Les
Proverbes
Chapitre
19
Versets
1-29
Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité, que
celui qui est pervers de lèvres et qui est un sot
(v. 1).
Le v. 23 du chap. 18 introduit la
question du pauvre traitée plus spécialement dans ce chapitre. Avantage du
pauvre quand il marche dans son intégrité, sur celui dont les discours sont
pervers et qui est étranger aux pensées de Dieu. L’intégrité se trouve toujours
dans le chemin de la Sagesse. Le pauvre ne possède rien extérieurement, mais son
cœur a l’entière approbation de Dieu; c’est la vraie sagesse, en contraste avec
la folie qui dévoile par ses discours ce qui est dans le cœur.
De même, le manque de connaissance dans une âme n’est pas
une bonne chose, et celui qui se hâte de ses pieds bronche
(v. 2).
Le manque de connaissance chez le
sot (voyez v. 1) n’est pas une bonne chose, tandis que le pauvre a la bonne part
en marchant dans le chemin de la sagesse. Ce manque de connaissance conduit à
une marche marquée par des chutes; la connaissance, au contraire, a une marche
réfléchie qui évite le péché.
La folie de l’homme pervertit sa voie, et son cœur s’irrite
contre l’Éternel (v. 3).
Ce verset continue à s’occuper de
la marche. Dieu place un chemin devant l’homme, sa folie le change en un mauvais
chemin. C’est le contraire d’une marche intègre, mais au lieu de se juger,
l’homme accuse Dieu de l’y avoir conduit.
Les richesses font beaucoup d’amis, mais le pauvre est
séparé de son ami (v. 4).
Voyez 14:20.
Les riches ont beaucoup d’amis; on
voit, 18:24, où cela mène, mais le chemin du pauvre le sépare de celui même sur
lequel il croyait pouvoir le plus compter. On voit dans ce même v.
24 du chap. 18 l’ami qui lui reste, et que nous
trouvons en Christ.
Le faux témoin ne sera pas tenu pour innocent et celui qui
profère des mensonges n’échappera point
(v. 5).
Voyez v. 9.
Voyez 14:5, 25. Je serais disposé
à voir dans ce verset un lien avec les précédents. Le pauvre a aussi affaire aux
faux témoins et aux mensonges. Il en fut ainsi de Christ. Le jour arrivera où
ils seront reconnus coupables et n’échapperont pas. Remarquez la répétition de
ce même passage au v. 9.
Beaucoup de gens recherchent la faveur d’un noble, et
chacun est ami d’un homme qui donne
(v. 6).
Voyez 18:16.
Ceci est toujours en contraste
avec le pauvre comme on le voit au verset suivant. On recherche, pour les
avantages matériels qu’ils procurent, la faveur de ceux qui sont haut placés et
généreux.
Tous les frères du pauvre le haïssent; combien plus ses
amis s’éloigneront-ils de lui! Il les poursuit de ses paroles... ils n’y sont
plus! (v. 7).
Quel contraste! Haï de ses frères,
abandonné de ses amis (cf. v. 4), le pauvre reste seul. Il fait appel, à leur
pitié; pas de réponse; ils sont évanouis! Lui, reste dans un isolement absolu!
N’est-ce pas le: «Il n’y a eu personne» du Ps. 69?
Celui qui acquiert du sens aime son âme; celui qui garde
l’intelligence, c’est pour trouver le bonheur
(v. 8).
Cette sentence est remarquable
entre le v. 7 et le v. 9. Il s’agit ici d’acquérir du sens et de garder
l’intelligence, deux choses que seule la sagesse peut donner, pour trouver le
bonheur et le bien de son âme. Dans ce monde tout tend à nous faire perdre ces
choses, car ce que nous y rencontrons (v. 1-7) les contredit. Aussi la Parole
nous enseigne: «Bienheureux celui qui comprend le pauvre! Au mauvais jour,
l’Éternel le délivrera» (Ps. 41:1).
Le faux témoin ne sera pas tenu pour innocent, et celui qui
profère des mensonges périra
(v. 9).
Cette répétition du v. 5 acquiert
ici tout son sens. Au v. 8 le pauvre a les intelligents, les fils de la sagesse,
avec lui; ils sont bienheureux. Ceux qui se sont élevés contre lui en faux
témoignage périront.
Une vie de délices ne sied pas à un sot; combien moins
sied-il à un serviteur de gouverner des princes?
(v. 10)
Le v. 1 nous a parlé du sot,
pervers dans ses discours: il nous est présenté ici entouré du raffinement de la
vie, prospère dans ses circonstances extérieures. Ces délices forment un piteux
contraste avec l’ignorance qui caractérise cet homme. Ne pas oublier que nous ne
sortons jamais dans ce livre des circonstances et des bénédictions terrestres.
Elles appartiennent à la sagesse (8:18). Il est encore moins convenable de voir
celui qui occupe la position abjecte d’un serviteur s’élever et prendre une
place orgueilleuse au-dessus de ceux qui sont élevés en dignité. Notre seule
place à nous, est celle du renoncement et de l’humilité.
La sagesse de l’homme le rend lent à la colère; et sa
gloire c’est de passer par-dessus la transgression
(v. 11).
Nous trouvons ici un contraste
avec le v. 10. La sagesse consiste non à vivre dans les délices, mais à réprimer
les mouvements naturels du cœur et à imiter le caractère de l’Éternel lui-même.
(Ex. 34:6). Sa gloire est, non de dominer, mais de faire grâce, de passer
par-dessus la transgression. Ainsi le sage se domine lui-même, est plein de
grâce envers les autres (14:29; 10:12).
La colère d’un roi est comme le rugissement d’un jeune
lion, mais sa faveur, comme la rosée sur l’herbe
(v. 12).
Cependant il y a une colère devant
laquelle il faut trembler (comp. 20:2), celle du roi, de Salomon, de Christ.
Telle la colère de Salomon sur Adonija et sur Joab (1 Rois 2). Telle la colère
de Christ (Ps. 2:12). Mais sa faveur a un caractère céleste, elle est comme la
rosée sur l’herbe, que le soleil fera grandir ensuite (Comp. 16:15 2 Sam. 23:4).
Un fils insensé
(sot, hébreu:
Kesil) est un malheur pour son père, et les querelles d’une femme sont une
gouttière continuelle (v. 13).
Voyez 27:15; 17:25.
Nous trouvons ici pour la seconde
fois les conséquences de l’ignorance et de l’obstination du fils pour le cœur du
père (17:21), dont toute la joie est d’élever ce fils dans le chemin de la
sagesse (10:1). Par le fils insensé le malheur entre dans la famille. Il en est
de même de l’esprit de querelle chez la femme (elle n’est pas appelée ici «la
mère») placée dans la maison comme l’aide de son mari et devant y donner
l’exemple de la soumission, et de la dépendance qui s’oublie pour faire
ressortir l’autorité du père. Cet esprit de querelle gâte tout, introduit le
désordre dans l’organisation de la maison et ne laisse aucun repos à celui qui
la dirige.
Cette sentence se meut dans
l’ordre de pensées qui caractérise ce chapitre. Cependant, comme au chap. 17:25,
elle introduit un paragraphe nouveau dans la suite des idées.
Maison et richesse sont l’héritage des pères, mais une
femme sage vient de l’Éternel
(v. 14).
Cette sentence se lie à celle du
v. 13. Il y a des bénédictions terrestres, honneurs et richesse qui, dans les
Proverbes, sont la récompense de la sagesse des pères. Ces choses peuvent être
héritées par le sot et l’insensé, comme nous l’avons vu dans ce chapitre. La
sagesse ne s’hérite pas, elle est un don de l’Éternel. La femme sage gouverne
son domaine, la maison.
La paresse fait tomber dans un profond sommeil, et l’âme
négligente aura faim (v.
15).
Il faut de l’activité et de la
vigilance pour conserver l’héritage du père. La paresse fait tomber dans un état
de torpeur; on néglige ses intérêts; le bien acquis disparaît et l’on est la
proie de la famine. Sentence bien applicable à la conservation des biens
spirituels. La diligence les augmente; la paresse nous fait perdre même ceux
dont nous avions hérité.
Celui qui garde le commandement garde son âme; celui qui ne
veille pas sur (ou qui méprise) ses voies mourra
(v. 16).
Voyez 16:17.
La sagesse consiste dans
l’obéissance au commandement divin et dans ce chemin notre vie est conservée;
mais si nous ne veillons pas sur nos voies, si nous les tenons comme chose sans
importance, la mort sera la suite de cette négligence. Cela est tout aussi vrai
de l’obéissance et de la vigilance chrétiennes.
Qui use de grâce envers le pauvre prête à l’Éternel, et il
lui rendra son bienfait (v.
17).
Comme dans tout ce qui précède,
nous avons ici les voies du fils de la Sagesse. Il ne s’agit pas seulement pour
lui de veiller sur lui-même, mais d’user de grâce envers le pauvre, le
nécessiteux, que le monde méprise; de montrer de l’amour à ceux que Dieu aime.
Agir ainsi c’est «prêter à l’Éternel». Il nous le rendra avec les intérêts.
Corrige ton fils tandis qu’il y a de l’espoir, mais ne te
laisse pas aller au désir de le faire mourir
(v. 18).
Nous rentrons ici dans la question
de la discipline du père envers le fils. Il peut arriver un moment où
l’obstination du fils fait perdre tout espoir; dans ce cas le père doit être
gardé de dépasser les dernières limites, de se laisser aller à des pensées de
mort et de vengeance. La discipline étant inefficace, le reste doit être laissé
à Dieu. Toute l’histoire d’Absalom est très instructive sous ce rapport.
Celui qui est très colère en portera la peine car si tu le
délivres tu devras recommencer
(v. 19).
Chez le père qui est mis en garde
au v. 18, la colère peut provenir d’un caractère qui ne sait pas se maîtriser.
Il y a, aussi envers le père, une discipline dont il aura à porter la peine. Un
autre peut intervenir pour le délivrer des suites de sa colère, mais étant porté
à se laisser aller d’habitude à tous les mouvements de la passion, les mêmes
faits se reproduiront et toute la peine sera perdue (v. 11).
Écoute le conseil et reçois l’instruction, afin que tu sois
sage, à ta fin (v. 20).
Voyez 12:15.
Toutes les choses qui sont
recommandées dans ces versets sont le conseil et l’instruction qui font partie
de la sagesse. Elles seront pleinement acquises au fils de la sagesse, quand, à
sa fin, il sera arrivé au bout de ses expériences.
Il y a beaucoup de pensées dans le cœur d’un homme; mais le
conseil de l’Éternel, c’est là ce qui s’accomplit
(v. 21).
Quelle vanité que celle des
pensées de l’homme le plus capable, le plus intelligent! La seule chose qui
s’accomplira, c’est ce que Dieu s’est proposé; tout le reste n’aboutit à rien.
Le seul homme qui réussisse dans ses voies est celui qui marche dans une humble
dépendance de la volonté de Dieu, n’ayant d’autre volonté que la Sienne. Voyez
16:9, une pensée analogue.
Ce qui attire dans un homme, c’est sa bonté; et le pauvre
vaut mieux que l’homme menteur
(v. 22).
Voyez v. 1.
Cette pensée reste dans le sens
général de ce chapitre déjà indiqué au v. 1. Comme on peut trouver chez le
pauvre l’intégrité, on peut trouver chez lui la bonté, car la bonté ne va pas
sans la droiture. Le juste a beau être pauvre; on trouvera plus de ressources
chez lui que chez l’homme menteur. Devons-nous ajouter que tout homme est
menteur, sauf le juste?
La crainte de l’Éternel mène à la vie, et on reposera
rassasié sans être visité par le mal
(v. 23).
Il est à peine nécessaire de noter
le rôle de la crainte de l’Éternel dans tous ces derniers chapitres. Voyez
14:26, 27; 15:16, 33; 16:6. Tout ce dont ce chapitre nous parle a cette crainte
pour origine. Cette dernière provient du fait que l’homme se trouve dans la
lumière de Sa présence. Alors il a horreur du mal et a trouvé en Dieu le bien
parfait. C’est le chemin de la vie. L’âme a trouvé le repos, elle est rassasiée,
et le mal ne peut entrer là où elle se trouve, si du moins elle n’abandonne pas
le chemin que lui trace la sagesse.
Le paresseux enfonce sa main dans le plat, et il ne la
ramène pas à sa bouche (v.
24).
Voyez 26:15.
Le v. 15, après avoir parlé
d’activité, nous met en garde contre la paresse. Notre verset la mentionne de
nouveau après avoir présenté au v. 23 le repos et le rassasiement que la crainte
de l’Éternel nous procure. Mais il ne s’agit nullement d’inactivité. Jamais la
paresse ne rassasiera. Elle ne sait pas même ramener la nourriture à sa bouche
quand elle a enfoncé la main dans le plat. Nous en reparlerons au chap. 26:15.
Frappe le moqueur, et le simple deviendra avisé; corrige
l’homme intelligent, et il comprendra la connaissance
(v. 25).
Le moqueur tient la parole de Dieu
comme nulle et non avenue. Il ne nous est jamais présenté comme susceptible de
devenir un enfant de la sagesse. Dieu se moque de celui qui se moque de Lui. En revanche le simple auquel les pensées de Dieu sont inconnues, amené en contact
avec la vérité, peut devenir un fils de la Sagesse et être avisé, c’est-à-dire
choisir le chemin de la vie pour le suivre. Le jugement tombé sur les impies est
un puissant moyen de lui ouvrir les yeux. En revanche l’homme intelligent,
capable comme fils de la Sagesse, de comprendre les pensées de Dieu, quand il
passe sous la correction et la discipline, les appréciera de plus en plus.
Celui qui ruine son père et chasse sa mère est un fils qui
fait honte et apporte l’opprobre
(v. 26).
Ceci est la forme la plus terrible
du mal parmi celles qui sont énumérées depuis le v. 24 et le seront encore
jusqu’au v. 28. Il ne reste plus ici que la forme des relations de famille, mais
les «temps fâcheux» sont arrivés. Celui qui porte encore le nom de fils, mais
n’en a plus que l’apparence, n’est pas seulement désobéissant, mais ingrat, sans
piété, sans affection naturelle, implacable (2 Tim. 3:2-3). Quelle honte! Quel
opprobre! «Détourne-toi,» est-il dit, «de telles gens!»
Mon fils, cesse d’écouter l’instruction qui fait errer loin
des paroles de la connaissance
(v. 27).
En revanche, cette parole est
adressée au fils de la Sagesse, mais il y a une instruction
à laquelle il semble prêter l’oreille et qui tout en ayant le nom
d’instruction de la sagesse, a pour but d’égarer ceux qui l’écoutent et de les
éloigner des paroles qui nous apportent les pensées de Dieu. Combien cet
avertissement est de saison dans les jours que nous traversons!
Un témoin de Bélial se moque du juste jugement et la bouche
des méchants avale l’iniquité
(v. 28).
Après les doctrines d’erreur au v.
27, nous avons ici le témoin satanique qui vient déclarer qu’il n’y a pas
d’appréciation divine de ce qui se passe. Cette iniquité convient au méchant qui
l’avale comme on avale de l’eau (Job 15:16).
Les jugements sont préparés pour les moqueurs, et les coups
pour le dos des sots (v.
29).
Voyez 10:13; 26:3.
Telle est la fin de toutes les
iniquités qui sont énumérées ici. Il n’y a aucune rémission pour les moqueurs
dont nous avons déjà défini le caractère. Le jugement est préparé pour eux,
comme «Topheth est préparé depuis longtemps» (És. 30:33). Les sots, les
ignorants obstinés, recevront un châtiment moins sévère. Y aurait-il encore
quelque espoir pour eux?
Résumé
Toutes les pensées se lient dans
ce chapitre d’une manière encore beaucoup plus remarquable qu’au chap. 16. Notez
surtout la place qu’occupe le pauvre, le rôle de la crainte de l’Éternel,
l’instruction de la sagesse qui met le fils à l’abri des dangers, enfin, dans
les derniers versets le développement de toutes les formes du mal qui se
terminent par un jugement sans rémission.