Livre du
Lévitique
Chapitres 5 (v. 14) à 6 (v. 7)
Ces versets renferment la doctrine des sacrifices de culpabilité, qui se
divisaient en deux classes distinctes, savoir les fautes contre
Dieu,
et les fautes contre
l’homme.
«Si quelqu’un a commis une infidélité et a péché
par erreur
dans les choses saintes de l’Éternel, il amènera son sacrifice pour le délit à
l’Éternel, un bélier sans défaut, pris du menu bétail, selon ton estimation en
sicles d’argent, selon le sicle du sanctuaire». Nous avons ici le cas d’un tort
positif, commis relativement aux choses saintes qui appartenaient à l’Éternel;
et, quoiqu’il fût commis «par erreur», il ne pouvait être passé sous silence.
Dieu peut pardonner toute espèce d’offenses, mais il ne saurait laisser passer
impunément un seul iota ou un seul trait de lettre de la loi. Sa grâce est
parfaite, et par conséquent il peut
tout
pardonner. Sa sainteté est parfaite, et par conséquent il ne peut
rien
laisser passer. Il ne peut pas tolérer l’iniquité, mais il peut l’effacer, et
cela selon la perfection de sa grâce et selon les parfaites exigences de sa
sainteté.
C’est une grave erreur de croire que, pourvu qu’un homme suive les directions de
sa conscience, il est dans le bon chemin et en sûreté. La paix qui repose sur
une telle base, sera éternellement détruite quand la lumière du trône judiciaire
resplendira sur la conscience. Dieu ne saurait abaisser ses droits à un
semblable niveau. Les balances du sanctuaire sont réglées d’après une échelle
bien différente de celle que peut fournir même la conscience la plus délicate.
Nous avons déjà eu occasion d’insister sur cette pensée en parlant du sacrifice
pour le péché. On ne saurait trop s’y arrêter. Deux choses y sont impliquées:
d’abord une juste perception de ce qu’est réellement la sainteté de Dieu, puis
une idée claire du fondement de la paix du croyant en la présence divine.
Qu’il s’agisse de ma position ou de ma conduite, de ma nature ou de mes actions,
Dieu seul peut être juge de ce qui lui convient et de ce qui convient à sa
sainte présence. L’ignorance humaine peut-elle présenter des excuses, quand il
s’agit des exigences divines? À Dieu ne plaise. Un tort a été commis à l’égard
des «choses saintes de l’Éternel», mais la conscience de l’homme n’en a pas pris
connaissance. Quoi donc? Ne s’en inquiétera-t-on plus? Peut-on disposer si
légèrement de ce qui appartient à Dieu? Non, assurément. Cela serait subversif
de toute relation avec Dieu. Les justes sont appelés à célébrer la mémoire de la
sainteté de Dieu (Ps. 97:12); comment peuvent-ils le faire? Parce que leur paix
a été assurée sur le fondement de l’entière justification et du parfait
établissement de cette sainteté. De là, plus leurs idées sur cette sainteté
seront élevées, plus profonde et plus assurée devra être leur paix. C’est une
vérité des plus précieuses. L’homme irrégénéré ne pourrait jamais se réjouir de
la sainteté divine; s’il ne pouvait l’ignorer entièrement, son désir serait de
la rabaisser autant que possible. Un tel homme se consolera par la pensée que
Dieu est bon, que Dieu est miséricordieux, que Dieu est patient, mais vous ne le
verrez jamais se réjouir en pensant que Dieu est saint. Toutes ses pensées sur
la bonté de Dieu, sa grâce et sa miséricorde, sont profanes. Il voudrait trouver
dans ses divers attributs une excuse pour continuer à vivre dans le péché.
L’homme régénéré, au contraire, est transporté de joie en pensant à la sainteté
de Dieu. Il en voit l’entière expression dans la croix du Seigneur Jésus Christ.
C’est cette sainteté qui a posé le fondement de sa paix, et non seulement cela,
mais il en est rendu participant et il en fait ses délices, tout en haïssant le
péché d’une parfaite haine. Les instincts de la nature divine y répugnent et
aspirent à la sainteté. Il serait impossible de jouir d’une vraie paix et
liberté de cœur, si l’on ne savait pas que toutes les exigences, liées aux
«choses saintes de l’Éternel», ont été parfaitement satisfaites, par notre divin
sacrifice de culpabilité. Il s’élèverait toujours dans le cœur le sentiment
pénible que ces exigences ont été méconnues et offensées par nos nombreuses
infirmités et nos manquements. Les meilleurs de nos services, nos moments les
plus saints, nos exercices les plus sanctifiés, peuvent être mélangés de
culpabilité «dans les choses saintes de l’Éternel», — de «ce qui ne doit pas se
faire». Que de fois nos heures de culte public et de dévotion particulière sont
troublées par la sécheresse et la distraction! C’est pour cela que nous avons
besoin de l’assurance que nos offenses ont toutes été divinement effacées par le
précieux sang de Christ. Nous trouvons ainsi, dans le Seigneur Jésus, celui qui
est descendu jusqu’à la mesure pleine et entière de nos nécessités, en tant que
pécheurs par nature et coupables de fait. Nous trouvons en lui la réponse
parfaite à tous les désirs d’une conscience coupable et à toutes les exigences
de la sainteté infinie, relativement à
tous
nos péchés et à
toutes
nos offenses; en sorte que le croyant peut se tenir, avec une conscience
tranquille et un cœur soulagé, dans la pleine lumière de cette sainteté qui est
trop pure pour voir l’iniquité ou pour regarder le péché.
«Et ce en quoi il a péché en prenant de la chose sainte, il le restituera, et y
ajoutera par-dessus un cinquième, et le donnera au sacrificateur; et le
sacrificateur fera propitiation pour lui avec le bélier du sacrifice pour le
délit; et il lui sera pardonné» (Chap. 5:16). Outre «le cinquième», dont il est
parlé ici, nous avons un caractère du vrai sacrifice de culpabilité qui, je le
crains, n’est que bien peu apprécié. Quand nous pensons à toutes les fautes et à
toutes les offenses que nous avons commises contre le Seigneur, et quand nous
nous rappelons combien Dieu a été lésé dans ses droits par ce monde méchant,
avec quel intérêt ne pouvons-nous pas contempler l’œuvre de la croix, comme ce
en quoi Dieu a non seulement recouvré ce qui était perdu, mais encore avec un
gain réel. Il a gagné davantage par la rédemption, qu’il n’avait perdu par la
chute. Il recueille une plus riche moisson de gloire, d’honneur et de louange
dans les champs de la rédemption, qu’il n’aurait jamais pu le faire dans ceux de
la création. «Les fils de Dieu» pouvaient entonner un chant de louange bien plus
magnifique, autour de la tombe vide de Jésus, qu’ils ne le firent jamais en
contemplant l’œuvre achevée du Créateur. Non seulement le péché a été
parfaitement expié, mais un avantage éternel a été gagné par l’œuvre de la
croix. C’est une vérité merveilleuse. Dieu gagne quelque chose par l’œuvre du
Calvaire! Qui l’eût jamais imaginé? Quand nous contemplons l’homme et la
création, dont il était le seigneur, gisant en ruines au pied de l’ennemi,
comment pourrions-nous concevoir que, du milieu de ces ruines, Dieu récolterait
de plus riches et plus nobles dépouilles, qu’aucune de celles que notre monde
eût pu livrer avant la chute? Béni soit le nom de Jésus pour tout cela! C’est à
lui que nous le devons. C’est par sa précieuse croix qu’une vérité si étonnante,
si divine pouvait être énoncée. Assurément, cette croix renferme une sagesse
mystérieuse, «qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue; car s’ils l’eussent
connue, ils n’eussent pas crucifié le Seigneur de gloire» (1 Corinthiens 2:8).
Il n’est donc pas surprenant que les affections des patriarches, des prophètes,
des apôtres, des martyrs et des saints se soient toujours attachées à cette
croix et à celui qui y fut suspendu. Il n’est pas surprenant que le Saint Esprit
ait prononcé cet arrêt solennel, mais juste: «Si quelqu’un n’aime pas le
Seigneur Jésus Christ, qu’il soit anathème! Maranatha!» (1 Cor. 16:22). Le ciel
et la terre feront écho, par un haut et éternel amen, à cet anathème. Il n’est
pas surprenant que Dieu ait irrévocablement arrêté que «au nom de Jésus se
ploiera tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux; et que toute
langue confessera que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père»
(Phil. 2:10-11).
La même loi par rapport au «cinquième» s’appliquait au cas d’une offense commise
contre un homme, car nous lisons: «Si quelqu’un a péché, et a commis une
infidélité
envers l’Éternel
1,
et a menti à son prochain pour une chose qu’on lui a confiée, ou qu’on a déposée
entre ses mains, ou qu’il a volée, ou extorquée à son prochain; ou s’il a trouvé
une chose perdue, et qu’il mente à ce sujet, et qu’il jure en mentant à l’égard
de l’une de toutes les choses qu’un homme fait de manière à pécher en les
faisant; alors, s’il a péché et qu’il soit coupable, il arrivera qu’il rendra
l’objet qu’il a volé, ou la chose qu’il a extorquée, ou le dépôt qui lui a été
confié, ou la chose perdue qu’il a trouvée, ou tout ce à l’égard de quoi il a
juré en mentant; et il restituera le principal,
et ajoutera un cinquième
par-dessus;
il le donnera à celui à qui cela appartient, le jour de son sacrifice pour le
délit» (Chap. 5:20-24).
1
Un beau principe est renfermé dans l’expression «envers l’Éternel». Quoique
l’affaire en question fût un tort fait au prochain, cependant l’Éternel le
regardait comme une offense contre lui-même. Tout doit être considéré en rapport
avec l’Éternel. Peu importe qui cela concerne directement, l’Éternel doit avoir
la première place. Ainsi, lorsque la conscience de David fut percée par la
flèche de la conviction à l’égard de ce qu’il avait fait à Urie, il s’écria:
«J’ai péché
contre l’Éternel»
(2 Sam. 12:13). Ce principe n’affaiblit en rien les droits de l’homme offensé.
L’homme, de même que Dieu, tire un avantage positif de la croix. En contemplant
cette croix, le croyant peut dire: «Malgré tous les torts que l’on m’a faits,
toutes les fautes que l’on a commises envers moi, quoique j’aie été trompé et
que l’on m’ait fait du mal, je retire un profit de la croix. Non seulement j’ai
regagné tout ce qui était perdu, mais bien plus encore».
Ainsi, soit que nous pensions à la personne offensée ou à l’offenseur, dans un
cas donné, nous sommes également frappés des glorieux triomphes de la
rédemption; et des résultats éminemment pratiques découlent de cet évangile qui
remplit l’âme de l’heureuse assurance que toutes les offenses sont pardonnées,
et que la racine d’où sont sorties ces offenses a été jugée. «L’Évangile de la
gloire du Dieu bienheureux» est ce qui seul peut faire aller un homme au milieu
d’un monde qui a été témoin de ses péchés, de ses offenses, de ses injustices —
qui peut le renvoyer vers tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ont
souffert de sa part, l’y renvoyer armé de grâce, non seulement pour réparer ses
torts, mais encore pour laisser le flot de la bienfaisance pratique couler dans
toutes ses actions, pour aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui le haïssent
et prier pour ceux qui lui font du tort et le persécutent. Voilà ce qu’est la
précieuse grâce de Dieu, agissant de concert avec notre grand sacrifice de
culpabilité; voilà quels en sont les fruits riches, rares et rafraîchissants!
Quelle réponse triomphante pour le sophiste qui dirait: «Demeurerions-nous dans
le péché afin que la grâce abonde?» Non seulement la grâce coupe le péché par
les racines, mais elle transforme le pécheur; de malédiction qu’il était, elle
en fait une bénédiction; d’une peste morale, elle fait un canal de divine
miséricorde; d’un émissaire de Satan, un messager de Dieu; d’un enfant des
ténèbres, un fils de la lumière; d’un égoïste chercheur de plaisirs, un homme
qui renonce à lui-même et qui aime Dieu; d’un esclave de ses convoitises
charnelles, un zélé serviteur de Christ; d’un avare au cœur froid, un
bienfaisant ministre des besoins de ses semblables. Loin de nous donc les
phrases banales et rebattues: «N’avons-nous rien à faire? C’est une manière bien
commode et bien facile d’être sauvé. D’après cet évangile, nous pouvons vivre
comme il nous plaît». — Que tous ceux qui tiennent un tel langage considèrent
celui qui dérobait transformé en un libéral donateur, et qu’ils se taisent pour
toujours (voyez Éph. 4:28). Ils ne savent pas ce que la grâce signifie. Ils n’en
ont jamais senti les influences élevées et sanctifiantes. Ils oublient que,
tandis que le sang de la victime pour l’offense purifie la conscience, la loi de
ce sacrifice renvoie le coupable auprès de celui à qui il a fait tort, avec «le
principal» et «le cinquième par-dessus». Noble témoignage rendu à la grâce et à
la justice du Dieu d’Israël! Bel emblème des résultats de ce merveilleux plan de
rédemption, par lequel le coupable est pardonné et l’offensé devient le gagnant!
Si la conscience a été mise en paix par le sang de la croix, relativement aux
droits de Dieu, il faut que la conduite aussi soit réglée, par la sainteté de la
croix, relativement aux droits de la justice pratique. Ces choses ne doivent
jamais être séparées. Dieu les a jointes, que l’homme ne les sépare pas. Jamais
un cœur, gouverné par une morale purement évangélique, n’aura l’idée de
dissoudre cette sainte union. Hélas! il est facile de faire profession des
principes de la grâce, et d’en renier complètement la pratique et la force. Il
est facile de dire qu’on se repose sur le sang du sacrifice pour l’offense, tout
en retenant «le principal» et «le cinquième». Cela est vain et pire que vain.
«Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu» (1 Jean 3:10).
Rien ne déshonore plus la pure grâce de l’Évangile que de supposer qu’un homme
puisse appartenir à Dieu, tandis que sa conduite et son caractère ne portent pas
les traces de la sainteté pratique. «Dieu connaît toutes ses œuvres», sans
doute; mais il nous a donné, dans sa sainte Parole, des signes auxquels nous
pouvons discerner ceux qui lui appartiennent. «Le solide fondement de Dieu
demeure, ayant ce sceau: Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et: Qu’il se
retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur» (2 Tim. 2:19). Nous
n’avons pas le droit de supposer qu’un méchant appartienne à Dieu. Les saints
instincts de la nature divine se révoltent à une telle supposition. On a souvent
beaucoup de difficulté à s’expliquer telles ou telles mauvaises œuvres de la
part de ceux qu’on ne peut s’empêcher de regarder comme chrétiens. La parole de
Dieu décide la chose d’une manière si claire et si péremptoire, qu’il ne reste
aucun doute à ce sujet. «Par ceci sont rendus manifestes les enfants de Dieu et
les enfants du diable: quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu,
et celui qui n’aime pas son frère». Il est bon de se souvenir de cela dans ce
siècle de relâchement et d’indulgence personnelle. Il y a énormément de
profession facile et sans influence, contre laquelle le vrai chrétien est appelé
à résister fermement et à témoigner avec sévérité — témoignage résultant de la
constante exhibition «du fruit de la justice qui est par Jésus Christ à la
gloire et à la louange de Dieu». Il est déplorable de voir un si grand nombre
suivre le chemin battu — la route large et bien frayée de la profession
religieuse, — tout en ne montrant pas trace d’amour ni de sainteté dans leur
conduite. Lecteur chrétien, soyons fidèles. Reprenons, par une vie de
renoncement et de sincère bienveillance, l’égoïsme et la coupable inactivité
d’une profession évangélique et pourtant mondaine. Que Dieu donne à tout son
vrai peuple une abondante grâce pour ces choses!
Venons-en maintenant à la comparaison des deux classes de sacrifices pour
l’offense, savoir le sacrifice pour l’offense «dans les choses saintes de
l’Éternel», et celui qui avait rapport à une offense commise dans les
transactions et relations ordinaires de la vie humaine. En les comparant, nous
trouverons un ou deux points qui demandent notre attention.
Et d’abord, l’expression: «Si quelqu’un a péché par erreur» qui se trouve dans
le premier, est omise dans le second. La raison en est évidente. Les droits qui
sont en connexion avec les choses saintes de l’Éternel, sont infiniment
au-dessus de la plus grande sensibilité humaine. Il se peut que ces droits
soient constamment négligés, constamment lésés, sans que le délinquant s’en
aperçoive. La conviction de l’homme ne peut jamais être régulatrice dans le
sanctuaire de Dieu. C’est une grâce inexprimable. La sainteté de Dieu seule doit
déterminer la mesure, quand il s’agit des droits de Dieu.
D’un autre côté, la conscience humaine peut aisément embrasser, dans son entier,
une exigence humaine, et peut aisément reconnaître tout ce qui se rattache à
cette exigence. Combien de fois n’avons-nous pas offensé Dieu, dans ses saintes
choses, sans en avoir pris note sur les tablettes de notre conscience — oui,
sans même avoir eu la capacité de nous en apercevoir? (Voyez Mal. 3:8). Il n’en
est pourtant pas de même, quand il s’agit des droits de l’homme. La conscience
humaine peut prendre connaissance du tort que l’œil humain peut voir et que le
cœur humain peut sentir. Un homme, «par ignorance» des lois qui gouvernaient le
sanctuaire de jadis, pouvait commettre une offense contre ces lois, sans s’en
apercevoir, jusqu’à ce qu’une plus grande lumière eût éclairé sa conscience.
Mais un homme ne pouvait «par erreur» dire un mensonge, jurer faussement,
commettre un acte de violence, tromper son prochain, ou trouver une chose perdue
et le nier. Tous ces actes étaient évidents et palpables, à la portée de la
moindre sensibilité. C’est pour cela que l’expression «par erreur» est
introduite relativement aux «choses saintes de l’Éternel», et omise pour les
affaires humaines. Quelle bénédiction de savoir que le précieux sang de Christ a
tranché toutes les questions, soit envers Dieu, soit envers les hommes — nos
péchés d’ignorance et nos péchés connus! C’est ici qu’est le fondement profond
et inébranlable de la paix du croyant: la croix a divinement répondu à
tout.
En outre, quand il était question d’offense «dans les choses saintes de
l’Éternel», le sacrifice sans défaut était d’abord mentionné; puis «le
principal» et «le cinquième». Cet ordre était renversé quand il s’agissait des
affaires ordinaires de la vie (comp. chap. 5:15, 16, avec chap. 5:24, 25). La
raison en est également évidente. Quand on avait porté atteinte aux droits
divins, le sang de l’expiation devenait l’affaire principale; tandis que, quand
c’étaient les droits humains qui étaient lésés, la restitution prenait
naturellement la première place dans l’esprit. Mais, comme les relations de
l’âme avec Dieu étaient impliquées dans ce dernier cas, aussi bien que dans le
premier, le sacrifice y est aussi introduit, quoiqu’il soit au dernier rang. Si
je fais tort à mon prochain, ce tort interrompra ma communion avec Dieu, et
cette communion ne peut être rétablie qu’en vertu de l’expiation. La seule
restitution ne suffirait pas. Elle pourrait satisfaire l’offensé; mais elle ne
pourrait pas former la base d’une communion rétablie avec Dieu. Je puis rendre
«le principal» et y ajouter «le cinquième» dix mille fois par-dessus, et
pourtant ne pas être délivré de mon péché, car «sans effusion de sang il n’y a
pas de rémission» (Héb. 9:22). Cependant, s’il est question d’un tort fait à mon
prochain, la restitution doit précéder. «Si donc tu offres ton don à l’autel, et
que là il te souvienne que ton frère à quelque chose contre toi, laisse là ton
don devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère et alors viens
et offre ton don» (Matt. 5:23, 24) 1.
1
En comparant Matt. 5:23, 24 avec Matt. 18:21, 22, nous apprenons de quelle
manière remarquable les torts et les injustices devaient se régler entre deux
frères. L’offenseur est renvoyé de l’autel afin qu’il aille s’arranger avec
l’offensé; car il ne peut y avoir de communion avec le Père, tant que mon frère
«a quelque chose contre moi». Puis remarquez de quelle belle manière l’offensé
est enseigné à recevoir l’offenseur: «Seigneur, combien de fois mon frère
péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je? Sera-ce jusqu’à sept fois? Jésus
lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais
jusqu’à soixante-dix fois
sept fois».
Tel est le mode divin de régler toutes les questions entre des frères. «Vous
supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un
sujet de plainte contre un autre; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous
aussi faites de même» (Col. 3:13).
L’ordre divin prescrit dans l’offrande pour l’offense a beaucoup plus
d’importance qu’il ne le semble à première vue. Les devoirs qui résultent de nos
rapports avec les hommes ne doivent pas être négligés. Ils doivent toujours
occuper une place convenable dans le cœur. C’est ce que nous apprend clairement
le sacrifice pour l’offense. Lorsqu’un Israélite avait, par quelque acte
coupable, troublé ses rapports avec l’Éternel, l’ordre de conduite était:
sacrifice, puis restitution. Quand il avait, par quelque acte coupable, troublé
ses rapports avec son prochain, l’ordre de conduite était: restitution, puis
sacrifice. Quelqu’un oserait-il dire que c’est là une distinction sans
importance? L’interversion de l’ordre n’offre-t-elle pas une leçon qui, étant
divine, doit être essentielle? Sans aucun doute. Tous les détails ont leur
signification, pourvu que nous laissions le Saint Esprit les expliquer à nos
cœurs, et que nous ne cherchions pas à en saisir le sens à l’aide de nos pauvres
imaginations. Chaque offrande présente un aspect spécial et caractéristique du
Seigneur Jésus et de son œuvre, et chacun de ces aspects est présenté dans
l’ordre caractéristique qui lui est propre; et nous pouvons dire sans crainte
que c’est, à la fois, le devoir et le bonheur d’un cœur spirituel, de bien
comprendre l’un et l’autre. Le même esprit, qui ne tiendrait aucun compte de
l’ordre particulier de chaque offrande, mettrait aussi de côté l’idée d’une face
particulière de Christ dans chacune. Il nierait qu’il y ait aucune différence
entre l’holocauste et le sacrifice pour le péché et entre le sacrifice pour le
péché et le sacrifice pour l’offense; et entre quelqu’un de ceux-ci et
l’offrande de gâteau ou le sacrifice de prospérités. Il s’ensuivrait que les
sept premiers chapitres du Lévitique ne sont qu’une vaine redondance, chacun de
ces chapitres répétant successivement le même sujet. Qui pourrait concéder
quelque chose d’aussi monstrueux? Quel esprit chrétien souffrirait qu’on fît une
telle insulte aux pages sacrées? Il n’y a qu’un rationaliste ou un néologue qui
pourrait avancer des idées aussi frivoles et détestables, mais ceux qui ont été
enseignés de Dieu à croire que «toute écriture est inspirée de Dieu» seront
amenés à considérer les divers types, dans leur ordre spécifique, comme autant
d’écrins de formes variées, dans lesquels le Saint Esprit conserve
soigneusement, pour le peuple de Dieu, «les richesses insondables de Christ». Il
n’y a aucune fastidieuse répétition, aucune superfluité. Tout est d’une variété
riche, divine, céleste; et tout ce dont nous avons besoin, c’est de connaître
personnellement le grand antitype, afin de comprendre les beautés et de saisir
les délicates nuances de chaque type. Dès que le cœur comprend que c’est Christ
que nous avons dans chaque type, il peut s’arrêter, avec un intérêt spirituel,
sur les plus minutieux détails. Il voit en tous un sens et une beauté; il trouve
Christ dans chacun. Comme dans le règne de la nature, le télescope et le
microscope présentent à l’œil leurs merveilles spéciales, il en est de même de
la parole de Dieu. Que nous la considérions dans son ensemble, ou que nous en
examinions chaque partie, nous trouvons toujours de quoi provoquer la louange et
l’action de grâces de nos cœurs.
Lecteurs chrétiens, puisse le nom du Seigneur Jésus devenir toujours plus
précieux à nos cœurs! Alors nous apprécierons tout ce qui parle de lui, — tout
ce qui le représente, — tout ce qui jette un nouveau jour sur son excellence et
son incomparable beauté.