Second
Livre des Chroniques
Chapitre
2
Salomon
et Hiram
Nous trouvons ici, comme dans tous
ces chapitres, le roi Salomon dépeint, au point de vue de la perfection de son
règne. Les nations lui sont asservies. Les portefaix, les tailleurs de pierre,
les surveillants, sont pris exclusivement d’entre les Cananéens résidant au
milieu d’Israël et que le peuple n’avait pas réussi à expulser (1-2; 17-18;
8:7-9): «des fils d’Israël, Salomon ne fit pas des esclaves pour ses travaux».
Ainsi se réalise, sous ce règne glorieux, un état de choses qui, par
l’infidélité du peuple, n’avait jamais eu lieu auparavant. Tout le mélange
d’autrefois avec les Cananéens a disparu, et le peuple de l’Éternel est
désormais un peuple libre qui ne peut être asservi. Cependant les étrangers
qu’Israël infidèle n’avait pas exterminés autrefois de son pays, sont seuls
traités de cette manière, tandis que les nations, en possession des richesses de
la terre, et personnifiées par le roi de Tyr, sont admises à collaborer au grand
œuvre.
Salomon explique ici à Hiram le
sens et la portée de l’érection du temple, et cela d’une autre manière que dans
le livre des Rois: «Voici, je bâtis une maison pour le nom de l’Éternel, mon
Dieu, pour la lui consacrer, pour faire fumer devant Lui l’encens de drogues
odoriférantes, et pour l’arrangement continuel des pains, et pour les
holocaustes du matin et du soir, des sabbats, et des nouvelles lunes, et des
jours solennels de l’Éternel, notre Dieu; cela est prescrit à Israël à toujours»
(v. 4). Le temple est ici le lieu où l’on s’approche de Dieu pour le
culte, lieu ouvert non seulement à Israël, mais aux
nations que Hiram représente. Le temple est tellement, dans la pensée de
Salomon, le lieu du culte, que les holocaustes seuls sont mentionnés ici sans
les sacrifices pour le péché; l’encens de drogues odoriférantes, symbole de la
louange, occupe la première place. Quand il s’agit, en Ézéch. 45, du service
millénaire dans le temple, soit pour Israël, soit pour le «prince» de la maison
de David, vice-roi du Christ sur la terre, nous trouvons le sacrifice pour le
péché, car tous en ont besoin. Ici la pensée est plus générale. Salomon déclare
à Hiram que cette grande maison qu’il bâtit est dédiée au Dieu d’Israël «qui est
grand au-dessus de tous les dieux. Et qui a le pouvoir de lui bâtir une maison,
car les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent le contenir?» Donc ce Dieu
souverain, ce Dieu qui est au-dessus de tout et partout ne peut limiter son
royaume au peuple d’Israël. Salomon, quant à lui-même, sait n’être qu’une faible
image humaine du Roi selon les conseils de Dieu: «Qui suis-je, dit-il, moi, pour
lui bâtir une maison?» Cependant il est là «pour faire fumer ce qui se brûle
devant Lui». Il se présente comme roi et sacrificateur, sans intermédiaire; il
offre lui-même un encens pur, comme médiateur du peuple, un encens choisi qui
monte avec la fumée de l’holocauste, en parfaite bonne odeur devant Dieu, et
«cela est prescrit à Israël à toujours».
Salomon confie à Hiram la
direction de l’ouvrage dont lui, le Roi, est l’exécuteur, quoiqu’il le mette
entre les mains des nations. Il en sera de même à l’entrée du millénium, selon
ce qui nous est dit du temple en Zacharie 6:15 et aussi des murailles de
Jérusalem en Ésaïe 60:10.
La subsistance des ouvriers de
Hiram dépend ici entièrement du roi; c’est lui qui l’offre et l’ordonne (v. 10),
et Hiram n’a autre chose à faire qu’à l’accepter. Il en est autrement en 1 Rois
5:9-11 où Hiram demande et où Salomon accorde.
Hiram (v. 11) reconnaît par écrit
(un écrit est une déclaration qui demeure et à laquelle on peut continuellement
recourir) «l’amour de l’Éternel pour son peuple» en établissant Salomon roi sur
eux et il «bénit l’Éternel, le Dieu d’Israël», mais comme Créateur des cieux et
de la terre, belle image de la louange des nations qui, dans le siècle futur, se
soumettront à la domination universelle du Très-Haut, possesseur des cieux et de
la terre, représenté par le vrai Fils de David au milieu de son peuple d’Israël.
C’est ainsi que les bénédictions s’élèveront vers Dieu lui-même de la part de
ceux qui, autrefois idolâtres, seront soumis à la domination du Christ, roi des
nations.
Hiram est prompt à exécuter tout
ce que le roi demande, prompt aussi à recevoir les dons de Salomon. On ne le
voit pas, dans les Chroniques, prononcer Cabul (cf. 1 Rois 9:13), avec un geste
de mépris, sur les villes qui lui sont données par Salomon, et c’est ici le
moyen de passer sous silence la faute commise par Salomon en aliénant l’héritage
de l’Éternel. Ici, de la part du représentant des nations, tout est
reconnaissance et soumission volontaire; il est prompt à accepter et à recevoir,
car refuser les dons d’un tel Roi ne serait qu’orgueil et révolte.