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Cantique. Psaume. Pour les fils de Coré.
Au chef de musique, sur Mahalath-Leannoth¹. Pour instruire. D’Héman, l’Ezrakhite.
— ¹ Léannoth, peut-être: à voix
tempérée.
1 ▪
Éternel, Dieu de mon salut! j’ai crié de jour [et] de nuit devant toi.
2 ▪
Que ma prière vienne devant toi, incline ton oreille à mon cri.
3 ▪
Car mon âme est rassasiée de maux, et ma vie touche au shéol¹.
— ¹ voir la note à Ps. 6:5.
4 ▪
Je suis compté parmi ceux qui descendent dans la fosse, je suis comme un
homme qui n’a pas de force,
5 ▪
Gisant parmi les morts, comme les tués qui sont couchés dans le
sépulcre, desquels tu ne te souviens plus, et qui sont retranchés de ta
main¹.
— ¹ c. à d.: de ta main conductrice et
secourable.
6 ▪
Tu m’as mis dans une fosse profonde, dans des lieux ténébreux, dans des
abîmes.
7 ▪
Ta fureur s’est appesantie sur moi, et tu m’as accablé de toutes tes
vagues. Sélah.
8 ▪
Tu as éloigné de moi ceux de ma connaissance, tu m’as mis en abomination
auprès d’eux; je suis enfermé, et je ne puis sortir.
9 ▪
Mon œil se consume d’affliction; j’ai crié à toi, Éternel, tous les
jours; j’ai étendu mes mains vers toi.
*
10 ▪
Feras-tu des merveilles¹ pour les morts? ou les trépassés se
lèveront-ils pour te célébrer? Sélah.
— ¹ litt.: une merveille.
11 ▪
Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l’abîme¹?
— ¹ comme Job 26:6.
12 ▪
Connaîtra-t-on tes merveilles¹ dans les ténèbres, et ta justice dans le
pays de l’oubli?
— ¹ litt.: ta merveille.
13 ▪
Mais moi, Éternel! je crie à toi, et dès le matin ma prière te
prévient.
14 ▪
Éternel! Pourquoi as-tu rejeté mon âme, [et] me caches-tu ta face?
15 ▪
Je suis affligé et expirant dès ma jeunesse; je porte tes terreurs, je
ne sais où j’en suis.
16 ▪
Les ardeurs de ta colère ont passé sur moi, tes frayeurs m’ont anéanti;
17 ▪
Elles m’ont environné comme des eaux tout le jour, elles m’ont entouré
toutes ensemble.
18 ▪
Tu as éloigné de moi amis et compagnons; ceux de ma connaissance [me
sont] des ténèbres.
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Ce psaume constitue une des pages les
plus sombres de toute la Parole de Dieu. Il n'y est question que de
ténèbres et de mort. Pas un rayon de lumière n'y brille;
l'âme en détresse n'y trouve aucune perspective de délivrance. Et
cependant un serviteur de Dieu a pu dire que ce psaume avait été pendant
un certain temps le seul qui l'eût consolé. Exprimant les pensées d'un
croyant, il lui prouvait qu'il pouvait aussi être croyant, même
s'il passait par de terribles angoisses d'âme, pendant lesquelles le
ciel lui semblait fermé. Un lecteur est-il troublé lui aussi, attendant
que Dieu l'éclaire sur son état et lui donne — ou lui fasse retrouver —
l'assurance de son salut? Eh bien! ses tourments mêmes et ses soupirs
vers Dieu sont une preuve que la vie divine est en lui; un
incrédule n'a jamais soupiré vers Dieu.
«Dès le matin ma prière te prévient»,
dit le psalmiste (verset 13). Imitons-le; exposons au Seigneur dès le
réveil les circonstances de la journée qui commence, et pas
seulement celles qui nous inquiètent (Psaume 5. 3
).
Dans certains versets enfin, la
profondeur des angoisses, des douleurs et de la solitude porte les
pensées du croyant sur Celui qui a été l'Affligé suprême (par
exemple versets 6 à 8 et 16 à 18).
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