don le plus marqué, mais celui ou celle qui demeure le plus
fidèlement dans l’amour, car «celui qui demeure dans l’amour, demeure en
Dieu et Dieu en lui» (1 Jean 4:16).
Un don n’a de valeur que s’il est dirigé et stimulé par l’amour. L’amour est
vraiment le chemin le plus excellent.
Chapitre 14
Le chapitre 13 — qui nous a montré l’excellence suprême de l’amour divin —
est une parenthèse. Ainsi, le premier verset du chapitre 14 se relie au
dernier verset du chapitre 12. L’amour doit être recherché comme la chose la
plus importante, car où il se trouve, les dons spirituels peuvent sans
danger être désirés. Là où l’amour règne, les dons ne seront pas recherchés
pour se mettre personnellement en avant ou pour se distinguer, mais pour le
profit et la bénédiction de tous. De là vient la place prééminente du don de
prophétie. C’est l’un des dons les plus grands, et il doit être désiré avec
ardeur.
D’emblée, l’apôtre établit le contraste entre le don de prophétie et le don
des langues. Ce dernier avait un grand attrait pour les Corinthiens, étant
clairement surnaturel dans son origine. Paul ne jette aucun doute sur la
réalité de cette manifestation spirituelle particulière. Les «langues»
auxquelles il fait allusion étaient la manifestation véritable de la
puissance de l’Esprit Saint, et cela sous le contrôle de celui qui
s’exprimait. L’apôtre parlait lui-même plus en langues que tous les croyants
de Corinthe, mais il le faisait d’une manière contrôlée et restreinte. C’est
ce que montrent les versets 6, 15, 18 et 19. Même si le don des langues est
exercé au mieux, il est inférieur au don de prophétie.
Lorsque les croyants de Corinthe se réunissaient en assemblée devant le
Seigneur, ils devaient s’attendre à sa direction en toutes choses, et toute
leur activité devait se dérouler dans l’énergie de l’Esprit de Dieu. Ce
chapitre nous fournit beaucoup de directions du Seigneur, directions d’un
caractère général et valables dans tous les temps. Quant à savoir si, dans
une réunion donnée, un frère ou un autre doit prendre
une
part
audible (et, si c’est le cas,
quelle part),
c’est une question qui relève de la volonté du Seigneur à ce moment-là. Mais
s’ils prennent part au service, ils doivent le faire dans la soumission aux
instructions générales données par le Seigneur dans ce chapitre; ils doivent
agir comme des hommes sains d’esprit, éclairés par la parole du Seigneur.
Paul dit à Timothée: Dieu nous a donné un esprit «de puissance, et d’amour,
et de conseil (ou de sobre bon sens)» (2 Tim. 1:7). C’est ce qui est
développé ici. Le chapitre 12 nous montre l’Esprit de puissance dans
l’assemblée, le chapitre 13, l’esprit d’amour, et le chapitre 14, l’esprit
de sobre bon sens.
Les activités spirituelles dans l’assemblée s’adressent soit à Dieu soit aux
hommes. Celles qui s’adressent à Dieu sont mentionnées dans les versets 14 à
17: la prière, les cantiques, les actions de grâces. Mais l’essentiel de ce
chapitre traite de ce qui s’adresse aux hommes: la prophétie, les langues,
la doctrine, l’interprétation. Ces dons doivent être exercés pour le bien
des autres et le critère que l’apôtre nous donne est celui de l’édification
générale. Si l’exercice d’un don édifie, celui-ci est profitable. S’il
n’édifie pas, il n’est d’aucune utilité.
D’après le verset 3, le but à atteindre est triple. En premier lieu, il y a
l’édification.
La signification première du mot est la construction. Les fondations sont
posées lorsque l’évangile est reçu; mais sur ces fondations, il y a encore
tout un ouvrage à construire, et ainsi l’édification peut se poursuivre
pendant toute la vie chrétienne.L’exhortation
(ou l’encouragement) est mentionnée ensuite. Nous passons à travers un monde
hostile, étant sujets à toutes sortes d’influences adverses. Nous avons donc
constamment besoin de ce qui peut ranimer notre vigueur spirituelle.
Troisièmement, il y a
la consolation.
C’est un besoin continuel dans l’assemblée: il y a toujours des personnes
qui doivent affronter la souffrance, les problèmes, les déceptions, et qui
ont besoin de ce qui les élève au-dessus de leurs tristesses. Ce but triple
pourrait s’exprimer par les trois mots: construire, ranimer et élever. La
prophétie conduit à la réalisation de ces trois choses.
La prophétie n’est pas seulement la prédiction des événements futurs. Elle
inclut la communication de la pensée et du message de Dieu. Aux temps
apostoliques, avant que les Écritures du Nouveau Testament soient
disponibles, il pouvait y avoir une prophétie de type inspiré, telle que
l’apôtre Paul la revendique pour lui et pour d’autres dans le chapitre 2, au
verset 13. Nous n’avons plus cela aujourd’hui, ni n’avons besoin de cela,
ayant dans nos mains les Écritures inspirées. La prophétie de type non
inspiré existe encore, car nous pouvons trouver des hommes doués par Dieu
pour nous ouvrir, à partir des Écritures inspirées, la pensée de Dieu, et
nous donner de sa part un message approprié aux circonstances du moment.
Lorsque nous en trouvons, soyons reconnaissants. Un tel ministère de la
parole de Dieu a bien pour effet de construire, de ranimer, d’élever.
Quant au don des langues, son exercice n’est pas interdit, mais il est
clairement et strictement limité dans ce chapitre. Les limitations stipulées
sont d’une grande importance. Elles assurent que ce don, s’il est réellement
présent, s’exerce en vue de l’utilité. De plus, nous pouvons dire sans
hésitation que si ceux qui prétendent le posséder ignorent systématiquement
les directions divines concernant son exercice, cela jette d’emblée, pour
toute personne saine d’esprit, un doute quant à l’authenticité de ce don.
Mais outre cela, les directives données ici nous sont de la plus grande
utilité, car ce qui est exposé s’applique visiblement aussi dans d’autres
domaines. À titre d’exemple, prenons les versets 6 à 9. Le sens premier de
ces versets est que de simples sons sortant de nos bouches n’ont aucune
valeur. Ce qui est exprimé par la voix doit avoir quelque sens pour ceux qui
écoutent. Cela doit être
intelligible.
Est-ce important seulement en relation avec le don des langues? Certainement
pas. Ce principe a une portée universelle. Dans nos réunions, il n’est pas
suffisant que l’orateur parle la langue du pays. S’il se laissait entraîner
à faire étalage de son savoir en utilisant une foule de longs mots
difficiles, il laisserait un vide complet dans l’esprit de ses auditeurs
quant au sens de son discours. Il en serait de même s’il parlait avec une
telle rapidité, ou une telle obscurité mystique, qu’il en devienne
inintelligible. Dans tous ces cas, il ne ferait que parler en l’air et il
n’y aurait aucun profit.
Nous pourrions nous étonner de ce que Paul écrit aux versets 14 et 15 si
nous ne savions pas ce qui se passe quelquefois de nos jours. Ce n’est pas
la pensée de Dieu que l’orateur lui-même ignore la signification des paroles
qu’il vient de prononcer. Qu’il s’adresse à d’autres ou à Dieu, qu’il prie
ou qu’il chante, il faut qu’il comprenne lui-même ce qu’il exprime, et que
ses paroles soient compréhensibles par les autres.
Si quelqu’un s’adresse à Dieu dans l’assemblée, que ce soit en prière ou en
actions de grâces, il doit se rappeler qu’il le fait comme donnant
expression aux désirs ou aux louanges de l’assemblée. Il ne parle pas
simplement à titre personnel. Par conséquent, ce qu’il dit doit entraîner
l’adhésion de l’assemblée. Ses frères et sœurs, comprenant et suivant ses
paroles, les ratifient devant Dieu et se les approprient en disant «amen» à
la fin, c’est-à-dire «ainsi soit-il». Ils ne peuvent pas intelligemment et
honnêtement dire «amen» s’ils n’ont pas saisi ce qui a été exprimé. Dans
l’assemblée, il vaut beaucoup mieux ne dire que cinq mots profitables pour
instruire les auditeurs, que de prononcer dix mille mots qui ne signifient
rien pour eux.
Le verset 16, remarquons-le, suppose que chacun dans l’assemblée, même
l’homme simple et peu cultivé,
dise
«amen». Ce mot doit être
dit,
et non seulement
pensé.
Si, dans sa prière, un frère exprime ce que nous désirons aussi (ou pouvons
désirer), ratifions ses paroles par un «amen» bien clair. Si les prières
sérieuses et ferventes qui expriment nos désirs étaient ratifiées par chacun
de nous au moyen d’un «amen» sortant du cœur, nos réunions de prière
n’auraient-elles pas davantage d’authenticité?
Le verset 20 nous montre que nous devons aussi cultiver notre faculté de
compréhension des choses de Dieu, tout en conservant un esprit de petit
enfant quant à d’autres choses. Lorsque le don des langues était employé à
tort, cela ne faisait que mettre en évidence un manque complet de sens
rassis (v. 23). Mais le croyant doit agir comme ayant l’entendement d’un
homme et non celui d’un enfant. Le ministère prophétique de la parole de
Dieu amène l’âme jusque dans la présence de Dieu. Et la puissance d’un tel
ministère peut être ressentie même par un incroyant qui se trouverait là.
Cependant il ne suffit pas qu’il y ait prophétie. Ce don doit être exercé
selon l’ordre divin, tel qu’il est exposé dans les versets 29 à 33. Les
croyants de Corinthe étaient éminemment doués, et leur tendance, dans leurs
réunions, était manifestement de parler avec excès. C’est ce qu’indique le
verset 26. Chacun était désireux d’exercer son don et de le mettre en
évidence. Il en résultait confusion, désordre et tumulte. Mais Dieu n’était
pas l’auteur de tout cela.
C’est la raison pour laquelle des instructions bien définies sont données.
Le parler en langues n’est pas interdit, mais il est strictement limité dans
les versets 27 et 28; et s’il n’y a pas d’interprète, il est interdit. La
prophétie, elle aussi, est limitée. Dans une réunion donnée, deux ou trois
orateurs suffisent. Combien sage est cette limitation! Le Seigneur connaît
la capacité de réception du croyant moyen. Si deux personnes parlent
longuement, c’est assez. Si les orateurs parlent plus brièvement, trois
peuvent s’exprimer, et cela suffit. Si quelqu’un ignore cette directive et
veut absolument ajouter quelque chose, les auditeurs sont fatigués, et
finalement ils retiennent moins que s’ils avaient entendu trois orateurs.
De plus, ceux qui écoutent doivent «juger» (v. 29). Cela veut dire que même
aux jours où des paroles inspirées étaient données dans l’assemblée par
révélation directe (voir v. 30), ceux qui écoutaient devaient avoir du
discernement. Ils ne devaient pas recevoir tout ce qu’ils entendaient sans
l’éprouver. Ils ne devaient jamais adopter l’attitude passive de celui qui
dit: «Oh! tout ce que dit notre cher frère X est certainement juste!». Une
telle attitude risque de pervertir les idées du frère X et d’entraîner la
chute de plusieurs. C’est un désastre pour le frère X, comme pour ses
admirateurs.
Il y a la liberté pour que tous les prophètes puissent prophétiser, mais
bien sûr pas à chaque réunion. S’il arrive qu’un prophète ait quelque chose
à dire, mais que l’occasion ne lui en soit pas fournie, il doit se contenir
et s’attendre à Dieu jusqu’à ce que l’occasion soit là. Il doit être maître
de son propre esprit et non être dominé par lui.
Les versets 34 et 35 traitent du silence des femmes dans l’assemblée.
L’enseignement est très clair et le mot employé pour «parler» est le mot
ordinaire; il ne signifie pas «bavarder», comme certains l’ont avancé. Sans
aucun doute, cette règle va à l’encontre de l’esprit de notre époque; mais
si c’était une raison suffisante pour ne pas tenir compte de ce qui est
écrit, il ne resterait pas grand-chose de l’Écriture que l’on soit tenu de
mettre en pratique aujourd’hui.
L’Esprit de Dieu savait à l’avance que ces directives seraient laissées de
côté ou mises en question. Manifestement, certains hommes à Corinthe étaient
enclins à cela. Cela explique les versets 36 et 37. La parole de Dieu est
procédée
du
Seigneur lui-même et
de
ses apôtres, et non pas des Corinthiens. Elle est parvenue
à
eux. Ils s’imaginaient être des personnes spirituelles. Ils prouveraient
qu’ils l’étaient vraiment en discernant que les règles énoncées par Paul
n’étaient pas seulement ses idées, mais les commandements du Seigneur donnés
par son moyen. Aujourd’hui, le test de notre spiritualité est exactement le
même.
Notez bien que la parole de Dieu ne procède pas de l’Église, mais qu’elle
parvient à l’Église. La suprême prétention du grand système romain est que
«l’Église» (entendez par là: les autorités romaines) est le corps qui
enseigne. Laissons ici de côté leur prétention à être «l’Église», et
remarquons que ce passage montre de façon évidente que les apôtres sont les
fontaines desquelles ont jailli les eaux pures de la Parole, et que nous les
possédons aujourd’hui comme des écrits inspirés, le Nouveau Testament.
L’Église n’est pas le corps
enseignant,
c’est le corps
enseigné.
La parole de Dieu lui parvient, et son devoir est de s’incliner devant elle.
Chapitre 15
Les mots par lesquels commence ce chapitre semblent un peu surprenants. Nous
pouvons en effet nous demander pourquoi l’apôtre «fait savoir» l’évangile à
des personnes qui l’avaient déjà reçu. Il y a vraisemblablement là une
pointe d’ironie, comme dans les versets 37 et 38 du chapitre précédent.
Ainsi que nous l’avons déjà remarqué à plusieurs reprises, les Corinthiens
avaient une très haute idée d’eux-mêmes, de leurs dons et de leurs actions.
Il fallait donc que le Saint Esprit les place devant la réalité.
L’intellectualisme dont ils faisaient parade les conduisait à nier, ou du
moins à remettre en question, la résurrection d’entre les morts — une vérité
fondamentale de l’évangile. Paul doit donc reprendre à la base l’évangile
qu’il leur avait annoncé.
L’évangile nous sauve si nous «tenons ferme» son message. Si nous ne tenons
pas ferme la Parole, elle ne nous sauve pas. Certaines personnes n’aiment
pas le «si», mais il est là néanmoins. Il est facile de dire: «je crois», et
de se ranger ainsi parmi les croyants. Mais le temps nous teste. Le vrai
croyant tient ferme, mais non celui qui n’a que l’apparence. C’est sous
réserve de cette condition que nous pouvons dire à tous ceux qui prennent la
place de chrétiens: l’évangile vous a sauvés et vous
êtes
en lui (cf. v. 1). Par conséquent, celui qui altère la vérité de l’évangile
sape le terrain qui est sous ses pieds.
La bonne nouvelle de l’évangile est basée sur des faits. Premièrement, le
fait de la mort de Christ pour nos péchés, comme les Écritures l’avaient
annoncé —en Ésaïe 53:5 et 8, par exemple. Secondement, les deux faits (que
l’apôtre groupe ici) de son ensevelissement et de sa résurrection,
conformément aux Écritures — par exemple Ésaïe 53:9 et 10.
Le premier et le deuxième de ces faits n’étaient pas mis en doute; ils
étaient connus de chacun. En revanche, le troisième — la résurrection de
Christ — n’était pas connu publiquement, et nous voyons dans les Actes qu’il
constituait le thème essentiel de la prédication des apôtres. Or c’était ce
troisième fait qui était mis en question parmi les Corinthiens. C’est la
raison pour laquelle Paul leur rappelle qu’il y avait un témoignage
irréfutable à sa véracité. Il cite six occasions distinctes où le Seigneur a
été vu ressuscité, la dernière étant celle qui le concerne personnellement;
et alors, le Seigneur était non seulement ressuscité, mais dans la gloire du
ciel. Cette liste n’est nullement exhaustive, puisqu’elle ne cite aucune des
occasions où Jésus est apparu aux femmes.
Paul vient donc à la suite d’une longue file de témoins et cela lui rappelle
que lorsque les apôtres ont vu le Seigneur ressuscité, il était alors un
opposant et un persécuteur, du moins dans son cœur. Cette pensée l’humilie
et l’amène à se sentir indigne d’être compté au nombre des apôtres. En même
temps, elle remplit son cœur du sentiment de la grâce de Dieu — grâce qui
non seulement l’avait appelé, mais l’avait aussi conduit à une vie de labeur
pour son Seigneur plus abondante que tous les autres.
Et pourtant, en ce qui concerne leur témoignage, il n’y avait aucune
différence. Qu’il s’agisse des douze ou de lui-même, tous avaient également
prêché l’évangile du Christ ressuscité. De la part de tous les apôtres, les
Corinthiens n’avaient entendu aucun autre évangile que celui-là. Et ils
avaient cru en un Christ ressuscité.
Or toute la vérité de la résurrection dépend de la résurrection de Christ.
C’est ce que montre le verset 12. Comment la résurrection peut-elle être
niée, si Christ est ressuscité?
Pourtant, l’apôtre continue son argumentation d’une manière bien ordonnée.
Premièrement, il examine l’hypothèse qu’il n’y a pas de résurrection, et
montre quelles en sont les conséquences logiques. Ceci fait l’objet des
versets 13 à 19. Il est évident que s’il n’y a pas de résurrection, Christ
n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité... qu’en
résulte-t-il?
Toute une série de conséquences s’ensuivent nécessairement. La prédication
de Paul était vaine, car il prêchait un mythe et non pas un fait. Leur foi
était vaine, car ils avaient cru un mythe. Ceci explique ce qui est dit à la
fin du verset 2; l’expression «à moins que vous n’ayez cru en vain» ne se
réfère pas à une foi de qualité inférieure ou défectueuse, mais à une foi,
aussi vigoureuse soit-elle, qui s’appuierait sur un fondement erroné.
En outre, cela aurait impliqué que les apôtres n’étaient pas honnêtes,
qu’ils n’étaient que de faux témoins, et que les Corinthiens eux-mêmes, en
dépit de leur foi au témoignage des apôtres, étaient encore dans leurs
péchés. Cela aurait sous-entendu que les croyants déjà morts, en particulier
ceux de Corinthe, n’étaient pas entrés dans la félicité, mais avaient péri.
En vérité, cela limitait tout bénéfice ou toute espérance découlant de
Christ aux choses de cette vie. Quelle tragédie! La brillante espérance
d’une éternité de gloire était anéantie dans la nuit d’une mort sans réveil.
Tout ce que Christ apporte se réduisait à un bon exemple pouvant améliorer
quelque peu nos courtes vies dans ce monde.
L’apôtre affirme alors que, s’il en est ainsi, «nous sommes plus misérables
que tous les hommes». Chaque chrétien digne de ce nom a délibérément tourné
le dos aux plaisirs corrompus de ce monde. Il serait alors dans la situation
où il se refuserait ce qu’il pourrait se procurer — les plaisirs et la
satisfaction de ses convoitises — dans l’espoir d’un futur qui finalement
n’existerait pas. Le mondain complet a au moins les plaisirs du péché, alors
que nous devrions tirer un trait sur les deux mondes.
Au verset 20, l’apôtre passe d’une forme de raisonnement négative à une
argumentation positive. Il part du fait glorieux que Christ est ressuscité
d’entre les morts, et qu’il est ressuscité comme étant les prémices — ou les
premiers fruits — de ceux qui sont endormis. Les croyants sont les fruits
qui viennent après, du même ordre que lui. Cette vérité est développée
amplement dans la dernière partie du chapitre; elle est indiquée
implicitement ici par l’usage du mot «prémices». Personne ne présenterait
une prune comme premier fruit de la cueillette des pommes. Bien que Christ
soit Dieu, il est devenu homme; et comme l’homme ressuscité, il est les
prémices de ceux qui sont morts dans la foi. Sa résurrection implique
nécessairement la résurrection de tous ceux qui lui appartiennent.
Ce point est si important que l’apôtre interrompt pour un moment son
argumentation, et le développe dans les versets 21 à 23. La mort a été
introduite par l’homme; de même la résurrection est par l’homme. Adam a
apporté la mort, et tous ceux qui sont en lui, ceux qui sont de sa race,
sont sous la sentence de mort. Christ a introduit la résurrection, et tous
ceux qui sont en lui, qui sont de sa race, doivent être «rendus vivants»,
vivifiés. Cette vivification n’est que pour ceux qui sont «du Christ». Les
injustes seront ressuscités1,
mais leur résurrection n’impliquera pas la vivification. Les croyants vont
bientôt entrer dans ce qui est proprement «la vie». Combien complète et
glorieuse est la réponse de Dieu au péché de l’homme!
1
Ou «relevés»; tel est le sens premier du mot dans l’original.
Mais, dans la résurrection, un ordre doit être observé: «chacun dans son
propre rang» (v. 23). Tout d’abord, Christ a été ressuscité d’entre les
morts. Il a la place prééminente. Ensuite, à sa venue, tous ceux qui lui
appartiennent ressusciteront aussi d’entre les morts, tandis que tous ceux
qui ne sont pas sauvés seront laissés dans leurs tombeaux. «Ensuite la fin».
Ces mots évoquent le moment où les incroyants seront ressuscités; cela n’est
pas dit explicitement ici, mais c’est ce qu’implique le verset 26. En lisant
Apocalypse 20:11 à 21:4, on comprend que la mort est abolie — qu’elle «ne
sera plus» — quand les méchants auront été ressuscités.
Ce qui est clairement établi dans notre passage, c’est que, en vertu de la
résurrection, toute puissance adverse sera complètement subjuguée, afin que
tout soit assujetti à Dieu, qui doit être tout en tous. Ceci nous amène à
l’état éternel, auquel 2 Pierre 3:13 fait allusion et qui est décrit avec
plus de détails en Apocalypse 21:1-5. Le royaume millénaire servira le but
pour lequel Dieu l’a conçu. On y trouvera la perfection du gouvernement et
il ne finira pas avant que le dernier ennemi soit anéanti.
À ce moment-là, l’œuvre complète de la rédemption et de la nouvelle création
aura atteint son but et le Fils remettra le royaume au Père. En devenant
homme, le Fils a pris une place de sujétion, et il gardera cette place
durant toute l’éternité: c’est une preuve très claire qu’il est devenu homme
pour toujours. La sujétion (le fait d’être assujetti) n’implique pas
nécessairement l’infériorité. Le Fils n’était en rien inférieur au Père
lorsqu’il était sur la terre, et il ne le sera pas non plus dans l’éternité.
Dans l’état éternel, Dieu doit être tout, et en tous. Mais, bien sûr,
l’Esprit est Dieu, le Fils est Dieu, comme le Père. Le Fils garde cependant
sa place comme homme; il est le chef et le soutien de l’univers de la
nouvelle création qui existe comme résultat de son œuvre. Cela garantit que
le mal ne pourra jamais porter atteinte à cette œuvre, et qu’elle conserve à
toujours sa splendeur originale.
Avant de passer plus loin, remarquons ce contraste: alors que la négation de
la résurrection — menée jusque dans ses conséquences logiques — nous laisse
dans nos péchés et dans une misère sans espoir, le fait même de la
résurrection, réalisé en Christ, nous emmène dans un état éternel de gloire.
Les versets 20 à 28 sont en quelque sorte une parenthèse. Le verset 29
reprend le fil du verset 19 et poursuit tout naturellement le sujet, même si
sa signification peut paraître quelque peu obscure. Le mot «pour» dans ce
verset a, croyons-nous, le sens de «à la place de». Un grand nombre de ceux
qui étaient morts, parmi les premiers chrétiens, avaient souffert comme
martyrs. Paul voit les nouveaux convertis comme étant mis par le baptême à
la place de ceux qui étaient tombés, devenant eux-mêmes des cibles pour
l’adversaire. Prendre cette place était un acte courageux, mais bien sûr
stupide et inutile s’il n’y a pas de résurrection.
Le verset 30 confirme cette interprétation du verset 29. Pourquoi l’apôtre
et ceux qui lui étaient associés s’exposaient-ils à l’adversaire, s’il n’y
avait pas de résurrection? En posant cette question, Paul ne prononçait pas
des paroles en l’air. C’était pour lui la dure réalité de tous les jours.
Peu auparavant, il avait dû affronter la terrible émeute dans le théâtre
d’Éphèse, comme Actes 19 le rappelle, où des hommes avaient combattu contre
lui comme des bêtes sauvages. Chaque jour sa vie était en danger. Quelle
absurdité de vivre une vie comme celle-là, s’il n’y a pas de résurrection!
Alors, mieux vaudrait adopter le slogan de ce monde impie: «Mangeons et
buvons, car demain nous mourrons». Ainsi, une fois encore, on voit le
résultat logique de la négation de la résurrection. Non seulement nous
sommes les plus misérables de tous les hommes, mais nous sommes laissés sans
rien de mieux que la satisfaction de nos appétits naturels.
Arrivé à ce point, l’apôtre fait un appel pressant aux Corinthiens. On les
trompait. Or tout mauvais enseignement a des conséquences d’ordre moral. Si
nous pensons faux, nous ne pouvons pas agir juste. Ceci jette de la lumière
sur l’immoralité qui s’était développée parmi eux, et que les chapitres 5 et
6 ont dénoncée. En mettant en doute la résurrection du corps, ils étaient
plus facilement tombés dans des péchés qui impliquent le corps. Ils devaient
donc se réveiller pour saisir ce qui est juste et acquérir une vraie
connaissance de Dieu.
Cependant, malgré leur si faible connaissance de Dieu et de la vérité, les
Corinthiens étaient des intellectuels, des raisonneurs. C’est pourquoi
l’apôtre anticipe au verset 35 deux questions qui allaient certainement
venir sur leurs lèvres: «Comment...?», et «avec quel corps...?». Les
réponses à ces questions occupent pratiquement le reste du chapitre. La
seconde — la mieux définie peut-être — est traitée d’abord.
L’intellectualisme se manifeste constamment comme étant un grand piège pour
les croyants. Ayant commencé par la foi, plusieurs sont enclins à poursuivre
par le simple intellect, oubliant le fait que les choses de Dieu sont si
profondes qu’elles dépassent entièrement la plus grande intelligence humaine
— comme le chapitre 2 nous le montre. Or rien ne déconcerte la pensée
humaine plus que la résurrection. Quoi qu’il en soit, nous apprenons ici ce
que Dieu pense des raisonneurs: ce ne sont que des
insensés.
Cependant, c’était à des croyants que Paul écrivait, même s’ils avaient été
contaminés par cet égarement que nous voyons si pleinement développé
aujourd’hui. Ayant ainsi clairement mis les Corinthiens en garde contre cet
état d’esprit, il aborde la question soulevée.
La nature elle-même nous fournit une analogie frappante à ce sujet, et le
Seigneur l’avait déjà utilisée. Quand il avait dit: «À moins que le grain de
blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte
beaucoup de fruit» (Jean 12:24), il parlait de sa mort et de sa
résurrection.
Ici nous avons la même analogie, mais avec une application différente. Une
graine est semée dans la terre et elle réapparaît avec un corps tout à fait
différent, son identité étant pourtant préservée. Un gland est enterré, mais
un chêne en surgit. Chaque semence possède ce que l’on pourrait appeler son
propre corps de résurrection, dans lequel elle réapparaît. La portée de cela
quant à notre résurrection est claire. Le corps d’un croyant est mis dans la
tombe; et lors de la résurrection il réapparaîtra sous une forme notablement
différente, mais c’est la même personne.
La nature nous enseigne encore que cela ne présente aucune difficulté pour
Dieu, car sa puissance est infinie. Observez la variété de la création. Il y
a différentes sortes de chair — celle des hommes, celle des bêtes, celle des
poissons, celle des oiseaux — et à l’intérieur de ces classes, il y a une
grande diversité de corps. En outre, il y a des corps célestes, au sujet
desquels nous ne connaissons maintenant que très peu de chose, et des corps
terrestres, que nous connaissons bien. Il est très probable qu’il n’existe
pas deux étoiles qui soient en tous points identiques.
Ceci nous conduit à la merveilleuse déclaration des versets 42 à 44. Le
corps qui est semé dans la tombe est caractérisé par la corruption, le
déshonneur et la faiblesse; ce n’est qu’un «corps animal», c’est-à-dire un
corps qui, par l’âme vivante, avait une vie animale. Mais il est ressuscité
en incorruptibilité, en gloire et en puissance; c’est un «corps spirituel».
Son identité est préservée, comme en témoignent les mots quatre fois
répétés: «Il est semé... il ressuscite». Néanmoins la condition dans
laquelle il réapparaît est d’un ordre entièrement différent. Ceci répond à
la question: «Avec quel corps viennent-ils?»
La première question du verset 35: «Comment ressuscitent les morts?» obtient
une réponse très complète dans les versets 45 à 54. Dans cette question, le
sens du mot «comment?» semble être plutôt «dans quelle condition?» que «de
quelle manière» ou «par quel moyen?». Sinon, ce chapitre n’apporterait pas
de réponse à la question. Quoi qu’il en soit, une explication sur le moyen
que Dieu utilisera pour ressusciter les morts nous dépasserait entièrement.
La réponse se résume ainsi: nous serons ressuscités à l’image d’un Christ
céleste.
Pour bien comprendre cela, il nous faut considérer le contraste entre les
deux Adam, le premier et le dernier. Le premier est devenu «une âme vivante»
(v. 45; Gen.2:7). Le dernier est d’un ordre entièrement différent. Bien
qu’il soit aussi véritablement
homme
que le premier (c’est la signification du mot
Adam),
il est «un esprit vivifiant». L’un, par conséquent, est «naturel» ou
«animal»; l’autre est «spirituel». On aurait pu s’attendre à une préséance
du spirituel quant au temps, mais le verset 46 nous dit qu’il n’en est pas
ainsi. Le premier Adam est devenu une âme vivante par la respiration de vie
que Dieu a soufflée dans ses narines. C’est donc qu’il possédait un corps
«naturel» ou «animal», «terrestre». Tous ceux qui descendent de lui sont
également terrestres; ils sont du même ordre que lui (v. 48).
Le dernier Adam fait un contraste très marqué avec le premier. Bien que
véritablement homme, il est Dieu, puisqu’il est un esprit vivifiant; il est
«du ciel». Cependant, il n’est pas seulement homme — «le second homme»,
comme dit le verset 47 — il est «Adam»,
c’est-à-dire l’ancêtre et le chef d’une race. Et il est «le
dernier
Adam» parce qu’il n’y en aura pas d’autre après lui. En lui Dieu a atteint
en perfection le but qu’il s’était proposé. Qu’il en soit loué! Et nous
sommes «les célestes»; nous appartenons à l’ordre dont il est le chef.
Soulignons encore qu’il n’est pas seulement «le dernier Adam» mais aussi «le
second homme». Selon cette expression, entre Adam et Christ, aucun homme ne
compte. Caïn n’était pas le second homme: il n’était qu’Adam reproduit à la
génération suivante. Il en est de même de tous les hommes: ils ne sont
qu’Adam reproduit dans leurs diverses générations. Mais Christ n’était
nullement la reproduction d’Adam. Lorsqu’il est né d’une vierge par l’action
du Saint Esprit, un homme entièrement nouveau est apparu, un homme digne
d’être appelé «le second homme». Et devenant à son tour le chef d’une
nouvelle race, il se présente comme «le dernier Adam».
Quant à nous, nous avons tous commencé par être enfants de l’Adam terrestre,
portant son image. Amenés à Christ, objets de l’opération divine, nous avons
été transférés de la lignée terrestre à celle qui est céleste. Toutefois,
jusqu’à maintenant, ce transfert n’a pas touché nos corps; nous portons
encore l’image «du terrestre» et par conséquent nos corps sont sujets au
déclin et à la mort. Dans la résurrection, nous porterons l’image «du
céleste». Nous devons être rendus conformes à l’image du Fils de Dieu, non
seulement quant à nos caractères moraux, mais quant à nos corps eux-mêmes.
Glorieuse pensée! Comment les morts ressuscitent-ils? Dans une condition de
perfection et de gloire telle que celle-là.
Mais, bien que nous devions attendre pour que se réalise cet état de
perfection, nous n’avons pas à attendre pour être dans la lignée du dernier
Adam, pour être liés au second homme. Le verset 48 ne parle pas de ceux qui
seront
célestes, mais de ceux qui
sont
célestes. Nous sommes appelés «les célestes». N’est-ce pas merveilleux? Ou
bien, cela nous paraît-il trop merveilleux? Serions-nous tentés de reculer
devant ce fait parce que ses conséquences sont immenses et que nous ne
pouvons faire face à tout ce que cela implique? Oh! gardons-nous d’affaiblir
la vérité pour qu’elle s’accorde avec notre pauvre marche pratique. Un
comportement de bas niveau, charnel, terrestre et mondain ne convient
certainement pas à ceux qui sont célestes.
Au verset 50, l’apôtre en vient à parler du grand moment où le changement du
terrestre en céleste atteindra notre corps. Nous allons hériter du royaume
dans sa partie céleste et nous trouver nous-mêmes dans une scène
d’incorruptibilité absolue. Nous ne pouvons entrer là dans notre condition
actuelle — «la chair et le sang» — à laquelle la corruption est attachée.
«Voici, je vous dis un mystère», ajoute-t-il (v. 51). Ces mots indiquent
qu’il va annoncer quelque chose qui n’était pas révélé jusque-là. Qu’il y
aurait une résurrection des morts, que le Seigneur allait venir, cela les
Corinthiens le savaient. Mais ils ne savaient pas encore que, quand le
Seigneur reviendra, il ressuscitera les croyants décédés et les placera dans
une condition de glorieuse incorruptibilité, et qu’il transformera les
croyants vivants en leur donnant la même condition glorieuse. Les saints de
l’Ancien Testament pouvaient concevoir la résurrection comme étant un
relèvement de l’état de mort et l’introduction dans une vie glorieuse sur la
terre. Ils ne connaissaient pas la résurrection
d’entre
les morts, dont les croyants jouiront à la venue du Seigneur. Jusqu’à ce que
soit mise en lumière la doctrine de l’appel céleste des saints et de l’appel
de l’Église hors du monde, le moment n’était pas venu pour la pleine
révélation de la vérité de la résurrection. Cette révélation progressive de
la doctrine peut être remarquée tout au long du Nouveau Testament.
Maintenant la vérité est pleinement révélée. «Nous ne nous endormirons pas
tous» — c’est-à-dire nous ne mourrons pas tous — «mais nous serons tous
changés», que nous soyons vivants ou morts au moment où le Seigneur
reviendra
pour
les siens. En quoi consistera ce changement? Tout ce qui est mortel ou
corruptible en nous sera englouti en vie et en victoire. Nous serons tous
changés, remarquez-le, «en un instant, en un clin d’œil» — et non en
plusieurs instants différents, comme ce serait le cas si l’Église était
destinée à entrer dans sa gloire par des enlèvements partiels.
L’immense changement qui aura lieu sera opéré instantanément par la
puissance de Dieu, «à la dernière trompette». Au verset 29, les croyants
avaient été considérés comme des soldats entrant dans les rangs par le
baptême, pour prendre les places de ceux qui sont tombés. Au verset 52, nous
les voyons tous — qu’ils soient encore dans les rangs ou qu’ils en aient été
retirés par la mort — placés en un instant, à la dernière trompette, au-delà
de la mort et de la corruption. Leur engagement guerrier sera terminé. Ils
n’auront plus jamais à entendre le son de la trompette.
En ce qui nous concerne, la déclaration d’Ésaïe 25:8 — citée au verset 54 —
s’accomplira lorsque nous serons changés corporellement et placés dans une
condition d’immortalité et d’incorruptibilité. Ceci confirme ce que nous
avons dit plus haut. L’Ancien Testament a en vue la puissance victorieuse de
Dieu en résurrection sur la terre. Notre passage révèle dans toute sa
plénitude la portée de ce verset d’Ésaïe, qui était cachée jusqu’aux jours
de l’Évangile. Quand les saints porteront l’image de Celui qui est céleste,
la mort sera engloutie dans une victoire que personne ne pourra nier. Notre
passage, soulignons-le, ne parle pas de l’enlèvement des croyants pour être
avec le Seigneur. Pour être enseignés à ce sujet, il nous faut aller à 1
Thessaloniciens 4.
Le sentiment de la grandeur de ce jour de victoire conduit l’apôtre à
l’exultation. Il lance un défit triomphant à la mort. En fait la victoire
nous appartient déjà. Elle a été obtenue dans la résurrection de Christ, qui
a été pleinement établie dans ce chapitre. La résurrection des saints n’est
que le résultat nécessaire de
cette
victoire, et nous pouvons la considérer comme aussi sûre que si elle était
déjà accomplie. La victoire est à nous aujourd’hui, Dieu en soit béni!
Avec quelle force s’exprime alors l’exhortation terminale du chapitre!
«Ainsi...». Derrière ce mot, il y a tout le poids des cinquante-sept versets
qui précèdent. Ayant entretenu des doutes quant à la vérité de la
résurrection, les Corinthiens pouvaient bien être devenus chancelants, mal
affermis, relâchés et enclins à adopter la devise: «Mangeons et buvons, car
demain nous mourrons».
La résurrection est une glorieuse certitude. Christ est ressuscité; et nous,
qui sommes du même ordre céleste que lui, nous allons bientôt être unis à
lui dans la conformité de sa gloire céleste. Ces choses étant ainsi, une
fermeté inébranlable doit nous caractériser. Au lieu de dissiper follement
notre temps en mangeant et en buvant, ayons à cœur d’abonder dans l’œuvre du
Seigneur, en nous souvenant que rien de ce qui aura été réellement fait pour
lui ne sera perdu. Le fruit en sera manifesté au jour de la résurrection.
Vivons-nous dans la lumière de la résurrection? Il se peut que nous soyons à
même de réciter correctement un credo, et d’énoncer la grande vérité de la
résurrection. Mais si nos âmes ont réellement en vue cet événement glorieux,
nous serons des travailleurs diligents et infatigables au service du
Seigneur, dans la tâche qu’il lui plaira de nous confier.
Chapitre 16
La dernière instruction de l’apôtre dans cette épître concerne la collecte
spéciale faite à cette époque pour les croyants pauvres de Judée.
Aujourd’hui, dans bien des cercles religieux, l’argent est souvent le sujet
le plus important. Ici il a la dernière place. Néanmoins, il est abordé, et
nous trouvons à ce propos des instructions pour tous les temps. Selon le
verset 2, nous avons à donner
régulièrement,
et non pas au hasard. Et Dieu attend que nous donnions
proportionnellement,
c’est-à-dire en proportion de la prospérité qu’il nous a accordée. Sous la
loi, Dieu avait fixé cette proportion à un dixième. Pour nous qui sommes
sous la grâce, il n’a pas fixé de proportion; mais selon ce que nous aurons
fait, nous nous exposons à entendre quelque chose de très sérieux lors du
tribunal de Christ, si nous n’atteignons même pas la mesure fixée par la
loi. Si tous les croyants faisaient leurs dons de manière régulière et
proportionnée, il n’y aurait aucun problème d’argent dans l’œuvre du
Seigneur. La division en chapitres nous empêche peut-être de voir la
relation entre le verset 58 du chapitre précédent et le verset 2 de
celui-ci.
Les paroles finales de l’épître, d’un caractère personnel, viennent ensuite.
Les versets 5 à 12 éclairent le récit d’Actes 18:24 à 20:6. Paul écrivait
d’Éphèse alors que prospérait l’œuvre et qu’il y avait beaucoup
d’adversaires, dont l’opposition a eu son point culminant lors de l’émeute
dans le théâtre. Apollos avait précédé Paul à Éphèse puis, après avoir été
instruit dans la voie de Dieu par Aquilas et Priscilla, il avait visité
l’Achaïe, où se trouvait Corinthe. Paul était venu à Éphèse alors qu’Apollos
était à Corinthe, mais bientôt Apollos avait quitté Corinthe pour aller plus
loin. De son côté, Paul avait envisagé de traverser la Macédoine et de
visiter Corinthe en chemin. La visite en Macédoine a bien eu lieu, comme
Actes 20 le rapporte, mais la seconde épître montre que la visite à Corinthe
a été remise à plus tard. L’apôtre avait prié Apollos de faire une nouvelle
visite à cette assemblée, mais celui-ci n’y avait pas tenu.
On voit ici que lorsque Dieu suscite un serviteur, celui-ci n’est
responsable que devant le Seigneur qui l’envoie, et non devant un homme,
fût-il apôtre. Paul n’exerçait aucune autorité sur Apollos. Le fait qu’il
le prie d’aller
montre qu’il n’entretenait aucun sentiment de jalousie envers cet homme doué
qui était apparu récemment. Le fait qu’Apollos comprenait qu’il
ne
devait pas aller
à Corinthe à ce moment indique probablement que celui-ci n’avait aucune
envie de se mettre en avant, de peur d’attiser l’esprit de parti et de
rivalité qui pouvait amener à dire: Je suis d’Apollos.
Les Corinthiens n’avaient pas été vigilants. Ils s’étaient montrés
vacillants quant à la foi de l’Évangile. Ils s’étaient comportés comme de
faibles enfants et non comme des hommes faits. D’où les sérieuses
exhortations du verset 13. Cependant, pour garder un sain équilibre, nous ne
devons pas les séparer du verset 14. Tout ce que nous faisons doit être fait
«dans l’amour». Sans cela, la fermeté et la force prendront un caractère
charnel, voire brutal. Être homme, être ferme tout en manifestant l’amour,
voilà ce qui est selon Dieu et qui est la vraie force.
Le verset 15 met en évidence un aspect intéressant du service. Ceux de la
maison de Stéphanas s’étaient «voués au service des saints». Ils se
dépensaient pour servir les croyants, sachant qu’en servant les membres de
Christ, ils le servaient, lui. Il pouvait y avoir bien des choses banales ou
monotones dans un tel travail, mais il était accompli pour Christ. Un
service de ce genre devrait être plus fréquent. Nous le voyons hautement
distingué au verset 16. C’est un exemple de ce qui est appelé «des aides»,
dans la liste des dons du chapitre 12 (v. 28).
Les trois derniers versets allient la solennité et la grâce. Les Corinthiens
se distinguaient par leurs dons, mais ils étaient déficients quant à
l’amour. C’est ce qui explique le verset 22. Prenons garde de ne pas leur
ressembler. Ayons à cœur de donner à l’amour sa vraie place. Ne pas aimer le
Seigneur Jésus appelle une malédiction à sa venue, lorsque toute profession
sera mise à l’épreuve. «Maranatha», mot araméen et non grec, signifie: «le
Seigneur vient».
Pour ceux qui aiment le Seigneur, il y a une pleine provision de grâce de sa
part, et un flot d’amour de la part de ceux qui sont siens. C’est ce que
montre l’affectueuse salutation de l’apôtre Paul par laquelle l’épître se
termine.