Livre du Prophète Michée
Chapitre 7
Loin d’être clos par le prononcé
de la sentence sur Samarie, les débats continuent au sujet de Jérusalem et de
Juda; mais, ce qui importe au suprême degré, ils ont pour but la pleine
bénédiction du Résidu qui va former le nouvel Israël. On voit dans ce chapitre à
quoi le plaidoyer aboutit quand la foi est dans le
cœur et que, réalisant le juste jugement de Dieu, et «écoutant la verge» (6, 9),
l’âme comprend qu’elle est sans ressource.
«Malheur à moi! car je suis comme
quand on a fait la cueillette des fruits d’été, comme les grappillages lors de
la vendange: pas une grappe de raisin à manger! aucun fruit précoce que mon âme
désirait!» (v. 1).
On trouve, comme nous l’avons dit
plus haut, deux «Malheur» dans Michée (2:1; 7:1):
le premier comprenant les six «Malheur» d’Ésaïe 5, le second (chap. 7:1)
correspondant à celui qu’Ésaïe prononce sur lui-même, quand ses yeux ont vu le
Roi, l’Éternel des armées (Ésaïe 6:5). Ainsi aussi en Michée, le prophète,
représentant le Résidu, convaincu de péché, et reconnaissant le juste jugement
de Dieu, prononce le jugement sur lui-même. Au chap. 5 d’Ésaïe, le Seigneur
cherche du fruit dans sa vigne; il s’attendait à ce qu’Israël produisît de bons
raisins, mais il n’y trouve que des grappes sauvages. Ici c’est le Résidu qui
reconnaît être sans fruit sous le jugement de Dieu; et s’il a désiré qu’il soit
trouvé chez lui quelque chose pour Dieu, même cet espoir lui est enlevé.
L’Éternel semble ne tenir aucun compte de sa foi et de son intégrité, puisque,
accablé sous la colère de Dieu, il est comme confondu avec le peuple coupable,
et laissé là, dépouillé, sans nourriture, ni joie, ni rafraîchissement pour son
âme. Alors il fait un retour complet sur lui-même. Il
désirait porter des fruits précoces pour Dieu et n’en a produit aucun!
Pour le moment, l’Éternel ne montre pas sa faveur au Résidu qui doit passer par
les terribles expériences de la grande tribulation, mais, quand le jugement aura
porté tous ses fruits, il l’établira dans cette faveur selon la grandeur de sa
miséricorde.
Au v. 1 l’âme a commencé par se
juger elle-même; aux v. 2 à 6 elle comprend l’éloignement de Dieu dans lequel se
trouve le monde dont elle est entourée. Ce chapitre quitte Samarie pour faire la
description affreuse du mal qui se trouve à Jérusalem:
«L’homme pieux a disparu du pays,
et il n’y a pas de gens droits parmi les hommes; tous ils se placent aux
embûches pour verser le sang; ils font la chasse chacun à son frère avec un
filet; les deux mains sont prêtes au mal, afin de le bien faire» (v. 2, 3).
Rien sur quoi l’on puisse compter,
aucune piété que Dieu reconnaisse! Tout cela a disparu. Les méchants emploient
leurs deux mains, toute leur activité, pour le mal, afin de
le bien faire et de réussir complètement dans leurs mauvais desseins.
Cela ne se voit-il pas aussi de nos jours? Toute la prévoyance de l’homme est
mise en jeu, aucune source d’activité n’est négligée, afin d’accomplir le mal
d’une manière aussi parfaite que possible. «Il est difficile», disait un
chrétien, «de faire le bien et encore plus difficile
de le bien faire»; mais Satan trouve toujours des
mains prêtes à bien faire le mal. Les hommes
s’allient, ne font qu’un pour cette mauvaise œuvre; le
prince se sert de son autorité pour commettre des exactions; le
juge ne fait pas droit aux réclamations des
opprimés, parce qu’il est payé pour faire le mal; le grand
exprime l’avidité de son âme. Ces trois puissances concourent ensemble et
d’un commun accord pour atteindre leur but unique (v. 3). «Le meilleur d’entre
eux est comme une ronce, le plus droit, pire qu’une haie d’épines» (v. 4). Seul
le feu du jugement leur est réservé, comme il est dit: «La lumière d’Israël sera
un feu, et son Saint, une flamme; et il brûlera et dévorera ses épines et ses
ronces en un seul jour» (Ésaïe 10:17).
Au chap. 5, 10, l’Éternel
annonçait que le jour du jugement viendrait, maintenant, il est arrivé: «Le jour
de tes sentinelles et de ta visitation est arrivé;
maintenant sera leur confusion» (v. 4). C’est le prophète qui déclare
cela. L’état moral est devenu si mauvais en Israël que l’on ne peut plus se fier
à personne: «N’ayez pas de confiance en un compagnon; ne vous fiez pas à un ami;
garde les portes de ta bouche devant celle qui couche dans ton sein» (v. 5). Le
croyant est isolé, ne peut plus marcher d’accord avec un compagnon, n’a plus
d’ami auquel il puisse tout dire, plus de sein dans lequel il puisse s’épancher
avec confiance. La présence de la lumière ne fait que soulever l’opposition des
hommes et les exciter à la lutte pour éteindre cette clarté. «Car le fils
flétrit le père, la fille s’élève contre sa mère, la belle-fille contre sa
belle-mère; les ennemis d’un homme sont les gens de sa maison» (v. 6). Le
Seigneur se sert de ce passage (Matt. 10:34-36) pour montrer les résultats de
sa présence en grâce au milieu d’Israël. Du moment que le témoignage de Dieu est
rejeté, tous les liens naturels qui unissaient encore les hommes entre eux sont
brisés, pour donner carrière à la haine, haine qui s’exerce d’abord envers les
témoins de Christ: «Les ennemis d’un homme seront les gens de sa maison». Quand
ces liens sont brisés, c’est comme un torrent qui a rompu ses digues et dévaste
tout sur son passage. Les hommes ne se bornent pas alors à haïr Dieu, ils
haïssent leur prochain. L’amour a disparu du cœur, dès que l’amour de Dieu en
est chassé; Satan vient immédiatement le remplir par son propre caractère qui
est la haine.
«Mais moi, je regarderai vers
l’Éternel, je m’attendrai au Dieu de mon salut; mon Dieu m’écoutera» (v. 7).
Remarquez maintenant cette parole dans la bouche du croyant. Il a dit: Malheur à
moi! puis il a jugé ce qu’est le monde; puis il a appris qu’il ne pouvait pas
plus se fier au monde qu’à soi-même; puis il a réalisé qu’il ne pouvait trouver
ici-bas qu’inimitié contre ce qui est de Dieu. Que lui reste-t-il donc?
Dieu seul. Il regarde vers Dieu, s’attend à lui,
crie et trouve un Dieu qui l’écoute. Va-t-il être malheureux désormais? Certes
pas! Le malheur, il l’a prononcé sur lui-même quand il a dû s’occuper de son
propre état; mais il n’y a plus pour lui que bonheur et confiance quand il
regarde à Dieu. Cette transition du malheur à la joie, de la connaissance de
soi-même à la connaissance de Dieu, est fort belle. Quand même le meilleur des
hommes est une ronce et le plus droit pire qu’une haie d’épines, vérité qui
s’applique tout aussi bien au croyant, son cœur désespère de l’homme, mais sa
foi ne désespère aucunement de Dieu: «Il est le Dieu de mon
salut; mon Dieu m’écoutera!»
«Ne te réjouis pas sur moi, mon
ennemie: si je tombe, je me relèverai; si je suis assise dans les ténèbres,
l’Éternel sera ma lumière. Je supporterai l’indignation de l’Éternel, car j’ai
péché contre lui, — jusqu’à ce qu’il prenne en main ma cause et me fasse droit:
il me fera sortir à la lumière; je verrai sa justice. Et mon ennemie le verra et
la honte la couvrira, elle qui me disait Où est l’Éternel, ton Dieu? Mes yeux la
verront maintenant elle sera foulée comme la boue des rues» (v. 8-10).
L’âme qui a appris à se confier en
Dieu ne doute pas du salut final. Elle est assurée que sa chute n’a été entre
les mains de Dieu que l’occasion de son relèvement. Elle sait que si les
ténèbres de la tribulation l’environnent maintenant, l’Éternel sera sa lumière
lorsqu’il apparaîtra (Ésaïe 9:2; 50:10). Elle comprend que l’affreux péché
dont elle est solidaire, puisque son peuple a frappé le Juge d’Israël avec une
verge sur la joue, a mérité le jugement; il est donc juste qu’elle supporte
l’indignation divine, mais elle sait aussi qu’un temps viendra où l’Éternel
prendra sa cause en main. Alors il fera sortir à la lumière le Résidu qui était
dans les ténèbres de la tribulation et de la détresse, mais qui avait, dans ces
ténèbres, l’Éternel pour clarté. Pendant la nuit profonde la lumière sera dans
le cœur des fidèles, comme aujourd’hui, dans le nôtre, l’étoile du matin,
seulement les ténèbres dans lesquelles le Résidu sera plongé seront le jugement
de Dieu, tandis que les chrétiens, n’étant pas de la nuit, mais fils du jour,
n’appartiennent en aucune manière aux ténèbres, tout en les traversant. On ne
pourra dire cela du Résidu tant qu’il n’aura pas atteint une pleine délivrance.
Alors son ennemie qui est certainement ici la nation apostate plutôt que les
nations idolâtres, et qui disait au Résidu dans sa détresse: «Où est l’Éternel,
ton Dieu?» (injure qui caractérise la grande tribulation dans les écrits
prophétiques), son ennemie, dis-je, sera couverte de honte quand elle assistera
à l’intervention ouverte de l’Éternel en faveur de son peuple. Elle sera «foulée
comme la boue des rues». Nous apprenons, en effet, par Ésaïe 10:6, que ce
jugement sur la «nation profane» sera exécuté par l’Assyrien, verge de la colère
de l’Éternel et qu’il «la foulera aux pieds comme la boue des rues».
Aux v. 11-13, l’Éternel reprend la
parole et s’adresse à Jérusalem, la cité de son choix. Il lui parle d’un jour
futur où ses murailles seront rebâties et où les limites de son enceinte seront
reculées. Alors l’Égypte et l’Assyrie viendront à elle et ses frontières
s’étendront depuis l’Égypte jusqu’à l’Euphrate et d’une mer à l’autre. Alors
aussi se réalisera la parole d’Ésaïe: «En ce jour il y aura un chemin battu de
l’Égypte à l’Assyrie; et l’Assyrie viendra en Égypte, et l’Égypte en Assyrie; et
l’Égypte servira avec l’Assyrie. En ce jour-là Israël sera le troisième, avec
l’Égypte et avec l’Assyrie, une bénédiction au milieu de la terre; car l’Éternel
des armées le bénira, disant: Béni soit l’Égypte, mon peuple, et l’Assyrie,
l’ouvrage de mes mains, et Israël, mon héritage» (19, 23-25).
Mais il est important de noter
qu’avant cette restauration finale «ce pays sera une
désolation, à cause de ses habitants, pour le fruit de leurs actions» (v. 13).
Il s’agit, comme nous l’enseigne tout le cours de cette prophétie, de l’Assyrien
prophétique qui, avant de se jeter sur le roi du Midi, traversera la terre
d’Israël, la réduisant en désolation, comme un torrent qui déborde.
Alors les fidèles s’écrient: «Pais
ton peuple avec ton bâton, le troupeau de ton héritage qui demeure seul dans la
forêt, au milieu du Carmel; qu’ils paissent en Basan et en Galaad comme aux
jours d’autrefois» (v. 14). Au delà du jugement qu’il traverse, le Résidu aspire
à la bénédiction future, mais, pendant la tribulation, il jouit déjà des soins
du Berger d’Israël; il sent sa présence avec lui en traversant la sombre vallée,
où le contact avec le bâton du Berger le rassure: «Ta houlette et ton bâton, ce
sont eux qui me consolent» (Ps. 23:4). Le troupeau de son héritage, ce Résidu
souffrant et méprisé, est appelé son peuple et, en
attendant de le posséder quand il entrera dans son royaume glorieux, il le
paîtra dans la solitude du Carmel, dans le lieu de la retraite cachée des
prophètes, lieu où le peuple fut ramené au culte de l’Éternel, où les ennemis
d’Élie, détruits par le feu du ciel, ne purent mettre la main sur lui, et d’où
partit Élisée pour ressusciter l’enfant de la Sunamite. Comme ce lieu symbolique
sera propre à encourager le «troupeau de l’héritage» en ces jours, désormais
raccourcis, qui précéderont la délivrance finale, où les brebis paîtront en
Basan et en Galaad, dans les gras pâturages comme aux jours d’autrefois! Déjà
cette délivrance est à la porte; après la destruction de la Bête et du faux
prophète, il ne reste plus qu’un dernier ennemi, l’Assyrien. En attendant qu’il
«vienne à sa fin, sans personne pour le secourir» (Dan. 11:45), le Seigneur
dit: «Mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des
lieux de repos tranquilles» (Ésaïe 32:18).
Aux v. 15-17, l’Éternel reprend la
parole: «Comme aux jours où tu sortis du pays
d’Égypte, je lui ferai voir des choses
merveilleuses. Les nations verront et seront confondues à cause de toute leur
puissance; elles mettront la main sur la bouche, leurs oreilles seront sourdes.
Elles lécheront la poussière comme le serpent; comme les bêtes rampantes de la
terre, elles sortiront en tremblant de leurs lieux cachés; elles viendront avec
frayeur vers l’Éternel, notre Dieu, et elles te craindront» (v. 15-17).
Dieu rappelle ici le jour où il
fit sortir son peuple d’Égypte. Alors c’était tout le peuple; maintenant il
n’est plus représenté à ses yeux que par le Résidu. La délivrance sera aussi
merveilleuse pour lui que jadis pour Israël à la sortie d’Égypte. L’Assyrien
sera vaincu comme le fut jadis le Pharaon, et sera anéanti entre deux mers,
comme celui-là le fut dans la mer Rouge. En entendant ces nouvelles, les
nations, comme autrefois les peuples de Canaan, perdront tout courage et leur
cœur se fondra (Josué 2:11).
«Elles lécheront la poussière
comme le serpent», dit le Résidu. Ce verset correspond au Ps. 18:44, 45, où le
Messie s’exprime ainsi: «Les fils de l’étranger se sont soumis à moi en
dissimulant. Les fils de l’étranger ont dépéri, et ils sont sortis en tremblant
de leurs lieux cachés». Sous une feinte obéissance, leur cœur ne sera point
changé; ils ne se soumettront qu’extérieurement à une puissance à laquelle il
leur sera impossible de résister, et qui, au moindre signe de rébellion, «les
brisera avec un sceptre de fer, comme un vase de potier» (Ps. 2:9). Leur
révolte finale à la suite du règne glorieux de mille ans (Apoc. 20:7-10)
prouvera qu’elles ne s’étaient soumises qu’à la force. Leur cœur, mis à
l’épreuve par la gloire, comme il le fut jadis par la grâce, n’aura pas été
changé. Il exprime ici la crainte plutôt que la dissimulation, mentionnée au Ps.
18, mais l’une accompagne toujours l’autre quand le cœur n’a pas de droiture. Il
va sans dire que «la grande foule que personne ne peut dénombrer» et qui
constituera pendant le millénium les sauvés d’entre les
nations (Apoc. 7:9) n’est point comprise parmi ceux dont ce passage nous
parle.
Versets 18-20. Nous avons vu le
Résidu conduit, depuis le premier travail de conscience (6:6), à travers la
repentance et le jugement de lui-même (7:1) à une pleine confiance en Dieu (7:7) et à l’acceptation de l’épreuve comme étant la conséquence de son péché
contre Christ (7:9), mais il a la certitude, au milieu de l’isolement où Dieu
le garde et des jugements qui sévissent, que les soins du Berger d’Israël ne lui
manqueront pas (7:14). Recevant en même temps de la bouche du Messie la
certitude de sa restauration et d’une période de paix qui va suivre la
désolation du pays (7:9, 15), il se réjouit d’avance de voir les nations
soumises au sceptre de son Roi (7:17).
Le jour de la délivrance est près
de paraître: Nous assistons au chant de triomphe alternativement entonné par le
Résidu et par le prophète qui, dans l’affliction de cette longue épreuve,
l’avait exhorté, consolé et encouragé dans l’espérance.
«Qui est un Dieu comme toi,
pardonnant l’iniquité et passant par-dessus la transgression du reste de son
héritage?» (v. 18). Le Résidu se qualifie ici: «Reste de
son héritage». La nation apostate vient de recevoir la récompense de son
iniquité. Quelle joie pour les fidèles de se savoir pardonnés! Ce bonheur ne
peut être pleinement apprécié et savouré que par des cœurs qui ont senti tout le
poids de leur culpabilité devant Dieu. Le pardon! l’oubli complet de leur
transgression! Comme ils sont mis au large en Sa présence!
«Il ne gardera pas à perpétuité sa
colère, parce qu’il prend son plaisir en la bonté» (v. 18). Ici je crois
entendre la voix du prophète faisant sa partie dans cet hymne d’actions de
grâces. Avant le plein établissement d’Israël dans
son pays, la délivrance est déjà proclamée. La colère de l’Éternel ne peut durer
à perpétuité, parce qu’il prend plaisir en la bonté,
et cette vérité est affirmée par l’âme qui vient d’en être l’objet d’une manière
si merveilleuse. Je le répète, dans notre prophète, le but n’est pas encore
atteint, ni la perfection venue, mais la foi, comptant sur ce que Dieu a déjà
accompli, saisit d’avance la pleine réalisation de toutes les promesses de Dieu.
Aussi le Résidu reprend: «Il aura
encore une fois compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités» (v.
19). Oh! quel bonheur pour lui, de parler de Dieu! Avec quelle certitude il
annonce ce que Dieu fera! Ce sera une purification complète: Dieu qui «pardonne
l’iniquité» ne se bornera pas au simple pardon, mais la mettra «sous
ses pieds», et non plus devant ses yeux! «Il aura encore une fois
compassion de nous», car Il prend plaisir, non pas au jugement du mal — quelque
nécessaire qu’il soit à sa sainteté — mais à ses compassions. Et quelle portée
infinie a pour des cœurs, convertis à Dieu, ce seul mot qui embrasse l’œuvre
immense de la Rédemption: «les compassions de Dieu!»
(Rom. 12:1).
Ici le prophète, s’adressant à
Dieu lui-même, reprend la parole: «Et tu jetteras
tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer»
(v. 19). Les fidèles apprennent, par la parole prophétique, qu’il ne sera plus
jamais question de leurs péchés, puisque Dieu lui-même les aura bannis de sa
présence et jetés de ses propres mains dans le grand abîme. Tel sera le
caractère de la nouvelle alliance de l’Éternel avec
son peuple (Héb. 8:10-13).
Enfin le Seigneur laisse au Résidu
la joie de prononcer le dernier mot: «Tu accompliras
envers Jacob ta vérité, envers Abraham ta bonté, que tu as jurées à nos pères
dès les jours d’autrefois!» (v. 20). Les fidèles proclament que les promesses de
l’Éternel sont sans repentance. Ils remontent, pour affirmer cela, au serment
inconditionnel que Dieu fit à Abraham et à Jacob. Toute l’histoire de leur
responsabilité comme pécheurs est à jamais terminée. Le désert et la loi
menaçante du Sinaï ont pris fin; il ne reste pour Israël qu’un Dieu fidèle à ses
promesses, un Dieu dont la justice est fermement établie sur sa grâce, un Dieu
qui justifie pour toujours le pécheur en condamnant à jamais le péché!
C’est ainsi que se clôt cette
magnifique prophétie. Peu de prophètes font ressortir plus constamment que
Michée la grâce qui s’élève par-dessus le jugement et le travail de conscience
par lequel le croyant est amené à en jouir sans réserve. Michée nous conduit
pour ainsi dire au seuil de l’Évangile et nous en ouvre la porte.
Cependant sa prophétie est limitée
au Résidu de Juda qu’elle introduit dans les bénédictions de la nouvelle
alliance, dont il jouira comme peuple de Dieu sur la terre. Elle nous conduit
d’étape en étape jusqu’au chant de l’aube millénaire: «Sa bonté demeure à
toujours!» Le chap. 2:12, nous parle du rassemblement futur du Résidu. Au chap.
4:1-8 nous voyons la Restauration de Jérusalem avec le Résidu (v. 7) au milieu
d’elle. Le chap. 5:7-9 nous montre le Résidu portant dans l’avenir les
caractères mêmes de son Seigneur et de son Roi, la grâce qui attire et la force
qui domine. Au chap. 7, le Royaume va s’établir; la nouvelle alliance est
conclue, les promesses réalisées; la restauration morale
du Résidu est complète; il peut entonner le
cantique de la délivrance. Dans tous ces passages il nous est dépeint comme le
troupeau du Berger d’Israël dont les loups sont exclus; un troupeau conduit,
gardé, nourri, soutenu, consolé par son glorieux Pasteur et pouvant dire: «Je ne
craindrai aucun mal, car tu es avec moi!»