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14
Et les fruits du désir de ton âme se sont éloignés de toi; et toutes
les choses délicates et éclatantes ont péri pour toi; et on ne les
trouvera plus jamais.
15
Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis par elle, se tiendront
loin à cause de la crainte de son tourment, pleurant et menant deuil,
[et]
16
disant: Hélas! hélas! la grande ville qui était vêtue de fin lin et
de pourpre et d’écarlate, et parée d’or et de pierres précieuses et de
perles! car, en une seule heure, tant de richesses ont été changées en
désolation!
17
Et tout pilote, et quiconque navigue vers [quelque] lieu, et les
matelots, et ceux qui sont occupés sur mer, se tenaient loin;
18
et voyant la fumée de son embrasement, ils s’écrièrent, disant: Quelle
[ville] est semblable à la grande ville!
19
Et ils jetèrent de la poussière sur leurs têtes, et, pleurant et menant
deuil, ils s’écriaient, disant: Hélas! hélas! la grande ville, dans
laquelle, par son opulence, tous ceux qui avaient des navires sur la mer
étaient devenus riches! car, en une seule heure, elle a été désolée!
20 ▪
Ô ciel, réjouis-toi sur elle, et [vous] les saints et les apôtres et les
prophètes! car Dieu a jugé votre cause [en tirant vengeance] d’elle¹.
— ¹ litt.: car Dieu a jugé votre jugement
d’elle; comparer Ésaïe 34:8.
21 ▪
Et un ange puissant leva une pierre, comme une grande meule, et la jeta
dans la mer, disant: Ainsi sera jetée avec violence Babylone la grande
ville, et elle ne sera plus trouvée.
22
Et la voix des joueurs de harpe, et des musiciens, et des joueurs de
hautbois, et de ceux qui sonnent de la trompette, ne sera plus ouïe en
toi; et aucun ouvrier, d’aucun métier, ne sera plus trouvé en toi; et
le bruit de la meule ne sera plus ouï en toi.
23
Et la lumière de la lampe ne luira plus en toi; et la voix de l’époux
et de l’épouse ne sera plus ouïe en toi; car tes marchands étaient les
grands de la terre; car, par ta magie, toutes les nations ont été
égarées.
24
Et en elle a été trouvé le sang des prophètes, et des saints, et de tous
ceux qui ont été immolés sur la terre.
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Les lamentations des marchands (v. 11,
15…) nous rappellent les plaintes de Démétrius et des artisans d'Éphèse
craignant de perdre le «grand profit» et le «bien-être» que leur
procurait le culte de l'idole (Act. 19
).
Au fond, quelle différence y a-t-il entre la grande «Diane des
Éphésiens» et «Babylone la grande», entre l'idolâtrie païenne et
la corruption du christianisme? Elle ne peut qu'avoir du succès, la
religion qui donne à l'homme tous les fruits du désir de son âme (v.
14), qui flatte les sens en endormant la conscience (v. 22; Dan. 3. 7
),
qui favorise le commerce et sert de prétexte à toutes sortes de
réjouissances. Il suffit de voir au cours de la fin de l'année de quelle
manière profane la naissance du Seigneur Jésus est célébrée par
beaucoup.
«En elle a été trouvé le sang… des
saints» (v. 24). Déjà dans la ville de Caïn, au commencement de la
Bible, se trouvait maintes choses agréables… pendant que criait le sang
d'Abel (comp. Gen. 4. 10 et 17…
).
Aujourd'hui le monde religieux se réjouit pendant que le vrai croyant
souffre et s'afflige (Jean 16. 20
).
Demain retentiront les hélas! ici-bas, mais la
joie du
ciel y répondra (v. 20). Que Dieu nous donne de voir déjà par la foi
toutes choses comme Lui les voit!
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