Premier
Livre des Chroniques
Chapitre
13
L’arche et le chariot neuf.
Le trait caractéristique de ce
chapitre est omis au chap. 6 du deuxième livre de Samuel. C’est le désir de
David, une fois la royauté établie, de réunir le peuple tout entier, non pas
autour de lui-même, mais autour de l’arche, trône de Dieu sur lequel se trouvait
le propitiatoire. On voit ici (v. 1, 2) quel soin le roi prend à rassembler
Israël, avec les sacrificateurs et les lévites pour ramener l’arche de
Kiriath-Jéarim; il lui faut les adorateurs de l’Éternel au complet, et il
ajoute: «Nous ne l’avons pas consultée aux jours de Saül (v. 3). Dans quel oubli
l’arche n’était-elle pas tombée sous le règne précédent! Depuis son retour
d’entre les mains des Philistins, on ne la voit paraître que pour prouver en
quelle petite estime Saül la tenait (1 Sam. 14:18, 19).
En vue du grand sujet qui va
dominer la fin de ce livre des Chroniques — le rôle de la sacrificature dans ses
rapports avec la royauté, — il fallait rappeler ici les particularités du retour
de l’arche et la faute commise par David. On voit à cette occasion le souhait
ardent de David de trouver un lieu de repos pour le trône de Dieu, et combien il
désirait rencontrer chez le peuple une communion complète sur ce point. Ce désir
venait de Dieu.
Cependant, quelles que soient les
vues de la grâce, l’homme se montre faible pour les accomplir, et Dieu prend
soin de nous le faire constater ici. S’il en était autrement, nous trouverions
dans les Chroniques un David infaillible, tandis que
Dieu nous y montre ses conseils infaillibles, se
réalisant en vue de Christ dont David est le type. Et si Dieu ne mentionnait ici
aucune des fautes de David, ce serait de fait un déshonneur pour Christ, car Lui
seul doit apparaître comme l’homme parfait, le roi des conseils de Dieu.
Toutefois, Dieu choisit, pour
notre instruction, l’un des exemples les moins marqués des errements de David.
Il était rempli du désir de servir Dieu, d’associer le peuple tout entier à la
glorification de son trône. Sion, siège de la royauté selon les conseils de
Dieu, était aux yeux de David le seul lieu de repos pour l’arche. Tout le
service sacerdotal devait avoir cette arche pour centre et sa présence était la
base assurée de l’établissement du royaume selon Dieu. David reconnaissait et
proclamait ces choses. Une seule manquait, insignifiante en apparence, très
sérieuse en réalité, et qu’une cruelle expérience allait enseigner au roi. Le
grand déploiement de joie et de louanges qui
accompagnait le retour de l’arche, ne pouvait remplacer
l’obéissance à la parole de Dieu. La première de ces choses était
excellente, la seconde nécessaire et obligatoire. David aurait pu excuser la
manière dont il ramenait l’arche, par le fait que les fils de Guershom et de
Mérari avaient aussi des chariots pour transporter le tabernacle au désert, à
l’exclusion, il est vrai, des ustensiles du sanctuaire. Et de plus, Dieu ne
s’était pas opposé à la méthode des Philistins quand ils ramenaient l’arche sur
un chariot neuf, et ne leur en avait pas même manifesté son déplaisir. Sans
doute les Philistins, idolâtres et étrangers aux prescriptions de la loi,
avaient agi au plus près de leur conscience, sans aucune pensée de désobéir à la
Parole qu’ils ne connaissaient pas; mais jamais la foi n’agit d’après les
lumières de la conscience, et David aurait dû le savoir: elle obéit toujours à
la Parole de Dieu et en est inséparable.
Ce manque de mémoire et plus
probablement encore le peu d’importance qu’il donnait à chaque iota de
l’Écriture, eurent deux graves conséquences; la première pour Uzza, frappé,
parce que les bœufs ayant bronché, provoquèrent de sa part un geste inconsidéré
et profane; la seconde pour David, qui perdit tout ce qui remplissait son cœur,
peu de moments auparavant: la confiance, la joie, la louange, et les vit
remplacées par la peur, les récriminations, l’irritation contre Dieu, et
l’amertume.
Mais la faute du roi et les
conséquences qu’elle eut pour son état moral, ne changeaient rien à
l’accomplissement des conseils de Dieu. L’Éternel avait choisi Sion; il l’avait
désirée pour être son habitation, son repos à perpétuité, et, en dépit de tout,
il accomplit ses desseins de grâce. David est témoin des bénédictions accordées
à Obed-Édom, quand ce dernier aurait pu encourir, comme Uzza, le courroux de
l’Éternel à la moindre faute. Le roi apprend ainsi, par l’expérience, que le
Dieu qui venait de se révéler comme juge, s’il est un Dieu saint, est un Dieu de
grâce; sujet capital des Chroniques, mais il est amené à comprendre que c’est un
grand mal d’avoir peu d’égard pour sa Parole.
Les chrétiens pensent-ils à cela,
quand, dans leur zèle, souvent très réel, ils recourent, pour servir Dieu, à
toute sorte de moyens humains, semblables au chariot neuf, et, sans aucun
scrupule, enfreignent les préceptes scripturaires souvent bien autrement clairs
et importants que celui de faire porter l’arche sur les épaules des
sacrificateurs? Plus on est près de Dieu, comme David, plus on s’expose au
jugement, si l’on ne tient pas compte de Sa volonté, exprimée dans la Parole.
Consultons-la donc partout et pour
tout; familiarisons-nous avec elle, dans un esprit de dépendance et de prière,
afin de ne pas contrevenir à ses directions. Seulement, souvenons-nous que, plus
nous la connaîtrons, plus aussi nous serons responsables de nous y conformer en
tout point. Dieu peut tolérer l’ignorance, bien qu’elle aussi soit péché et
nécessite le sacrifice (Lév. 5:17-19), mais il ne tolère pas la désobéissance
chez ceux qu’il honore de ses faveurs, et la punit tôt ou tard.