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1 ▪
Après cela, Job ouvrit sa bouche et maudit son jour.
2 Et
Job prit la parole et dit:
3
Périsse le jour auquel je naquis, et la nuit qui dit: Un homme a été
conçu!
4 Ce
jour-là, qu’il soit ténèbres; que **Dieu¹ ne s’en enquière pas d’en
haut, et que la lumière ne resplendisse pas sur lui!
— ¹ hébreu: Éloah;
voir note à Deut. 32:15.
5
Que les ténèbres et l’ombre de la mort le réclament; que les nuées
demeurent sur lui; que ce qui assombrit les jours le terrifie!
6
Cette nuit-là, que l’obscurité s’en empare; qu’elle ne se réjouisse
point parmi les jours de l’année, qu’elle n’entre pas dans le nombre des
mois!
7
Voici, que cette nuit-là soit stérile; que les cris de joie n’y entrent
pas!
8
Que ceux qui maudissent le jour la maudissent, ceux qui sont prêts à
réveiller Léviathan!
9
Que les étoiles de son crépuscule soient obscurcies; qu’elle attende la
lumière, et qu’il n’y en ait point, et qu’elle ne voie pas les cils de
l’aurore!
10
Parce qu’elle n’a pas fermé les portes du sein qui m’a porté¹, et n’a
pas caché la misère de devant mes yeux.
— ¹ litt.: de mon sein.
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11
Pourquoi ne suis-je pas mort dès la matrice, n’ai-je pas expiré quand je
sortis du ventre?
12
Pourquoi les genoux m’ont-ils rencontré, et pourquoi les mamelles, pour
les téter?
13
Car maintenant je serais couché et je serais tranquille, je dormirais:
alors j’aurais du repos,
14
Avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des
solitudes¹,
— ¹ ou: qui rebâtissent des édifices
ruinés.
15
Ou avec les princes qui ont de l’or, qui ont rempli d’argent leurs
maisons;
16
Ou, comme un avorton caché, je n’aurais pas été, — comme les petits
enfants qui n’ont pas vu la lumière.
17
Là, les méchants ont cessé leur tumulte, et là ceux dont les forces sont
épuisées par la fatigue sont en repos;
18
Les prisonniers demeurent ensemble tranquilles, ils n’entendent pas la
voix de l’exacteur;
19
Là sont le petit et le grand, et le serviteur libéré de son maître.
*
20
Pourquoi la lumière est-elle donnée au misérable, et la vie à ceux qui
ont l’amertume dans l’âme,
21 À
ceux qui attendent la mort, et elle n’est pas là, — qui la cherchent
plus que des trésors cachés,
22
Qui se réjouissent jusqu’aux transports [et] sont dans l’allégresse,
parce qu’ils¹ ont trouvé le sépulcre, —
— ¹ ou: lorsqu’ils.
23 À
l’homme de qui le chemin est caché et que **Dieu a enfermé de toutes
parts?
24
Car mon gémissement vient avant mon pain, et mes rugissements débordent
comme des eaux.
25
Car j’ai eu une crainte, et elle est venue sur moi, et ce que
j’appréhendais m’est arrivé.
26
Je n’étais pas en sécurité, et je n’étais pas tranquille ni en repos, et
le trouble est venu.
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Comme des vagues successives, sept
épreuves ont déferlé sur Job. L'Ennemi (dont la haine est
toujours excitée par l'amour que Dieu porte aux siens) a frappé le
patriarche à cinq reprises: dans ses biens (trois fois), dans ses
enfants, puis dans sa santé. Le sixième coup, particulièrement perfide,
a été porté par sa propre femme, mais l'homme de Dieu est resté
inébranlable. Vient alors la dernière de ces «sept détresses» (ch. 5 v. 19
),
d'un côté qu'il n'attendait pas. Trois amis se sont concertés
pour faire à Job une visite de condoléances. Et ce que les
assauts
furieux de Satan n'ont pas réussi à produire, la démarche de ces
consolateurs va l'accomplir. À ce propos remarquons combien il est
difficile de faire une bonne visite à quelqu'un qui passe par l'épreuve,
et combien il est important de la préparer dans la prière. Ces hommes
sont là, silencieux, qui considèrent dans sa désolation celui qu'ils
avaient connu et honoré dans sa prospérité. Leur donner en spectacle sa
misère, être pris en pitié, est plus que Job n'en peut supporter.
L'amertume longtemps contenue déborde enfin. En termes déchirants Job
«maudit son jour»; il voudrait n'être jamais né. Il souhaite la mort.
Mais dans sa sagesse et son amour, Dieu n'avait pas permis à Satan
d'aller jusque-là. |