Les
Proverbes
Chapitre
29 (v. 3-27)
Versets
3-7 — Le juste.
L’homme qui aime la sagesse est la joie de son père, mais
le compagnon des prostituées dissipera son bien
(v. 3).
Voyez 10:1.
Comme nous l’avons déjà remarqué
plus d’une fois dans cette étude, il y a, depuis le chapitre 10, une espèce de
recommencement ou d’ordre nouveau quand les Proverbes reviennent à la pensée
initiale de la Sagesse, aux relations du fils avec ses parents (voyez 10:1;
17:25; 19:13, 27; 22:17). Tout ce livre, n’a-t-il pas pour but de faire aimer la
Sagesse et d’en faire suivre la voie au fils qui est
en relation d’affection et d’obéissance avec le père qui l’a engendré?
Ici, le caractère du fils est
d’aimer la Sagesse. Ce n’est pas seulement de la
suivre, de lui obéir, de lui être soumis. À mesure qu’on avance dans la
connaissance de la Sagesse on lui est attaché comme à quelque chose d’infiniment
précieux. Or, comme nous l’avons vu, la Sagesse, dans sa suprême expression,
c’est Christ. La connaissance de cette personne grandit à mesure que l’on
avance; on l’aime. On est attaché, obéissant, fidèle à des principes; on aime
une personne, on aime aussi la
Parole, parce qu’elle est la révélation de cette personne.
Cet amour est la joie du père. Il
est parlé ici de celui qui, sur la terre, a engendré un tel fils et que nous
retrouvons tout du long dans les Proverbes, mais pour nous chrétiens, nous
savons que c’est la joie de notre Père céleste de nous voir aimer son Fils. «Si
quelqu’un m’aime... mon Père l’aimera». C’est bien plus que la joie du peuple de
Dieu (v. 2) quand les justes se multiplient.
En contraste avec celui qui aime
la sagesse, nous trouvons le compagnon des prostituées, l’homme qui a choisi le
monde corrompu pour en faire sa compagnie. Cet homme a reçu des bénédictions
extérieures en partage, comme tous les hommes. Même celles-là il les perdra, car
il aura «mangé son bien avec des prostituées». Mais il peut retrouver la joie du
Père sur le chemin de la repentance quand, étant mort, il est revenu à la vie,
quand, étant perdu, il a été retrouvé (Luc 15).
Un roi, par le juste jugement, affermit le pays, mais
l’homme qui accepte des présents le ruine
(v. 4).
Voyez v. 14; 16:12; 25:5.
Après la Sagesse, nous trouvons le
roi comme représentant, ici-bas, de l’autorité divine. Chez lui le jugement de
toutes choses selon le caractère de Dieu donne la stabilité au pays qu’il
gouverne; tandis que, si le juge accepte des présents, il s’associe au méchant
qui a pour but, en les donnant, de faire «dévier les sentiers du jugement»
(17:23). Il ruine, par ce fait, le pays qu’il aurait dû gouverner et affermir.
L’homme qui flatte son prochain étend un filet devant ses
pas (v. 5).
Voyez 26:28; 28:23.
Il y a un moyen autre que les
présents pour faire tomber son prochain, c’est la flatterie. L’homme tient
compte de celui qui le flatte, le juste jugement est faussé et ainsi les voies
de l’Éternel sont perverties. «Voix d’un Dieu et non pas d’un homme!» disaient
les Tyriens à Hérode (Actes 12:22-23).
Dans la transgression de l’homme mauvais, il y a un piège,
mais le juste chantera et se réjouira
(v. 6).
Cette pensée continue celles des
versets précédents. Il y a un troisième piège qui consiste à s’écarter de la
règle divine et à lui désobéir. Cette transgression est le piège qui sera la
ruine du méchant. Le juste, précisément parce qu’il est juste, échappe à la
transgression. La louange et la joie en sont la conséquence. Il est beaucoup
parlé de joie dans ces versets.
Le juste prend connaissance de la cause des pauvres; le
méchant ne comprend aucune connaissance
(v. 7).
La connaissance, comme nous
l’avons vu souvent, est l’un des caractères de la sagesse. Le juste possède ce
caractère. Il prend connaissance de la cause des pauvres. Il les comprend et
prend leur défense quand ils sont attaqués ou tirés en jugement. Il s’identifie
avec le pauvre; il embrasse la cause de Christ et de tous ceux qui lui
appartiennent. Le méchant est ignorant; c’est le sot des Proverbes. Il n’a pas
plus de connaissance de lui même que de Christ, le pauvre par excellence.
Versets
8-11 — Le sage.
Les hommes moqueurs mettent en feu une ville, mais les
sages détournent la colère
(v. 8).
Cf. 22:10.
Nous avons déjà vu que le
caractère des moqueurs est de ne tenir aucun compte de Dieu, de considérer sa
parole comme non existante. On en voit la conséquence sur les hommes réunis en
société. Toutes les mauvaises passions et l’anarchie en sont la suite. Seule
l’intercession des sages détourne la colère de Dieu, prête à fondre sur cette
société.
Un homme sage qui plaide avec un homme insensé, qu’il
s’irrite ou qu’il rie, n’a point de repos
(v. 9).
Quand un sage entre en procès ou
en contestation avec un homme insensé, qu’il s’irrite et se croie offensé, ou
qu’il prenne le parti d’en rire, de traiter légèrement cette opposition, il
trouble le repos de son âme et n’en retire qu’agitation pour lui-même.
Les hommes de sang haïssent l’homme intègre, mais les
hommes droits tiennent à sa vie
(v. 10).
L’homme intègre sera toujours un
objet de haine pour ceux auxquels un meurtre ne coûte rien. Il en a été de même
pour Élie, pour Étienne et pour tous les témoins fidèles; mais les hommes droits
tiennent à préserver la vie du juste, tel Abdias préservant les cent fidèles de
la colère de Jésabel.
Le sot met dehors tout son esprit, mais le sage le calme et
le retient (v. 11).
Mettre dehors tout ce qu’il pense,
mettre de même au jour ses passions, c’est le propre de l’homme dépourvu
d’intelligence — le sage est calme, domine les mouvements de son cœur et sait en
retenir l’expression.
Versets
12-27 — Principes divers.
Qu’un gouverneur prête attention à la parole de mensonge,
tous ses serviteurs seront méchants
(v. 12).
Responsabilité de celui qui est
appelé à conduire les autres, et son influence sur eux. Il est de toute
importance qu’il soit vrai. Dès qu’il prête l’oreille à la parole de mensonge et
la laisse entrer dans sa conduite, l’effet s’en fera sentir sur tous les
serviteurs qui l’entourent: ils seront méchants et c’est le gouverneur qui en
sera responsable.
Le pauvre et l’oppresseur se rencontrent, l’Éternel éclaire
les yeux de tous deux (v.
13).
Voyez 22:2.
Comme le riche et le pauvre se
rencontrent dans leur naissance et dans leur mort, le pauvre et celui qui
opprime le pauvre se rencontrent aussi quand il s’agit de
la grâce de Dieu qui ouvre les yeux à l’un comme à l’autre.
Le roi qui juge les pauvres selon la vérité... son trône
sera affermi pour toujours
(v. 14).
Dans ce chapitre et dans le
chapitre précédent il est souvent parlé du pauvre comme objet de sympathie,
souvent aussi du dominateur, du prince, du gouverneur, du roi, qui peuvent être
selon le cœur de Dieu, ou agir en oppresseurs. Mais que le roi soit le roi d’un
peuple pauvre ne change rien, ni à sa prospérité, ni à sa stabilité, pourvu
qu’il gouverne en vérité. Tel fut Ézéchias. On n’a pas affaire ici à la gloire
du règne de Salomon, mais à un temps de déclin. Le temps réapparaîtra où le
peuple du roi sera «un peuple de franche volonté au jour de sa puissance, en
sainte magnificence» (Ps. 110).
La verge et la répréhension donnent la sagesse, mais le
jeune garçon abandonné à lui-même fait honte à sa mère
(v. 15).
La sagesse n’est pas seulement le
produit de l’instruction; elle s’acquiert par les châtiments et la discipline.
C’est pourquoi celui qui, jeune encore, est abandonné à sa propre volonté est un
sujet d’humiliation pour sa mère qui, dans les Proverbes, représente toujours le
principe de l’amour dans l’éducation de l’enfant.
Quand les méchants se multiplient, la transgression se
multiplie; mais les justes verront leur chute
(v. 16).
Cf. v. 2. Voyez Ps. 37:34.
Influence de la multiplication des
méchants sur l’accroissement de la violation des lois que Dieu a établies. Mais
cela aura une fin: les justes verront la chute des méchants quand Dieu se lèvera
pour le jugement final.
Corrige ton fils et il te donnera du repos et procurera des
délices à ton âme (v. 17).
Cf. v. 15.
La correction de l’enfant est
attribuée au père, non à la mère. Le cœur du père ne pourra jouir d’aucun repos
s’il n’est pas fait usage de la verge; il sera dans une agitation continuelle
par le fait que l’enfant, se sachant impuni, multipliera ses désobéissances;
mais, comme résultat de la correction, le fils de la Sagesse procurera des
jouissances exquises au père qui l’a instruit.
Quand il n’y a point de vision, le peuple est sans frein;
mais bienheureux celui qui garde la loi
(v. 18).
Il arrive un moment où, par suite
de l’infidélité du peuple, la vision, la révélation directe de la pensée de Dieu
à des hommes fidèles, non seulement n’est pas répandue, comme en 1 Sam. 3:1,
mais a complètement cessé. Cependant le bonheur n’a point disparu; il appartient
à tous ceux qui gardent la loi, la parole inspirée de Dieu.
Un serviteur n’est pas corrigé par des paroles; car il
comprend, mais il ne répond pas
(v. 19).
Ce ne sont pas des paroles qu’il
faut au serviteur pour le corriger, car tout en comprenant, il ne lui est pas
permis de répondre. C’est par l’exemple qu’il peut apprendre sa leçon.
As-tu vu un homme précipité dans ses paroles? Il y a plus
d’espoir pour un sot que pour lui
(v. 20).
Voyez 26:12.
Un homme qui se hâte de parler et
le fait, par conséquent, inconsidérément, est sur le même niveau que celui qui
est sage à ses propres yeux, car il s’empresse de mettre au dehors ses propres
pensées comme si, venant de lui, elles avaient une valeur spéciale. Or il y a
plus d’espoir pour un homme dépourvu d’intelligence que pour lui.
Celui qui gâte son serviteur dès sa jeunesse, le verra fils
à la fin (v. 21).
Gâter son serviteur dès sa
jeunesse c’est lui donner une opinion exagérée de lui-même et l’inciter à
usurper peu à peu la place du fils qu’il finira par occuper tout entière.
L’homme colère excite les querelles, et l’homme qui se met
en fureur abonde en transgressions
(v. 22).
Voyez 15:18.
Influence de l’homme colérique sur
l’esprit des autres; il excite les querelles. Influence de la violence d’un
homme qui ne sait pas se dominer, sur son propre état moral; il transgresse de
cette manière à chaque instant la volonté de Dieu.
L’orgueil d’un homme l’abaisse, mais celui qui est humble
d’esprit acquiert la gloire
(v. 23).
Voyez 16:18, 19.
L’orgueil abaisse l’homme aux yeux
de Dieu et aux yeux des sages. Nous savons que le résultat en sera la ruine.
L’homme humble d’esprit est élevé aux yeux de Dieu et le résultat sera la gloire
du royaume.
Qui partage avec un voleur hait son âme; il entend
l’adjuration et ne déclare pas la chose
(v. 24).
Celui qui partage avec un voleur
le produit du vol, croit être moins coupable que lui, puisqu’il n’a pas volé
lui-même. Cité devant le juge et astreint au serment requis par le magistrat, il
ne déclare pas la chose, afin d’éviter la condamnation pour lui-même. C’est haïr
sa propre vie, car la loi dit qu’il portera son iniquité, étant condamné à mort
sans appel (Lévita. 5:1).
La crainte des hommes tend un piège, mais qui se confie en
l’Éternel est élevé dans une haute retraite
(v. 25).
Craindre les hommes est un piège.
Il y a danger de renier même son Seigneur, comme fit Pierre, pour échapper à un
péril qu’il aurait évité par la simple confiance en Lui. Cette confiance nous
délivre, nous met à l’abri et élève notre tête au-dessus de tous nos ennemis
(Ps. 27:1-6).
Plusieurs cherchent la face du gouverneur, mais le juste
jugement d’un homme vient de l’Éternel
(v. 26).
Un grand nombre d’hommes a recours
au gouverneur, à l’homme haut placé, au représentant de la justice, pensant que
sa position le rend capable de juger équitablement des difficultés qu’ils
traversent, et ainsi de leur donner une aide efficace. Cette appréciation est
fausse. Le juste jugement d’un homme ne vient pas de sa position, mais est donné
par l’Éternel. Tel était le fruit de la Sagesse donnée de Dieu à Salomon.
L’homme inique est l’abomination des justes, et celui qui
est droit dans sa voie, l’abomination du méchant
(v. 27).
Il y a antagonisme complet entre
l’inique et le juste. Aucun rapprochement quelconque n’est possible. Des deux
côtés l’un est en abomination à l’autre. «Quelle participation y a-t-il entre la
justice et l’iniquité, ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres, ou
quel accord de Christ avec Bélial?» (2 Cor. 6:14-15). Si celui qui est droit
dans sa voie est l’abomination du méchant, quel jour ce fait jette sur le cœur
de l’homme! Quelle condamnation absolue! C’est ainsi que se terminent les
Proverbes de Salomon. Seuls sont exceptés les fils de la Sagesse, ceux qui ont
été engendrés par elle et que ce livre tout entier a pour mission d’instruire
dans la justice pratique et de former à la droiture dans leur voie!