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11
Mes yeux se consument dans les larmes, mes entrailles sont agitées, mon
foie s’est répandu sur la terre, à cause de la ruine de la fille de mon
peuple, parce que les enfants et ceux qui tètent défaillent dans les
places de la ville.
12
Ils disent à leurs mères: Où est le blé et le vin? — défaillant dans
les places de la ville comme des blessés à mort, [et] rendant l’âme sur
le sein de leurs mères.
13
Quel témoignage t’apporterai-je? Que comparerai-je à toi, fille de
Jérusalem? Qui est-ce que j’égalerai à toi, afin que je te console,
vierge, fille de Sion? car ta ruine est grande comme la mer: qui te
guérira?
14
Tes prophètes ont vu pour toi la vanité et la folie, et ils n’ont pas
mis à découvert ton iniquité pour détourner ta captivité; mais ils ont
vu pour toi des oracles de vanité et de séduction¹.
— ¹ ou: de cause d’exil.
15
Tous ceux qui passent par le chemin battent des mains sur toi; ils
sifflent et branlent la tête sur la fille de Jérusalem: Est-ce ici la
ville dont on disait: La parfaite en beauté, la joie de toute la
terre?
16
Tous tes ennemis ouvrent la bouche sur toi; ils sifflent et grincent
des dents; ils disent: Nous les avons engloutis; oui, c’est ici le
jour que nous attendions! Nous l’avons trouvé, nous l’avons vu!
17
L’Éternel a fait ce qu’il s’était proposé, il a accompli sa parole qu’il
avait commandée¹ dès les jours d’autrefois; il a renversé et n’a point
épargné, et il a fait que l’ennemi s’est réjoui sur toi; il a élevé la
corne de tes adversaires.
— ¹ c. à d. commandé [aux prophètes de
dire].
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18
Leur cœur a crié au Seigneur. Muraille de la fille de Sion, laisse
couler des larmes jour et nuit, comme un torrent; ne te donne pas de
relâche, que la prunelle de tes yeux ne cesse point!
19
Lève-toi, crie de nuit au commencement des veilles; répands ton cœur
comme de l’eau devant la face du Seigneur. Lève tes mains vers lui pour
la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim au coin de toutes
les rues.
20
Regarde, Éternel, et considère à qui tu as fait ainsi! Les femmes
dévoreront-elles leur fruit, les petits enfants dont elles prennent
soin? Tuera-t-on le sacrificateur et le prophète dans le sanctuaire du
Seigneur?
21
L’enfant et le vieillard sont couchés par terre dans les rues; mes
vierges et mes jeunes hommes sont tombés par l’épée: tu as tué au jour
de ta colère, tu as égorgé, tu n’as point épargné!
22
Tu as convoqué, comme en un jour de fête solennelle, mes terreurs de
toutes parts; et au jour de la colère de l’Éternel, il n’y a eu ni
réchappé, ni reste: ceux dont j’avais pris soin et que j’avais élevés,
mon ennemi les a consumés.
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Immense est la désolation du prophète
devant le tableau des versets précédents. Ses larmes coulent,
intarissables, en présence de cette ruine «grande comme la mer» (v. 13).
Jésus aussi a pleuré sur Jérusalem,
sachant d'avance quelles allaient être pour la ville coupable les
conséquences de Son rejet (Luc 19. 41…
).
Si le roi, les princes, les
sacrificateurs, les prophètes menteurs (v. 14) et la plus grande partie
du peuple, ont mérité les coups qui sont tombés sur eux, nombreux sont
ceux qui souffrent sans être directement responsables. Des bébés meurent
de faim; des vieillards et de jeunes enfants tombent d'inanition dans
les rues (v. 11, 19, 21). Cependant Jérémie ne soulève
aucun pourquoi.
Il se met lui-même «à la brèche» en faveur de ce peuple qu'il aime.
Les v. 15 et 16 nous présentent de
nouveau «ceux qui passent par le chemin». Mais il ne s'agit plus
seulement d'indifférence, comme au ch. 1 v. 12
.
Cette fois ce sont les hochements de tête, les grincements de dents, les
regards éhontés, les insultes et le mépris. Jésus, sainte Victime, a
connu pendant les heures de la croix toutes ces manifestations de la
méchanceté des hommes (voir Ps. 22. 7, 8; 35. 21
).
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