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Au chef de musique, à Jeduthun. Psaume de
David.
1 ▪
J’ai dit: Je prendrai garde à mes voies, afin que je ne pèche point par
ma langue; je garderai ma bouche avec une muselière pendant que le
méchant est devant moi.
2 ▪
J’ai été muet, dans le silence; je me suis tu à l’égard du bien; et ma
douleur a été excitée.
3 ▪
Mon cœur s’est échauffé au dedans de moi; dans ma méditation le feu
s’est allumé, j’ai parlé de ma langue:
4 ▪
Éternel! fais-moi connaître ma fin, et la mesure de mes jours, ce
qu’elle est; je saurai combien je suis fragile.
5 ▪
Voici, tu m’as donné des jours comme la largeur d’une main, et ma durée
est comme un rien devant toi. Certainement, tout homme qui se tient
debout n’est que vanité. Sélah.
6 ▪
Certainement l’homme se promène parmi¹ ce qui n’a que l’apparence;
certainement il s’agite en vain; il amasse [des biens], et il ne sait
qui les recueillera.
— ¹ litt.: en.
*
7 ▪
Et maintenant, qu’est-ce que j’attends, Seigneur? Mon attente est en
toi.
8 ▪
Délivre-moi de toutes mes transgressions; ne me livre pas à l’opprobre
de l’insensé.
9 ▪
Je suis resté muet, je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as
fait.
10 ▪
Retire de dessus moi ta plaie: je suis consumé par les coups de ta
main.
11 ▪
Quand tu châties un homme, en le corrigeant à cause de l’iniquité, tu
consumes¹ comme la teigne sa beauté; certainement, tout homme n’est que
vanité. Sélah.
— ¹ litt.: fais fondre.
*
12 ▪
Écoute ma prière, ô Éternel! et prête l’oreille à mon cri; ne sois pas
sourd à mes larmes, car je suis un étranger, un hôte, chez toi, comme
tous mes pères.
13 ▪
Détourne tes regards de moi, et que je retrouve ma force, avant que je
m’en aille et que je ne sois plus.
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Pour refréner la volonté propre d'un
croyant, Dieu doit parfois se servir de la bride et du mors (Ps. 32. 9
).
L'Esprit impose silence à la nature pour faire porter des fruits à la
vie nouvelle et la faire parler (v. 1).
Nous qui avons tant de peine à nous
taire, en particulier quand il nous est fait du tort, pensons à
l'exemple parfait de l'Agneau qui n'a pas ouvert sa bouche (v. 9; Ps.
38. 13; És. 53. 7; 1 Pier. 2. 23
).
«Tu m'as donné des jours comme la
largeur d'une main...» (v. 5). Brève existence... et cependant si
follement gaspillée par tant de personnes en vaine agitation pour
amasser des biens terrestres! (v. 6; Eccl. 2. 21 à 23
).
Prêtons attention aux quatre «certainement» des v. 5, 6 et 11. Non
seulement l'homme n'est que vanité (v. 5 et 11), mais encore «il
se promène parmi ce qui n'a que
l'apparence...» Sur la
scène de ce monde où le drame humain achève de se jouer, les personnages
et le décor seront bientôt mis de côté. «La figure de ce monde passe».
Ce qui est vrai, ferme, impérissable, c'est ce qui appartient au domaine
invisible et céleste (1 Pier. 1. 4
).
Comprenant qu'il ne peut rien attendre d'un tel monde, le fidèle se pose
la question: «qu'est-ce que j'attends, Seigneur?» et donne lui-même la
réponse: «Mon attente est en toi» (v. 7).
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