Livre du Prophète Ézéchiel
Chapitre 19
Le chapitre 19 est une complainte
sur les princes; le chapitre précédent montrait l’état du peuple et de l’âme de
chacun, princes et peuple.
«Et toi, élève une complainte sur
les princes d’Israël, et dis: Qu’était ta mère? Une lionne couchée parmi les
lions, élevant ses petits au milieu des lionceaux. Et elle éleva un de ses
petits; il devint un jeune lion et apprit à déchirer la proie; il dévora des
hommes. Et les nations entendirent parler de lui; il fut pris dans leur fosse,
et on le mena avec un anneau à ses narines dans le pays d’Égypte» (19:1-4).
Telle a été la fin de Joakhaz ou Shallum, fils de Josias, fils injuste d’un père
juste, qui mourut en Égypte où le Pharaon Neco l’avait emmené prisonnier.
Cela n’alla pas mieux avec les
autres dans d’autres conditions; car Dieu était oublié, et les mauvaises voies
se terminaient avec une fin tout aussi mauvaise. «Et quand elle vit qu’elle
avait attendu et que son espoir avait péri, elle prit un autre de ses petits, et
en fit un jeune lion; il marcha au milieu des lions, il devint un jeune lion et
apprit à déchirer la proie; il dévora des hommes. Il connut leurs palais
désolés, et dévasta leurs villes, et le pays et tout ce qu’il contenait fut
désolé par la voix de son rugissement. Alors, de toutes les provinces, les
nations d’alentour se rangèrent contre lui, et étendirent sur lui leur filet: il
fut pris dans leur fosse. Et elles le mirent dans une cage, avec un anneau à ses
narines, et le menèrent au roi de Babylone; elles le menèrent dans une
forteresse, afin que sa voix ne fût plus entendue sur les montagnes d’Israël»
(19:5-9). Jehoïakin sentit les chaînes de Nebucadnetsar comme aussi Sédécias,
mais avec plus de souffrances et d’ignominie pour ce dernier, car sa culpabilité
envers l’Éternel était grande et effrontée. Le prophète ne pouvait donc que se
lamenter.
«Ta mère était comme une vigne,
plantée près des eaux dans ton repos; elle était féconde et chargée de branches
à cause des grandes eaux. Et elle avait des rameaux robustes pour des sceptres
de dominateurs, et elle s’élevait haut au milieu de branches touffues, et elle
était apparente par sa hauteur, par la multitude de ses rameaux. Mais elle fut
arrachée avec fureur, jetée par terre, et le vent d’orient fit sécher son fruit;
ses rameaux robustes ont été brisés et desséchés, le feu les a consumés. Et
maintenant elle est plantée dans le désert, dans une terre sèche et aride. Et un
feu est sorti d’un rameau de ses branches et a consumé son fruit, et il n’y a
pas en elle de rameau robuste, de sceptre pour dominer. C’est là une complainte,
et ce sera une complainte» (19:10-14). Ce ne fut pas à cause de leur faiblesse
que le peuple élu et ses princes tombèrent; ce ne fut pas à cause de leur force
que l’Égypte ou Babylone eurent le dessus. Israël s’était détourné de l’Éternel
vers le péché, et dût, comme c’est encore le cas aujourd’hui, servir dans la
douleur les plus vils des Gentils. La domination appartient à Shilo, qui
reviendra au pouvoir, aussi sûrement qu’Il a été crucifié en faiblesse (Gen.
49:10).